L’oeil du recruteur : que deviennent-ils ? (1/3)

Quentin Guéguen
Quentin Guéguen - Publié le 22 février 2018

Cela fait désormais deux ans et demi que nous avons lancé l’Œil du recruteur avec pour objectif de vous faire découvrir des futurs joueurs de championnats plus médiatisés et vous faire passer pour de véritables génies lors de vos discussions au boulot. 31 yeux après, c’est l’occasion de revenir sur les parcours de chacun. S’ils restent pour la plupart jeunes, tous n’ont pour le moment pas eu la carrière ou la progression espérée, mais commençons par les joueurs qui confirment le potentiel qui avait été décelé en eux.

Keita et Linetty vers les sommets

Sans surprise, la plus grosse satisfaction vient de Naby Keita. Présenté en janvier 2016, le Guinéen s’est engagé six mois plus tard avec le RB Leipzig qui venait alors de monter en Bundesliga. Depuis, le milieu de terrain marche sur ses adversaires avec les Büllen, cassant ligne après ligne par la passe ou par le dribble et avec une capacité à être décisif et à changer le cours d’un match à tout moment. Une vraie pépite qui a suivi une progression linéaire, un des vrais atouts de s’engager avec le projet Red Bull. Ce n’est pas un hasard si Liverpool a dépensé 80M€ pour s’attacher ses services à partir de juin prochain.

Continuons dans les milieux de terrain avec Karol Linetty. Formé au Lech Poznan, le Polonais évolue aujourd’hui à la Sampdoria et est rapidement devenu l’un des meilleurs à son poste en Serie A, à tel point qu’il sera difficile pour le sélectionneur Adam Nawałka de s’en passer sur le terrain pour la Coupe du Monde. Pierre angulaire à Gênes, de gros clubs européens lui font les yeux doux pour l’attirer et c’est logique tant le relayeur impressionne. La Samp a touché le gros lot pour 3.5M€ avec Linetty et semble ne s’être pas trop mal débrouillée pour Dawid Kownacki également. Malgré un Euro U21 à domicile raté, l’attaquant sortait d’une grosse saison avec le Lech Poznan et avait enfin confirmé un potentiel qu’on lui voyait depuis ses débuts en Ekstraklasa à seulement 16 ans. Il a signé à Gênes pour 4M€ l’été dernier et même s’il ne fait qu’entrer en jeu pour le moment, ses statistiques sont excellentes avec 6 buts et 3 passes décisives en 423 minutes de jeu. Cette saison, Kownacki est donc décisif toutes les 47 minutes. Les échantillons sont minces, mais les premiers tests au niveau supérieur sont concluants pour l’attaquant polyvalent. Son profil en fait la grosse côte pour la Coupe du Monde.

Le FC Viitorul, usine à talents

Parmi les milieux de terrain qui confirment, citons Răzvan Marin qui est désormais la pierre angulaire au milieu chez les Rouches du Standard de Liège. Le Roumain impressionne par sa maturité dans un contexte difficile alors que le Standard enchaîne les entraîneurs et que les résultats ne sont pas toujours au rendez-vous. Les débuts en janvier dernier à son arrivée du Viitorul ont été compliqués, mais Marin élève son niveau de jeu cette saison et connait actuellement sa meilleure période depuis son arrivée au Standard, au point d’être devenu l’un des joueurs favoris des supporters. Une vraie réussite pour un garçon calme, discret, mais travailleur et intelligent.

C’est une réussite pour un autre Roumain, Dragoș Nedelcu, transféré cet été de l’usine à talents du FC Viitorul vers le FCSB. Un changement de dimension pour le jeune milieu de terrain défensif qui n’a pas tellement été affecté par la pression inhérente à ce type de transfert. Il faut dire que son jeu ne changera pas d’un club à un autre et il reste dans sa zone de confort. Le voilà titulaire dans le plus grand club roumain, que ce soit en championnat ou en Coupe d’Europe. Enfin, pour Boban Nikolov, lui aussi ancien joueur du Viitorul et présenté il y a seulement six mois après une campagne estivale fructueuse que ce soit avec les U21 Macédoniens à l’Euro ou bien avec le Vardar, c’est un nouveau défi qui l’attend avec un transfert à Videoton, leader du championnat hongrois. Une opportunité méritée tant sa première partie de saison était excellente.

Citons également Aleksandr Golovin, devenu l’un des cadres du CSKA Moscou et de la sélection russe à seulement 21 ans. Formé au club, Golovin en est un titulaire indiscutable avec Viktor Goncharenko, et ce malgré l’explosion cette saison de Vitinho et la constance d’Alan Dzagoev à son poste. A croire qu’il pourrait même devenir le premier Russe à réussir en Europe occidentale s’il venait à faire le grand saut. Ce devait aussi être la saison de l’explosion pour László Bénes, transféré de Zilina au Borussia Mönchengladbach il y a 18 mois. Il avait été excellent lors de la deuxième partie de la saison passée et après quelques entrées en jeu impressionnantes, il avait même débuté comme titulaire pour la première fois en Bundesliga face au Bayern Munich, rien que ça. Avec un volume incroyable pour un joueur de 20 ans, il s’était fait une place à côté de Christoph Kramer, reléguant Mahmoud Dahoud sur le banc, mais le Slovaque s’est blessé lors d’un simple match amical mi-septembre. Une fracture d’un métatarse qui l’a éloigné et l’éloigne toujours des terrains même si Bénes a repris l’entraînement début février. Une bonne nouvelle qui annonce un retour sur les terrains dans les prochaines semaines alors que son entraîneur ne tarit pas d’éloges sur son travail effectué lors de sa longue absence puis depuis son retour à l’entraînement.

Retsos change de dimension

Deux anciens joueurs de l’Olympiakos viennent clôturer les satisfactions. Les débuts ont été très compliqués pour Arthur Masuaku à West Ham avec une première saison blanche. La faute à quelques blessures qui s’enchaînaient ou bien Slaven Bilic qui le reléguait plus souvent sur le banc qu’il ne le faisait jouer malgré les résultats collectifs décevants des Hammers. En revanche, cette saison et depuis l’arrivée de David Moyes, l’arrière gauche congolais enchaîne les matchs dans une position qui lui va à merveille avec ce piston sur le côté gauche d’un 3-4-2-1. Masuaku est l’une des véritables satisfactions de la saison de West Ham avec un niveau de performance haut et constant. Deux bémols néanmoins, l’arrivée de Patrice Evra à son poste et une suspension de six matchs fin janvier pour avoir cracher sur un adversaire en FA Cup, ce qui lui a attiré les foudres de son entraîneur. Espérons que cela ne change pas son statut de titulaire.

Panagiotis Retsos est lui plus jeune et prend son temps. Devenu cadre à une allure incroyable pour un jeune de son âge à l’Olympiakos, Retsos était sans surprise très courtisé l’été dernier et son choix s’est porté pour le Bayer Leverkusen. Un excellent club de transition qui sait y faire avec les jeunes comme en témoigne la progression des Bailey, Tah ou Henrichs dernièrement. Leverkusen a mis le prix pour le néo-international grec en dépensant 17.5M€ et le club allemand se trompe rarement dans ses gros achats. La preuve avec Retsos qui joue beaucoup malgré une rude concurrence en défense et qui profite des quelques blessures et suspensions pour montrer sa polyvalence aux trois postes du back four puisqu’il a joué arrière gauche, défenseur central et arrière droit cette saison. Jonathan Tah pourrait partir l’été prochain et Retsos ressemble tout à fait au prochain patron de la défense du Bayer.

Quentin Guéguen


Image à la une : Loris Roselli/NurPhoto via AFP Photos

L’oeil du recruteur : que deviennent-ils ? (1/3)
5 (100%) 13 votes

A propos de l'auteur

Quentin Guéguen

Quentin Guéguen

J'aime les draniki sans champignon, et accessoirement le football biélorusse et autrichien.

pays de l'auteur footballski
pays de l'auteur footballski

1 commentaire

  • Le premier Russe à réussir en Europe occidentale ? Ce n’est pas très sympa pour Karpine, ça (il a eu une carrière quand même très honnête en Espagne, le Valeri)

Laisser un commentaire

Lire les articles précédents :
Saison 2017/2018 – Six mois de football en Arménie

Bienvenue en Arménie ! Bienvenue dans le pays où tout est possible et où le football est devenu complètement « What...

Fermer