#7 Semaine spéciale Budapest Honvéd – Cent ans de gloire à Kispest !

Thomas Ghislain
Thomas Ghislain - Publié le 21 juillet 2017

15 septembre 1993. Ce soir-là, l’histoire recommence pour Manchester United en Ligue des Champions. Bannis d’Europe, comme tous les clubs britanniques depuis le drame du Heysel, pour une durée de trois ans portée finalement à cinq, les Red Devils n’ont pu participer à l’édition 1985-86 de la Coupe des vainqueurs de coupe, ni à la Coupe UEFA en 1986-87 et 1987-88. Mais dès leur retour dans l’arène, le pas encore Sir Alex Ferguson remporte son troisième trophée européen, le premier avec son nouveau club, avec la victoire en C2 face à Barcelone, en 1991.

Le premier titre de champion avec les Red Devils, lui, intervient lors de la première édition de la toute nouvelle Premier League, en 1992-93 après avoir échoué de peu face à Leeds United la saison précédente. Schmeichel, Irwin, G. Neville, Beckham, ButtGiggs et Andrei Kanchelskis sont déjà dans le noyau tandis que Mark Hughes et un nouveau venu du nom d’Eric Cantona animent le front de l’attaque. United retrouve la C1 après un interlude de 25 ans, soit une éternité, alors que de 1993 à 2014, ils ne manqueront qu’une seule édition de la compétition.

Mais qu’est-ce que vient faire Manchester United sur Footballski ? Et bien c’est simple : le retour des Mancuniens en C1 s’est fait contre le Kispest-Honvéd, qui jouait là son… dernier affrontement en Ligue des Champions jusqu’à sa double confrontation malheureuse avec l’Hapoel Beer Sheva cette saison. Ce qui signifie que 1993 était également son dernier titre de champion jusqu’à la folle soirée du 27 mai 2017 ! Ce match représente également une époque charnière : transition démocratique, arrêt Bosman, rénovation des coupes européennes… A l’époque où le Kispest-Honvéd reçoit Manchester United, le club hongrois compte 13 titres de champion de Hongrie, contre 7 seulement pour son adversaire. Ce qui fait dire à Rob Hughes, qui préface la rencontre pour le New York Times, que « le célèbre Manchester United va monter sur le terrain contre un club qui, tout au long de l’histoire, a été leur égal si pas plus. »

Mais depuis lors, le Kispest-Honvéd a bien changé. Il a changé de statut, changé de nom, changé de division, changé de propriétaire, et va bientôt changer de stade. Bref, on a changé d’époque, et la période de domination des années 1980 connaît un brutal coup d’arrêt avec la transition démocratique du pays qui s’opère dès 1989. Depuis, le sport n’est plus sous contrôle de l’État, dont les aides tombent donc à plat, et devient une affaire privée. Honvéd vivote, Honvéd lutte, Honvéd chute. Toutefois, comme le dit le dicton, les grands clubs ne meurent jamais. Retour sur les vingt dernières années du côté de Kispest.


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Le socialisme n’est plus

La transition démocratique aboutit à la proclamation de la Troisième République de Hongrie en octobre 1989, et la tenue d’élections libres l’année suivante. L’économie de marché fait valser les anciennes règles dans toutes les strates de la société. L’État se retire des affaires et les institutions sportives de trouver d’autres sources de soutien et de financement, survie oblige.

« Avec la chute du soutien de l’État et l’économie de marché du football européen, le jeu local (…) a souffert. D’une certaine manière, si on y ajoute l’avènement d’une diffusion audiovisuelle pan-européenne, cela a porté le coup de massue final au football hongrois » indique Neil Frederik Jensen, du blog Game of the people. Vic Duke et Liz Crolley, dans leur bouquin « Football, Nationalité et État », expliquent la situation des anciens États socialistes, Hongrie comprise : « Le soutien financier de masse de l’Etat s’est estompé autant pour l’équipe nationale que pour les meilleurs clubs. La crise financière qui en résulte signifie que le football doit rapidement s’adapter à la nouvelle réalité économique. »

Les footballeurs aussi doivent s’y adapter.  Ils ajoutent : « En décembre 1990, il y avait plus de 200 footballeurs hongrois jouant officiellement à l’étranger. Environ trois quarts d’entre eux jouaient dans les troisième ou quatrième divisions régionales en Autriche. Ces joueurs sont semi-professionnels, ils habitent en Hongrie et traversent la frontière chaque week-end pour jouer pour une équipe autrichienne en contrepartie des primes de match. En Autriche, celles-ci sont très alléchantes puisqu’elles sont plus élevées qu’un salaire à temps plein en Hongrie. »

Plus encore avec l’arrêt Bosman et la naissance de la Ligue des Champions, le championnat hongrois est durement frappé par cette baisse de niveau et cet accès limité aux coupes européennes. Les investisseurs viennent, se font un peu d’argent, puis s’en vont, laissant les clubs à la merci de n’importe qui, ne pouvant plus compter sur leurs supporters tant les stades se vident durant les années 1990 et 2000. Un rapport de KPMG publié en 2015 sur les affluences dans le football européen pointait d’ailleurs la moyenne hongroise à 2,500 spectateurs par match, soit 15% du chiffre ayant cours dans les années 1960, en partie due aux restrictions sécuritaires imposées par le gouvernement à l’entrée des stades (lire aussi), mais pas que : les chiffres de l’année précédente culminaient à une moyenne de 2802 spectateurs, contre un peu plus de 13 000 en 1961.

Après une difficile victoire contre les Iles Féroé, Neil Fredrik Jensen rapportait des mots durs de la part d’un natif de Budapest à propos du football local : « Voilà ce qu’on est devenus. Luttant pour battre une équipe de pêcheurs. (…) Les Hongrois aiment le football, mais ils n’aiment pas le football hongrois. Et pourquoi l’aimeraient-ils ? C’est absolument nul. » La récente qualification à l’Euro 2016 a donné du baume au cœur au football local, et certains signes laissent à penser qu’on assiste à un renouveau aidé par l’investissement massif d’un gouvernement dirigé par un fana de football, à savoir Viktor Orbán (lien renouveau).


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Les performances européennes des clubs hongrois sont criantes : seuls Ferencváros, en 1995-96, et Debrecen en 2009-2010 (grâce notamment à la réforme initiée par Platini) ont réussi à atteindre la phase de groupes de la nouvelle Ligue des Champions. En 1993, la Hongrie pointait à la 21e place au ranking UEFA ; elle se retrouve 23e en 2000, 24e en 2005, 36e en 2010, et 33e l’an passé, derrière le Liechtenstein et devant la Moldavie. Pour un pays qui a tant contribué à l’histoire du football, ça fait tache.

Retour aux origines, voici le Kispest-Honvéd

Le Kispest-Honvéd ne peut rien face à Manchester United, sans pour autant avoir été la bête consentante qu’on aurait imaginé. Battus 2-3 à l’aller, les Hongrois s’inclineront 2-1 à Old Trafford. Et le club de fermer le rideau de la C1 jusqu’à 2017. Comme nous vous l’avions raconté, les années 1980 représentent une seconde période dorée pour le club, avec des gars comme Esterházy, Garaba et Détári qui permettent de garnir l’armoire à trophées de huit titres de champion et de deux coupes nationales. La libéralisation de la fin des années 1980 prédit déjà le déclin du club. Les joueurs s’y adaptent aisément, en allant voir ailleurs. Antal Nagy part à Nancy en 1986, Garaba à Rennes en 1987, Détári vers Francfort puis la Grèce et l’Italie en 1987, Dajka à Las Palmas en 1988, Kovács à Auxerre en 1989, Sallai s’en va en 1990 pour la Suisse, etc.

János Bánfi face à Ryan Giggs | © labdarugo.be

Avec le retrait de l’État, l’ancrage local du club revient : on change de nouveau de nom, « le club de l’armée Honvéd a remplacé le soldat sur son écusson par un lion, l’emblème de l’AC Kispest, son prédécesseur ; le nom du club est désormais Kispest-Honvéd ». L’équipe reste toutefois compétitive et un Belge s’engouffre dans la brèche. Louis De Vries, un savant intermédiaire qui a ses entrées dans plusieurs clubs belges, devient président du club. Il fait venir Martti Kuusela, ancien du Beerschot, sur le banc du club en 1992, pour qu’il devienne ainsi le premier entraîneur étranger à gagner le championnat hongrois, un an plus tard.

« Mais au milieu des années 1990, leur situation financière s’est empirée, ils ont perdu des sponsors et des joueurs et ont plongé dans la médiocrité. Si quelqu’un commençait à suivre le championnat à la fin des années 1990, il n’y verrait jamais un Honvéd au top » nous raconte Gergely Marosi, journaliste au Nemzeti Sport. Nous sommes au début du troisième millénaire, et le château de cartes est prêt à s’effondrer.

Descente aux enfers

A la fin de la saison 2002-2003, le club est relégué. Il remonte directement, mais « les propriétaires, Kispest-Honvéd Sports Circle Ltd, avaient une dette de plusieurs dizaines de milliers d’euros, les menant à liquider leur bien en octobre 2014 », indique Jonathan Wilson dans le Guardian, où il décrit le montage financier comme une façon de diminuer drastiquement la taxation du club en encadrant les joueurs par des contrats d’indépendant, ce qui n’a évidemment pas plu aux autorités fiscales du pays.

© kispest.info

La Fédération trouve un stratagème pour garder ce club historique dans l’élite : créer un nouveau club appelé Honvéd FC en remplacement du Kispest-Honvéd, avec le règlement de toutes les dettes en contrepartie. Alors que les co-propriétaires du club se chamaillent depuis le début des déboires financiers, c’est Zsolt Kiss qui prend finalement contrôle du club tout en faisant appel à d’autres investisseurs. George F. Hemingway, un entrepreneur américain ayant fait fortune via les franchises hongroises de Pizza Hut et KFC, se présente alors non pas en tant qu’investisseur, mais en tant qu’acheteur. Hemingway Franchise Group devient propriétaire du Budapest Honvéd Football Club, ou Bp. Honvéd, en juillet 2006.

Un salut venu d’Amérique

« Après la morosité de ces dernières années, il semble cependant que, enfin, les beaux jours pourraient revenir à Kispest (…) Pour la première fois depuis 20 ans, le futur s’annonce radieux pour l’un des noms les plus évocateurs du football européen », ces propos de Jonathan Wilson, datant de 2007, s’avèrent prophétiques quand on les relit aujourd’hui. En mai de cette année-là, le Budapest Honvéd gagne la Coupe aux tirs au but, face à l’ogre national d’alors, Debrecen. La sixième de sa riche histoire, mais surtout son premier trophée depuis 1996. Un gouffre duquel Honvéd s’extirpe petit à petit.

« Bien sûr, quand j’étais enfant, je jouais au football. Quand j’ai arrêté, je l’ai fait pour la meilleure des raisons : un manque de talent » assure Hemingway, interrogé par les compères d’Hungarianfootball.com en 2011, où il revient sur le rachat du club : « C’était une chose dingue. En 2006, nous avions vendu nos parts chez Pizza Hut et KFC. Ensuite, une connaissance qui est un grand fan d’Honvéd m’a suggéré d’acheter le Budapest Honvéd FC, qui avait des soucis financiers. J’ai alors pensé : “Je pourrais me le permettre”. J’étais loin de me douter… ».

Le nouveau propriétaire arrive avec deux mots-clés : stabilité et jeunesse. Amener la première est la condition sine qua non, qu’il remplira à merveille, pour sauver durablement le club et se mettre les supporters dans la poche. Cela n’a pas toujours été aisé puisque « le départ était très difficile (…) nous avions beaucoup de problèmes avec lui » avoue Gergo, qui tient la page Facebook de fans Kispest-Honvéd Football Club, « mais de nos jours, nous coopérons ».

© 1909foto.hu

Marosi abonde : « Le noyau des supporters d’Honvéd est passionnément loyal, ils seront toujours avec l’équipe. Au vu des va-et-vient incessants des précédents propriétaires, je pense qu’ils étaient prêts à accueillir quiconque apporterait de la stabilité. George F. Hemingway l’a fait. Les fans hardcores ont eu quelques problèmes avec lui (car il est assez contre les excès des ultras), mais c’était temporaire. Hemingway est un homme d’affaires expérimenté, il dirige le club en visant une stabilité financière. Il ne dépensera jamais beaucoup, il déclare qu’Honvéd est un club vendeur, mais tant qu’il est stable les fans seront d’accord avec lui. Il y avait beaucoup d’agitation autour d’Honvéd au milieu des années 2000 et il a mis de l’ordre dans ce chaos ».

Parole à la défense. Alors que l’ensemble du football hongrois a récemment connu un drastique renforcement du contrôle de ses bases ultras, provoquant ci et là des boycotts de longue durée de certains groupes, le propriétaire du Budapest Honvéd avait donné son avis sur sa relation avec les ultras, ainsi que quelques conseils pour ramener du monde dans les stades du pays : « C’était une décision absolument correcte d’exclure du stade les gens qui s’y comportent mal. Sans cette décision, il y a longtemps que j’aurais quitté Honvéd. Je ne veux pas de hooligans, de nazis, de racistes dans notre stade. Nous n’avons jamais banni les Ultras parce que nous avons tant besoin de supporters fanatiques. Malheureusement, c’est très difficile de diriger nos actions envers des criminels de telle manière à ne pas aliéner des supporters qui ne comprennent pas toujours nos motivations. Nous y travaillons. Je n’ai pas de recette particulière pour ramener les foules dans le football hongrois. Mais j’ai fait quelques observations. Des stades modernes, un environnement familial et sans hooligans, une bonne restauration, une atmosphère confortable, et surtout, du bon football. Le gouvernement actuel fait beaucoup pour aider les clubs en matière de financements. Essayons maintenant de faire les choses mentionnées ici. »

L’Académie de Football hongroise

En 2007, Hemingway met en œuvre l’un de ses projets phares, à savoir l’académie de jeunes du club. Baptisée « Hungarian Football Academy », son objectif est « de former les joueurs pour l’équipe première d’Honved et de devenir le meilleur centre d’entraînement de jeunes de Hongrie d’ici peu. » En 2016, l’Académie comptait 90 membres tandis que 200 gamins évoluaient dans les classes d’âge inférieures. Le bilan, lui, est assez flatteur puisque 27 jeunes ont fait leurs débuts dans l’équipe première du club depuis 2007, pour neuf dans d’autres équipes hongroises.

Les compétitions sont également prisées par les Académiciens, vainqueurs de cinq des dix éditions de la Puskas Cup, un tournoi U17 instauré en 2008 auquel a déjà participé La Fabrica du Real Madrid (quatre titres au compteur), l’Académie Hagi du Viitorul, le Panathinaikos, le Dinamo Zagreb, le Slovan Bratislava, Feyenoord, le KRC Genk et bien évidemment l’autre grande académie du pays, la Puskás Akadémia, qui n’a cependant jamais remporté l’épreuve. Bref, pas les pires clubs quand on en vient à la formation.

Bp. Honvéd FC vs. Puskás Akadémia FC (U19) | © magyarfutballakademia.hu

Une idée qui a donné des émules et depuis 2011, l’Académie tient son propre tournoi U18, la Coupe Honvéd où se côtoient habituellement Aalborg, West Bromwich Albion, Partizan, Admira Wacker, Puskás Akadémia et Honvéd, qui l’a remporté à deux reprises. En dessous, les U16 et U17 sont régulièrement sur l’une des trois premières marches de leurs compétitions respectives.

Invités au prestigieux tournoi ViaReggio en 2012 et 2013, les U19 participeront quant à eux à l’UEFA Youth League cette saison, une première, suite à leur victoire en championnat la saison dernière, deux petits points devant Ferencváros – le second titre après celui obtenu en 2011. Une réussite qui commence à produire ses effets à l’échelon supérieur : lors du match du titre en mai dernier, ils étaient six, dans le onze de base, à être passés par l’Académie (Baráth, Bobál, G. Nagy, Gazdag, Holender et Koszta).

Hemingway souligne enfin le rôle que joue l’Académie pour ses jeunes : « Notre monde est plus qu’une école pour footballeurs. C’est aussi une institution d’éducation qui prépare les jeunes pour la vie et pour l’après-football. Nos installations sont de classe mondiale, tout comme l’éducation et la formation footballistique que nos gamins reçoivent. Nous sommes fiers d’eux et du merveilleux personnel qui leur fournit l’opportunité d’un avenir brillant. »

En 2014, interrogé toujours par Hungarian Football, Hemingway explique ces succès. « Depuis 2011, les académies de football hongroises, y compris la nôtre, ont reçu un soutien privilégié de la part du nouveau gouvernement hongrois. Par conséquent, cette nouvelle source de revenus a renforcé les programmes de l’académie qui étaient jusque-là oubliés par les précédents gouvernements. Tout l’argent reçu a été dépensé aux améliorations, à la mise à niveau de l’encadrement et à la garantie de salaires décents pour les professionnels qui y sont employés. »

Vainqueurs de la Puskás Cup en 2016 | © MTI Fotó: Máthé Zoltán

Mais donner la priorité aux jeunes n’était pas vraiment la philosophie au départ. « Leur style de transferts était de signer n’importe qui de l’étranger grâce à leurs bons réseaux italiens, avec Fabio Cordella (l’ancien directeur international) en tant que responsable des transferts » explique Marosi. Une nouvelle source de revenus est en réalité apparue : « La Fédération hongroise a décidé de créer un système qui favorise le temps de jeu des jeunes. En résumé, une part des droits TV va dans un fonds centralisé, et si tu alignes un certain nombre de jeunes dans un match, tu reçois le montant le plus élevé possible. Honvéd a déclaré qu’ils vont toujours se conformer à cette règle, du coup ils veulent un maximum de profits grâce au temps de jeu des jeunes joueurs. Pour le propriétaire, cela a du sens financièrement parlant – Honvéd n’est pas une énorme et riche équipe, donc je pense que c’était une bonne décision de laisser tomber la majorité des joueurs étrangers venus de nulle part et de commencer à faire jouer ses propres jeunes joueurs. »

C’est d’ailleurs sur ce point-là que George F. Hemingway est parfois critiqué : « Il n’y a pas vraiment de philosophie, à part économiser le plus possible. Si je dois décrire une possible philosophie, ça serait de former et faire jouer de bons et jeunes joueurs et les vendre si c’est possible. (…) Si tu mets deux joueurs nés après le 1er janvier 1996, tu reçois de l’argent de la Fédération » raconte Gergo. Marosi reconnaît le problème, mais souligne aussi la qualité de la formation : « On a découvert que les produits de l’académie d’Honvéd sont d’un très bon niveau, et ont en réalité beaucoup contribué au titre de la saison dernière ! Le problème avec ce système est qu’il n’est pas méritocratique – récemment, l’un des jeunes attaquants les plus prometteurs a signé pour une autre équipe [Márk Kozsta a signé au Mezőkövesd Zsóry FC, NDLR]. Il était régulièrement aligné l’an passé à cause de la « règle jeunes joueurs », et cette saison il est « trop vieux » [20 ans, NDLR], du coup l’entraîneur va aligner de plus jeunes joueurs à sa place pour avoir le plus d’argent possible du fonds dédié aux jeunes ».

Honvéd champion !

Pour l’équipe première, une deuxième coupe nationale est gagnée en 2009, tandis que le ventre mou est bien confortable en championnat. En 2012, toutefois, Honvéd termine au pied du podium, et l’année suivante un certain Marco Rossi parvient à décrocher la troisième place, derrière Győr et Videoton. Mais ces aventures européennes ne vont pas plus loin que le deuxième tour qualificatif de la Ligue Europa, tandis que la stratégie de formation/revente et la faiblesse financière comparée à d’autres équipes ne prédestinent pas le club à avoir les armes pour faire mieux.

© Budapest Honvéd FC – Page Facebook

Et pourtant, Marco Rossi l’a fait ! Revenu sur le banc en février 2015, le club survit au passage de la Première Division de 16 clubs à 12 clubs, après avoir navigué proche de la relégation purement sportive. Dans la nouvelle mouture, Honvéd réalise une bonne première partie de saison 2015-16 avant que le soufflet retombe, le club terminant à la 8e place. Viens alors la saison 2016-17, où le titre devrait revenir de nouveau au FTC de Thomas Doll, tellement dominateur lors de la saison précédente, ou au Videoton d’Henning Berg. Mais pour ces deux clubs, rien ne se passe comme prévu, tandis que Marco Rossi parvient à tirer la quintessence d’un effectif équilibré, duquel se distingue le duo Márton EppelDavid Lanzafame, auteur de 27 des 55 buts de l’équipe cette saison-là.


Lire aussi : Saison 2016/2017 : Un an de football en Hongrie


De l’avis de tous, le 14e titre de champion du Honvéd acquis en mai dernier est une surprise majeure dans l’histoire du championnat hongrois. « Tout le monde attendait Ferencváros ou Videoton en haut du classement, et notre place réelle devait être de la cinquième à la septième, sur douze équipes » raconte Gergo, « notre secret était les matchs à domicile et beaucoup d’erreurs de la part de Videoton et Ferencváros ». « Vers le mois de mars, il semblait qu’Honvéd pouvait le faire pour de vrai, et ils ont gagné la course au titre de très belle manière – leur coach, Marco Rossi, a fait un boulot fantastique. (…) Le titre est littéralement venu de nulle part, c’était mérité à 100%, mais je suis sûr à 99% qu’il s’agit d’une exception et qu’Honvéd finira, au mieux, troisième cette saison » explique Marosi. Le magicien Rossi, en désaccord avec sa direction lors de la prolongation de son contrat, a d’ailleurs quitté le club dès le titre acquis, pour tenter de réaliser d’autres exploits chez les « Hongrois » de Slovaquie, le DAC.

© Abcde4060 / Wikipedia

Avec des fonds limités comparés aux autres équipes de la ligue, Honvéd va toutefois pouvoir bénéficier lui aussi d’un stade flambant neuf, grâce au grand chantier de rénovation et reconstruction des stades initié par le gouvernement. On pensait que le match du titre, le 27 mai dernier, contre Videoton (2-1), était le dernier dans le stade József Bozsik, mais il va falloir encore attendre un petit peu, puisque le premier match de cette saison ainsi que le match retour (à huis clos, le club ayant purgé une suspension de l’UEFA pour insultes racistes) s’y sont déroulés.

Dommage de ne pas avoir fait ses adieux à ce mythique stade, adoré des groundhoppers, lors de la célébration du titre, mais cela permet de profiter encore un peu de ses pylônes d’éclairage gigantesques, de ses haies qui sépare les gradins de la pelouse et de ses gradins vétustes et old school qui ne risquent pas d’être réduits en cendre par des pyros. Depuis la destruction du stade Ferenc Puskás dans lequel l’équipe nationale a écrit de belles histoires, du 7-1 infligé aux Anglais en 1954 jusqu’au 3-0 encaissé par le Brésil en 1986, le stade du Honvéd fait figure de dernier des Mohicans dans la capitale.

© Neopaint.hu / Maison du football Kispest

Si vous passez par Budapest prochainement, n’hésitez surtout pas à faire un tour à Kispest pour voir le stade Jozsef Bozsik et, si le calendrier le permet, pour assister à un match, tant qu’il est encore temps. Sinon, vous pouvez toujours passer à la Kispesti Futball Ház, la Maison du football de Kispest, située au 38, Fő utca, dont les magnifiques fresques murales nous ont aidées à illustrer cette semaine spéciale. De 1909 à 2017, vous aurez l’occasion d’y parcourir plus d’un siècle d’histoire, du Kispest AC jusqu’au Bp. Honved FC, et de faire plus ample connaissance avec Nemes, Puskás, Tichy, Kocsis et Détári. Nous avons essayé d’en raconter quelques bribes ces derniers jours et il est certain que notre couverture n’est pas exhaustive. Ce qui est sûr, c’est qu’il faudra la réactualiser à l’avenir. Car le Kispest ne meurt jamais, et a encore beaucoup de grands chapitres à écrire. C’est tout ce qu’on lui souhaite.

Csak a Kispest !

Nous tenons à remercier Gergely Marosi, de Nemzeti Sport (vous pouvez le suivre sur twitter : @emgergo) ainsi que Gergo Filippov, qui tient la page Facebook de fans Kispest-Honvéd Futball Club, de leur aide pour la rédaction de cet article.

Thomas Ghislain


Image à la une : © Budapest Honvéd FC – Page Facebook

Couverture : © Matt Harrison – Flickr

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La Syldavie gagnera la Coupe du Monde 2018. Folie sur la PMAN.

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