Saison 2016/2017 : Un an de football en Russie – Episode 5

Antoine Jarrige
Antoine Jarrige - Publié le 20 juin 2017

La saison 2016-2017 de RPL tire son rideau rouge. Une saison une nouvelle fois riche en suspens que ce soit pour l’Europe ou la relégation. Tour d’horizon des différentes équipes, en passant par les tops/flops de l’année. Avec en bonus le but de l’année et l’équipe type de la saison.


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13ème – FK Orenbourg – 30 points (relégué suite aux barrages)

La saison

Première saison dans l’élite pour le FK Orenbourg, et un bilan en demi-teinte. A l’inverse de nombreux concurrents directs, le club du sud de l’Oural s’était sagement renforcé pendant l’été en signant de vieux briscards de la Première Ligue comme Prudnikov, Georgiev et Gabulov.

Le début de saison a été un peu difficile, puisqu’ils ont attendu la 10e journée pour empocher leur premier succès contre Tomsk. Malgré une défense robuste pour un outsider, les gaziers ont longtemps péché en attaque. Leurs nombreux matchs nuls leur ont néanmoins permis de pointer à la 12e place à l’issue de la phase aller.

Bien qu’ils aient plus que doublé leur total de points lors de la phase retour, les protégés de Yevdokimov ont terminé à la 13e place du championnat, à égalité de point avec l’Oural et l’Anzhi. Ces deux derniers ont bénéficié de leur supériorité dans les confrontations directes.

Orenbourg a donc joué deux matchs de barrages contre le SKA Khabarovsk pour tenter de sauver sa place en Première Ligue. Le résultat a été particulièrement cruel, puisque les gars de l’Oural ont été relégués après deux 0-0 et une séance de tirs au but. La faiblesse de leur attaque aura fini par leur être fatale…

Les tops

Cette rubrique « tops » ne pouvait être qu’un hommage à la défense d’Orenbourg, une escouade de joueurs durs au mal qui n’ont pas cessé une seule seconde de se battre pour tenter d’éviter la relégation. Il y a le vétéran Dimitri Andreev, patron de la défense centrale, ainsi que les deux latéraux Vladimir Poluyakhtov et Andrey Malykh. Depuis la saison précédente, le russo-nigérian Adessoye Oyewole est venu compléter la fine équipe, et on aura sans doute l’occasion de le croiser l’année prochaine sous les couleurs d’Ekaterinbourg.

Les flops

Top et flop à la fois : l’infortuné Andrey Malykh. Défenseur irréprochable, au club depuis 2010 après avoir quitté son Kirov natal, c’est lui qui a raté son tir au but à la fin du match de barrages contre le SKA Khabarovsk. Malgré ce raté fatidique, il reste plus que jamais une figure de ce club modeste, qu’il a accompagné dans tous ses succès au plus haut niveau.

La surprise

Quand le prêt de Dimitri Efremov à Orenbourg a été annoncé par son club formateur, le CSKA Moscou, on s’est dit que c’était le transfert de trop pour le jeune ailier droit, qui sortait déjà d’un bon prêt au Slovan Liberec. À 21 ans, il était plus que temps de chercher à s’imposer au CSKA. On ne lui a sans doute pas vraiment demandé son avis.

Au bout du compte, Efremov a bien mûri sous les ordres de Yevdokimov, il a même souvent été titulaire en première partie de saison. Il a également ouvert son compteur but en Première Ligue contre le Rubin Kazan. Il a moins joué au printemps, comme l’année dernière en République Tchèque. Progression à surveiller l’année prochaine.

Le coach

Après l’échec en matchs de barrages, Yevdokimov a déposé sa démission et ne devrait plus entraîner Orenbourg en FNL la saison prochaine. On ne dira jamais assez tout ce que le technicien tatare a apporté aux Gaziers au cours de ses cinq saisons à la tête du club. Dans un championnat où les entraîneurs volent comme les copeaux dans une scierie, il a su donner une identité forte à son équipe et a réussi à la mener de la PFL à la Première Ligue, un véritable exploit ! On devrait le retrouver à la tête d’un club de l’élite la saison prochaine.

Les supporters

Avec son stade tout juste rénové de 7500 places, Orenbourg faisait figure de petit poucet en Première Ligue. Signe du dévouement de ses supporters : l’affluence au Gazovik a dépassé celles de clubs mieux pourvus comme le Tom et l’Oural. Les spectateurs n’ont pas boudé leur plaisir de voir arriver la Première Ligue dans leur ville, et ont été d’un soutien sans faille jusqu’au match de barrages contre Khabarovsk, où ils étaient près de 7000 !

L’avenir

Ce qui a permis à Orenbourg de s’élever au-dessus de son rang habituel, c’est une gestion rigoureuse et un jeune entraîneur passionné. Pour s’extraire une nouvelle fois du bourbier de la FNL, les Gaziers devront trouver la perle rare au poste de technicien, une gageure.

Adrien Morvan

14ème – FK Arsenal Tula – 28 points (maintenu suite aux barrages)

La saison

Pour sa deuxième saison dans l’élite du football russe, le club de la ville minière de Tula espérait éviter faire l’ascenseur comme il l’avait fait en 2014/2015. Avec un recrutement intelligent (comme Nikita Burmistrov de Krasnodar), l’Arsenal était fin prêt pour en découdre. Le moins que l’on puisse dire c’est que cette saison fut très difficile. Fin du cycle aller, les rouges et jaunes étaient déjà relégables et ne comptait que deux petites victoires au compteur. Pire défense du championnat en décembre avec des défaites 4-0 contre le Spartak Moscou ou encore une humiliation 5-0 à domicile contre le Zenit, les promus étaient bien mal en point.

Le cycle retour ne sera guère mieux. Même s’il y aura quelques succès supplémentaires, Tula ne brillera pas grâce à ses performances. Relégable la quasi-totalité de l’année, l’Arsenal obtiendra à la dernière journée une place de barragiste après son succès 3-0 contre un Spartak Moscou déjà champion. L’égalité est parfaite avec Samara, premier relégable, mais la victoire acquise contre eux (2-0) permet de jouer les barrages! Direction le bout du monde pour y affronter le Yenisey Krasnoyarsk. Défait 2-1 sur la pelouse du pensionnaire de FNL, Tula va se sauver avec une victoire 1-0 à domicile au retour. Autant dire que ce fut chaud jusqu’au bout …

Les tops

Même s’il a vécu une saison délicate dans ses cages, Gabulov, l’ancien du Dinamo Moscou a sauvé son équipe à de nombreuses reprises. Le jeune Doumbia prêté par Rostov en janvier a également fait beaucoup de bien à sa nouvelle équipe. L’argentin Rasic avec ses six buts a fait ce qu’il a pu pour que son équipe pèse offensivement.

Les flops

Quinzième pire attaque de RPL, les supporters de l’Arsenal Tula n’ont pu se lever que 18 fois cette saison pour célébrer une réalisation. Peu en réussite, la défense ne fut également pas très rassurante …

La surprise

Après un prêt peu réussi sous les couleurs de l’Ural Iekaterinbourg, Nikita Burmistrov quittait son club, Krasnodar, qui ne souhaitait pas le conserver. Direction le promu pour tenter de se relancer et ce fut réussi. Avec deux buts et deux passes décisives, il réalise la meilleure saison de sa carrière. On le retrouvera sous les couleurs de l’Arsenal la saison prochaine.

Le coach

L’ancienne légende du Karlsruhe SC (145 matchs disputés), Sergueï Kiriakov rejoint le club de Tula en début de saison. Peu expérimenté du haut niveau (passé sur le banc du FK Ditton et d’Oryol), Kiriakov a tout de même réussi son pari en sauvant le club. Un miracle quand on voit la saison.

Les supporters

Malgré des résultats décevants, les supporters de l’Arsenal Tula ont répondu présents cette saison. Sixième meilleure affluence de RPL avec 10000 spectateurs de moyenne, les joueurs peuvent bénéficier d’un soutien sans faille qui a joué un grand rôle dans le match retour de barrage contre le Yenisey.

L’avenir

Le futur est bien flou du côté de Tula! Il faudra recruter cet été pour éviter une relégation qui semblait destinée aux joueurs cette saison. Maintenu grâce à un Tom Tomsk B et un Krylia aux abois, il ne faudra pas faire les mêmes erreurs la saison prochaine!

Antoine Jarrige

15ème – FK Krylia Sovetov Samara – 28 points (relégué)

La saison

Que dire de cette saison pour le Krylia Sovetov … Le club de la ville de Samara, auteur d’une probante neuvième place la saison passée, voyait des ambitions légèrement à la hausse avec un effectif séduisant sur le papier. La fougue technique de Yohan Mollo, l’expérience de sa défense avec des internationaux comme Sheldon Bateau … Mais voilà, la mayonnaise ne prendra pas! Le début de saison est catastrophique, cinq défaites en sept rencontres! Il faudra attendre début octobre pour voir un premier succès contre l’Anzhi. Les mauvais résultats vont alors coûter la place de Vercauteren, l’entraîneur belge étant démit de ses fonctions après le match nul 1-1 contre l’Arsenal Tula à domicile. Il sera remplacé par Skripchenko, l’ancien entraîneur biélorusse de l’Ural qui quitta son poste quelques jours auparavant car « il voulait quitter le monde du football » … Un changement d’entraîneur qui fera un bien fou! Malgré l’élimination en coupe contre le Lokomotiv Moscou, les joueurs du Krylia vont enchaîner un 3-0 contre le Tom Tomsk et un 4-0 contre le Spartak Moscou avant la trève. Deux résultats permettant d’être plus optimistes.

Malheureusement, le cycle retour va être un échec total. Sans Mollo parti au Zenit, le Krylia va connaître le succès à trois reprises seulement et c’est très logiquement qu’on le retrouve relégable. Malgré l’égalité de point, le Krylia n’a pas eu de résultats favorables contre Tula et Orenbourg. On retrouvera donc le club de Samara en FNL la saison prochaine …

Les tops

Parmi les tops on peut citer le biélorusse Kornilenko auteur de 8 buts avec le club mais également un ancien pensionnaire de l’Evian Thonon Gaillard, Gianni Bruno qui plante tout de même 5 buts. Yohan Mollo a fait un cycle aller intéressant lui valant un transfert pour le Zenit. Loria dans ses buts a lui tout fait pour limiter la casse …

Les flops

La défense ne fut clairement pas au niveau cette saison, tout comme le milieu de terrain qui semblait aux abois lors de chaque rencontre. Pas de joueur en particulier mais un effectif en dessous dans sa quasi globalité.

La surprise

La seule et triste surprise de cette saison c’est bien la relégation. Personne ne s’y attendait à Samara, la saison 2017/2018 va être bien longue.

Le coach

L’expérimenté Franck Vercauteren a fait les frais des mauvais résultats de son équipe et quitte le navire dès le mois de novembre. Son successeur Skripchenko ne fera guère mieux et présentera également sa démission à la fin de la saison.

Les supporters

L’affluence suit les résultats à Samara. On passait de 18000 spectateurs en début de saison à des taux extrêmement bas dans les dernières rencontres : 6000 de moyenne, rien de bien folichon. Les abonnés pourront encore une fois regretter la délocalisation de certains matchs à Ufa pour cause de terrain impraticable. Malgré la relégation ils pourront se réjouir d’inaugurer le nouveau stade en vue du mondial fin 2017/début 2018.

L’avenir

Pour se relancer il faudra remonter dès la saison prochaine. Il devrait y avoir peu de mouvements dans l’effectif et si celui ci est le même que lors de cette saison, nul doute que Samara sera un candidat très sérieux pour la montée …

Antoine Jarrige

16ème – FK Tom Tomsk – 14 points (relégué)

La saison

Les Sibériens sont rarement à la fête en Première Ligue, la dernière saison du Tom Tomsk parmi l’élite en est une parfaite illustration. 14 points pour 30 matchs joués, une différence de buts de -47 et une belle place de lanterne rouge pour couronner le tout : voilà pour le bilan comptable. Tomsk a très mal commencé, très mal fini, et entre les deux extrémités, a globalement très mal joué.

Le premier match de l’été, une défaite sèche 3-0 contre Krasnodar, annonçait la couleur. Les Tomitchi ont eu beau arracher une victoire étriquée contre Oufa à la 3e journée (1-0), tous les observateurs s’accordaient pour prédire un chemin de croix aux Blancs et Verts, ce qui n’a pas manqué. Hormis une seconde victoire 1-0 contre Toula, les occasions de se réjouir ont été peu nombreuses pour les spectateurs du stade Troud. Le public a été le témoin impuissant de deux débâcles en bonne et due forme : un 6-0 contre Rostov et un 6-1 contre le Lokomotiv.

Il faut dire qu’aux avanies du terrain se sont joints des problèmes financiers : le club a annoncé au coeur de l’hiver être endetté à hauteur de 7 millions d’euros et a libéré plusieurs joueurs clefs de son effectif : Kirill Kombarov, Vitaly Dyakov, Eric Bicfalvi, Lukáš Droppa, etc.

Les Tomitchi ont donc abordé la deuxième partie de la saison avec un effectif presque entièrement composé de jeunes de la réserve. Même si les espoirs n’ont pas démérité, la différence de niveau est abyssale entre le championnat des réserves et la Première Ligue. Tomsk a donc terminé sa saison sur une série de 10 matchs sans victoire, avec une déroute finale à Krasnodar (5-1).

Les tops

En première partie de saison, le Roumain Eric Bicfalvi a laissé une très bonne impression au milieu de terrain, avec une vision du jeu intéressante et un abattage de tous les instants. Ses bonnes performances avec Oural en 2017 n’ont fait que confirmer le potentiel entraperçu en Sibérie.

Parmi les jeunes lancés dans le grand bain à la sortie de l’hiver, citons le gardien Aleksandr Melikhov, qui a limité la casse dans un contexte très difficile. Sa performance contre le Zenit en mai, par exemple, a permis à son club de ne pas se prendre une énième valise.

Les flops

Les joueurs ont fait ce qu’ils ont pu, l’entraîneur est hors de cause, il faut donc attribuer un gros moins au sponsor du club, Gazpromneft. La filiale pétrolière du géant du gaz n’a pas les moyens du siège pétersbourgeois, certes, mais c’est encore une fois le personnel du club et les joueurs qui ont fait les frais de leurs promesses non tenues, avec des impayés sur toute la fin de l’année 2016.

Les surprises

Les surprises ont toutes été mauvaises cette année sur les bords de la rivière Tom.

Le coach

Vieille gloire du Torpedo Moscou, Valery Petrakov est un habitué des dirigeants calamiteux, mais cette saison 2016-2017 doit facilement monter sur le podium de ses exercices les plus chaotiques. Que peut faire un entraîneur quand les salaires ne sont pas payés, quand la moitié des joueurs se fait la malle à l’intersaison, quand on l’oblige à envoyer les jeunes au casse-pipe ? La réponse : rien. Ne pas avoir démissionné est déjà en soi un acte de bravoure.

Les supporters

L’ambiance n’a pas vraiment été à la fête dans les travées du stade Troud cette saison, mais les supporters ont su faire front malgré la catastrophe. Il faut saluer en particulier le soutien dont ont bénéficié les jeunes en 2017.

L’avenir

Le club annonce un budget de 8 millions d’euros en FNL l’année prochaine, ce qui n’est pas ridicule. L’incertitude est cependant totale en ce qui concerne l’effectif, donc il se pourrait bien que Tomsk nous fasse une Mordovia Saransk en 2017-2018. Contrairement aux Mordves, on ne leur souhaite pas…

Adrien Morvan

Le XI de l’année

Le but de l’année

L’homme qui devait signer à l’OM l’été dernier a finalement rejoint la Russie et Krasnodar. Même s’il a peu joué, le Géorgien Tornike Okriashvili a inscrit un somptueux retourné acrobatique contre le Zenit. Un but à la toute dernière seconde qui permet aux bykis de rapporter les trois points.

L’équipe Footballski Russie


Image à la une : © Mikhail Kireev / Sputnik

Saison 2016/2017 : Un an de football en Russie – Episode 5
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A propos de l'auteur

Antoine Jarrige

Antoine Jarrige

Antoine, 21 ans. Etudiant en kiné en Alsace, grand amateur du football russe . Amoureux d'Ural, le grand club de Sibérie occidentale, mon coeur ne bat que pour Smolov et Lungu.

pays de l'auteur footballski

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