Saison 2016/2017 : Un an de football en Russie – Episode 3

Antoine Jarrige
Antoine Jarrige - Publié le 10 juin 2017

La saison 2016-2017 de RPL tire son rideau rouge. Une saison une nouvelle fois riche en suspens que ce soit pour l’Europe ou la relégation. Tour d’horizon des différentes équipes, en passant par les tops/flops de l’année.

5ème – FK Terek Grozny – 48 points

La saison

Un beau parcours, c’est le qualificatif que l’on pourrait donner à la saison 2016/2017 du Terek Grozny, puisque le club tchétchène en superbe forme accroche la cinquième place. La joie est grande du coté du Terek mais la déception aussi car le club de Grozny échoue a un petit point de la 4ème place qualificative pour la Ligue Europa avec un bilan de 14 victoires, 6 matchs nuls et 10 défaites. Le bilan face aux équipes du top 4 est assez équilibré, le Terek a réussi l’exploit notable de battre le Zenit par deux fois au cours de la saison et de s’imposer face à Krasnodar. Ce qui ne l’a tout de même pas empêché de contre-performer face a des équipes plus faibles, mais de globalement maintenir son rang et de se battre pour la Ligue Europa jusqu’à la dernière journée. C’est l’une des meilleures saisons du club au niveau du classement final, alors qu’il était plutôt habitué ces dernières années à se battre pour le maintien en Premier League.

Les tops

Nous sommes obligés de mentionner l’international albanais Bekim Balaj qui termine meilleur buteur du club avec neuf réalisations, arrivé de Rijeka pour 550.000 euros, l’attaquant est dans le viseur des grosses écuries du championnat, notamment le CSKA Moscou. On notera aussi les bonnes performances de Mbengue et ses 7 buts, tout comme les immortels Lebedenko et Ivanov, toujours indispensables ainsi que le latéral capitaine Utsiev, qui a porté son équipe défensivement, bien aidé par la bonne saison d’Andrey Semenov en défense centrale.

Les flops

Les flops sont peu nombreux cette saison, sachant que l’équipe a globalement surperformé compte tenu de l’effectif de départ. On peut cependant être déçu de l’apport de Magomed Ozdoev, le renfort hivernal arrivé en prêt du Rubin Kazan qui n’a pas pu s’imposer dans le milieu déjà bien complémentaire de l’équipe.

Révolution dans le foot russe, le Terek Grozny devient l’Akhmat Grozny.

Les surprises

Bekim Balaj que l’on attendait pas à ce niveau, avec ses neuf réalisations, il est en quelque sorte devenu le nouveau Ailton Almeida en remplissant son rôle d’attaquant efficace devant le but et n’ayant pas peur d’aller au duel sur les ballons difficiles.

Magomed Mitrishev, le jeune attaquant de 23 ans, a montré son potentiel, son fort caractère de leader et son implication sur le terrain. Si ses statistiques sont encore faibles (3 réalisations en 23 apparitions), il a réalisé de bons matchs et son profil différent (1,77m pour 61kg) tout en vivacité a apporté une alternative crédible dans les fins de matchs pour le Terek.

Le coach

Rashid Rakhimov est l’artisan de cette belle saison du Terek, considéré comme un coach défensif car ses équipes sont difficiles a bouger physiquement, il s’est avéré au fil du temps être un pragmatique avec un fort caractère capable de tirer le meilleur de ses joueurs. Après avoir sauvé le club de la relégation en 2013, il termine la saison à une très honorable 5ème place, après avoir longtemps lutté pour la Ligue Europa. Il décide d’ailleurs de quitter le club le 21 mai dernier pour laisser sa place à Oleg Kononov, l’ancien coach du FK Krasnodar.

Les supporters

Le Terek Grozny dispose d’un stade magnifique et de l’une des plus belle ambiances du pays quand le stade est plein. Les supporters du Terek ont suivi avec grand intérêt la saison de leur équipe, en témoigne une affluence moyenne de plus de 15.000 spectateurs, et même si la déception a été grande de ne pas avoir pu accrocher une place européenne, ils sont surtout satisfaits d’avoir réalisé une saison pleine, loin de la zone de relégation.

L’avenir

Avec l’arrivée de Kononov et une enveloppe agrandie pour recruter cet été, le Terek Grozny va tenter de bâtir à partir de cette belle saison pour s’installer durablement dans le haut du tableau et pourquoi pas arracher une qualification pour la coupe d’Europe la saison prochaine. Pour cela, il faudra évidemment compter sur une nouvelle grosse préparation physique mais aussi sur une bonne gestion du mercato.

SovietXav

6ème – FK Rostov – 48 points

La saison

La grosse surprise de la saison dernière pouvait-elle récidiver, voire s’adjuger le titre ? Malheureusement pour eux, les résultats catastrophiques à l’extérieur après un début de saison rocambolesque avaient tôt fait d’écarter cette possibilité, mais les Selmashi ont longtemps été en mesure de se qualifier pour l’Europe, une place qui ne leur a échappé qu’à la toute dernière journée à cause d’un paradoxe connu depuis longtemps : l’incapacité du FK Rostov à vaincre les petites équipes hors de ses bases.

Les statistiques sont très franches envers Rostov sur le plan national. Inutile de mentionner la lourde défaite en Coupe dès l’entrée en lice face au Dinamo Moscou si ce n’est pour dire qu’ils savaient depuis longtemps qu’ils ne pouvaient compter que sur le championnat pour rejouer l’Europe. Sur la première partie de saison, les Jaune et les Bleu ont remporté sept de leurs neuf matchs (pour deux scores vierges) à domicile alors qu’ils n’ont pas su remporter une seule victoire à l’extérieur – il a fallu attendre l’avant-dernière journée et une victoire sur la pelouse de l’Anji (rencontre à Tomsk délocalisée à Rostov exclue) pour que cela se réalise. Après avoir perdu le contrôle de trois rencontres successives à l’extérieur contre le Zenit, le Terek et Krasnodar, Rostov n’a marqué que contre l’Anji en déplacement. La défaite finale à Orenbourg qui a privé les Selmashi d’Europe symbolise ce problème des faux-pas à l’extérieur contre beaucoup d’équipes nettement inférieures.

Dommage car ces points ont terni une saison bourrée de points positifs ! Le premier est le parcours européen, plaisant de bout en bout (cf. ci-dessous). Le deuxième concerne les prestations contre les grosses équipes, souvent à domicile, qui ont donné lieu à beaucoup de victoires sensationnelles contre Anderlecht, contre l’Ajax Amsterdam, contre le Bayern Munich, contre le Sparta Prague et contre le Spartak Moscou. Le troisième est la ferveur des supporters. Le quatrième est le coaching de Kurban Berdyev. Le cinquième est la défense de fer qui a su rester inviolée et enfin, le sixième et dernier point vise les efforts réalisés par les joueurs, individuellement comme collectivement.

Les tops

Timofei Kalachev et Cesar Navas sont les plus gros tops de la saison. Le premier, très expérimenté et déjà au niveau l’an dernier, a su être plutôt solide, mais les éloges mettent en valeur les bijoux offensifs dont il a été capable. Il est l’un des artisans des grandes victoires contre l’Ajax Amsterdam, le CSKA Moscou, le Bayern Munich et le Sparta Prague. Le deuxième a été au centre de la réussite de Rostov en matière de position défensive, y compris cette folle série de dix matchs consécutifs sans encaisser de buts.

On peut mentionner les bonnes performances de Gatçan, Azmoun, Kudryashov, Bukharov (!), Poloz, Noboa, Dzhanayev et Nikita Medvedev (à ne pas confondre avec l’ex-président Dmitri !).

Les flops

Si l’on peut regretter la baisse relative de la part d’Erokhin ou les erreurs défensives régulières de Granat, on a choisi d’évoquer le paradoxe Rostov comme flop. Ce trop grand nombre de faux-pas largement évitables contre des équipes du bas de tableau à l’extérieur avait privé le FK Rostov de titre à la Leicester l’année dernière. On peut dire qu’il le prive d’Europe cette année. Pourquoi les Selmashi n’ont-ils pas été en mesure de rester constants ? Le FK Rostov des matchs contre Anderlecht, Amsterdam, Munich et Prague n’aurait fait qu’une grosse bouchée du bas de tableau russe s’il avait bien géré le coup.

Le coach

Kurban Berdyev n’a pas volé sa réputation. L’homme des exploits avec le Rubin Kazan a récidivé avec Rostov. Pourtant, la confirmation n’était pas gagnée. À cause de problèmes financiers à la direction du club, Kurban Berdyev avait commencé la saison par démissionner après la victoire à Anderlecht, puis par s’entretenir avec le Spartak Moscou avant de revenir à Rostov en tant que vice-président. Ivan Daniliants et Dmitri Kirichenko le remplaçaient officiellement comme entraîneur, mais le génie turkmène restait de facto le coach du club. On lui attribue tous les exploits du FK Rostov l’an dernier et cette année encore. Le Turkmène vient de quitter le club pour retourner dans la République du Tatarstan.

Les supporters

Dans la continuité de la saison précédente, les supporters ont répondu en nombre dans l’Olimp-2. Aussi en difficulté qu’ait pu être Rostov à l’extérieur, il a toujours été impérial à domicile et cela n’a pu avoir qu’un impact positif sur l’affluence et le supportérisme.

L’Europe

Le FK Rostov a réussi une campagne européenne très aboutie où il a contribué à dessiner le paysage à la fois de la Ligue des champions et de la Ligue Europa. La Russie peut sans nul doute en être reconnaissant aux Selmashi pour l’obtention de la sixième place au classement UEFA.

Avant de s’emparer de ce sixième rang, la Russie était septième. Et être vice-champion du septième pays signifie que l’on doit passer par les tours préliminaires pour valider son ticket à la compétition reine. Rostov avait tiré Anderlecht au troisième tour préliminaire (point de départ pour le vice-champion). Après un match aller en Russie plutôt équilibré (2-2), les Selmashi se baladent à l’extérieur sur un terrain où le Zenit Saint-Pétersbourg s’inclinera lourdement plus tard (2-0). L’Ajax Amsterdam se dresse sur le chemin du FK Rostov en barrages. Ils obtiennent un nul aux Pays-Bas (1-1) avant d’écraser les futurs finalistes de la C3 à domicile en Russie dans une ambiance dont tout le monde se souviendra après un match impressionnant de tout le secteur offensif (4-1). Rostov venait de valider un billet historique pour la phase de poules de la C1.

Tiré au sort dans le groupe très relevé du Bayern Munich, de l’Atlético de Madrid et du PSV Eindhoven, le FK Rostov visait la troisième place. Lourdement battu d’entrée en Bavière sur un score ne reflétant pas la combativité des visiteurs réduits à dix (0-5), les Selmashi manquaient l’occasion de prendre une option pour la C3 en concédant le nul à domicile contre le PSV, Vladimir Granat à lui seul causant deux erreurs fatales (2-2). La double-rencontre contre l’Atlético de Madrid (que Berdyev avait déjà battu avec son Rubin Kazan) virait à la frustration à cause de deux défaites courtes sans démériter dans l’Olimp-2 (0-1) puis en Espagne (1-2), cette dernière défaite étant concédée à la dernière minute du temps additionnel. Rostov, appuyé par le faiseur de miracles Berdyev, allait être récompensé de ses efforts. Il disposait brillamment du Bayern Munich à la cinquième journée (3-2) pour décrocher une victoire extrêmement prestigieuse, la première de l’histoire du club en C1. Ayant pris une option pour la troisième place synonyme de versement en Ligue Europa, les Selmashi n’avaient qu’à la valider en allant chercher un nul à Eindhoven (0-0). En une unique participation, ils réussissaient là où le CSKA échouait une fois de plus comme il ne cesse de la faire.

En C3, le FK Rostov rencontrait le Sparta Prague, l’équipe tchèque qui avait balayé le FK Krasnodar au même stade un an auparavant et qui avait devancé Southampton et l’Inter Milan en phase de groupes. Au match aller en Russie, grâce à un Kalachev étincelant, les Selmashi ne faisaient qu’une bouchée d’une équipe tchèque totalement dépassée (4-0). Ils validaient leur ticket pour le tour suivant en allant chercher un nul de Tchéquie (1-1).

En huitièmes de finale, c’était Manchester United qui se dressait sur la route des hommes de Berdyev. Luttant courageusement, ils décrochaient un nul à domicile (1-1) et s’inclinaient au retour (0-1) en ayant eu, lors des deux rencontres, des occasions de marquer un (des) but(s) libérateur(s). Quelques mois plus tard, les Red Devils remportaient la compétition en disposant de l’Ajax en finale et en ayant avant cela éliminé Anderlecht ainsi que le Celta Vigo (tombeur du FKK). En battant Anderlecht et l’Ajax, ainsi qu’en se faisant battre par Manchester United et le Celta, les clubs russes auront joué un rôle très important dans le dessin du tableau final.

L’avenir

Malgré les nombreuses satisfactions de la saison, le fait d’avoir perdu l’Europe rend l’avenir du FK Rostov incertain. Kurban Berdyev est retourné au Rubin Kazan, mais l’espoir demeure concernant les héros-joueurs de ces deux saisons. En attendant l’inauguration du nouveau stade, Rostov devrait continuer de jouer à l’Olimp-2 au début de la saison.

Philippe Ray

7ème – FK Ufa – 43 points

La saison

Bien malin celui qui avait prédit en début de saison que Ufa allait jouer la course à l’Europe une bonne partie de la saison ! Début juin, Zinchenko le jeune prodige du club rejoint Manchester City pour 10 millions d’euros. Un argent qui sera parfaitement utilisé par les dirigeants qui vont renforcer l’équipe avec notamment l’arrivée de Kehinde Fatai, le buteur nigérian en provenance du Sparta Prague. Le début de cette nouvelle ère se fera sous les ordres de Viktor Goncharenko, qui promis à prendre les rennes du CSKA Moscou après Slutsky, terminera sa formation dans le petit club de RPL.

L’objectif du club ? Le maintien et uniquement le maintien ! Les amicaux de pré-saison sont délicats et Ufa va avoir beaucoup de mal au démarrage… Trois défaites lors des quatre premiers matchs, Ufa se retrouve déjà bon dernier fin août ! C’est alors que le coup de fouet intervient, Ufa va enchaîner les bonnes performances et s’offre même le luxe de s’imposer 1-0 sur la pelouse du Spartak Moscou fin septembre. Slutsky quitte le CSKA en décembre, Goncharenko quitte alors le club et sera remplacé par un novice en la personne de Sergey Semak. L’ancien du Zenit va mener Ufa aux portes de l’Europe, malheureusement la fin de cycle retour est compliquée et Ufa termine à seulement six petits points de Krasnodar. Outre le championnat, Ufa a fait un superbe parcours en Coupe, le meilleur de son histoire. Éliminant successivement l’Energomash Belgorod, le Terek Grozny et l’Anzhi, Ufa va se faire sortir par le Lokomotiv Moscou en demi-finale. Entre un bon championnat et un beau parcours en Coupe, autant dire que le club de Semak a réussi sa saison.

Les tops

Les deux attaquants nigérians Kehinde Fatai et Sly ont fait le boulot devant. Avec six buts, Fatai termine sa première saison en Russie comme meilleur buteur dans son club. Rejoignant Ufa lors du mercato hivernal, Belenov a été impérial dans ses cages. Sukhov avec toute son expérience a dirigé sa défense qui termine la cinquième meilleure du championnat. Ondrej Vanek, le Tchèque, a également été très intéressant au milieu de terrain.

Les flops

Dans une saison maîtrisée, on retrouve peu de flops à Ufa. On pourra néanmoins être quelque peu critique en l’égard de Vyacheslav Krotov qui a eu beaucoup de mal devant les buts. Zéro pointé en 24 rencontres, il faudra faire bien mieux la saison prochaine !

La surprise

Âgé de seulement 18 ans, Ivan Oblyakov a su gagner une place de titulaire au milieu de terrain. Avec 20 matchs joués et un but, Oblyakov sera à surveiller la saison prochaine.

Le coach

Deux coachs ont exercés sur le banc d’Ufa cette saison. Goncharenko le biélorusse avait bien évidemment la tête au CSKA Moscou qui l’attendait les bras ouverts, mais le jeune coach a fait le boulot en mélangeant expérience et jeunesse dans son onze de départ. En décembre, il part pour le CSKA et laisse à son successeur, Sergey Semak, un club en pleine bourre. Pour sa grande première en tant qu’entraineur principal, l’ancien joueur du PSG a fait le boulot et termine sa première saison avec un bilan plus que positif.

Les supporters

Ufa n’est pas une ville qui vibre pour le football et cette saison 2016-2017 en est la parfaite illustration. En baisse par rapport à la saison précédente malgré de bons résultats, le stade Neftyanik n’a accueilli que 6.800 spectateurs de moyenne dans une enceinte pouvant en accueillir 15.000. Peut mieux faire.

L’avenir

Si Ufa garde un effectif stable et se renforce intelligemment lors du mercato, nul doute que le maintien sera une formalité. Alors pourquoi pas faire un exploit en Coupe ou une saison à la Rostov en championnat ?

Antoine Jarrige

8ème – FK Lokomotiv Moscou – 42 points

La saison

Difficile de condenser en quelques phrases la saison burlesque du Lokomotiv Moscou, qui semble vivre un éternel retour dans le passé. Tout a commencé au début du championnat, avec un bouleversement à la tête du club : Olga Smorodskaya, présidente honnie des supporters, a été remplacée par Ilya Gerkus, un ancien cadre financier du Zenit. On fait difficilement plus glamour comme nomination.

Igor Cherevchenko, l’entraîneur, a aussi été débarqué au lendemain de la 2e journée, malgré une saison 2015-2016 pas vilaine. C’est l’éternel Yuri Syomin qui a pris sa place, l’entraîneur qui a mené le Loko au titre de champion de Russie au début des années 2000. Le grand manitou avait déjà fait un retour éclair en 2009, sans grand succès. Comme de juste, le début de saison s’est avéré absolument catastrophique, avec 20 points en 16 matchs, et une belle place de 11e à 6 points des barrages de relégation. Fin, octobre, néanmoins, la machine semble se relancer, avec une victoire étriquée dans le derby contre le CSKA (1-0) et deux succès probants contre des outsiders : 4-0 contre l’Anzhi et 6-1 contre Tomsk. Cette bonne dynamique se poursuit après la trêve, avec quelques accidents de parcours toutefois, comme cette déroute 4-0 contre le CSKA fin avril. Le prêt de Ari en attaque aura été décisif : le voilà l’attaquant dont le Lokomotiv avait besoin depuis le départ de Niasse !

Le Loko se retrouve donc à la huitième place, loin des ambitions du club, mais alors qu’on craignait un scénario catastrophe à la Dynamo cet hiver, le printemps a apporté quelques certitudes. En outre, difficile d’en vouloir à un effectif qui est allé chercher sa qualification en Ligue Europa via la Coupe. Grâce à leur victoire probante contre Ekaterinbourg en finale, les Cheminots se sont assurés d’une place en poule, en plus de garnir la vitrine à trophées.

Les tops

Le joueur qui a véritablement éclos cette saison, c’est bien sûr Alekseï Miranchuk, auteur de 5 buts et 10 passes décisives, dont un super lob en finale de Coupe. Le milieu offensif formé au club a gagné en assurance au coeur du jeu et a visiblement travaillé ses capacités physiques et son travail défensif. On se souvient qu’au milieu des années 90, Syomine avait transformé de la même manière un certain Loskov, talent brut en provenance de Rostov.

Il ne faut pas oublier le rôle d’Ari dans le renouveau offensif du Loko. Arrivé en prêt au mercato hivernal, le Brésilien a tout de suite gagné sa place de titulaire en pointe. Igor Denisov a lui aussi montré de belles choses depuis son arrivée cet été, en tout cas bien plus que Tarassov, Mikhalik ou Kolomeytsev. En espérant que ces deux-là ne soient pas ratrappés par leurs problèmes de discipline la saison prochaine.

Les cadres de la défense ont été plutôt fidèles à eux-mêmes, même si Ćorluka semble se faire de plus en plus fragile. Kvirkvelia et Pejčinović ont fait de leur mieux pour jouer sans lui, avec une réussite contrastée.

Les flops

Pas de grosse catastrophe cette année, hormis le fantôme Boris Rotenberg, dont on ne saura jamais vraiment s’il doit sa carrière de footballeur à l’aura de businessman de son père ou à un malentendu. On peut  quand même relever quelques positions faibles dans l’effectif, le poste d’ailier en premier lieu, où Maicon a de plus en plus de mal à faire illusion, ne parlons même pas de Kasaev. Seul Ignatyev semble à peu près s’en sortir. Sur le côté droit de la défense, Yanbaev et Pejčinović ont fait de leur mieux, mais ils ont toujours l’air emprunté quand sur le flanc opposé évolue le grand Vitaly Denisov.

La surprise

Manuel Fernandes. Le Portugais avait complètement raté sa saison 2015-2016, au point que Cherevchenko se passait régulièrement de lui, à force de le voir ralentir le jeu. L’un des mérites de Syomin aura donc été de faire une nouvelle fois confiance à la touffe tranquille, pour un résultat qui a dépassé toutes les attentes : 9 buts et 11 passes décisives, pas mal pour un milieu qui joue plus souvent relayeur que meneur.

Le coach

Syomin a-t-il encore un avenir en tant qu’entraîneur ? Difficile à dire. Ses résultats cette saison sont assez médiocres, mais on a revu du jeu à Cherkizovo, alors que le Loko de ces dernières années avait tendance à bétonner à outrance. Figure paternelle pour beaucoup de supporters, il bénéficiera toujours d’une grande indulgence de leur part, ce qui peut redonner un peu de sérénité à un club qui en manque cruellement.

Les supporters

Le stade Cherkizovo sonne encore creux, mais on a noté un frémissement en fin de saison, un enthousiasme plus vu depuis la fin de l’ère Koutchouk, qui avait des résultats bien meilleurs. Le départ d’Olga Smorodskaïa a beaucoup apaisé les tensions. Le moment fort de la saison est bien sûr le déplacement à Sochi dans le cadre de la finale de Coupe, qui a rassemblé 7.000 supporters, un record dans l’histoire du club.

L’avenir

Dans un contexte ou même le Zenit Saint-Pétersbourg réduit la voilure, l’enjeu pour le Lokomotiv est avant tout de survivre. Le club n’est pas dénué d’atouts, mais les chemins de fer russe ne semblent plus disposés à jeter de l’argent par les fenêtres comme au milieu des années 2000. La saison prochaine risque de ressembler en tout point à celle-ci, la Ligue Europa en plus, car on n’attend pas de grands changements avant la Coupe du Monde. Mais l’après 2018, c’est le brouillard total.

Adrien Morvan


Image à la une : © Alexander Vilf/Sputnik via AFP Photos

Saison 2016/2017 : Un an de football en Russie – Episode 3
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A propos de l'auteur

Antoine Jarrige

Antoine Jarrige

Antoine, 21 ans. Etudiant en kiné en Alsace, grand amateur du football russe . Amoureux d'Ural, le grand club de Sibérie occidentale, mon coeur ne bat que pour Smolov et Lungu.

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