À moins d’un an de la Coupe du Monde, nous avons décidé de nous replonger dans l’histoire du football soviétique des différentes (quatorze, hors Russie) Républiques socialistes soviétiques d’Union Soviétique avec quatorze semaines spéciales, toutes reprenant le même format. Nous continuons la deuxième partie de notre série avec cette semaine la Lettonie et une introduction (statistiques et faits).

Cet article sera suivi d’un événement important (les accessions manquées par le Daugava Riga), d’un club ayant marqué l’histoire (le Skonto Riga), d’un homme (Aleksandrs Starkovs) et enfin d’un point sur vingt-sept années de football après l’indépendance.

Le programme de la semaine


#46 – Introduction
#47 – Un événement : Le Daugava Riga et ses échecs pour retrouver l’élite
#48 – Un club : Skonto FC, la chute d’une institution lettone
#49 – Un Homme : Aleksandrs Starkovs, le roi du football letton
#50 – Le football en Lettonie depuis l’indépendance


Un peu d’histoire

La République Socialiste Soviétique de Lettonie a été créée suite à l’invasion par l’URSS (conformément aux accords du pacte germano-soviétique sur le partage de l’Europe). La date officielle de sa création est le 21 juillet 1940, même si l’Union Soviétique en a perdu le contrôle pendant les quelques années d’occupation allemande. La RSS de Lettonie s’est établie exactement  sur le territoire de l’éphémère République de Lettonie.

Les débuts de la RSS sont marqués, comme pour les autres républiques baltes, par la répression tant que Staline est au pouvoir et bon nombre de Lettons sont déportés en Sibérie et au Kazakhstan (pour la deuxième fois après 1940). De nombreux Russes viennent s’installer et cela crée quelques tensions entre communistes nationaux et communistes russes. En effet, à la mort de Staline, Beria encourage les communistes locaux à s’investir dans les instances des Républiques. Ainsi sous Khrouchtchev, les communistes lettons commencent à prendre le pas sur les « Russes » qui sont bien souvent des Lettons nés en Russie et ne maîtrisant pas la langue. Les changements principaux sont l’utilisation du letton comme langue principale, l’arrêt de l’immigration massive russe et la création d’industrie moins lourde dans une république assez petite.

Finalement, les communistes russes obtiennent de Khrouchtchev une purge des dirigeants et reprennent la mainmise aux destinées de la république jusque dans les années 80, et les deux décennies 1960 et 1970 voient une recrudescence de l’immigration russe, notamment car le gouvernement central continue d’y installer des industries importantes en raison des infrastructures et du personnel qualifié présent en nombre en RSS de Lettonie.

La Perestroïka, comme dans les autres républiques baltes, permet aux Lettons de reprendre la destinée de leur territoire et ainsi, après des élections menées dans la république, l’indépendance est proclamée le 4 mai 1990. Si l’Union Soviétique tente bien de reprendre le contrôle de Riga, elle finit par reconnaître l’indépendance de la Lettonie le 6 septembre 1991.

La Lettonie dans le championnat soviétique


Lire aussi : Où sont aujourd’hui les équipes ayant joué en Ligue Supérieure d’URSS ?


Une seule équipe lettone a participé à la Ligue Supérieure d’Union Soviétique. Il s’agit du regretté Daugava Riga, qui se hisse à deux reprises au plus haut niveau, en 1948 puis en 1960. Deux fois, il faut le dire, grâce à des décisions de la fédération, car le club est huitième lors de sa première accession et onzième – de l’un des sept (!) groupes de première division – lors de la seconde.

En tout et pour tout, le Daugava Riga passe sept saisons dans l’élite, avec pour meilleur résultat une douzième place sur 22 en 1960, année où il est promu. On trouve également une onzième place quelques années plus tôt, en 1951, mais le championnat compte alors beaucoup moins d’équipes engagées. Par la suite, le club chute au troisième échelon avant de remonter et de tenter sa chance pour revenir dans l’élite dans les années 80. Le Daugava remporte même l’antichambre de l’élite en 1985, mais se voit contraint de passer par des play-offs en raison de la réduction du nombre d’équipes en Ligue Supérieure et ne parvient pas à monter.

Parmi les autres clubs lettons, le Dinamo Riga atteint la deuxième division soviétique, tandis que le Zvejnievks Liepaja passe, lui, par le troisième niveau, en servant bien souvent d’équipe réserve pour le Daugava. Le Zvejnievks qui survit d’ailleurs jusqu’en 2013, sous le nom de FC Liepaja, avant de faire faillite et d’être remplacé par un club éponyme.

En dehors des équipes de Riga et de Liepaja (archi-dominatrices), d’autres villes sont inscrites au palmarès du championnat régional de la RSS de Lettonie : Broceni (Starts), Ventspils (Venta), Daugavpils (Kimikis), et enfin de deux petits nouveaux à la fin des années 80, Jelgava (RAF) et Valmiera (Gauja).

Statistiques en Ligue Supérieure :

Clubs ayant participé provenant de Lettonie2%
Saisons jouées par les clubs lettons1%
Points glanés par les clubs lettons201 (0,3%)
Victoires par matchs joués25%
Buts marqués et Goal-average198 (0,3%) / -213
Titres0
Podiums0

La RSS de Lettonie en Coupe d’Europe

Le Daugava Riga, seul représentant letton au plus haut niveau, n’est jamais parvenu à se qualifier pour une coupe d’Europe tout au long de son histoire.

Les Lettons en équipe nationale d’URSS

Quatre fois champion d’URSS, trois fois appelé en Coupe du Monde pour seulement neuf sélections sous le maillot rouge, Leonid Ostrovskiy peut être considéré comme Letton de par sa naissance à Riga dans une famille juive. Il opte néanmoins pour la nationalité ukrainienne en 1991, et est donc officiellement décompté parmi les Ukrainiens ayant porté le maillot soviétique. Aucun Letton n’a ainsi officiellement été international soviétique.

Adrien 


Image à la une : © Footballski

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