La progression d’Astana continue tranquillement, même si cette fois, le club n’a pas réussi à accéder aux 16èmes de finale de l’Europa League. En revanche, d’autres clubs plus historiques ont foncé droit dans le mur pendant cette année 2018. Et sinon, Tobol a enfin réussi à accrocher son podium !

1 – Astana – 77 points

Si l’on est particulièrement déçu par l’issue de la « finale » du groupe d’Europa League entre Rennes et Astana, il n’en reste pas moins que le club le plus important du pays continue de faire de belles performances en Europe, ce qui n’était pas si évident il y a quelques années.

Sur le plan national, dix ans d’existence et déjà cinq championnats remportés. C’est le bilan flatteur du FC Astana, qui égalise ainsi Irtysh et Aktobe et ne devrait pas attendre trop longtemps pour les dépasser.

Pourtant, l’année a été agitée pour la meilleure équipe du pays. Juste avant le début de la saison, le manitou Stanimir Stoilov annonce son départ pour prendre les rênes de l’équipe nationale du Kazakhstan. Pour le remplacer, le club compte sur son assistant Grigory Babayan. Cependant, à partir du premier jour de l’été, l’ukrainien Roman Grigorchuk arrive, rendant à Babayan son second rôle. Mais en août, après l’élimination en Ligue des Champions contre le Dinamo Zagreb, Grigorchuk rentre en Ukraine, officiellement pour « raisons familiales ». En réalité, il ne revient jamais et c’est bien Babayan qui prend en charge l’équipe jusqu’à la fin de la saison, en changeant quelques plans tactiques par rapport à son mentor.

Astana a aussi subi des changements assez importants dans son effectif. Et si Junior Kabananga, après une aventure de six mois en Arabie saoudite, revenait au Kazakhstan (mais pas dans la forme qu’il avait en partant), le départ de Patrick Twumasi en Espagne est très difficile à vivre. Heureusement, Pedro Henrique arrive avec succès et le jeu de l’équipe s’en voit renouvelé. Puis, Richard Almeida (arrivé de Qarabag) est devenu de plus en plus à l’aise dans son rôle de meneur de jeu au fil de la saison, même si l’on sent qu’il pourrait apporter plus. Rukavina, lui, est un joueur très bon également.

Et finalement, Babayan et ses joueurs ont été convaincants, en écrasant le championnat et en montrant une bonne image en Coupe d’Europe. Il reste tout de même quelques problèmes internes (certains cadres ont fait part de leur mécontentement quant aux retards de salaire). Il est probable que le président Sayan Khamitzhanov parte du club,  comme certains joueurs (Malyi, Mokin, Maevski qui est en fin de contrat).

2 – Kairat – 62 points

Cela fait six années consécutives que le Kairat Almaty n’a pas quitté le podium du championnat, sans pour autant accéder à la plus haute marche. Plus positif, pour la deuxième fois consécutive et pour la neuvième fois de son histoire, Kairat s’est emparé de la Coupe nationale, mais il est peu probable que le fait même de remporter cet honorable trophée puisse compenser les échecs relatifs au championnat.

En dépit du nouveau plan de développement du club annoncé en 2017, la saison passée semblait constituer pour le Kairat une étape transitoire dans la direction annoncée. Mais l’élimination inattendue contre le Sigma Olomouc en Ligue Europa et la nouvelle deuxième place derrière Astana en championnat a finalement convaincu le patron du club d’Almaty que son club avait besoin de sérieux changements. Place aux jeunes, et la victoire en Coupe avec une équipe de jeunes du début à la fin de la compétition montre bien ce vers quoi le Kairat aimerait tendre.

Le départ de Gerard Gohou en Chine après une saison 2017 réussie n’a pas aidé le Kairat. Surtout, l’Ivoirien n’a jamais été remplacé, ni par Hugo Silveira trouvé en Uruguay (quel échec !), ni par Anene. Les deux sont d’ailleurs reparti en milieu de saison… Le vide s’est plus ou moins rempli après l’arrivée de l’Ukraino-nigérian (vous avez bien lu) Aderinsola Habib Eseola en cours de saison, mais n’est pas ce renard de Gohou, auquel le Kairat s’était habitué depuis trois ans et demi. De ce fait, Isael, qui était auparavant le principal transporteur de munitions pour Gohou, a endossé lui-même le beau rôle. Et forcément, cela a joué sur l’identité de jeu du Kairat qui a bien changé.

Malgré toutes les ressources à sa disposition, le Kairat n’y arrive pas et a besoin d’un sérieux remaniement. A quoi ressemblera ce « Kairat » renouvelé et rajeuni ? Nous le verrons la saison prochaine.

Arshavin Kairat
La der pour Arshavin

3 – Tobol – 53 points

Pour la première fois depuis huit ans, l’équipe de Kostanay est revenue sur le podium du championnat Kazakh. Après son titre de champion en 2010, le club n’avait pu faire mieux qu’une cinquième place et ne cessait de décevoir. Cette saison, le Tobol Kostanay s’est distingué favorablement avec une continuité dans les résultats. Globalement, Tobol n’a semblé être inférieur qu’à Astana et Kairat. La troisième place est donc logique.

Un gardien de but décisif, une ligne de défense fiable, un milieu de terrain créatif, une attaque réaliste : le tableau semble idyllique. Sous la direction de Vladimir Nikitenko, et ensuite du polonais Marek Zub, Tobol a engrangé les points. Sans être spectaculaire, mais en marquant aux bons moments et en étant solide quand il le fallait.

Bon nombre de joueurs peuvent être qualifié de bons joueurs de KPL: Dmitry Nepogodov, gardien qui a récemment fait ses débuts dans l’équipe nationale du Kazakhstan, la ligne défensive et ses 2 tauliers Fernander Kassai et le Roumain Ionuț Larie ; au milieu l’expérimenté géorgien Jaba Kankava et le jeune prodige Maxim Fedin ; en attaque l’international Bauyrzhan Turysbek… Cette équipe a réellement de la qualité à tous les niveaux. Bien sûr, il serait naïf de penser que tous ces joueurs resteront à Tobol la saison prochaine. Fedin pourrait partir à Astana et d’autres cadres pourraient aller voir plus haut.

Toutefois, l’épine dorsale de l’équipe sera conservée. Les supporters de football au Kazakhstan espèrent voir Tobol renforcé pour défendre l’honneur du football kazakh en Ligue Europa. Si possible, mieux que cette année et l’élimination contre le modeste club arménien du Pyunik Erevan… Après tout, Tobol s’était déjà fait une réputation en Europe en remportant la fameuse Coupe Intertoto.

4 – Ordabasy Shymkent – 46 points

La saison 2018 du club de Shymkent s’est avérée plutôt ambiguë. Possédant le potentiel de monter sur le podium du championnat, l’équipe a finalement réussi à se positionner juste derrière, mais seulement à la dernière journée.

Remontons un peu pour comprendre les problèmes du club. Cela fait un moment qu’il y a des soucis financiers à Ordabasy, mais sans trop de conséquence jusqu’à l’année dernière, quand le paiement de salaires a commencé à être retardé. La sécheresse monétaire s’est poursuivie pendant la majeure partie de la saison 2018. C’est en raison de ces problèmes, en premier lieu, que les Sudistes ont perdu leur entraîneur, Giorgi Dermendzhiev, et plusieurs joueurs de qualité – Facundo Bertoglio, Jaba Jigauri et Ivan Nagaev, en particulier. Et le fair-play UEFA a sanctionné ces écarts en interdisant le club de disputer la Coupe d’Europe.

Au début de la saison, Ordabasy rivalise pourtant avec Astana et Kairat, mais après le départ du coach bulgare, on comprend vite que Shymkent va devoir se contenter de batailles moins reluisantes. Les premiers matchs sans Dermendzhiev l’ont clairement démontré. Heureusement, un nouveau coach (Tskhadadze) est ensuite arrivé et les joueurs se sont ressaisis. Ordabasy est progressivement redevenu compétitif à temps pour accrocher une place en Ligue Europa.

Les fans de football de Shymkent passent par tous les sentiments. Après la peur d’un crash financier, on vient de leur promettre un budget record pour la nouvelle saison ainsi que la possibilité de reconstruire leur stade qui a un demi-siècle d’histoire. Attention tout de même à une chose : le principal problème de leur club la saison dernière n’était pas du tout son budget, mais le retard dans le paiement des montants indiqués dans les contrats. Et à l’heure actuelle, il n’y a aucune garantie sur le renforcement de l’équipe.

Shymkent a acquis le statut de ville d’importance républicaine (comme Astana et Almaty) et des perspectives intéressantes s’ouvrent devant le club de football local. Mais pour cela, la direction va devoir changer certaines façons de fonctionner.

5 – Kaisar Kyzylorda – 45 points

Superbe saison pour le Kaisar ! En terminant cinquième de KPL, les joueurs de Kyzylorda ont terminé à deux petits points de la qualification pour la Ligue Europa. Pas de regrets, car les Loups ont terminé en trombe avec quatre victoires pour finir en beauté une saison aboutie.

Peu de gens se souviennent du début de saison, quand des fans échaudés par les mauvais résultats ont demandé un acte fort et la démission du coach bulgare Stoycho Mladenov. Mais les dirigeants de la région de Kyzylorda l’ont maintenu dans ses fonctions. Et le Bulgare a démontré que c’était justifié. Sur le terrain, les joueurs du Kaisar ont réussi à produire un beau jeu la plupart des matchs.

Bien sûr, l’intersaison va totalement modifier l’équipe. Coureur a rejoint la Corée du Sud et d’autres partiront. La rumeur envoie Duman Narzildayev à Kairat, puis à Astana… Il faudra trouver des remplaçants au niveau. Après tout, comme le disait Stoycho Mladenov à la télévision bulgare, les objectifs de son équipe pour la nouvelle saison seront plus que sérieux : remporter le titre de champion du Kazakhstan et la Coupe d’Europe ! Espérons qu’il ait les moyens de ses ambitions.

6 – Zhetysu Taldykorgan – 43 points

Après une descente et une remontée express, Zhetysu a convaincu. Pendant toute la durée du championnat, il n’y a pas eu un moment où le club, qui fait l’accordéon entre les divisions, s’est senti en danger. Le suspens, en réalité, tenait plus de savoir si le club allait pouvoir se qualifier pour la Coupe d’Europe.

L’entraîneur Dmitry Ogay a réussi à créer une belle alchimie entre des joueurs d’horizons divers : Oleg Khromtsov qui s’est soudainement révélé à 35 ans, le Tadjik-Ghanéen (!) David Mawutor, l’intelligent capitaine Lituanien Mantas Kuklys et deux Arméniens : l’utile Kamo Hovhannisyan et le technique Edgar Malakyan, sont apparus en KPL pour la première fois. Alors que Sabyrkhan Ibrayev est dans la forme de sa vie, et que les apports en cours de saison de la flèche Ruslan Stepanyuk et du puissant défenseur Andrei Lebedev se sont révélés très intelligents. Avec un budget raisonnable, Taldykorgan a mis sur pied une équipe compétitive.

Flair, compétence et travail on fait bon ménage à Taldykorgan en 2018. Tout ce qu’on leur souhaite, c’est que ça continue en 2019 même si quelques joueurs vont partir.

7 – Aktobe – 42 points

Encore une année difficile pour l’ancienne locomotive du football kazakh, entre dettes, menaces de retrait de points et embrouilles avec la FIFA.

Mais il faut rendre hommage à l’équipe d’Aktobe. En dépit de toute l’atmosphère psychologique très difficile autour d’eux, et du fait que le club n’a pas pu recevoir avant avril pour des problème de pelouse, Vladimir Mukhanov et ses joueurs se sont bien battus. A l’image de Marcos Pizzelli, 34 ans, qui est devenu la vedette de la KPL-2018. Derrière l’Arménien d’origine brésilienne, des locaux ont aussi montré leur qualité comme Bagdat Kairov ou Abat Aymbetov.

Cette saison encore, il faut souligner le comportement admirable des fameux fans d’Aktobe, comme lorsqu’ils ont perdu 6-1 contre le Kairat Almaty et ont continué de chanter. Encore mieux, la célébration de leur but (il y avait alors 5-0). Et en novembre, les fans ont enfin obtenu une récompense : le légendaire Samat Smakov (héros du club et de la sélection kazakhe) est devenu le président du club pour le bonheur général des fans d’Aktobe, mais aussi de tous ceux qui suivent le football national.

Smakov a promis de rembourser les dettes des joueurs au cours des deux prochaines années, mais il n’a pas révélé le montant spécifique de la dette existante : « Si la troisième négociation n’avait pas eu lieu, l’État aurait dû liquider le club. J’étais obligé d’agir, car ce club m’est très cher. Il aurait perdu toute son histoire et ne pourrait plus s’appeler Aktobe. »

En interne, Smakov est rapidement devenu très populaire. La prolongation du contrat de Pizzelli, 34 ans et gravement blessé, a été notamment très appréciée. Le gentleman Smakov va-t-il enfin pouvoir redonner à Aktobe ses lettres de noblesse malgré trois dernières années très, très difficiles ?

8 – Shakhter Karagandy – 36 points

Pour son 60ème anniversaire, le club de Karaganda a failli y passer ! A l’instar d’Aktobe, Karaganda est un club historique en bien mauvaise posture. La faute à une gestion pas très claire par des personnes n’ayant aucun lien avec le monde du ballon rond. Heureusement, Karaganda a un entraîneur réputé, Nikolay Kostov, qui les a probablement sauvé.

Globalement, la saison sportive a été mauvaise, pas mieux pour l’image (boycott de médias), et financièrement ça ne va pas mieux que lors des années précédentes. Et même le directeur sportif Murat Tleshev, l’un des meilleurs attaquants de son temps (il a remporté à trois reprises le titre de meilleur buteur du championnat) ne semble pas pouvoir y faire grand chose…

9 – Atyrau – 36 points

La saison 2018 a été compliquée pour le club de la capitale pétrolière du Kazakhstan. Pratiquement tout au long du championnat, Atyrau s’est retrouvé au fond du classement. Pourtant, sur le papier, l’équipe semblait pouvoir viser plus haut.

Sans pouvoir trouver la bonne formule, Vahid Masudov s’est fait limoger en avril. C’est le moldave Adrian Sosnovski qui est arrivé, avant d’être débarqué à son tour au profit de Viktor Kumykov. Un nom qui ne nous est pas inconnu… C’est lui qui avait mené Karaganda en phase de poule de coupe d’Europe, une première dans l’histoire du football kazakh. Après une pause de près de trois ans, le Russe est donc revenu au Kazakhstan, mais pas pour une mission habituelle. Cette fois, il fallait sauver un club de la relégation.

De fin juillet au 18 août, le sorcier semble bel et bien de retour : il remporte quatre victoires en cinq matchs, alors que les Pétroliers n’avaient remporté que deux matches avant son arrivée. La suite n’est pas si simple, mais Atyrau parvient à gagner des matchs et à se sortir de la zone rouge. Kumykov n’a pas hésité à faire jouer des jeunes du centre de formation, encadré par un autre jeune que l’on connaît un peu plus puisqu’il figurait dans nos espoirs, Kuanysh Kalmuratov. Son corner rentrant contre Aktobe est d’ailleurs un délice. Parmi les autres jeunes, on peut citer Ayin Nurybekov, Rinat Jumov, Altynbek Saparov, Alexey, Dauren Kayrallyev et d’autres. En 2019, Atyrau devrait pouvoir faire mieux.

10 – Irtysh – 35 points

Une bonne grosse saison de m****. La pire de toute l’histoire de Pavlodar en KPL. Pour la première fois, Irtysh a dû passer par le barrage pour s’en sortir – et peut être très satisfait de ce résultat, car on les avait vu tomber dans l’abîme un très long moment.

La saison a notamment été gâchée par des problèmes d’entraîneurs. Embaucher au hasard un jeune spécialiste étranger sans expérience, puis tenter de le virer dès que possible n’est pas très bien passé. Pas plus que la plaisanterie sur une short-list composée de José Mourinho et Fabio Capello pour les remplacer. L’annonce sur le site officiel du club pour chercher un coach était aussi assez gênante.

Bien sûr, les Irtyshan ont eu la chance incroyable de pouvoir compter sur l’arrivée de Dimitar Dimitrov, qui venait pour la deuxième fois en cours d’une saison très mal embarquée. Mais même Hero n’a rien pu faire. Même lui n’est pas un magicien, ce que le Bulgare a souligné à plusieurs reprises tout au long d’une saison insuffisante.

11 – Kyzyl-Zhar – 35 points

Kyzyl-Zhar était de retour en Premier League après huit années d’absence. Au final, le club de Petropavlovsk ne sera pas resté bien longtemps au plus haut niveau malgré un gros temps fort de quatre victoires et deux nuls entre fin septembre et fin octobre. Mais lors des deux derniers combats décisifs, les Nordistes ont craqué, concédant notamment un but à la dernière minute contre Shymkent et perdant largement à Kostanay (3-0) pour conclure la saison. Cette lourde défaite plonge les Nordistes à l’avant-dernière place du classement, actant leur place à l’échelon inférieur.

Il faut dire que tout au long de la saison, la direction du club de Petropavlovsk semblait fataliste, répétant inlassablement que leur club est le plus pauvre de la Premier League, sans forcément donner l’impression de vouloir s’en sortir. Pourtant, quelques joueurs Kazakhs se sont révélés – prenons, par exemple, Timur Muldinov, Karam Sultanov, Timurbek Zakirov, Dmitry Savchenko… Espérons que ces gars-là auront toujours la possibilité de prouver leur valeur en Premier League. Maintenant, on ne sait pas bien quel sera l’avenir du football à Petropavlovsk, malheureusement pour les fans. Le club trouvera t-il les ressources financières et morales pour se relever ?

12 – Akzhayik – 30 points

Après deux miracles les deux saisons précédentes, Akzhayik n’a pas échappé à la sentence en 2018. Malgré une saison encourageante, Akzhayik a fini par rompre en perdant sept de ses huit derniers matchs, dont un duel crucial à Pavlodar.

Sous la direction d’un jeune mentor ukrainien, Vladimir Mazyar, Akzhayik commençait la saison en marquant un nombre correct de points. À un moment donné, il semblait même qu’avec un peu de chance, ce club de la région ouest du Kazakhstan serait en mesure de se lancer sérieusement dans la course à la Ligue Europa. Un succès qui est allé trop vite et ne plaisait pas à tout le monde. Le succès d’Akzhayik aurait pu amener des personnalités influentes du football Kazakh à penser sur la nécessité d’avoir de grosses sommes d’argent pour atteindre des objectifs élevés dans ce championnat. Après tout, ce club se positionne traditionnellement comme un club avec un budget minimal, l’un des plus petits budgets annuels de la KPL. De quoi remettre en cause le professionnalisme de tant de dirigeants ayant des budgets beaucoup plus élevés.

Mais voilà, la machine s’est grippée. En mai, un match perdu 5-3 à Aktobe conduit Vladimir Mazyar à démissionner, affirmant que « les joueurs n’ont pas écouté l’entraîneur. » Suspect et étrange… Derrière, tout s’est écroulé. Dommage pour le 50ème anniversaire du club, mais les propriétaires n’ont rien fait pour aider le successeur de Mazyar : le meilleur buteur, Aderinsola Eseola, est parti en juin et il n’a pas été remplacé. Ou plutôt par Idriss Kouyat qui a été signé, mais a passé très exactement 21 minutes sur le terrain avant une séparation. Globalement, l’équipe est apparue déséquilibrée avec un manque de joueurs sur certaines lignes. Certains suiveurs se demandent si cet échec n’avait pas été planifié, la deuxième division coûtant beaucoup moins cher au club.

Et que dire des fans de l’Oural ? Ceux qui versent leur propre contribution sous forme d’impôts versés au budget. Mais ce ne sont pas eux qui décident où vont ces fonds…


Deuxième division

On se félicitera du retour de Taraz, meilleure académie du pays, en KPL ! L’autre promu est Okzhetpes, qui était lui aussi descendu – à la surprise générale – en 2017.

Les pelouses

Demandez à n’importe quel entraîneur et joueur de football au Kazakhstan quel est le principal problème du football national, la réponse commencera inévitablement par l’état terrible des terrains. Et les pelouses cauchemardesques sont partout, dans l’élite comme dans les divisions inférieures. Aktobe a par exemple dû attendre avril avant de recevoir des matchs à domicile. En cause la pelouse, mais également la structure d’une tribune qui menaçait de s’écrouler.

« Voici un nouveau signal: nous jouons sur des terrains terribles, nous nous fichons de la santé des joueurs, ce n’est pas normal, » déclarait furieux Ali Alyev après la blessure du joueur d’Atyrau Dauren Mazhitov. D’ailleurs Atyrau comme Aktobe a été forcé de délocaliser un bon nombre de ses matchs à domicile.

L’arbitrage

Le thème des « hommes en noir » est également un sujet intarissable dans le championnat kazakh. L’ancien mentor du Kairat, Carlos Alos Ferrer, par exemple, a déclaré qu’il fallait que l’un de ses joueurs meure avant que les arbitres daignent faire leur travail : « Ce qui nous arrive est impossible. Nous avons déjà joué 19 journées et nous n’avons pas eu un seul penalty. Pour en obtenir un, il faudrait que nos joueurs se fassent tuer dans la surface de réparation. »
Si les déclarations de l’Espagnol peuvent être attribuées aux émotions d’après-match, l’hystérie d’Astana est difficile à expliquer : après la rencontre avec Tobol, les champions ont publié un communiqué avec une sélection de décisions controversées au cours du match avec pour accroche : « Nous chercherons à démettre l’arbitre en question de ses fonctions et nous contacterons les autorités compétentes si nos soupçons se confirment ». Ambiance.

Mais le seul fait officiellement reconnu de corruption cette saison concerne le « derby du sud » entre Kaisar et Ordabasy. L’arbitre lui-même a demandé de l’aide, affirmant avoir fait l’objet de pressions. Au début, Alexey Bobrov a été cru. Mais après enquête, il s’est avéré que Bobrov était associé aux autorités criminelles qui l’avaient contacté. En conséquence, Bobrov a été suspendu pour une durée de trois ans.

L’équipe nationale

L’équipe nationale a déçu. Mais relativisons : il est clair que pour sa première année de travail, on n’allait pas exiger de Stanimir Stoilov des résultats fabuleux. Après tout, le mentor de l’équipe nationale n’a pratiquement pas le temps d’établir des combinaisons de jeu. Mais on avait tout de même espéré une embellie rapide car après sa prise de fonctions, l’équipe a commencé en force en battant la Hongrie et l’Azerbaïdjan. Malheureusement, lors de la Ligue des Nations, l’embellie s’est essoufflée.
Les Kazakhs, qui semblaient faire partie d’un groupe très faible, n’ont trouvé la victoire qu’a une seule reprise : à domicile contre Andorre. A l’extérieur, léquipe a simplement été catastrophique, sans parler des deux matchs contre la Géorgie où il y avait un fossé énorme entre les deux équipes.

Panique à Almaty

Le Kairat a encore une fois diverti ses fans avec des scandales. L’un d’entre eux concerne la mise à l’écart des étrangers. Pour la Coupe, car il était prévu que seuls les Kazakhs joueraient lors de cette édition, mais aussi en fin de championnat soi disant pour préparer la finale de la coupe. Mais connaissant les méthodes du Kairat, cela ressemble plus à une punition (et dans le cas d’Isael – du chantage).

Il est clair qu’aucun entraîneur censé ne prendrait une équipe dans ces conditions. Par conséquent, le club a décidé de se cacher derrière Andrei Karpovich. Et le jeune entraîneur a échoué en fin de la saison (même la coupe n’a pas sauvé la situation). Mais avait-il une chance d’obtenir un résultat différent? Peu probable sans joueurs étrangers et donc avec une attaque décimée. Karpovich ne pouvait compter que sur Bauyrzhan Islamkhan.

Et pour finir, le club d’Almaty, célèbre pour son académie, perd encore une fois l’une de ses meilleures promesses. Akmal Bakhtiyarov, que les supporters s’amusent à surnommer le Messi Kazakh (il n’est pas le seul à hériter de ce surnom), a rompu son contrat et a préféré partir à l’étranger. Après avoir joué pour le club arménien Artsakh Erevan, le jeune joueur a signé pour le FK Sotchi. Le club n’a pas gagné un sou sur la transaction.

Damien F.

2018 – Un an de football au Kazakhstan
5 (100%) 8 votes

Leave A Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.