La trilogie du FK Krasnodar – Épisode I : Un peu d’histoire

Philippe Ray - Publié le 29 septembre 2016

L’OGC Nice, pour ce qui sera sa première phase de groupe Européenne, a été tiré dans le groupe des célèbres Schalke 04 et Red Bull Salzbourg, mais aussi du FK Krasnodar. On a pu lire des réactions diverses telles que « Nice s’en sort bien » ou contraire « Nice tombe dans un groupe relevé » (et, soyons clairs, notre analyse au cours de cette trilogie donnera raison à la seconde citation), mais également « L’exotisme aura Krasnodar pour cadre », « C’est dommage, il y aura un long voyage en milieu de semaine », « Krasnodar ? Connais pas. », « C’est abordable », « C’est jouable » ou « C’est un très bon tirage ». En bref, on a entendu de tout dans la presse française à la suite du tirage au sort qui a placé Nice et Krasnodar dans le même groupe.

Cette trilogie Footballski sera destinée à mettre fin aux clichés et à toutes les spéculations concernant ce club russe du FK Krasnodar qui aura, à l’évidence des réactions diverses et l’avantage d’avancer masqué. Ce premier épisode vous présentera un petit historique du club jusqu’à la situation actuelle qui vous sera racontée dans un épisode suivant.

La fondation et la montée au plus haut niveau russe

D’origine arménienne, né à Sochi (dans le Krai de Krasnodar) et diplômé à l’Université d’État du Kuban, Sergey Galitsky est le fondateur de Magnit, la plus grande chaîne de supermarchés discounts de Russie (165 000 salariés, plus grand employeur privé de Russie). Cet oligarque Russe se distingue des autres par deux aspects, le premier est qu’il est l’un des rares à ne pas avoir fait fortune dans les matières premières. Le second, bien plus footballistique, est qu’il est un vrai fan de football, ce fait faisant toute la différence avec un grand nombre d’oligarques Russes propriétaires de clubs.

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Sergey Galitsky © successstory.com

En 2007-2008, Galitsky essaye de racheter le club historique de la capitale du Krai : le Kuban Krasnodar. Alors que l’opération en prenait la direction, elle est annulée par un problème de dernière minute, ce qui pousse Galitsky à fonder son propre club. Ainsi, le 22 février 2008, le FK Krasnodar est né et obtient le droit de disputer la troisième division Russe (ou deuxième division selon le repère Russe). Il dispute son premier match le 12 avril 2008 face au Nika Krasny Sulin à Taganrog avec une équipe exclusivement composée de très jeunes joueurs, la rencontre s’achevant sur un score vierge (0-0). Peu après, le Zenit Saint-Pétersbourg remporte la Coupe UEFA 2007-2008 (Krasnodar n’avait donc disputé qu’un seul match officiel à cet instant).

En à peine deux ans, les Byki (qui signifie Taureaux en Russe, l’emblème du club) ont accédé au plus haut niveau de l’échelon russe. À la fois la fortune de son propriétaire et la chance ont joué un rôle déterminant dans cette ascension.

En effet, lors de la saison 2008, le FKK ne termine que troisième derrière le Volgar Astrakhan et le FK Bataysk, une position insuffisante pour espérer une montée. Néanmoins, le Sportakademklub Moscou et le SKA Rostov se désistent car ne satisfaisant pas les conditions financières requises ce qui permet au nouveau club de Galitsky d’obtenir le droit de participer à la FNL.

En deuxième division, le FK Krasnodar assure le maintien lors de la saison 2010 et termine à la dixième place. Galitsky choisit alors de remplacer l’entraîneur Nurbiy Khakunov par un autre plus connu et réputé : Sergey Tashuev. Sous sa direction, les Byki se baladent sur la première partie de la saison mais perdent de la vitesse dans la seconde. Krasnodar termine cinquième ce qui n’est pas suffisant pour une promotion en RPL. Les dirigeants du club décident alors de ne pas prolonger son contrat.

Le nouvel entraîneur est Slavoljub Muslin, ancien entraîneur du Lokomotiv Moscou. Alors que l’objectif initial était de faire monter le club l’année suivante en 2012, l’accès à la RPL a pu se réaliser plus rapidement. Le Saturn Ramenskoye, le Nizhny Novgorod et le KAMAZ Naberezhnye Chelny, en pleine crise financière, doivent renoncer à la RPL et permettent donc la promotion du FKK juste avant le début de la saison 2011 qui est choisi comme remplaçant malgré sa place modeste, car sa stabilité financière ne faisait aucun doute (Ah la Russie…)

La montée fulgurante ne s’est donc pas faite entièrement sur le terrain mais plutôt avec des motifs financiers. Toutefois, au vu de l’évolution progressive du club aujourd’hui, l’on peut penser qu’une promotion obtenue exclusivement sur le terrain n’aurait été qu’une question de temps.

Développement et progression en RPL

Plusieurs joueurs s’étant forgé une réputation solide de nos jours en Russie ont été recrutés à ce moment-là. Martynovich, toujours dans l’effectif actuel, avait été recruté pendant l’été 2010. Movsisyan, future star Arménienne, et Joaozinho, nommé ultérieurement meilleur joueur du club en 2014.

Lors de la saison 2011-2012, le FK Krasnodar termine à une intéressante neuvième place pour ce qui est sa première participation au championnat russe. Malgré des corrections encaissées contre le Spartak Moscou à domicile (2-4) comme à l’extérieur (0-4), le Lokomotiv Moscou dans la capitale (1-4) et au Petrovski face au Zenit Saint-Pétersbourg (0-5, plus large défaite du FKK à ce jour), les Byki empochent plusieurs bons résultats avec une équipe très limitée en terme d’effectif tels qu’une victoire contre le Rubin Kazan de Kurban Berdyev (3-1) ainsi que contre les trois futures premières équipes que sont le CSKA Moscou (nuls 1-1), l’Anzhi Makhachkala (2-2 et 0-0) et le Zenit Saint-Pétersbourg (0-0 à domicile), mais aussi une victoire historique dans le derby de Krasnodar face au Kuban remporté grâce à un but de Nikola Drincic, ce derby étant le premier derby de RPL à ne pas être moscovite.

Une saison qui a satisfait Galitsky. Celui-ci a annoncé les objectifs à long terme du club au cours de la saison :

  • Le FK Krasnodar ne recrutera jamais de joueur cher ou d’individualité de renommée mondiale (comme le Zenit ou le CSKA le font régulièrement sans parler évidemment de l’Anzhi de 2011-2013). Le progrès aura lieu « étapes par étapes ». L’accent sera mis sur la formation, le recyclage des joueurs expérimentés en besoin de se relancer, la création d’une académie et la construction d’un grand complexe sportif comprenant un nouveau stade (le Kuban Stadion sera partagé entre le Kuban Krasnodar et le FK Krasnodar jusqu’à l’ouverture de ce nouveau stade).
  • Sur le terrain, Krasnodar devra à terme être massivement (voire exclusivement) composé de joueurs russes et développer un football offensif et plaisant pour le public. Cet objectif devrait être atteint progressivement mais, en attendant ce stade, le club s’appuiera sur la présence de plusieurs joueurs étrangers bon-marchés.

La saison 2012-2013 est moins satisfaisante. Malgré les belles recrues qu’étaient Wanderson, actuel meilleur buteur du FKK, et Smolnikov, futur arrière-droit du Zenit et de la sélection russe, les Byki terminent dixièmes du championnat avec un bilan désastreux à l’extérieur (seulement deux victoires contre Rostov et l’Alania Vladikavkaz, malgré beaucoup de défaites courtes contre de grands clubs du championnat). La saison débute pourtant sur les chapeaux de roue avec deux belles victoires acquises à domicile contre le Rubin Kazan (2-1) et le Lokomotiv Moscou (3-1). Le bilan est plus que satisfaisant à domicile avec dix victoires, un nul contre Rostov et quatre défaites contre les tops clubs (CSKA, Spartak, Zenit) et Samara, véritable bête-noire du club jusqu’à l’automne 2015. Vainqueur du Dinamo Moscou au cours de cette saison (2-0), le match qui aura marqué les esprits fût la réception à domicile de l’Anzhi Makhachkala, conclue par une victoire impressionnante sur le score sans appel de 4-0 alors que cette équipe était menée à cette époque par les Eto’o et cie.

Les dirigeants estimant le FKK était en train de stagner, Slavoljub Muslin est remplacé par Oleg Kononov en août 2013, entraîneur qui restera trois ans en poste et qui lancera le début d’une ère de sérénité, de stabilité, d’enchaînement de succès prestigieux et de présence continue en compétitions européennes.

L’ère Kononov : succès en série et découverte des compétitions européennes

De la Rossiskiy Premier-Liga à la Ligue Europa

À l’arrivée de Kononov, Krasnodar passe à la vitesse supérieure. Les Byki se renforcent en recrutant principalement Ari, l’attaquant brésilien du Spartak Moscou, Granqvist, le défenseur central suédois de Genoa, et Jędrzejczyk (prononciation : « Iendjeïdtchik »), l’arrière latéral Polonais du Legia Varsovie.

Kononov est un adepte du jeu offensif. Tout au long de son mandat, c’est la stratégie qu’il privilégiera pour son FKK. Ainsi, les matchs de Krasnodar donneront lieu à de nombreuses rencontres plaisantes et spectaculaires.

Au bout de cette saison, les Byki parviendront à arracher une place européenne tout en accédant à la finale de la Coupe de Russie. Pourtant, la saison avait mal démarré avec une défaite à domicile contre le Zenit Saint-Pétersbourg (1-2) et un nul face au FK Rostov (2-2), suivis peu après d’une défaite face au Lokomotiv Moscou (1-3) et d’un nul contre le Dinamo Moscou (1-1) et de résultats assez irréguliers. Mais une série de trois victoires consécutives acquises contre le Rubin Kazan, l’Ural Ekaterinbourg et le Tom Tomsk relance le FKK qui termine sa première partie de saison sur plusieurs victoires dont un succès à Kazan face au Rubin (1-0) et un autre à domicile contre le CSKA Moscou (1-0), montant à la sixième place du classement. Pendant la trêve hivernale, les Byki recrutent le défenseur central islandais Ragnar Sigurdsson.


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Au retour de la trêve hivernale, les Byki vont connaitre quelques contre-performances (défaite à domicile contre Ekaterinbourg et nul à l’extérieur contre Tomsk). Mis sous pression, ils doivent s’imposer à domicile contre le Spartak Moscou. Cette rencontre est l’une des plus impressionnantes alors jamais réalisées par Krasnodar. Auteur d’un match parfait offensivement comme défensivement telle une déferlante emportant tout sur son passage, le FKK atomise le Spartak et s’impose 4-0. En parallèle, les Byki éliminent le CSKA Moscou en demi-finale de la Coupe de Russie (1-1), mais échouent aux penalties contre Rostov en finale (0-0, tab 5-6), les obligeant à passer par le championnat pour obtenir le droit de disputer l’Europe. Après un chemin semé d’embûches mais un dernier point engrangé contre l’Amkar Perm, les Byki devancent finalement les Spartakistes à la différence de buts particulière, obtenant leur billet pour l’Europe au terme d’une saison mémorable.

À la découverte de l’Europe et à deux centimètres de la Ligue des champions

Pendant le mercato estival, Krasnodar va faire son marché avec Pavel Mamaev, jeune joueur du CSKA Moscou, Andreï Dikan, ancien portier du Spartak Moscou, Odil Akhmedov, l’un des demi-finalistes de la Coupe d’Asie 2011 avec l’Ouzbékistan et ancien milieu de l’Anzhi, Vladimir Bystrov, ancien du Zenit Saint-Pétersbourg, Marat Izmaïlov, prêté par le FC Porto, Ruslan Adzhindzhal, quadragénaire ayant connu le championnat soviétique, ainsi que Nikita Burmistrov, ancien du CSKA Moscou. En revanche, le club va perdre son arrière latéral Igor Smolnikov, transféré au Zenit Saint-Pétersbourg, contre un gros chèque.

En juillet 2014, le FK Krasnodar joue son premier match officiel européen contre une équipe étrangère. Ils écrasent successivement le Sillamäe Kalev (4-0 et 5-0) et le Diosgyori VTK (5-1 et 3-0), se qualifiant pour les barrages. En RPL, le Spartak Moscou se dresse sur la route des Byki mais est écrasé dans un match tout aussi spectaculaire et de qualité que la précédente rencontre (4-0). En barrages de la Ligue Europa, le FK Krasnodar n’est évidemment pas tête de série et tire la Real Sociedad. Malgré une défaite sans démériter au match aller en Espagne (0-1), les Byki s’imposent très largement dans un Kuban Stadion plein au match retour (3-0) et entrent dans la Ligue Europa par la grande porte pour disputer leur première phase de poules. Membre du quatrième chapeau, Krasnodar complète le groupe de la mort avec Everton, Wolfsbourg et Lille.

KRASNODAR,RUSSIA - OCTOBER 02: FC Krasnodar's fans in action during the UEFA Europe League Group H match between Krasnodar and Everton at the Kuban Stadium on October 2, 2014 in Krasnodar,Russia. (Photo by Kirill Kudryavtsev/EuroFootball/Getty Images)

© Kirill Kudryavtsev/EuroFootball/Getty Images

La phase de poule est passionnante. Les Byki développent leur jeu offensif caractéristique et proposent des matchs très animés. Malheureusement, le manque de réalisme les pénalise à cinq reprises. Deux fois contre Lille et au match aller contre Everton, Krasnodar ouvre le score et se procure de nombreuses occasions de faire le break. Au lieu de ça, le débutant européen est puni en deuxième mi-temps par une égalisation évitable (1-1 aux trois matchs), ne remportant donc que trois points au lieu de neuf tout désignés, le match contre Everton ayant été le pire en matière de finition. Contre Wolfsbourg, les Byki se procurent plusieurs occasions d’ouvrir le score alors que celui-ci était encore vierge, mais encaissent fatalement l’ouverture du score. Pour revenir, Krasnodar se jette en attaque pour marquer ce à quoi il parvient mais uniquement après avoir encaissé d’autres buts synonymes de lourdes défaites (4-2 à domicile, 5-1 à l’extérieur). Déjà éliminés à la dernière journée, le FKK parvient finalement à défaire l’un de ses adversaires en battant pour l’honneur Everton à Goodison Park (1-0) et termine troisième du groupe devant le LOSC. Une élimination avec des regrets, mais une belle campagne initiatique qui aura passionné les observateurs de par le séduisant jeu proposé et la large victoire contre la Real Sociedad que personne n’oubliera.

Dans le championnat, Krasnodar réalise une première partie de saison satisfaisante et même surprenante. Outre le succès écrasant contre le Spartak Moscou, il bat le CSKA (2-1) et séduit contre un Zenit quasi-inarrêtable à ce moment-là (2-2 après avoir mené 2-0). Il remporte neuf matchs ce qui lui permet d’aborder la trêve hivernale à une belle quatrième place.

Après avoir recruté l’ancien capitaine de la sélection russe Roman Shirokov en prêt jusqu’à la fin de la saison, le FKK gère en boulet de canon la seconde partie de saison. Il bat à nouveau aisément le Spartak Moscou, cette fois dans son Otkrytie Arena (3-1), tient le CSKA en échec à Khimki (1-1), remporte brillamment un derby très spectaculaire contre le Kuban Krasnodar (3-2) et s’impose à Kazan face au Rubin (2-1) ainsi qu’à domicile contre le Lokomotiv (1-0). À quatre jours de la fin de la saison, Krasnodar tient une inattendue deuxième place du championnat avec quatre points d’avance sur son premier poursuivant, le CSKA Moscou, cette seconde place étant qualificative pour les tours préliminaires de la Ligue des champions. Avec trois rencontres à disputer à domicile contre des équipes de calibre moyen, le FKK est proche comme jamais de la C1. Il ne l’atteindra pas. Contre l’Amkar Perm, Pereyra rate un penalty et les Byki manquent beaucoup d’occasions, concédant le nul (1-1). Un scénario similaire se reproduit face au Torpedo Moscou (2-2). En deux matchs, l’avantage a fondu et le CSKA, vainqueur de ses deux rencontres, est de nouveau deuxième à la faveur d’un plus grand nombre de victoires que Krasnodar. Le FKK enchaîne avec une victoire contre Rostov (2-1) et doit terminer sa saison avec un déplacement à Moscou pour affronter le Dinamo de Mathieu Valbuena pendant que le CSKA affronte Rostov. Dans un match encore spectaculaire, Krasnodar égalise à la vingtième minute par Shirokov après l’ouverture du score précoce de Dzudzsak. En deuxième mi-temps, il se procure beaucoup d’occasions de marquer le but de la victoire, notamment une énorme occasion de Shirokov. À cet instant, le CSKA est mené par le FK Rostov, en plein redressement par le bien connu Kurban Berdiyev, qualifiant virtuellement le FKK pour les préliminaires de la Ligue des champions 2015-2016. Mais un match dure 90 minutes et, à Rostov, Wernbloom égalise à 88e minute, brisant les rêves de Ligue des champions des Byki et expédiant le CSKA en C1.

Malgré l’événement crève-cœur de la dernière journée, le FK Krasnodar est à nouveau la surprise de la saison, aussi bien dans le jeu que dans le classement final. La deuxième partie de saison, disputée sans perdre le moindre match a marqué les esprits. Comme un symbole, aucun match des Byki ne s’est achevé sur un score vierge lors de cette saison, toutes compétitions confondues, à la seule exception de la rencontre sur la pelouse du Lokomotiv Moscou à la toute première journée. Point d’ombre au niveau de l’effectif : la blessure pour huit mois de Joaozinho contre Ekaterinbourg à la reprise 2016.

Palier franchi en Europe et saison de transition pour l’effectif

La saison 2015-2016 est celle où entre en vigueur la règle de limitant les étrangers dans le championnat de Russie, obligeant les clubs à aligner au moins cinq joueurs Russes durant les matchs. Pour Krasnodar, qui utilise beaucoup d’étrangers, cette règle force Kononov a revoir sa stratégie.

Au niveau du mercato, le FKK se procure Fyodor Smolov. À ce moment-là, le joueur a une mauvaise image à travers la Russie et est persona non grata chez de nombreux observateurs pour son inefficacité récurrente et son manque régulier de maîtrise. Pourtant, par un miracle extraordinaire, l’attaquant Russe sera à la fin de la saison le meilleur buteur du championnat ! Les autres recrues notables sont Charles Kaboré, le Burkinabé bien connu des Français grâce à son passage à l’Olympique de Marseille de 2008 à 2013, venu tout droit du Kuban Krasnodar, Dmitri Torbinski, vétéran Russe de l’Euro 2008 et buteur contre les Pays-Bas, et Kouassi Éboué, jeune Ivoirien de 17 ans ayant intégré l’académie de formation des jeunes de Krasnodar, qui attendra la toute dernière journée de la saison de RPL pour connaître sa première titularisation.

KRASNODAR, RUSSIA - SEPTEMBER 18: Fedor Smolov of FC Krasnodar celebrates after scoring a goal during the Russian Premier League match between FC Krasnodar v FC Rostov at Kuban Stadium on September 18, 2016 in Krasnodar, Russia. (Photo by Epsilon/Getty Images)

L’idole Smolov © Epsilon/Getty Images)

La saison 2015-2016 du FKK se distingue en quatre étapes très clairement définies :

Tout d’abord, un début de saison très compliqué. Sans doute à cause du passage à la règle de limitation des étrangers et d’une préparation moyennement adaptée, la saison commence mal pour Krasnodar qui n’obtient que dix-huit points en douze matchs, les deux seules lumières étant une victoire surprenante obtenue sur la pelouse du Zenit (2-0) et une autre écrasante contre le Dinamo Moscou qui était alors sur une bonne dynamique avant la descente aux enfers, qu’il connaîtra d’ailleurs un plus tard (4-0). En dehors de ça, les mauvaises séries se succèdent. De septembre à octobre, Krasnodar enchaîne quatre matchs sans victoire contre des adversaires a priori abordable : Ekaterinbourg (1-3), Grozny (1-1), Oufa (1-1) et Anji (2-2). Non seulement les résultats sont moyens, mais le jeu proposé est radicalement différent de celui de la saison précédente. Là où les Byki de 2014-2015 enchaînaient les offensives à grande vitesse, ceux du début de la saison 2015-2016 ont semblé en panne totale d’inspiration. Mamaev (élu meilleur joueur du FKK de l’automne 2015), Granqvist, Sigurdsson et Akhmedov devaient s’arracher pour remonter autant que possible le niveau de l’équipe. Ari, très actif et prolifique en 2014-2015, a disparu et raté quasiment toutes ses entreprises. En Ligue Europa, Krasnodar élimine le Slovan Bratislava (2-0 puis 3-3) et le HJK Helsinki (5-1 puis 0-0) pour se qualifier de nouveau à la phase de groupe, non sans montrer un état d’esprit ne leur ressemblant pas (suffisance, abus de gestion simple du score, matchs retours négligés). Tombé dans le groupe de Dortmund, de Salonique et de Qabala, on s’attendait initialement à ce que le Borussia survole le groupe et que le FKK se batte avec le PAOK pour la seconde place. Après une défaite malheureuse concédée dans le temps additionnel (1-2) à Dortmund (avec un duo Smolov – Mamaev des grands jours, le premier étant en train de progresser doucement mais sûrement après des premiers matchs presque désastreux), les matchs suivants sont bien plus compliqués, Krasnodar battant très difficilement Qabala à domicile (2-1) et ramenant de Grèce un nul loin d’être convaincant (0-0).

Le premier tournant de la saison survient le 25 octobre 2015 lorsque les Byki battent de manière convaincante le Rubin Kazan (2-1) avec un doublé d’un Ari retrouvé en enchaînant les offensives et beaux mouvements, caractéristique indissociable du FKK de 2014-2015. Les Sud-Américains du club, acteurs de premier plan la saison précédente, remontent au sommet de leur art durant la fin de l’automne. Les bons résultats s’enchaînent. Krasnodar atomise sa bête noire du Krylia Sovetov (4-0), dispose aisément de l’Anji en huitièmes de finale de la Coupe de Russie (3-1), inflige au CSKA Moscou sa première défaite de la saison en RPL (2-1, doublé de Smolov), remporte deux matchs incroyables de part leur scénario et niveau de jeu face au FK Rostov (2-1, les trois buts ayant été marqués après la 86′) et le Kuban Krasnodar (3-2 après avoir été mené 0-2 à la 67′ dans un derby tout aussi spectaculaire et intense que celui du mois d’avril). Il s’impose à domicile contre le PAOK Salonique (2-1) et surtout crée l’exploit de faire tomber et de devancer le Borussia Dortmund (1-0, but de Mamaev sur penalty sifflé après seulement trente secondes de jeu) dans son groupe de Ligue Europa. Il officialise sa première place dans le groupe en ne laissant cette fois-ci aucune chance à Qabala (3-0) en Azerbaïdjan. En championnat, les Byki sont cinquièmes au classement, une position bien plus conforme tant à leurs objectifs qu’à leurs capacités.

Malheureusement, la trêve hivernale va rompre la dynamique. En seizièmes de finale, le FKK tombe sur le Sparta Prague, un adversaire contre lequel il part favori bien que les Tchèques soient invaincus jusque là en Ligue Europa. Inexpérimenté dans l’exercice des matchs européens en pleine trêve hivernale, Krasnodar s’écroule. Au match aller, les Byki restent inoffensifs jusqu’aux dix dernières minutes et perdent sur un score généreux (0-1). Ils dominent très largement la première mi-temps du match retour mais manquent de réalisme. Les joueurs sont punis en deuxième mi-temps d’un but encaissé contre le cours du jeu. Le défenseur central Stéfan Strandberg commet quatre erreurs graves qui sont sanctionnées par trois buts et une barre transversale (0-3). Un échec cinglant pour une équipe si séduisante durant l’automne ! Pendant le mercato, le FK Krasnodar recrute le gardien Stanislav Kritsyuk du Sporting Braga et Vyacheslav Podberyozkin de l’Ural Ekaterinbourg mais prête Artur Jędrzejczyk au Legia Varsovie. Dans la continuité du reboot causé par la trêve hivernale, le FKK concède le nul à domicile face au Zenit (0-0), bat très difficilement le Terek Grozny en quart de finale de la Coupe de Russie à l’aide d’un but signé Granqvist, le Suédois arrivé à la rescousse d’un secteur offensif défaillant (1-0 ap.). Le club doit compter sur les miracles de son nouveau gardien Kritsyuk pour s’imposer à Saransk (1-0) et perd à domicile contre le Lokomotiv Moscou (1-2).

Krasnodar's midfielder Pavel Mamaev (L) vies for the ball with Sparta Praha's midfielder Lukas Vacha during the UEFA Europa League round of 32 second leg football match FC Krasnodar vs AC Sparta Praha in Krasnodar on February 25, 2016. AFP PHOTO / KIRILL KUDRYAVTSEV / AFP / KIRILL KUDRYAVTSEV (Photo credit should read KIRILL KUDRYAVTSEV/AFP/Getty Images)

Mamaev face au Sparta Prague © Kirill Kudryavtsev/AFP/Getty Images

Oleg Kononov parviendra finalement à trouver l’équilibre. Krasnodar s’impose largement sur la pelouse du Dinamo Moscou après une deuxième mi-temps très convaincante de ses Russes Mamaev, Smolov et Podberyozkin lequel marque son premier but avec le club d’un magnifique tir lointain (4-1). Mais le véritable et dernier tournant est la rencontre suivante contre l’Ural Ekaterinbourg. Ce jour-là, les Byki remportent la plus large victoire de leur histoire avec un quadruplé de Smolov, de multiples et sublimes passes décisives de Mamaev, la belle combativité de Podberyozkin et le bon travail de tous les autres joueurs. Krasnodar s’impose sur un score sans appel de 6-0 pourtant très généreux par rapport à la physionomie du match, les Byki ayant totalisé dix-neuf actions qualifiées de « grosses occasions ». Smolov et Mamaev ne s’arrêtant plus.

Cette fois, le club s’installe dans une nouvelle dynamique positive, mené par les Russes de l’équipe (ce qui rapproche Krasnodar du rêve de son président d’avoir une équipe de joueurs nationaux performants). Le FKK bat le Terek Grozny à l’extérieur (1-0), écrase Ufa (4-0), l’Anji (3-0) et Samara (3-0) et, à seulement quatre journées de la fin, se positionne troisième avec un retard rattrapable de quatre points sur le leader moscovite, le CSKA, avec la perspective de l’affronter. Mais un nul concédé à Kazan (1-1) anéantit quasiment toute chance de titre en laissant le Zenit Saint-Pétersbourg lui passer devant. Les Byki sont battus à Moscou de toute façon (0-2) et disposent avec une équipe remaniée de l’Amkar Perm à la toute dernière journée (1-0), se qualifiant à nouveau pour les préliminaires de la Ligue Europa. En Coupe de Russie, l’aventure s’est arrêtée en demi-finale face au même CSKA (1-3) à Khimki.

La saison s’achève sur une fin réussie après une entrée en matière très difficile. Smolov est la révélation de la saison et termine meilleur buteur du championnat avec ses vingt buts (aucun inscrit sur penalty) tandis que Mamaev est deuxième meilleur passeur du championnat derrière Hulk avec ses treize passes (contre seize pour le Brésiliens). À la fin de la saison, Dikan prend sa retraite de joueur et laisse le soin au très convaincant Kritsyuk de garder les cages des Byki. L’ancien joueur de Marseille, Charles Kaboré, s’est parfaitement intégré à l’effectif. Petrov, Granqvist , Sigurdsson, Laborde, Wanderson, Pereyra et Akhmedov ont été à la hauteur des attentes tandis qu’Ari a beaucoup déçu. Oleg Kononov a quant à lui confirmé qu’il est l’un des meilleurs entraîneurs-modèles du championnat. Malgré des moments difficiles, le fait d’avoir su finir par trouver la bonne formule a davantage augmenté son image parmi les observateurs et encore plus la progression jugée miraculeuse de Smolov.

Nous aborderons dans un épisode prochain les événements de l’été 2016 et la situation actuelle au club avant d’affronter l’OGC Nice ce jeudi.

 

Philippe Ray


Image à la une : © Epsilon/Getty Images

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