La trilogie du FK Krasnodar – Épisode III : La situation actuelle

Philippe Ray - Publié le 7 décembre 2016

Avant la confrontation en Russie entre le FK Krasnodar et l’OGC Nice en septembre dernier, nous avions publié les deux premières chroniques d’une trilogie sur cette puissance montante du football russe.

La trilogie du FK Krasnodar – Épisode I : Un peu d’histoire

La trilogie du FK Krasnodar – Épisode II : Les matchs fondateurs

Pour ce match retour dont l’absence d’enjeux (à part peut-être l’honneur de l’actuel leader de la Ligue 1), le FK Krasnodar ayant validé sa qualification à la journée précédente en égalisant de justesse contre le FC Salzbourg pendant que l’OGC Nice perdait contre une équipe de Schalke 04 qui avait déjà validé la première place, diminuera forcément et malheureusement l’intérêt de cette rencontre finale.

Au cours de ce troisième et dernier épisode, nous allons vous parler de ce qui s’est passé au club depuis la fin de la saison dernière. Nous vous raconterons comment les Byki en sont arrivés à la place qui est la leur actuellement aussi bien en championnat (5e) qu’en Ligue Europa (2e), leurs points forts et leurs points faibles. Nous dresserons également une liste de l’effectif.

La fulgurance du début de saison

Les Byki nous avaient laissé à la fin de la saison 2016-2017 avec une quatrième place satisfaisante, une dynamique très positive, un duo Smolov-Mamaev du tonnerre, un tacticien en maîtrise, du beau-jeu et plein de promesses pour la saison suivante. Smolov et Mamaev, et plus étonnamment Torbinski (ancien de l’Euro 2008), étaient convoqués par Slutski pour défendre les couleurs de la sélection russe, mais ils ne purent pas en combler les immenses lacunes et sauver la Russie d’une élimination cataclysmique et humiliante (bien que Smolov soit considéré par plusieurs comme l’un des éléments positifs de cette équipe).

Mamaev est revenu affecté du voyage en France à la suite du bien connu épisode monégasque avec son compatriote Zénitiki Kokorin (achat de 500 bouteilles de champagne en boîte de nuit pour 250 000 euros). La direction sanctionnait immédiatement le milieu et le forçait à s’entraîner avec la réserve.

Retenant les leçons de la saison précédente (reprises d’après-trêves ratées), Krasnodar prenait le parti de soumettre ses joueurs à une intense préparation physique et de charger le calendrier des amicaux sur la fin du mois de juin et sur le mois de juillet pour maintenir la dynamique acquise en fin de saison (huit victoires, deux nuls et une défaite). Il renforçait également son effectif (retours de Jedrzejczyk à la fin de son prêt au Legia Varsovie et de Martynovitch à Ekaterinbourg, recrue d’Izmaïlov, signature définitive de Kaboré et de Kritsyuk, recrues de la saison précédente alors sous forme de prêt, puis finalement de Naldo). Malheureusement, Podberyozkin, l’une des recrues pleinement satisfaisantes et performantes de la saison précédente, se blessait à la toute fin de la préparation. On ne le savait pas encore, mais Podberyozkin n’était que le premier d’une très longue série de blessures et absences en tout genre qui allait frapper les Byki cette saison.

Le début de saison était presque détonnant et dans la continuité de la fin de saison précédente. Avec des équipes très remaniées (à ce moment-là par choix), Krasnodar écrasait logiquement le FC Birkirkara au troisième tour préliminaire (que le Spartak Moscou échouait à franchir) en ayant même raté beaucoup d’occasions (3-0 ; 3-1) et le Tom Tomsk à la première journée du championnat (3-0), cette dernière rencontre ayant vu le duo prolifique Smolov-Mamaev se remontrer à l’œuvre, mais aussi l’expérimenté Marat Izmaïlov, recrue de l’été, se blesser et être écarté des terrains pour plus d’un mois. Lors du match suivant, disputé à domicile contre le Terek Grozny, équipe très difficile à manier (qui a terminé l’automne juste derrière le podium !), le FKK s’imposait très largement (4-0), prenant la tête du championnat, avec une presque équipe-type et un duo Smolov-Mamaev qui se permettait un joli coup de folie en imitant le FC Barcelone :

Malgré deux blessés et la présence d’un Ragnar Sigurdsson sur le départ, la formation qui aura joué contre le Terek restera de loin, sur l’ensemble de cette première partie de la saison, celle qui se sera rapprochée le plus de l’équipe-type de Krasnodar. Les Byki allaient en effet être secoués par les blessures de masse en permanence pour la totalité de l’automne et les difficultés sur ce plan, très relative à ce stade avec les absences de Podberyozkin et Izmaïlov, allaient tourner au cauchemar à partir de la journée suivante et les blessures détonantes de Mamaev, de Laborde et de Wanderson.

Blessures en série, chute des résultats et démission de Kononov

Pour le match suivant, disputé sur la pelouse du Krylia Sovetov Samara, le FKK devait se passer des Podberyozkin et Izmaïlov, déjà blessés, mais surtout des Mamaev et Laborde, la blessure du premier, annoncée pour plusieurs mois, étant évidemment la plus pénalisante pour un homme qui a été brillant meneur de jeu pendant la saison 2015-16 alors que le deuxième allait faire son retour un mois plus tard. Un match nul acquis malgré une domination nette faisait perdre aux Byki leurs premiers points tout en les laissant premier du championnat, mais plus pour longtemps. Malgré un carton au match aller des barrages de la Ligue Europa contre le Partizani Tirana (4-0) avec une équipe très remaniée, cette fois-ci par contrainte à cause du calendrier chargé et des absences multiples qui allaient s’empirer, les Byki s’inclinaient nettement lors du choc disputé contre le Spartak Moscou (0-2), qui marquait au moins le retour de Podberyozkin sur les terrains. Première défaite de la saison et chute au classement.

Longtemps concerné par les rumeurs de transferts et ce dès sa prestation de haut-niveau à l’Euro 2016 contre l’Angleterre sous les couleurs de l’Islande, Ragnar Sigurdsson quittait officiellement le club en milieu de semaine suivante pour Fulham et Stefan Strandberg, souvent décevant, était prêté dans la foulée à Hanovre. En revanche, les Byki s’offraient Naldo, défenseur du Sporting Lisbonne, pour palier à ces départs. Le calendrier chargé, mais aussi (et surtout) les blessures en cascades forçant Kononov à des changements incessants, tout l’effectif du club avaient eu du temps de jeu lorsque Podberyozkin entrait sur le terrain contre le Spartak ! Avant cette entrée, le blessé du début de saison était le seul à ne pas avoir pu jouer après la deuxième journée. Une telle situation avait profité, pour le plus notable, au jeune Ivoirien Kouassi Éboué. Âgé de seulement dix-huit ans, auteur régulier de prestations plus qu’honorables et aligné pour la première fois au dernier match sans enjeu de la saison 2015-16 contre l’Amkar Perm, il est la véritable révélation de Krasnodar de cette première partie de saison !

Décevants au match retour des barrages à Tirana avec un match nul insipide (0-0) qui suffisait toutefois à valider la qualification pour la phase de groupe pour la troisième année de suite, les Byki perdaient contre le Lokomotiv Moscou et à domicile, une première depuis… la précédente rencontre entre ces deux équipes ! Avant de disputer le premier match de la phase de poule en Autriche contre le Red Bull Salzbourg, les Byki se déplaçaient chez le FK Ufa pour ne décrocher qu’un match nul (0-0) après le lequel Pereyra s’ajoutait à la liste, déjà colossale (courtement étendue par des maux passagers de plusieurs joueurs comme Ari), qui allait continuer de s’agrandir. Lors de cette rencontre, Kononov tentait de ramener Mamaev, alors sur le rétablissement, sur les terrains et il participait à la dernière demi-heure, mais la suite démontrait que cette réapparition n’était qu’une illusion de rétablissement, le maître à jouer devant rester hors des terrains pour encore deux mois supplémentaires…

Fatigué après « cinq ans de travail acharné » à Sébastopol et Krasnodar, l’entraîneur Oleg Kononov, qui voulait atteindre la Ligue des Champions, ne s’estimait plus capable de redresser la situation et choisissait de démissionner. Un séisme.

Reprise par Shalimov et redressement des résultats

Après la démission du coach qui a marqué l’histoire du FK Krasnodar et qui l’a mené à de nombreuses réussites marquantes, Igor Shalimov, ancien joueur de l’URSS, de la CEI et de la Russie, passé par le Spartak Moscou, l’Inter Milan, Udinese, Bologne et Naples, était nominé comme entraîneur intérimaire.

En pleine situation délicate et privé de, rappel, Mamaev, Wanderson, Pereyra, Izmailov, Krasnodar s’imposait courtement à Salzbourg (1-0, but de Joaozinho) puis battait, très difficilement, mais avec la manière, une belle équipe du FK Rostov (2-1 après avoir été mené 0-1 à la 85′), s’offrant une grosse bouffée d’air. Ces résultats étaient suivis par des prestations de plus en plus convaincantes. En coupe, les Byki battaient le Spartak Nalchik, ancien pensionnaire de RPL, en alignant plein de réservistes (2-0), allaient chercher un nul convaincant sur la pelouse du CSKA Moscou (1-1, but de Smolov) ce que l’équipe en forme du printemps de 2016 n’avait pas réussi à deux reprises (coupe et championnat).

Puis vint la confrontation européenne du match aller du FKK face au leader de la Ligue 1, l’OGC Nice. En confiance depuis sa reprise en main par Shalimov, Krasnodar s’imposa très largement dans cette rencontre capitale (5-2, dont 2 buts des Byki dans les dernières minutes) aidé, il est vrai, par la défense centrale Baysse – Dante alignée en mode passoire. Cette rencontre fut une excellente surprise, car Ari, grosse déception de la saison 2015-16 et sur la voie de la récidive en 2016-17, fit un match d’une qualité exceptionnelle en comparaison de ce qu’il montre d’habitude, aidé par un Joaozinho qui n’aura jamais été aussi brillant depuis la saison 2014-15. Grosse ombre au tableau : la blessure de Smolov sur l’ouverture du score qui restera absent des terrains pendant deux mois ! Les Byki, en tête de leur groupe de Ligue Europa devant Schalke, croyaient bien avoir touché le fond sur ce plan, mais ce n’était pas fini !

Les Byki terminaient sur une bonne note avant la trêve internationale sur une courte victoire au Kuban Stadion contre le Rubin Kazan grâce à un joli but d’Ari (1-0). À jamais, l’OGC Nice et le Rubin Kazan resteront dans l’histoire les dernières équipes à avoir été reçues par le FKK dans l’historique Kuban Stadion. Le prochain match disputé à domicile, contre Schalke en Ligue Europa, le sera dans le nouveau stade, le très moderne Krasnodar Stadion !

La stagnation du milieu de l’automne

De retour de trêve internationale (pendant laquelle le Krasnodar Stadion avait ouvert ses portes et servi d’enceinte à la sélection russe contre le Costa Rica), très handicapé par les absents massifs (qu’il s’agisse des blessures longues durées ou de celles courtes durées comme il ne cessait d’en arriver, notamment à Ari et Laborde) et privé de sa pièce maîtresse Smolov, Krasnodar connaissait des suites très compliquées sur le terrain. Il concédait le match nul en déplacement contre l’Arsenal Tula (0-0) contre qui Izmaïlov faisait son retour.

Le 20 octobre marquait l’ouverture du Krasnodar Stadion. Dans un stade plein (plus de 30 000 spectateurs !), les Byki recevaient Schalke pour un match de gala. Après avoir raté les dix premières minutes et encaissé l’ouverture du score rapide de Konoplyanka, le FKK manquait de réalisme, gâchait beaucoup d’occasions malgré une domination de tous les instants en deuxième mi-temps. Il s’inclinait à domicile (0-1) et compromettait ses chances de reproduire l’exploit d’avoir terminé devant Dortmund l’année précédente.

Il s’en suivait deux rencontres très compliquées (jouées sans Naldo, absent pour blessure, tout comme le match aller contre Schalke) contre l’Amkar Perm (1-0) et contre le FK Orenbourg (3-2, après prolongations).  Cette dernière victoire, en match de Coupe de Russie, était marqué par l’un des jeux les plus spectaculaires de la saison et l’excellente prestation d’Izmaïlov. Les Byki concédaient par la suite le nul contre l’Anzhi Makhachkala (0-0) après un carton rouge précoce encaissé par Kaboré et à domicile contre le FK Orenbourg (3-3) au terme d’un match fou où Pereyra (de retour après plus de deux mois d’absence !) et Ari marquaient dans les onze premières minutes, avant qu’Orenbourg ne renverse incroyablement la situation à la demi-heure de jeu et qu’Éboué ne se fasse expulser pour un litige. Finalement, boostés par l’excellente entrée de Tornike Okriashvili et dans une moindre mesure par celle de Wanderson (de retour après près de trois mois d’absence !), les Byki obtenaient un nul (3-3).

Annoncé victime expiatoire en Allemagne pour le match retour sur la pelouse de Schalke, le FK Krasnodar dominait totalement la première mi-temps et gâchait énormément d’occasions comme il en a malheureusement bien trop l’habitude, payant ce manque d’efficacité sur les deux seules occasions de Schalke qui terminaient au fond, l’équipe allemande gérant la deuxième mi-temps et obtenant sa qualification (0-2). Cette double confrontation contre Schalke laissera d’énormes regrets aux Byki tellement l’écart présumé entre les deux équipes se sera révélé faible, l’équipe allemande ayant même été dominée deux mi-temps entières et ne s’étant démarquée que dans l’entrée de jeu du match aller et le réalisme sur tout le reste (la partie la plus essentielle donc…). Mauvaise nouvelle pour les Byki avec la nouvelle blessure de longue durée de Podberyozkin au début de la rencontre en Allemagne.

Les irrégularités et incertitudes de la fin novembre

Après une nouvelle coupure liée à la trêve internationale, Krasnodar retrouvait Smolov (entré en cours de jeu) ainsi que Torbinski (qui s’était blessé deux mois auparavant) lors de la rencontre contre l’Ural Ekaterinbourg, cet adversaire ayant été celui contre qui Smolov s’était justement lancé la saison dernière. Il était en revanche sans Petrov qui ajoutait son nom à la liste incroyable de blessés cette saison. Comme un symbole, les Byki s’imposaient largement et semblaient retrouver des couleurs (3-0).

La confiance relancée, les Byki accueillaient Salzbourg avec la possibilité de se qualifier à condition d’obtenir plus de points que Nice, en déplacement contre Schalke. Incroyablement fébrile, en défaillance tactique et inoffensif, Krasnodar encaissait l’ouverture du score et le pire était à craindre. Sur un coup du sort, Smolov égalisait en fin de match, validant la qualification de son équipe (après la défaite de Nice en Allemagne) pour les seizièmes après une prestation très décevante (Sergey Galitski a même présenté aux spectateurs et téléspectateurs ses excuses sur Twitter pour le spectacle proposé !) sur cette rencontre prise à part.

Car, le week-end suivant, le FKK (qui se privait une nouvelle fois de Pereyra, de nouveau blessé) accueillait le Zenit Saint-Pétersbourg pour une affiche qui fit exploser le compteur de spectateurs. La rencontre voyait un scénario incroyable. Après une domination territoriale et possessive de l’équipe locale, le Zenit ouvrait le score sur une erreur du gardien remplaçant à la 86′, mais Krasnodar réagissait en égalisant grâce à Izmaïlov à la 90+2′ et d’un superbe retourné acrobatique d’Okriashvili à la 90+4′ pour une victoire finale mémorable des Byki (2-1). …qu’ils n’ont pas confirmé.

Les nouveaux troisièmes du classement étaient ensuite en déplacement à Grozny pour le début de la phase retour du championnat, mais dans des conditions surréalistes : Mamaev, Podberyozkin, Petrov, Pereyra, Gazinski, Laborde et Ari étant blessés ou victimes d’autres problèmes de santé et l’entraîneur Igor Shalimov n’ayant pu faire le déplacement à cause d’une maladie ! Mais à ce stade, plus rien n’étonne… Sans coach et sans une légion de joueurs, Krasnodar concédait une défaite désastreuse et retombait à la cinquième place (par terre, les efforts déployés pour battre le Zenit et prendre la troisième place !). Il ne gagnait pas non plus à domicile une semaine plus tard dans les mêmes conditions contre Samara (1-1) à ceci près que Gazinski pouvait être aligné avec un masque ! C’est dans l’incertitude et le désordre le plus total que Krasnodar se déplacera à Nice ce jeudi pour y disputer un match sans enjeu qualificatif (et heureusement pour lui !).

Les forces en présence : qui sont les joueurs à surveiller et ceux à ne pas surveiller ?

Attention : Cette section est plus à prendre comme un pronostic qu’une véritable présentation (même pour la plupart dans la section des blessés), compte tenu de la situation chaotique au niveau des blessures présentée dans la section ci-dessus ! Cette remarque est d’autant plus valable que le match est sans enjeu qualificatif et que les Byki pourraient potentiellement faire tourner.

L’entraîneur

  • Igor Shalimov : il a repris les commandes du FK Krasnodar après la démission de l’emblématique Oleg Kononov. Bien qu’il ait fait quelques choix contestables, le ressenti général est qu’il s’en est sorti comme il a pu dans un contexte très compliqué et qu’il a relativement convenablement effectué la lourde tâche de succéder à un entraîneur historique. Il a souffert récemment d’une maladie avant le match de Krasnodar à Grozny la semaine dernière. Les communiqués du club laissent supposer que l’entraîneur s’est rétabli depuis, mais aucune communication officielle n’est venue trancher la question.

La menace directe

  • Fyodor Smolov : arrivé pendant l’été 2015 en provenance de l’Ural Ekaterinbourg, Smolov a fracassé les terrains russes pendant la saison 2015-16 jusqu’à en devenir le meilleur buteur de Russie 2015-16 avec vingt buts sans un seul marqués sur penalty. Il occupe actuellement la tête du classement des buteurs cette saison malgré ses deux mois d’absence sur blessure. Il est sans conteste le joueur qui sera le plus dangereux pour l’OGC Nice. Face à lui, la défense centrale des Aiglons, qui sera sans conteste LE point le plus important pour les locaux dans ce match, devra se montrer au sommet de sa vigilance sans quoi les errements du match aller pourraient se payer très lourdement.

Les valeurs sûres

  • Andreas Granqvist : le capitaine du FK Krasnodar est devenu capitaine de la Suède cet été suite à la retraite internationale de son prédécesseur. S’il n’est pas infaillible, il se montre indispensable et le plus souvent à la hauteur. Son plus gros point fort est son impact physique, caractéristique d’une défense centrale des Byki qui aura longtemps été scandinave jusqu’au départ de Ragnar Sigurdsson l’été dernier, l’Islandais qui avait d’ailleurs les mêmes qualités.
  • Odil Akhmedov : capitaine de l’Ouzbékistan, demi-finaliste de la Coupe d’Asie 2011, ancien de l’Anzhi Makhachkala, Odil Akhmedov est un joueur emblématique du club. Longtemps plaque tournante du club avant que Mamaev ne reprenne implicitement ce rôle l’an dernier, son importance au sein du club a décru, mais cela est plus dû au renforcement continu du club qu’une baisse de talent. Au contraire, c’est l’un des joueurs les plus susceptibles de mettre à mal les adversaires. Il est actuellement l’un des principaux tireurs de coup-francs, surtout en l’absence de Pereyra. Ces dernières semaines, Shalimov a tenté de l’utiliser en latéral droit, une option qui ne s’est pas montrée payante jusqu’à maintenant.
  • Yuri Gazinski : passé du Torpedo à Krasnodar en 2013, l’importance de Gazinski n’a pas cessé de croître jusqu’à ce qu’il soit tout fraîchement appelé par Cherchesov en sélection russe. Sur le terrain, son soutien est très important lorsqu’il est aligné et il a souvent permis ces dernières semaines de faire pencher la balance en faveur des Byki, que ce soit dans la construction des actions ou dans les actions de buts elles-mêmes, un domaine où Krasnodar a énormément de mal à faire parler son réalisme.
  • Vitaly Kaleshin : cet arrière-latéral a progressé de façon exponentielle pendant la saison 2014-15 où il se distinguait à la fois pour son apport offensif important dans une équipe qui veut développer du jeu que pour sa solidité défensive. Depuis cette saison, Kaleshin a développé son expérience européenne et est titulaire à la majeure partie des matchs tout en prenant un profil un peu moins offensif. Cela ne l’empêche pas de montrer régulièrement un bel engagement. Ses débordements sur son couloir droit, bien que plus limités qu’en 2014-15, produisent régulièrement des situations dangereuses.
  • Artur Jerdzejczyk : l’arrière latéral polonais, titulaire à l’Euro 2016, a un profil qui ressemble relativement à celui de Kaleshin, mais plus polyvalent tout en étant légèrement moins efficace. Arrière droit le plus souvent, il lui arrive régulièrement de jouer en arrière gauche. Toutefois, contrairement à Kaleshin qui ne font que construire les actions, les incursions offensives de Jedrzejczyk peuvent se transformer en passe décisive.
  • Stanislav Kritsyuk : arrivé du Sporting Braga au début 2016, il a remplacé un Andrey Dykan proche de la retraite et la relève a été bien assurée. Kritsyuk s’est distingué à plusieurs reprises par des parades décisives et par plusieurs réflexes impressionnants (notamment contre le Mordovia Saransk au début 2016). Il n’est toutefois pas à l’abri de quelques erreurs comme il lui est arrivé d’en commettre parfois, mais il est considéré comme l’un des plus grands espoirs au poste de gardien de but pour la sélection russe et a eu ses premières sélections cette année avec la Russie.

Les expérimentés

  • Marat Izmaïlov : agent libre pendant la saison 2015-16, Izmaïlov a déjà joué à Krasnodar auparavant et il s’est toujours montré à la hauteur des événements. Sur l’automne, son engagement et ses initiatives au milieu de terrain ont permis de débloquer à plusieurs reprises la situation. Il est directement impliqué dans les victoires lors du match de coupe contre Orenbourg et celui du championnat contre le Zenit.
  • Dmitri Torbinski : le vétéran de la Russie de l’Euro 2008 qui avait assommé les Pays-Bas en quarts de finale est arrivé à Krasnodar en 2015. Remarqué pour sa fragilité sur l’ensemble de la saison dernière, les choses semblent changer cette année. Meilleur en août 2016, il s’est particulièrement distingué à son retour de blessure en fin novembre contre Salzbourg et le Zenit, multipliant les interceptions vitales et les duels remportés avec une belle touche de technique.
  • Vladimir Bystrov : il n’est clairement plus le Bystrov très menaçant qu’il a été lorsqu’il était au Zenit, mais il demeure une solution de rechange qui peut proposer un apport offensif intéressant.
  • Charles Kaboré : ce joueur ne doit pas être inconnu des Français. Le Burkinabé, ancien Phocéen, est arrivé en 2015 en provenance du voisin historique (mais pas rival) du Kuban Krasnodar sous la forme d’un prêt avant l’achat définitif pendant l’été 2016. S’il lui est reproché d’encaisser beaucoup de cartons rouges (quatre en à peine un an), il a un rôle très important au milieu de terrain. Dans le FKK de 2016, c’est lui qui est à l’origine d’une importante partie (si ce n’est la majorité) des attaques.

Les prometteurs

  • Naldo : il a eu la difficile tâche de remplacer le bon Sigurdsson et il a réussi. Il n’a pas l’impact physique de l’Islandais, mais le collectif avec Granqvist est là. Il a la lecture du jeu qu’il faut pour que la défense tienne la route et s’est très bien inséré dans son secteur de jeu. Les caractéristiques offensives de Sigurdsson se retrouvent également en Naldo dont les remontées sont parfois venues à la rescousse d’une attaque brouillonne ou en panne de réalisme.
  • Tornike Okriashvili : recruté l’été dernier, il a eu peu de temps de jeu ce qui ne l’a pas empêché de se mettre en évidence. Deux entrées excellentes contre Orenbourg (championnat) et surtout le Zenit sont ce dont les spectateurs se souviendront de lui cet automne. Il a tenté un premier retourné acrobatique contre Orenbourg, mais un peu faible pour inquiéter le gardien. Son deuxième, lui, a été terminé au fond des filets au bout du temps additionnel contre le Zenit pour ce qui est en voie de pouvoir prétendre au titre de meilleur but de la saison.
  • Kouassi Éboué : sorti de l’académie du FK Krasnodar, il n’a intégré le banc de l’équipe première qu’à l’hiver 2016 puis a eu sa première titularisation lors du match contre l’Amkar Perm à la toute dernière journée. Il a bénéficié des nombreuses blessures pour gagner du temps de jeu et, pour un joueur de seulement dix-huit ans, il a dépassé toutes les espérances. Il lui reste néanmoins encore à apprendre, car on l’a senti dépassé sur quelques rencontres, minoritaires toutefois.

Les irréguliers

  • Joaozinho : il était considéré meilleur joueur du club au début de la saison 2014-15 et son absence lors de la majeure partie de la phase de groupe. Après une longue blessure de plusieurs mois en 2015, il a vu son importance chuter, mais deux très bons matchs contre Salzbourg et Nice en septembre lui ont redonné un nouveau souffle. Depuis, il alterne le meilleur et le mauvais. Son engagement offensif est indéniable, mais la précision de ses passes et de ses tirs lui ont cruellement fait défaut jusqu’ici. On lui a attribué une part importante du manque de réalisme des Byki dans l’imprécision de ses initiatives.
  • Wanderson do Carmo : c’est le meilleur buteur en activité du FKK, mais il est difficile de le situer à l’heure actuelle à cause de la longue période de blessure qu’il a connue. Il apportait auparavant un réel danger offensif bien que sa maladresse régulière empêchait Krasnodar de convertir beaucoup d’occasions.

Les remplaçants

  • Andrey Sinitsyn : il est le seul joueur actuellement à clairement être remplaçant, le doute subsiste sur tous les autres qui bénéficient des blessures multiples pour glaner une place sur le terrain. Moins bon que Kritsyuk, il demeure une bonne solution de remplacement, surtout quand l’équipe joue régulièrement sur les trois tableaux.
  • Les réservistes (très souvent appelés cette saison au vu du contexte).

Les blessés

  • Pavel Mamaev : le meneur de jeu russe de la saison 2015-16 dont il avait terminé second meilleur passeur derrière Hulk s’est blessé trois fois cette saison et est hors course jusqu’en 2017. Nul doute que sa blessure est une des plus grandes causes aux difficultés du club (sans excuser plusieurs faux-pas qui font réellement tâche)
  • Vyacheslav Podberyozkin : arrivé d’Ekaterinbourg pendant la trêve hivernale de 2015-16, il a fait un très bon printemps 2016 plein d’interventions offensives intelligentes, avant de se blesser pendant l’été. En difficulté à son retour (beaucoup de pertes de balles), il a progressivement rehaussé son niveau puis s’est blessé à nouveau.
  • Sergey Petrov : d’ordinaire, Petrov est un bon latéral gauche, solide défensivement sur les deux années précédentes et souvent actif en attaque (on se rappellera d’un retourné acrobatique qui a failli offrir la victoire à Krasnodar au match retour contre Tirana), mais on l’a senti en difficulté pendant le mois de novembre, notamment contre Schalke. Finalement, une blessure est venue sceller son sort pour le restant de l’année.
  • Mauricio Pereyra : c’était le tireur de coups de pied arrêté du club, une place qui lui échappe de plus en plus à force de blessures cette année. Il a joué un rôle très important dans l’animation offensive par le passé, mais s’est montré assez imprécis lors de son court retour pendant cet automne 2016.
  • Ricardo Laborde : malgré sa petite taille et sa présence régulière sur le banc au coup d’envoi d’une rencontre, il est très rapide sur son couloir droit et Nice est l’un des clubs à en avoir fait les frais. Mais il s’est blessé récemment et ne devrait pas être en mesure de jouer.
  • Ari : de gros doutes entourent l’ancien attaquant du FKK puisque l’ampleur de sa blessure (ou de son problème de santé ?) n’a pas été communiquée clairement. Il inspire certainement de mauvais souvenirs aux supporters de Nice, mais il s’est surtout distingué en Russie par son incapacité à amener des situations dangereuses et à se démarquer en attaque (en partie gêné par sa petite taille qui l’empêche de remporter des duels aériens), gâchant même des occasions toutes faites. Il est loin de son niveau des saisons 2013-14 et 2014-15.

Philippe Ray


Image à la une : © Vitaliy Timkiv/Sputnik via AFP Photos

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