On a vécu Viktoria Plzeň vs. Sporting Portugal

Lazar Van Parijs
Lazar Van Parijs - Publié le 27 mars 2018

Comme tout lecteur de Footballski le sait, la Ligue Europa est la compétition européenne la plus favorable pour nos clubs. Ainsi, un huitième de finale entre le Viktoria Plzeň et le Sporting Portugal était l’occasion idéale pour se rendre dans cette charmante bourgade située à près de cent kilomètres de Prague. La ville est principalement connue pour avoir donné son nom à la pills, cette bière blonde et légère. On vous a déjà présenté le club du Viktoria Plzeň à deux reprises : la première fois pour en faire une présentation générale, la seconde pour évoquer de sombres histoires. Maintenant que les présentations sont faites, c’est l’occasion de se concentrer sur le match.

© Lazar Van Parijs / Footballski

Tout commence par un trajet en Flixbus depuis Florenc, l’une des gares des bus de Prague, pour rejoindre Plzeň. Départ à 16h, le ticket coûte trois euros. Le bus est rempli d’une grosse quinzaine de supporters portugais. L’heure et demie de trajet est l’occasion de discuter avec eux. Ils sont majoritairement en médecine et étudient dans la capitale à temps plein. Tous supportent le Sporting Portugal, voir leur club en République tchèque est une occasion incroyable. Le billet en kop n’a pas été simple à dégoter. Ils ont dû passer par les clubs de supporters locaux dispersés dans tout le Portugal et se les faire envoyer par la poste. Un ticket s’échangeait contre une quarantaine d’euros.

Le stade est à un gros quart d’heure de la gare des bus. L’occasion de s’arrêter en chemin afin de voir la cathédrale Saint-Barthélemy et goûter cette pills. Une pills, à Plzeň, est obligatoire …

© Lazar Van Parijs / Footballski

À peine le temps de s’installer dans le bar qu’un minuscule cortège de supporters, suivi par une voiture de police, débarque devant nous. Ce n’est pas tout, mais il faut quand même se remettre en route pour ne pas être en retard pour ce match… L’arrivée au stade est bon enfant, presque silencieuse, quelques Portugais essayent de blaguer avec des Tchèques qui restent stoïques.

Afin de replacer le match dans son contexte, il n’est pas inutile de rappeler que le club lisboète s’est imposé au match aller à domicile (2-0) et qu’ils ont perdu le match précédent face au FC Porto (2-1). De son côté, Plzeň est largement en tête de son championnat.

Il faut attendre le début du match, le coup d’envoi pour enfin entendre et voir les supporters de Plzeň. Le parcage du Sporting Portugal pendant ce temps fait autant de bruit alors qu’il n’est composé que de deux mille membres.

Premier corner à la 4e minute pour les locaux. Joué à la rémoise, le centre à la suite amène l’ouverture du score. Le stade exulte, but du vétéran numéro 23, Marek Bakoš. Les Portugais sont cueillis à froid (1-0, 5e). Ce but relance la double confrontation, toute la physionomie est différente. Toute une ville se met à rêver. Le virage se met à crier « Viktoria », le stade répond par « Plzeň ». Les supporters des Vert et Blanc n’abdiquent pas et continuent de chanter pendant ce temps.

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La 37e minute est l’occasion de voir un festival sur le côté droit de Martin Zeman, qui repique à l’entrée de la surface de réparation sur son pied gauche pour finalement tirer sur le gardien… Tout ça pour ça, serait-on tentés de dire. L’arbitre siffle ainsi la mi-temps. Cette première partie de la rencontre a été assez terne, quelques actions certes, mais pas de quoi s’enthousiasmer. Le Sporting n’est pas dans le match, Le Viktoria Plzeň joue physique et ça lui permet de mener d’un but, c’est la moitié du chemin pour décrocher l’égalisation. La mi-temps est également l’occasion d’aller chercher la buvette, c’est à l’ancienne, entre les tribunes. Il faut cependant s’armer de patience pour être servi…

© Lazar Van Parijs / Footballski

La reprise est marquée par un incroyable raté du Sporting à la 47e minute. Pendant ce temps-là, la bonne ambiance reste de mise. Les supporters de Plzeň encouragent leur équipe à marquer une deuxième fois, ce qui engendrerait des prolongations. Plus le temps passe, plus le froid s’installe, plus les joueurs glissent sur la pelouse, ce qui est pour le moins étonnant puisqu’il ne pleut pas. C’est alors qu’au milieu de l’ennui, Milan Havel effectue un excellent travail qui lui permet de repiquer au point de penalty et de passer au numéro 23, Marek Bakoš qui vient marquer du plat du pied (2-0, 64e) ! Le premier qui marque risque de l’emporter ! On aura donc une fin de match palpitante, il reste 26 minutes pour faire la différence !

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A la 73e minute, Jérémy Mathieu, qui effectue jusqu’ici un match très plaisant, signe un sauvetage du pied droit, assez rare pour être souligné. Alors qu’on avait vu une double glissade quelques minutes plus tôt, nous en voyons une nouvelle dans l’action qui suit. Le mystère reste entier. Bas Dost, qui n’est décidément pas inspiré, dévisse totalement sa volée à la 79e. Quand ça ne veut pas… Ce raté intervient quelques instants après que le numéro 9 d Viktoria Plzeň a voulu la jouer collective au lieu de tirer en première intention, ruinant une belle action de son équipe.

© Lazar Van Parijs / Footballski

Après avoir tout donné, le double buteur du soir, Marek Bakoš est remplacé par Michal Krmencik sous une standing ovation du stade. Nous sommes à la 83e minute. Les locaux se donnent corps et âme, leur défense est héroïque même si on les sent moins à l’aise techniquement et footballistiquement que les visiteurs. Contre toute attente, le match s’emballe à la 90e. Bas Dost, lancé en profondeur, parti à la limite du hors-jeu est fauché dans la surface de réparation. Penalty, sans hésitation ! Bast Dost s’élance et… le gardien arrête le ballon, c’est incroyable ! Alors qu’il avait l’occasion d’envoyer son équipe en quart de finale, le Néerlandais rate le coche ! Le stade reprend alors en coeur le nom du gardien, Aleš Hruška. Tout le stade est debout, c’est la fin des quatre minutes de temps additionnel. Quelle fin de seconde mi-temps !

La pause avant les prolongations est l’occasion d’aller se chercher un café, se réchauffer les mains, et c’est reparti à Plzeň. Pendant ce temps, on peut voir de nombreux journalistes regarder sur l’écran de leur ordinateur le match de hockey du club local qui domine sa série. Difficile de choisir, alors autant regarder les deux !

D’emblée, les locaux mettent la pression sur le but de Rui Patricio. Le coup de grâce intervient cependant à la 105e minute, sur un coup de tête de Battaglia sur corner. 2-1, le match semble plié. Ce but des visiteurs, qui signifie très probablement la qualification de ces derniers, jette un coup de froid sur le stade. On n’entend dès lors plus que les supporters portugais !

Jean-Michel Aulas, chauve. Et Tchèque. | © Lazar Van Parijs / Footballski

Les rouge et bleu sont cuits, la différence de niveau entre les deux équipes est de plus en plus flagrante, surtout que l’entraîneur du Viktoria Plzeň n’a pas effectué tous ses changements. Il profite de la pause des prolongations pour jeter sa dernière carte dans la bataille, avec l’entrée en jeu de Lukáš Hejda. Des supporters en profitent pour quitter le stade, il y a école demain.

Les joueurs de Plzeň essaient bien de tout tenter en multipliant les actions, mais trop limités techniquement, ils sont trop lents pour maintenir leur siège des cages de Rui Patricio face à la jeunesse et la fougue du Sporting. L’arbitre signe alors la fin du match, les Lisboètes peuvent exulter. Ils se qualifient dans la douleur pour les quarts de finale. Nous resterons un peu sur notre faim concernant ce match, où tout aura été possible, mais où l’on n’a pas réussi à s’emballer pleinement.

Le retour s’effectue en co-voiturage, l’occasion de discuter du match et du pays… Les joies des matchs à l’extérieur !

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Image à la une : © Carlos Costa / NurPhoto via AFP Photos

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A propos de l'auteur

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Je me suis réveillé un beau matin à Belgrade à cheval entre Europe de l' Ouest et le bloc soviétique après une nuit sur un Splav à boire de la Rakija. J'ai décidé de prendre le train de nuit suivant, direction Moscou, finir l'aventure devant l' Hotel Ukraina !

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