On a vécu PFC CSKA Moscou vs. FK Rostov

Antoine Jarrige
Antoine Jarrige - Publié le 21 avril 2017

Moscou, Moscou … Des clichés à n’en plus finir, de l’histoire à revendre, des avenues gigantesques bordées d’immeubles staliniens qui ne veulent pas mourir trop vite, des écrivains et des artistes à la pelle dont on visite les maisons où ils vécurent et travaillèrent, des bulbes coiffant les églises par gousses entières, une Place Rouge célèbre dans le monde entier (si ce n’est dans l’univers), ou encore le Kremlin, siège du fameux « oeil de Moscou » et de toutes les peurs liées à la guerre froide. Une telle histoire ne pouvait passer inaperçu, une telle ville chargée d’histoire ne peut pas être laissée de côté. C’est pour cela que je pris mes valises, me voilà parti pour un nouveau Footballski Trip. Outre le côté historique, le côté footballistique me réservait de belles choses en matière de football ; un CSKA Moscou / Rostov et surtout l’alléchant derby entre le Spartak Moscou et le Zenit Saint Pétersbourg.

On Tour! ©Footballski

Pour un néophyte de la culture russe et de la langue il aurait été bien compliqué de me déplacer dans cette gigantesque ville sans un acolyte à mes côtés. Quasiment deux ans après ce fameux Sparta Prague – CSKA Moscou vécu au Letna dans la capitale tchèque, me revoilà au côté de Vlad, mon gars sûr russe, fan inconsidéré du club de l’armée russe, rencontré avant la précieuse victoire du CSKA. Dès mon arrivée à Moscou, je suis directement mis dans le bain. Si vous ne maîtrisez pas l’alphabet cyrillique vous aurez bien du mal à vous déplacer dans cette gigantesque cité. En effet, il ne faudra pas compter sur des repères dans notre alphabet latin dans le métro moscovite. Autant dire qu’il y a encore du boulot avant la coupe du monde 2018 …


Lire aussi : Sport & société en URSS – L’armée


Le samedi attendu depuis des mois arrive enfin. Après avoir pu disputer la veille une rencontre de foot à 8, cher à notre rédacteur en chef, me voilà enfin à la découverte de Moscou. Comme tout bon touriste, les premières photos se feront sur la Place Rouge. Cette mythique place datant de la construction du Kremlin par Ivan III qui nécessitait alors la présence d’un grand espace libre pour la défense. Il est vrai que la première fois dans ce lieu donne des frissons. Que ce soit par son immensité et sa démesure à l’image du pays tout entier, par la présence de la magnifique cathédrale Basile le Bienheureux ou par la froideur du mausolée de Lénine, on se frotte les yeux pour vraiment croire en ce que l’on voit. Après avoir savouré ces magnifiques images direction le déjeuner pour ne pas attraper froid. Il faut dire que pour un mois d’avril, la température est relativement froide à Moscou, avoisinant le zéro. Le savoureux borchtch avalé, nous voici en route pour la CSKA Arena. Et c’est là que le parcours du combattant commence. Car étant très récente, la nouvelle enceinte du club moscovite n’est pas encore bien desservi, il faut donc plutôt bien connaitre les lieux si on veut arriver sur place dans les temps. Direction le nord ouest de Moscou en métro, puis une quinzaine de minutes à pieds avant d’arriver au nouvel écrin du CSKA à Khodynka. Adieu la Khimki Arena et son véritable purgatoire pour atteindre la vieillissante arène du nord de Moscou ! Les dirigeants du CSKA ont mis la main à la poche pour faire sortir de terre un stade flambant neuf plus compatibles avec les ambitions du club de l’Armée Rouge. Comme souvent en Russie, les travaux ont duré. La construction débuta en 2007 et fut stoppé de nombreuses fois avec notamment une pause de 16 mois entre 2009 et 2011. Mais voilà, aujourd’hui le CSKA Moscou évolue dans une enceinte ultra-moderne qui doit l’emmener vers les sommets. Avec une capacité de 30000 places, les dirigeants espèrent une affluence moyenne dépassant les 20000 spectateurs (on en est bien loin). Le plus remarquable dans cette enceinte désormais nommée VEB Arena, c’est l’absence de quart-virages remplacés par d’immense tours. L’une d’entre elle rappelle le trophée de la coupe de l’UEFA remporté en 2005 contre le Sporting et abrite aujourd’hui un hôtel.

©Footballski

Après de multiples contrôles de sécurité, nous pénétrons enfin à l’intérieur du stade. Les vingt minutes passées devant les portiques de sécurité nous ont fait manquer les premières secondes du match, mais bon ça y est, Footballski est présent. Nous rejoignons Pavel, le père de Vlad, également fervent supporter du CSKA qui n’hésite pas à se déplacer aux quatre coins de l’Europe pour encourager l’équipe de son cœur. Passons désormais aux compostions d’équipes, pas de véritable surprise des deux côtés même si on peut noter la présence de Nababkin au poste de milieu gauche pour le CSKA et un traditionnel 5-3-2 pour Rostov avec Medvedev dans les cages en l’absence de Dzanhaev.

Dans les tribunes on peut noter la présence d’environ cinq cents supporters de Rostov qui ont fait le déplacement. Surnommé « paysans » par les supporters du CSKA, ils peinent à se réjouir du jeu proposé par leur équipe depuis quelque temps. En effet Rostov reste sur quatre scores nuls et vierges d’affilées … On essaye de se rassurer comme on peut, les ultras du CSKA sont en nombre et font du bruit en ce début du match. Mais bon voilà, la tradition voulant qu’il y ait au moins un « purgico » par FootballskiTrip va malheureusement se réaliser. L’intention est bien évidemment du côté du CSKA qui doit impérativement l’emporter pour rester dans la course au titre, mais Rostov en décidera autrement. On est bien loin de l’affiche de l’année dernière entre ces deux équipes qui se disputaient le titre jusqu’à la dernière journée … Les moscovites auront le pied sur le ballon, Golovin par sa technique et Vitinho par sa vitesse tenteront de percer le bus mis en place par les visiteurs mais en vain. Malgré tout le CSKA se procurera deux grosses occasions en première période, vendangées par Samuel Olanaré. On pourra néanmoins se réjouir de la magnifique intrusion d’un ramasseur de balle sur le terrain qui sera cordialement remis à sa place par César Navas le défenseur de Rostov.

Le parcage de Rostov ©Footballski

La seconde période sera du même acabit, Rostov joue le jeu du bus à merveille et met énormément de pression sur l’attaque du CSKA qui ne peut se développer. Avec une seule frappe cadrée au cours du match, on se demande bien à quoi jouent les jaunes et bleus en cette fin de saison … Le CSKA va pousser toute la seconde période et sera à deux doigts d’être récompensé en toute fin de match, malheureusement pour les hommes de Goncharenko la tête de Fernandes passera juste à côté du montant de Rostov. Le match se terminera sur une saignement de nez particulièrement impressionnant d’un défenseur de Rostov, les supporters du CSKA seronr dépités, il faudra absolument que le Zenit batte le Spartak le lendemain pour encore croire au titre. De notre côté nous prenons la direction du parking pour prendre quelques photos avec les joueurs. Malgré le vent du siècle par le dieu vivant Berdyev, nous prendrons quelques photos avec les stars des deux équipes et discuterons même avec Erokhin qui fut pour le moins surpris de voir un français s’intéresser à sa carrière. La soirée se terminera à la campagne dans la datcha de la famille de Vlad, il faudra bien un peu se reposer avant le choc qui nous attendra le lendemain !

LES NOTES FOOTBALLSKI

Standing du stade (4,5/5) :

Stade ultra moderne, la VEB Arena à tout pour plaire. Même les nostalgiques des anciens stades soviétiques ne vont s’en plaindre. Allez, on fait un peu les difficiles mais 5000 voir 10000 places de plus auraient été judicieuses pour les affiches européennes.

Disponibilité des billets (5/5) :

Aucun soucis pour trouver des places, au guichet la veille du match, sur internet ou avec les revendeurs devant le stade, vous avez le choix. Il faut tout de même faire assez vite pour les gros matchs et les rencontres européennes.

Tarifs (3/5) :

C’est vraiment le point sombre du stade. On voit bien que les finances du club ont souffert suite à la construction de l’enceinte et que les dirigeants essayent de rentabiliser … Stade le plus cher en Russie, la place en latérale pour 30 euros et la moins chère en populaire à 12 euros pour ce match contre Rostov. Rarement vu plus cher à l’est.

Ambiance (4/5) :

Le fait que le stade ne soit pas « gigantesque » permet de bien faire résonner les chants des ultras et c’est bien plaisant. Le parcage visiteur situé sous le toit permet même de faire entendre les vaillants fans qui font les déplacements. Pas de 5 sur 5 pour cette rencontre, la faute à un match peu emballant qui a tout de même légèrement endormi les ultras.

Risques (5/5) :

Aucun soucis de sécurité pour un match contre Rostov, trois contrôles des billets et deux fouilles, au moins l’on peut s’assurer de vivre un match en toute tranquillité. La présence policière est assez importante et ne laisse place à aucun débordement.

Accessibilité et transports (4/5) :

C’est un peu le parcours du combattant pour le moment car le stade n’est pas encore relié au métro, mais il le sera bientôt. Il faut donc se faire accompagner ou faire confiance à google map pour l’instant.

Boissons (4/5) :

Rien d’exceptionnel mais de la qualité. Des boissons et produits que l’on rencontre dans toutes les enceintes européennes. On peut toutefois regretter l’absence de la boisson aux houblons et surtout aux graines de tournesol.

Quartier environnant (3/5) :

Bordé par un parc en travaux et une zone pavillonnaire, il est assez difficile de se prononcer sur ce qui entoure le stade. Les travaux terminés engendreront certainement une meilleure note.

Antoine JARRIGE


Image à la une : © Footballski

On a vécu PFC CSKA Moscou vs. FK Rostov
5 (100%) 4 votes

A propos de l'auteur

Antoine Jarrige

Antoine Jarrige

Antoine, 21 ans. Etudiant en kiné en Alsace, grand amateur du football russe . Amoureux d'Ural, le grand club de Sibérie occidentale, mon coeur ne bat que pour Smolov et Lungu.

pays de l'auteur footballski

3 Commentaires

Laisser un commentaire

Lire les articles précédents :
L’oeil du recruteur #28 : Dragoș Nedelcu

L’œil du recruteur revient et c’est toujours le même principe. Un rapport détaillé, technico-tactique d’un joueur de nos championnats, qui...

Fermer