On a vécu Dinamo Tbilisi vs. Saburtalo en match de barrages

Adrien Laëthier
Adrien Laëthier - Publié le 6 décembre 2016

La saison géorgienne touche déjà à sa fin, et c’est l’heure des barrages. Surprenant, non ? En effet, cette année, la Fédération Géorgienne de Football a décidé de changer de système, et de quitter le format « automne-printemps » classique, pour retrouver un format « printemps-automne » affectionné dans les pays réputés froids, ce qui n’est pas forcément le cas de la Géorgie en comparaison avec de nombreuses autres nations de la sphère Footballski. Pour ce faire, les instances locales nous ont bricolé un mini-championnat à 14 équipes, regroupées en deux poules de 7 et au bout de 12 journées seulement, une finale pour désigner le champion ainsi que des barrages de maintien et de qualification européenne. Très court donc pour désigner un champion, mais tout le monde avait sa chance, c’est ce que vous verrez avec notre résumé de la saison à venir d’ici la fin de l’année.

Pour moi, c’est direction la Boris Paichadze Dinamo Arena. En effet, pour la première fois depuis mon déménagement en Géorgie, je me rends dans la plus belle enceinte du pays, ayant néanmoins eu l’occasion d’assister à d’autres matchs. Direction le métro et plus précisément la station « Place de la gare » qui est la plus proche du stade. Pour ceux qui connaissent, on ne se rend pas compte tout de suite qu’on est près d’un stade, car les 10 minutes de marche sont rallongées par un slalom entre les différentes échoppes du bazar, ou marché central de Tbilisi, le deuxième plus grand de la ville après celui de Lilo.

Vous pourrez toujours vous acheter une délicieuse Churtchkhela avant d'arriver © Adrien Laëthier.

Vous pourrez toujours vous acheter une délicieuse Churtchkhela avant d’arriver © Adrien Laëthier.

Ayant toujours l’habitude de me rendre à l’avance au stade, je peux vous dire que l’on n’est pas gêné par l’affluence des supporters locaux, chose que nous avions pu voir lors de notre Footballskitrip en Géorgie. Pourtant, il y avait un peu d’espoir, car il s’agit tout d’abord d’un match à enjeu, le vainqueur disputera une finale pour rejoindre l’Europa League l’an prochain et les deux équipes se sont séparées sur un 0-0 au match aller au Mikheil Meskhi. De plus, il s’agit d’un derby, Saburtalo étant l’une des trois équipes de Tbilisi à évoluer dans l’élite et porte le nom d’un des quartiers résidentiels aisés de la capitale géorgienne.

Mais rien d’une ambiance de derby bien-sûr, qualification que l’on se refusera d’ailleurs à donner pour une telle affiche. Même si un homme assez âge, russophone, a acheté son billet en même temps que moi plus d’une heure avant le match, les tribunes sont aussi clairsemées qu’à l’accoutumée, et il doit y avoir environ 300 personnes dans le stade pour le coup d’envoi (les chiffres officiels donnent 500, comme quoi, je suis mauvaise langue). Ce qui fait que l’on ne passe même pas par les portiques de sécurité, et seule une vérification de billet sommaire est effectuée à l’abord des travées. Même si ce genre d’affluence est habituelle, la mauvaise saison du Dinamo n’y est pas non plus étrangère. En effet, le club le plus riche du pays n’a fini que deuxième de sa poule, largement distancé par la surprise de la saison, le Chikhura Sachkhere. De son côté, Saburtalo a arraché sa qualification dans une poule très serrée, avec seulement deux points d’avance sur les barrages de relégation (les joies d’un championnat de douze journées).

Les joueurs pénètrent dans "l'arène" © Adrien Laëthier.

Les joueurs pénètrent dans « l’arène » © Adrien Laëthier.

Sur le terrain, les deux équipes ont largement l’accent local, ce qui n’est pas plus mal dans le football géorgien. Le Dinamo n’aligne qu’un seul étranger, René Santos, le Brésilien qui est un ancien du Zestafoni. Alors que Saburtalo en aligne trois, dont Santi Jara, ancien attaquant du Sporting Lisbonne, le Français Vagner Concalves et Alwyn le Kényan. Les deux effectifs sont d’ailleurs très jeunes, et seuls quelques rares joueurs atteignent les 25 ans alors que Nuri Revishvili et ses 29 ans font figure d’ancêtres. Il s’agit également là du joueur le plus connu sur le terrain, passé par le Rubin, Anzhi, Krasnodar, Tosno ou encore le Mordovia durant sa carrière.

Sur ce même terrain, le spectacle n’est pas très au rendez-vous en ce début de match, pendant que les deux groupes d’Ultras du Dinamo refusent toujours de chanter à l’unisson. Ce sont pourtant bien les leurs qui vont se montrer les premiers dangereux sur un très joli coup-franc de Mate Tsintsadze qui heurte le poteau du jeune Oto Goshadze. Pas de quoi refroidir les ardeurs des supporters de Saburtalo, eux aussi très jeunes (une majorité d’enfants accompagnés d’une grosse caisse). Néanmoins, Saburtalo ne va pas montrer grand-chose, et va finir par craquer sur une action confuse terminée par le jeune (on se répète) Giorgi Zaria. Le public, comme toujours, refusera de crier son nom alors que le speaker s’époumone en « Giorgiiiii » en vain. Les joueurs de Saburtalo protestent fortement, et je vous avouerais que je suis également persuadé du hors-jeu, mais il y a peut-être une explication à la validation de ce but à chercher par un contre d’un défenseur adverse. Je n’ai pas eu l’occasion de revoir l’action pour clarifier tout cela.

On se dirige vers la mi-temps et les visiteurs se doivent désormais de sortir, pour arracher un nul synonyme de qualification. C’est le Français d’origine brésilienne, Vagner Goncalves, ancien Bastiais, qui va se montrer le plus dangereux en éliminant superbement toute la défense avant de rater complètement sa frappe et de trouver le petit filet. C’est tout pour la première mi-temps et je vais me réchauffer dans la boutique officielle du club. La deuxième mi-temps ne commence pas sous d’augures très intéressants, et seul un gentil fou dans les tribunes va animer le premier quart-d’heure, venu avec son mégaphone et faisant semblant de commenter des matchs, dès fois en russe, inventant un Spartak-CSKA, d’autres en géorgien. Même si je n’ai pas compris le but de sa manoeuvre, il aura eu le don d’en amuser certains et d’en irriter d’autres, en particulier une femme âgée qui m’a semblé être la plus au fait du football dans ce stade bien vide.

Goncalves et son coéquipier Alwyn dans les tribunes pour un match entre le Lokomotiv Tbilisi et Tskhinvali © Adrien Laëthier.

Goncalves et son coéquipier Alwyn dans les tribunes pour un match entre le Lokomotiv Tbilisi et Tskhinvali © Adrien Laëthier.

D’autres spectateurs anglophones dissertent et ont sans doute été agréablement surpris par l’engagement physique de cette deuxième mi-temps (stéréotype, quand tu nous tiens) car c’est surtout la tension dans ce match à enjeu, tout de même, qui est à retenir du deuxième acte. Giorgi Chiabrishvili a bien tenté de lancer un deuxième espagnol dans le bain, Juanfri, ancien de Marbella, mais c’est bien le coach ukrainien, Vyacheslav Grozny, qui remporte son duel. Saburtalo doit s’incliner et laisser son aîné tenter de sauver sa saison face au Dinamo Batumi.

Le départ est calme, et en taxi, direction la rue Chardin malgré le froid. A bientôt pour de nouvelles aventures géorgiennes.

 

Les notes Footballski :

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Standing du stade (4/5) :

Le stade est très bien, très beau, malgré sa piste d’athlétisme qui lui coûte un petit point et les couleurs qui sont un peu agressives quand le stade est désespérément vide (comme toujours d’ailleurs).

L'entrée avec le monument en l'honneur de Boris Paichadze © Adrien Laëthier.

L’entrée avec le monument en l’honneur de Boris Paichadze © Adrien Laëthier.

Disponibilité des billets (5/5) :

Les billets sont trouvables en ligne comme aux guichets et vous ne risquez pas de vous faire prendre de vitesse. Rien à dire donc là-dessus, reste à savoir si c’est une bonne nouvelle.

Tarifs (5/5) :

5 lari pour avoir une très bonne place (1€80), 2 lari sinon en général, c’est à dire 0€75, je pense qu’on peut dire que ce plaisir est abordable.

Ambiance (1/5) :

Je ne mets pas 0 car je n’aime pas ça déjà et car les ultras du Dinamo chantent par intermittence, mais difficile de considérer cela comme une ambiance.

Le principal groupe Ultra du Dinamo © Adrien Laëthier.

Le principal groupe Ultra du Dinamo © Adrien Laëthier.

Risques (4,5/5) :

Peu de monde et peu de présence policière. Même les Ultras se sont bien comportés. Rien à signaler. Notons quand même l’absence totale de fouille.

Accessibilité et transport (4,5/5) :

Situé à bonne distance de marche du métro de la gare (dix grosses minutes) et un peu plus loin de la station Marjanishvili, le stade se trouve tout de même en plein centre-ville et l’accessibilité en est très aisée. Il est également desservi par de nombreux marshrutkas.

Boissons (1/5) :

Je ne l’ai pas trouvé… mais j’ai vu quelques spectateurs revenir avec des cafés chauds, il y a peut-être au moins un distributeur, mais rien qui ne vaille le détour à mon avis.

Quartier environnant (4/5) :

Difficile à dire, le quartier de la gare n’est pas le plus attrayant, une fois que l’on a vu pour la première fois le marché pour l’aspect touristique. Mais le stade est bordé par un petit parc public et on se situe en centre-ville avec de belles avenues menant au quartier de Marjanishvili. Le quartier est donc plutôt agréable, proche de la rivière et des boîtes de nuit également; la meilleure de la ville se trouvant d’ailleurs sous le stade.

Adrien Laëthier


Image à la une : © Adrien Laëthier

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A propos de l'auteur

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Amoureux de la Russie et de l'Ukraine et spécialiste de ces footballs, ainsi que du football de l'Est en général ! A vécu en Russie, à Chelyabinsk là où les météorites tombent. J'essaye de faire vivre sur Footballski les différents championnats d'ex-URSS (Ukraine, Caucase, Baltique,...) ainsi que la RPL par les résumés hebdomadaires.

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