#6 FootballskiTrip Géorgie: On a vécu Dinamo Tbilissi vs. PAOK Salonique

Antoine Jarrige
Antoine Jarrige - Publié le 17 septembre 2016

Cet été, pendant une dizaine de jours, nous avons eu le plaisir de nous rendre en Géorgie afin d’y réaliser un nouveau FootballskiTrip. Nous vous proposons aujourd’hui un récit de notre brève rencontre de 10 jours avec la Géorgie, ses habitants, son football, ses paysages, sa culture. En espérant continuer à vous faire partager cette passion commune encore de longues années. Sixième épisode avec le retour de la Coupe d’Europe en Géorgie.


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Les barrages d’Europa League sont toujours un moment particulier dans la saison d’un club. Soit on espère renouer avec un glorieux passé, comme le Dinamo Tbilissi, soit on espère atteindre l’objectif mis en place dès le début de saison en atteignant les phases de groupe, comme le PAOK Salonique. Cela faisait plusieurs années que la Géorgie attendait un club en compétition européenne et cette fois-ci, le Dinamo Tbilissi n’est pas loin d’y arriver. Gagnant pour la première fois depuis de longues saisons une double confrontation en Champion’s League contre les Arméniens d’Alashkert, mais tombant au troisième tour sur les féroces Croates du Dinamo Zagreb, les Géorgiens sont donc reversés en barrages d’Europa League face à un gros adversaire, le PAOK Salonique. Événement exceptionnel à Tbilissi avec bien évidemment l’équipe Footballski sur place.

Tout commence quelques jours avec le départ pour notre Trip dans le Caucase. Il est 13 heures, l’heure d’allumer sa télé pour assister au tirage au sort des barrages d’Europa League. Les présentateurs parlent d’un possible Saint-Étienne – Dinamo Tbilissi, de notre côté, peu importe l’adversaire, on espère juste que les Géorgiens recevront en premier pour qu’on puisse assister au match. Roulement de tambour et … BOUM! Un Dinamo Tbilissi – PAOK nous attend lors de notre séjour! Plutôt satisfait du tirage, nous terminons nos valises et direction l’aéroport Chota Roustavéli à quelques milliers de kilomètres de la France. Dès notre arrivée et notre premier rendez-vous avec notre contact Oto, nous apprenons que nous allons être accrédité pour le match. Joie intense dans nos rangs, à nous la tribune de presse et les feuilles de matchs officielles. La veille du match, après avoir parcouru le trajet entre notre appartement et la Dinamo Arena, nous nous rendons avec Oto dans le fan shop du Dinamo où nous découvrons, assez surpris, que le prix des maillots et autres accessoires sont similaires à ceux que nous trouvons en France. Direction ensuite la zone média du stade pour récupérer, avec notre plus grand sourire, notre accréditation pour le match du lendemain. Assez surprenant, rien n’indique sur le pass et dans le stade que le match du lendemain sera un barrage d’Europa League. Seul un drapeau de l’UEFA et du PAOK flottants sur le toit du stade, mais aucune décoration d’Europa League, comme on peut parfois retrouver dans certains matchs de barrages, ne sont présents dans le Parc des Princes du Caucase. Après avoir profité une nouvelle fois du panorama magnifique de la Dinamo Arena, nous quittons la chaleur étouffante de Tbilissi pour rejoindre la salle ultra climatisée où se tiennent les conférences de presse. Notre pass nous donnant accès au Graal, nous rejoignons immédiatement notre place pour écouter Jarabek et Tchanturishvili du côté Dinamo ainsi que Ivic et Campos du PAOK. À la fin des conférences nous rejoignons Oto qui a tenté de nous traduire les propos du coach du Dinamo ; beaucoup de questions sur l’absence de Coureur suite à une petite alerte musculaire, mais surtout le fait que l’entraîneur n’a toujours aucune tactique à 24 heures du coup d’envoi, ça promet! Nous quittons la Dinamo Arena après avoir assisté aux premières minutes de l’entraînement du PAOK pour rejoindre Liberty Square et fermer les paupières avant une journée qui s’annonce très intense.

© Footballski

© Footballski

Cette journée de jeudi est marquée par une tempête de ciel bleu et une chaleur sèche difficile à supporter. Après un petit Khatchapouri pour se réveiller les papilles, direction les bains sulfuriques du quartier azéri de la capitale pour se détendre comme on peut avant la soirée footballistique qui s’annonce. Bain chaud, douche froide, dans un établissement tenu par une « mama » qui ne semble pas être sortie de l’époque soviétique. L’exploration du quartier azéri nous mène à une rivière qui se termine par une petite chute d’eau, endroit pittoresque qu’un jeune couple kazakh a choisi pour les photos de mariage. Après un court passage par Sharden, le rare quartier qui bouge à Tbilissi pour se rassasier en jus d’orange pressé et bière locale, nous prenons enfin la direction de la Dinamo Arena. Les cinq laris habituels négociés pour la course en taxi, nous faisons comme d’habitude notre petite prière qui est d’atteindre le stade en un seul morceau, la conduite géorgienne étant assez, comment dire, … spéciale!

© Footballski

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Plus nous approchons du stade, plus nous sentons l’excitation nous gagner. Contrairement au week-end dernier face à Guria, les abords du stade sont parsemés de supporters avec des maillots, des écharpes, des drapeaux à l’effigie du Dinamo Tbilissi. Après avoir retrouvé Oto, nous rejoignons l’entrée réservée au média, sans être fouillé, comme tous les spectateurs, et nous nous dirigeons vers la tribune de presse. Sur notre chemin, nous rencontrons un monsieur d’un certain âge qui nous interpelle en français, nous demandant ce que nous faisons ici. Très fier de son Dinamo, ce monsieur Iashvili nous tendra tout fier une lettre datant d’un bon paquet d’années provenant de l’UEFA. En effet, l’une des lois importantes du football, celle interdisant les passes en retrait à son gardien de but, est à mettre à l’initiative de la famille Iashvili et nous vient donc directement de Géorgie. Drôle de rencontre, mais très plaisante!

© Footballski

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Il est vrai que comparativement au week-end dernier, la Dinamo Arena est bien mieux remplie. Matthias Coureur espérait un bon 40 000 spectateurs, Oto 20 000. Finalement il n’y aura que 12000 spectateurs dans les tribunes, mais ça nous donnera une impression d’un stade moins vide. Du côté ultras, ceux du Dinamo ont répondu présents avec, bien sûr, les Gladiators d’un côté et les Hooligans de l’autre, le PAOK a lui une petite colonie de 200 supporters à l’opposé du stade. Nous, de notre côté, nous prenons place en tribune de presse après avoir été tranquillement dégagé du premier rang par des responsables du Dinamo Tbilissi. Tout à l’arrière, sous une chaleur épouvantable due à la présence d’un toit en métal censé nous protéger de la pluie, c’est ici que nous allons pouvoir profiter de notre match. Après avoir cherché quelques rafraîchissements, nous sommes en place pour le match le plus attendu de l’année à Tbilissi.

Au niveau des compositions d’équipe, l’entraîneur slovaque de l’équipe géorgienne a du totalement remodeler son effectif suite à de nombreux forfaits tandis que, côté PAOK, on évolue avec l’équipe habituelle. L’entrée des 22 acteurs sur la pelouse ce fait sous l’hymne du Dinamo (on espérait bien sûr celui de l’Europa League) et le stade hurlant DINAMO! DINAMO! DINAMO! nous donne un aperçu de ce qui nous attend ce soir. Malheureusement pour nous, l’ambiance décline dès le coup d’envoi, même si cette fois-ci les deux groupes d’ultras ne chantent pas en même temps des chants différents, c’est le speaker situé dans la cabine derrière nous qui est obligé de reprendre et lancer les chants pour tenter de réveiller un stade plus spectateur que supporter. Sur le terrain, le début de match est dominé par le Dinamo qui monopolise le ballon, mais qui n’arrive pas à se montrer dangereux. Jighauri semble être dans un bon soir, mais après un beau festival au quart d’heure de jeu, voit sa frappe contrée par la défense. Dès la 20e minute, l’ambiance va être plombée. Sur un corner du PAOK, Matos, l’ancien du Dnipro, anormalement seul, reprend la balle de la tête et ouvre le score alors que Scribe n’a même pas bougé. C’est la liesse du côté des ultras du PAOK, le contingent de CRS géorgiens décide donc de doubler son effectif dans la tribune visiteuse. À partir de ce moment, on se dit que la fête va tourner au vinaigre. Et en effet le match va rentrer dans un faux rythme. Le Dinamo va essayer d’attaquer pour combler son retard, mais les individualités reprennent le dessus sur le collectif. En effet, le jeu « perso », c’est un peu la spécialité du Dinamo. Les joueurs techniques profitent de ce genre de matchs pour essayer de se montrer, mais cela ne sert à rien face à une défense comme celle du PAOK. Un exemple simple à vous donner : juste avant la pause, Papunashvili réalise un très bel enchaînement. Le Dinamo se retrouve alors dans une situation favorable en 3 vs 2. Mais au lieu de la jouer en équipe, l’avant centre va jouer tout seul et va bêtement perdre le ballon. Ce genre de situation va être retrouvé tout au long de la seconde période, sans réussite. Derrière c’est un peu la débandade, il faut un exploit de Scribe sur un 1 vs 1 pour que le PAOK ne double pas la mise juste après le retour des vestiaires. Ce sera malgré tout sans suite puisqu’à la 75e minute les Grecs vont doubler la mise sur une grosse erreur de concentration de la défense géorgienne. La belle fête qui devait avoir lieu est finie, les deux groupes d’ultras commencent à se chercher et terminent la soirée sur une bagarre générale en tribune suite au deuxième but. Les spectateurs commencent à quitter le stade, les sifflets se font entendre et le PAOK marque même une troisième fois en fin de rencontre. Au coup de sifflet final, les ultras en profitent pour se retaper dessus, histoire de, tandis que sur la terrain la majorité des joueurs quittent la pelouse sans un remerciement pour le public venu toutefois assez nombreux pour cette assister à cette débâcle. Certains joueurs du Dinamo courageux viendront s’excuser, mais ne recevront que des insultes en retour. Coureur, qui a passé le match en tribune, nous avouera que le match lui a permis de voir les soucis d’individualités de son équipe. Il résiliera son contrat le week-end suivant. Anthony Scribe quitte de son côté le terrain tête basse, sachant que ce sera le dernier match à domicile cette saison où il y aura plus de 700 spectateurs dans le stade. Ce fut finalement une soirée bien étrange.

LES NOTES FOOTBALLSKI :

Standing du Stade (4/5): c’est simple, la Dinamo Arena est un des plus beau stade d’Europe! Bien que les 55000 places ne sont jamais toutes occupées, le stade est magnifique et ne demande qu’à vivre de nouveaux grands moments en compétitions européennes. On peut juste être un peu déçu de la présence de la piste d’athlétisme qui nous éloigne beaucoup de la pelouse.

Disponibilité des billets (5/5): disponible en ligne, en guichet les soirs de matchs ou en semaine pour les grands événements, vous n’aurez aucun soucis à trouver une place. Surtout quand on voit l’affluence …

Tarifs (5/5): 5 laris (2 euros) pour être en hauteur, 10 (5 euros) pour être à proximité de la pelouse. Difficile de faire mieux pour un barrage d’Europa League.

Ambiance (2/5): les ultras ne sont pas assez nombreux pour faire de la Dinamo Arena un vrai chaudron. Des grands blancs et surtout peu de chants made in Dinamo, il faut attendre que l’équipe gagne pour entendre les supporters chanter. L’hymne est pas si mal pourtant!

Risques (4/5): quasiment un policier pour un spectateur, ça n’empêche pas les bagarres en tribune ultras mais on se sent parfaitement en sécurité dans le reste du stade.

Accessibilité et transports (4/5): situé juste à côté d’une station de métro il n’y a aucun soucis pour se rendre au stade. Le taxi est bien sûr le moyen de déplacement le plus rapide. Pas de note maximale néanmoins car l’enceinte est située un peu à l’écart du centre ville.

Boissons (4/5): contrairement au match contre Guria, les buvettes sont ouvertes! Hot dogs, sodas … On peut juste regretter l’absence de la boisson à houblons!

Quartier environnant (2/5): Il y a un joli parc public entre le stade et le fleuve. La présence de la gare rend aussi le lieu très central. Bon rien de très folichon mais on peut tenter l’expérience d’un marché géorgien très animé à deux pas du stade

Antoine Jarrige


Image à la une : © Footballski

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A propos de l'auteur

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Antoine Jarrige

Antoine, 21 ans. Etudiant en kiné en Alsace, grand amateur du football russe . Amoureux d'Ural, le grand club de Sibérie occidentale, mon coeur ne bat que pour Smolov et Lungu.

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