La deuxième division croate, ça donne quoi ?

Damien F - Publié le 29 mai 2018

Footballski s’est intéressé à la Druga HNL, la deuxième division croate. Et autant vous dire que nous n’avons pas été déçus…


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À première vue, tout est clair en Druga HNL, autrement dit en deuxième ligue croate de football. Du moins, en ce qui concerne le haut de tableau. Etant donné que les réserves du Dinamo et de l’Hajduk ne peuvent pas monter, Gorica, 58 points, a validé son ticket pour la première division, tandis que Varaždin, 52 points, devrait jouer les playoffs. Surtout parce que le seul concurrent restant, Sesvete, a retiré sa demande de licence pour la Prva Liga.

Cependant, aucun club hormis Gorica n’a encore obtenu une licence pour la saison prochaine, alors que la Fédération a déclaré en première instance que Varaždin ne serait pas autorisé à évoluer en première division, ni même en Druga HNL l’an prochain ! En outre, nous ne savons pas si Istria, qui est en faillite et Cibalia, qui n’en est pas bien loin, vont repartir pour un nouvel exercice.

Mais la 2.HNL a décidé de nous réserver une surprise pour pimenter une intersaison qui semblait pourtant déjà assez chaotique comme cela. En 2018/2019, ce championnat devrait compter seize clubs au lieu des douze formations actuelles ! Compte tenu du nombre de clubs ayant fait faillite ces dernières années et de l’état des choses au jour J, la composition des deux plus hautes divisions de football relève de la spéculation pure et simple. La Druga HNL est étrange, chaotique et, si vous entrez un peu plus dans les détails, vous remarquerez qu’elle cache encore de l’inattendu et parfois aussi, de l’agréable.

Gorica

Beaucoup de choses ont changé depuis que Gorica a terminé second de D2 l’an dernier derrière Rudes, avant de tomber en éliminatoires contre Cibalia. Pour commencer, le coach Dean Klafurić est parti sur le banc du Legia Varsovie en début de saison. Klafurić a été remplacé par un autre élève de l’école d’entraîneurs du Dinamo, Ivan Prelec, 31 ans. Le jeune entraîneur, qui a dû arrêter sa carrière en tant que joueur au Dinamo (à 19 ans, en raison d’une blessure), en a profité pour faire ses preuves. Pour le plus grand plaisir des Šljakeri, le petit groupe ultra local qui n’a jamais goûté aux joutes du haut niveau.

Le club a changé de staff, mais aussi de personnel dans les bureaux. Des investisseurs lituaniens sont arrivés, Mindaugas Nikoličius à leur tête. Le club devenant subitement ouvert à l’international, divers étrangers sont arrivés dans l’équipe dont Michał Masłowski, le milieu de terrain polonais qui avait un bel avenir avant une sérieuse blessure, ou l’attaquant international estonien Henrik Ojamaa, le Roumain Victor Astafei, le Nigerian Iyayi Atiemwen (les trois ont marqué quinze buts), et on en passe. Avec quelques jeunes pas mauvais en plus, Gorica a pris le lead de la division après une période de rodage assez logique. C’est par ailleurs la seule équipe qui a déjà sa licence pour la Prva Liga. Avec l’ajout d’un ou deux renforts solides, Gorica pourrait bien être compétitif en première division, du moins en ce concerne la lutte pour le maintien.

gorica

Varaždin

Après avoir gravi les échelons et tout juste arrivé en Druga HNL, le NK Varaždin, qui bénéficie de plusieurs soutiens du milieu politique, voulait continuer à se montrer ambitieux. Le président est d’ailleurs Toni Dalić, fils de… Zlatko Dalić, le coach de la sélection.

La politique sportive a pour but de créer un squelette de joueurs expérimentés, de préférence ceux qui ont été impliqués dans l’histoire principale de Varaždin avant la faillite. Les vieux briscards sont associés aux jeunes pousses de la formation. Un soutien supplémentaire est arrivé de Rijeka, qui a prêté les Nigérians Muhammad Kabiru et Ayodeji Bamidele. Un Chinois, Peng Qin, complète l’effectif.

L’entraîneur Zoran Kastel disposait ainsi sur le papier d’une équipe capable de répondre aux ambitions fixées – être en course pour la montée. Cependant, la différence est perceptible entre la troisième division et la deuxième, et les joueurs de Varaždin l’ont rapidement réalisé. Les cinq premiers matchs, ponctués d’une seule victoire, ont été très décevants et la direction du club se séparait déjà de son coach, avec une ambition sérieusement ébranlée. Heureusement, la deuxième partie de saison a été quasi parfaite, avec 21 points possibles sur 30. Une période qui a coincidé avec le retour en forme d’un jeune attaquant de 22 ans, Domagoj Drozdek, revenu à la maison après la résiliation de son contrat au Borussia Dortmund. Il a montré à tout le monde que son passage en Allemagne ne relevait pas du pur hasard, et reste sur douze buts marqués lors des treize derniers matchs. Si  Drozdek reste, tant mieux, sinon nul doute que le transfert pourrait se révéler fructueux pour le club. Des clubs étrangers se sont déjà renseignés. Comme quoi, parfois il fait bon de revenir chez papa et maman après une année ratée à l’université.

Admettons que Varaždin gagne en playoff, que se passera t-il ensuite ? L’équipe ne semble pas assez forte pour la première division. En plus, beaucoup de joueurs importants sont arrivés en prêt ou ont des contrats arrivant à terme. Mais pour cela, il va déjà falloir convaincre la Fédération, qui a refusé d’attribuer une licence au club. Allez, un petit billet…

Les réserves (Hajduk & Dinamo)

Regarder la Druga HNL, c’est aussi sympa pour ça ! Pour les talents qui feront la Une demain, et dieu sait si ces deux clubs n’en manquent pas !

Si les réserves des deux plus grands clubs du pays ne peuvent pas se qualifier pour la 1.HNL, elles ont toutes deux joué un rôle très important dans le développement des jeunes joueurs. Le Dinamo 2 a même une grande chance de remporter le titre avec des joueurs qui jouent ensemble depuis deux saisons, exception faite des départs de Davor Lovren et de Vinko Soldo, ainsi que des promus en équipe première, Nikola Moro et Dani Olmo. Fait intéressant, en plus de faire évoluer ses jeunes, le club teste aussi quelques pépites étrangères, comme Gabriel (prêté par Lille) ou Lisakovich (prêté par Soligorsk), qu’ils achèteront si besoin par la suite. Mais le cas de ce Dinamo Zagreb bis est particulier car il est en fait le Dinamo 3, puisque le Dinamo II est en réalité le Lokomotiv et officie à un niveau plus élevé (en première division). Ainsi, ce ne sont pas toujours les meilleurs qui jouent avec la réserve du Dinamo B, hormis Neven Đurasek (19 ans), Dario Špikić (19 ans) et Borna Miklić (20 ans). Et malgré tout, ils visent le titre, ce qui en dit long sur le potentiel de formation au Dinamo…

L’Hajduk 2, de son côté, va achever sa première saison à ce niveau. C’est de loin l’équipe la plus inexpérimentée et la plus jeune de ce championnat, avec un âge moyen à peine supérieur à 20 ans. Les deux objectifs fixés par la direction de l’Hajduk (qui base son projet sur l’Académie) étaient le maintien et le développement des jeunes joueurs avec le style de jeu prôné dans toutes les catégories du club. Mais la saison s’est mieux déroulée que prévu et l’équipe est à la cinquième place, non loin du troisième, Varaždin. La deuxième équipe du club de Split est le pôle de transition dans lequel les espoirs du club entrent en contact avec les exigences du football senior et la mise en pratique d’un style de jeu à ce niveau. Parmi les éléments les plus intéressants, il faut surveiller Michele Sego (17 ans), Tonio Teklić (18ans), Domagoj Bradarić (18 ans) ou Ante Palaversa (18 ans).

Sego

Et les autres !

Derrière le Top 5, on retrouve deux clubs ayant déjà gagné ce championnat. En premier lieu, l’historique club de Sibenik (18 saisons dans l’élite depuis l’indépendance), qui a perdu son barrage d’accession il y a deux ans et qui rêve de jours meilleurs. La mairie tente bien de faire venir un investisseur, comme à Rijeka ou Osijek, sans succès. L’autre ancien champion n’a jamais pu monter en Prva Liga en raison d’une licence non accordée. Il s’agit de Dugopolje, village de 3 500 habitants qualifié autrefois de « miracle économique, » qui en a profité pour construire (avec crédit) un stade flambant neuf comportant plus de places que d’habitants… Ce stade, le plus moderne du pays, n’est bien évidemment pas du tout rentable, mais il existe bel et bien alors que le club qu’il accueille n’a pas les ressources pour voir plus haut.

Dans le bas de tableau, la lutte est également intense. Quatre clubs luttent pour survivre, la différence entre Dragovoljac et Solin n’étant que de trois points. De plus, aucun de ces quatre clubs n’a obtenu de licence en première instance pour jouer à ce niveau l’an prochain. La dernière journée déterminante dans la quête du maintien ne se déroulera pas sur le rectangle vert mais bien dans les bureaux de la Fédération…

Dugopolje, druga liga

Le comité exécutif de la HNS a décidé l’été dernier d’étendre la ligue à seize clubs à partir de la saison prochaine. Troisième club du pays à investir sur les jeunes, Osijek verra son équipe B rejoindre celles du Dinamo et de l’Hajduk. Pour le reste, rien n’est certain. Mais alors, vraiment rien.

Damien F.


Image à la une : NK Varaždin / Facebook

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