Euro Espoirs – L’équipe-type Footballski

Quentin Guéguen
Quentin Guéguen - Publié le 7 juillet 2017

Il y a une semaine se terminait l’Euro U21 en Pologne. Le temps de digérer toutes les éliminations au premier tour de nos équipes et voilà que nous vous proposons une équipe-type spéciale Footballski à fort accent slovaque. La Slovaquie, passée à deux doigts de la qualification, fut de loin notre plus beau représentant durant ce mois de juin (Lire aussi : En Slovaquie, un Euro Espoirs au service de Robert Fico et du populisme)


Voir aussi : Euro Espoirs – Pologne, Allegria & Nessun Dorna


Gardien. Adrian Chovan, Slovaquie – AS Trencin (SVK), 1995

Preuve que c’est l’équipe de Slovaquie dans son ensemble qui a carburé sec, elle a des joueurs sur toutes les lignes de cette équipe type, à commencer par le gardien. Adrian Chovan n’est même pas titulaire indiscutable dans son club de Trencin qui, en bon club formateur, préfère le lancer progressivement dans le grand bain. Qu’ils ne s’inquiètent pas, le colosse au crâne rasé semble prêt. Lors des trois matchs de son équipe, il a réalisé au moins une parade décisive. On pense notamment à cette détente exceptionnelle face à la tête de Dawidowicz pour permettre à la Slovaquie de garder son but d’avance lors du match d’ouverture face à la Pologne. Plein d’émotions et de rage, il fut très rassurant pour sa défense et n’a pas eu peur de lever la voix. Sa grande taille lui permet d’être souverain dans les airs. Trois excellentes performances qui en appellent d’autres.

Défenseur droit. Tomasz Kedziora, Pologne – Lech Poznan (POL), 1994

Dans une équipe de Pologne qui a sombré et totalement raté son Euro, Tomasz Kedziora, son capitaine, a surnagé. Il a d’ailleurs fait une excellente première minute de tournoi puisque son centre parfait trouvait la tête de Patryk Lipski pour l’ouverture du score face à la Slovaquie. Difficile évidemment de rester sur ce rythme, mais le joueur du Lech Poznan fut incontestablement le meilleur joueur de sa sélection durant ce tournoi. Toujours volontaire et en constante proposition de solution, il faisait partie du côté le plus dangereux de son équipe qu’il formait avec l’ailier du Jagiellonia, Przemyslaw Frankowski. Une belle complémentarité avec le capitaine de la Pologne qui aurait pu espérer mieux avec onze Kedziora sur le terrain. Capable de jouer à droite comme à gauche et dans l’axe, Kedziora pourrait rester chez Footballski puisqu’on l’annonce au Dynamo Kyiv.

Défenseur central. Michael Lüftner, République Tchèque – FC Copenhague (DAN), 1994

Être recruté par le FC Copenhague est souvent gage de qualité. Les Danois recrutent régulièrement en Europe Centrale et de l’Est, Andrija Pavlovic et Benjamin Verbic en sont de bons exemples. Pas totalement idiots, les dirigeants de Copenhague n’ont pas attendu l’Euro pour voir la côte de Lüftner monter en flèche et ont finalisé le transfert du joueur avant le tournoi. Alors, bien sûr, la défense tchèque n’a pas totalement été exemplaire sur ces dix jours de compétition, hypothéquant grandement les chances de qualifications en encaissant sept buts en trois matchs, mais Michael Lüftner fut le meilleur d’une défense pas aidée par des latéraux très offensifs et un milieu de terrain souvent dépassé. Calme et intelligent, il a démontré les qualités qui ont fait de lui l’un des meilleurs défenseurs centraux de République Tchèque. Il s’est même permis d’envoyer un patator face à l’Italie en guise de bonus.

Défenseur central. Milan Skriniar, Slovaquie – Inter Milan (ITA), 1995

Comme ses coéquipiers, Milan Skriniar n’a joué que trois matchs. Le défenseur central slovaque est certainement le meilleur joueur de cette équipe-type Footballski, mais Skriniar a peut-être été tout simplement le meilleur joueur du tournoi. Auteur d’une grosse saison à la Sampdoria pour sa première dans un gros championnat, on a très vite compris pourquoi l’Inter Milan n’avait pas hésité à sortir le carnet de chèque pour acheter le puissant et grand joueur formé à Zilina. Que ce soit Abraham, Cibicki ou Stepinski, ils se sont tous fait manger tout cru par l’ogre slovaque, impressionnant dans tous les compartiments du jeu et archétype du défenseur central moderne, capable de relancer très proprement et se jeter uniquement quand il en a besoin. Il défend debout, et il défend bien.

Défenseur gauche. Robert Mazan, Slovaquie – MSK Zilina (SVK), 1994

Alors que son club, Zilina, réalisait une saison tonitruante, trustant la première place et tous les records, Róbert Mazáň, lui, était porté aux abonnés absents ; la faute à une blessure contractée face à Zlaté Moravce, un soir de septembre. Remplacé par Holúbek au poste de latéral gauche, le jeune homme dut attendre avril pour retrouver les joies des terrains. Un retour en douceur sur son côté gauche qui lui permit de retrouver sa place en équipe nationale espoirs. Malgré ce manque de rythme, le latéral de 23 ans n’a pas démérité lors de cette compétition bien que, lors de son premier match face à la Pologne, les premières minutes de jeu furent délicates, causant l’ouverture du score polonaise dès la première. Les deux matchs suivants, contre l’Angleterre et la Suède, surtout, ont permis au Slovaque d’exprimer ses qualités, à savoir l’apport d’une belle présence offensive, profitant notamment des appels intérieurs de Mihalik ou Rusnak, mais aussi une certaine assurance défensive, coupant rapidement les transmissions grâce à de bons choix et une capacité à répéter les efforts avec le temps, qu’ils soient offensifs ou défensifs.

Milieu relayeur. Stanislav Lobotka, Slovaquie – FC Nordsjaelland (DAN), 1994

Pour ceux qui ne le connaissaient pas encore, Stanislav Lobotka vient de se faire un nom en Europe grâce à l’Euro U21. Le petit milieu de terrain slovaque a possiblement été le meilleur milieu de terrain de la compétition, en concurrence avec quelques Espagnols et Allemands. C’est assez difficile de décrire les performances de Lobotka tant il fut impressionnant que ce soit à la récupération ou à la création. Seul au milieu de terrain avec Chrien et Bero devant lui, il a montré pourquoi son entraîneur n’avait pas peur de confier les clés de son milieu à un humain modèle réduit. Tonique, vif, habile techniquement et surtout très intelligent, Lobotka a été grandiose et une des raisons principales des performances slovaques dans cet Euro. Nombreux sont les suiveurs à être tombés amoureux de Lobotka malgré sa coupe de cheveux. La grosse affaire du mercato estival est là.

© JANEK SKARZYNSKI / AFP

Milieu relayeur. Boban Nikolov, Macédoine – Vardar Skopje (MAC), 1994

Une des révélations de cet Euro U21, Boban Nikolov a grandement participé à la belle campagne macédonienne durant ces deux dernières années. Nikolov en est d’ailleurs un peu le symbole : peu connu mais pétri de qualités, joueur et tourné vers l’avant. Le fait qu’il soit passé par le Viitorul et l’académie de Gheorghe Hagi – qu’il considère d’ailleurs comme son deuxième père – se voit dans son jeu. Ce n’est peut-être pas pour rien que le joueur du Vardar était d’ailleurs le capitaine de cette équipe. Homme à tout faire du milieu de terrain, Nikolov a impressionné par son activité débordante, capable de faire l’essuie-glace pour récupérer les ballons mais aussi être le premier relanceur et de temps en temps casser les lignes grâce à ses appels de balle. Ce fut notamment le cas face au Portugal où Nikolov avait une attitude plus offensive alors que les lignes se déliaient petit à petit. Il ne devrait pas faire de vieux os en Macédoine.

Ailier droit. Albert Rusnak, Slovaquie – Real Salt Lake (USA), 1994

La belle découverte de cet Euro côté slovaque. Albert Rusnak n’a jamais impressionné en Europe et une expérience en demi-teinte à Groningen l’a envoyé s’exiler aux États-Unis, dans l’Utah. De retour en Europe pour cette compétition, Rusnak a montré pourquoi Manchester City l’avait fait venir dans son centre de formation alors qu’il était toujours adolescent. La patte droite de Rusnak a fait des merveilles sur les coups de pied arrêtés, un exercice où les Slovaques ont excellé durant la compétition, mais l’ailier droit a également impressionné par son intelligence de jeu et son travail collectif. Il a enchaîné les allers-retours sur son côté droit, bien plus que Mihalik à gauche, et n’a jamais eu peur du duel malgré un gabarit plutôt frêle. Auteur d’une excellente saison aux États-Unis, Rusnak aura certainement intéressé plusieurs clubs européens.

Milieu offensif. Michal Travnik, République Tchèque – Jablonec (RTC), 1994

On l’attendait comme le dépositaire du jeu tchèque, il fut le dépositaire du jeu tchèque. Mieux, il l’a très bien fait. Travnik a brillé par ses bons choix dans son rôle de créateur et, avec son brassard de capitaine enroulé autour du bras, il a montré l’exemple par le jeu. Malheureusement, ses performances et son but inscrit face à l’Italie n’ont pas suffi pour la République Tchèque mais ce n’est pas faute d’avoir essayé. Ses passes étaient excellentes, ses courses ballon au pied astucieuses et il a toujours cherché à se rendre disponible pour ses coéquipiers à qui il rendait régulièrement un ballon bien meilleur que quand il l’avait reçu. Travnik a éclairé le jeu tchèque de son talent. Un talent qui pourrait l’amener ailleurs qu’à Jablonec, son club actuel, alors qu’une ribambelle de clubs s’intéresse à lui à un an de la fin de son contrat. Cet Euro n’était qu’une confirmation.

Ailier gauche. Enis Bardhi, Macédoine – Ujpest FC (HON), 1995

Pour que la Macédoine soit compétitive pendant cette compétition, il fallait que leurs deux principaux joueurs offensifs, David Babunski et Enis Bardhi, soient au niveau. Cela a été un peu compliqué pour Babunski qui a néanmoins parfois montré quel type de joueur il est, mais c’est bien Bardhi qui s’est mué en leader offensif de son équipe. Avec deux buts dans la compétition, le Macédonien d’origine turque a réalisé un excellent tournoi par son activité et l’impact qu’il avait sur le jeu de son équipe qui le recherchait constamment. Très bon dribbleur et à l’aise dans les petits espaces, Enis Bardhi a aussi montré qu’il avait une excellente frappe de balle lors de son but plein de classe face au Portugal. Un Euro très intéressant pour le joueur d’Ujpest qui boostera certainement sa confiance et l’amènera chez les A dans les années à suivre.

© fotosport.com.pl

Attaquant. Jaroslav Mihalik, Slovaquie – Cracovia (POL), 1994

Le poste d’attaquant de l’équipe type de cet Euro U21 aurait dû appartenir à Patrik Schick. Auteur d’une grande saison en Italie et meilleur buteur des qualifications, le buteur tchèque a déçu sur cet Euro en ne jouant qu’un match à la hauteur de son talent. Alors, un peu par défaut, c’est Jaroslav Mihalik qui vient se placer à la pointe de l’attaque. Ailier gauche pendant ce tournoi, le joueur du Cracovia peut jouer devant même s’il semble être plus à l’aise dans un système à deux attaquants. Rapide et dribbleur, Mihalik, encore trop inconstant en championnat, a fait beaucoup de mal aux défenses adverses, revenant régulièrement dans l’axe pour se mettre en position de frappe tout en alternant par quelques débordements. Il fut récompensé par un but contre la Suède. Un Euro qui lui permettra peut-être de passer un cap dans son club.

Quentin Guéguen


Image à la une : © fotosport.com.pl

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J'aime les draniki sans champignon, et accessoirement le football biélorusse et autrichien.

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