Où sont aujourd’hui les équipes ayant joué en prva liga croate ?

Damien F - Publié le 11 avril 2016

Vous souvenez-vous de Pazinka, Marsonia, Mladost 127, Kamen Ingrad, Vukovar ’91, Topolovac? Ou si vous ne voulez pas remonter si loin, de Croatia Sesvete, Karlovac, Varteks? Depuis la création de la ligue croate, 37 clubs ont évolué dans l’élite. Dix d’entre eux sont toujours là, dont six fondateurs (Dinamo, Hajduk, Rijeka, Osijek, Inter et Zagreb) sur lesquels nous ne reviendrons pas ici, alors que six autres concourent en deuxième division. La plupart de ces clubs ont écrit l’histoire du football croate à leur façon. A une époque, sur des terrains enneigés et injouables, Belisce et Dubrava Zagreb faisaient tomber le Dinamo et l’Hajduk, Mladost 127 allait gagner au Maksimir lors de la seule défaite du Dinamo de la saison 1996-97, Kamen Ingrad est passé à deux doigts d’éliminer Schalke de la coupe UEFA, Varteks jouait un quarts de finale de coupe d’Europe, Pazinka jouait devant une foule extrêmement fidèle et bruyante, l’artiste Marko Mlinarić régalait Segesta Sisak…


Avec l’amicale aide de Bojan Islamović du site nogomet+, Footballski vous parle de tous ces clubs qui ont évolué dans l’élite mais n’y figurent plus aujourd’hui. Les équipes sont classées par nombre de points obtenus lors des différentes saisons passées en Prva liga avec un système de points uniformisé pour passer outre les changements de règlement, qui ont eu lieu tous les ans. Nous n’avons donc pas comptabilisés les points acquis lors des play-off qui ont pu se dérouler certaines années. Bonne lecture.


1 . Varteks Varazdin – 733 points (21 saisons)

NK_Varteks_LogoLe NK Varteks est un nom mythique du football croate ayant vu le jour en 1931. Pourquoi Varteks? Car le club a pris le nom de son sponsor, la compagnie de textile Varteks. Peu de choses à dire pendant la période yougoslave où ils jouèrent dans les ligues inférieures, accédant tout de même à la finale de la coupe de Yougoslavie en 1961. Depuis l’indépendance, le NK Varteks a joué en première division croate, jouant systématiquement le haut de tableau et atteignant la finale de la coupe de Croatie cinq fois. Ce qui a permis au club du nord du pays de jouer des coupes d’Europe, avec un certain succès, comme au printemps 1999, quand ils se qualifièrent pour les quarts de finale de la défunte Coupe des vainqueurs de Coupe. Le club est aussi fameux pour son groupe de supporters les White Stones fondé en 1990.

C’est pour cela qu’aujourd’hui, il a repris le club après bien des déboires. Un an avant l’effondrement définitif, le premier club de football croate organisé sur le principe de socios est né, avec pour principe fondateur « un membre = un vote ». Irrités par la politique désastreuse du board dont le point culminant fut le changement du nom du club en Varteks – Varaždin, les fans ont commencé à vouloir prendre des mesures afin de retrouver le seul et unique nom possible pour leur club : Varteks. A part récolter une répression policière commanditée par les politiciens, rien n’a été acquis. N’ayant d’autres options, les supporters ont décidé de créer un nouveau club. Le 29 mai 2011, le mariage de 21 ans a été rompu et le nouveau NK Varteks a été fondé, avec une célébration digne de ce nom. Dans le même temps, le club originel est tombé en banqueroute, éteignant son existence officielle et repartant de la même division avec un nouveau nom Varaždin ŠD.

La première saison a pu se dérouler uniquement grâce à l’argent récolté auprès des fans. Mieux, l’équipe était composée de fans du club qui ont pu jouer leur rencontre inaugurale devant 60 personnes. Peu après, certains joueurs évoluant dans les ligues du comté sont arrivés pour renforcer l’équipe. Varteks a pu finir sa poule de cinquième division à la troisième place avec un fort soutien à domicile comme à l’extérieur. A tel point que l’affluence moyenne de la ligue a augmenté de 60% par rapport à l’année précédente ! Bien souvent, les affluences de Varteks dépassèrent celles de Varaždin, qui jouait pourtant deux divisions plus haut. En cette année d’élections municipales, le club a même pu compter sur la présence des politiciens aux matchs. Le maire actuel, Goran Habuš, est devenu un membre du club. Jusqu’au jour où il a été élu, après quoi il n’a plus jamais été revu dans le coin.

Au début de la seconde saison, les responsables du club avaient déjà une certaine expérience et des ambitions. Ils fusionnèrent avec Fotex, la meilleure académie de football de la région, ramenant une centaine d’enfants et des coachs de prva liga. L’équipe sénior a été renforcée avec pour but de monter d’un niveau. Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, l’effondrement de Varaždin a été un beau cadeau pour les fans. Ceux qui avaient détruit Varteks devaient repartir du cinquième niveau avec leur nouveau club Škola Nogometa Varaždin. Un beau derby en prévision, que le tirage au sort a fixé le 30 Septembre 2012 au Varteks stadion. Devant 4000 personnes (un record) et dans une superbe ambiance, l’équipe des fans a gagné 2-1. Au delà de la victoire, le club a aussi gagné la totalité des adhésions des anciens fans du mythique club. Une saison décidément merveilleuse, puisque les orange finirent en tête du classement, montant en première ligue du comté de Varaždin (4ème division). Seul bémol, alors que Varaždin avait terminé troisième du groupe, la toujours-très-réglo Fédération de football croate décida qu’ils seraient promus en Treća HNL (3ème division). Encore une violation des règles en toute impunité.

Les deux années suivantes, Varaždin joua en troisième division tandis que Varteks participait à la quatrième la première année, puis à la cinquième l’année suivante en raison de la création d’une ligue inter comtés… A la fin de la saison 2014-2015, Varaždin fut dissout mais la Fédération décida une fois de plus de dicter ses règles odieuses. NK Škola Nogometa Varaždin fut réintroduit en troisième division grâce à un changement de nom en NK Varaždin Varaždin. De son côté, Varteks gagna sportivement le droit d’accéder en quatrième division, où il évolue désormais. Son modèle n’a pas changé et fonctionne un peu à la manière de l’équipe de futsal du Dinamo ou de l’Hajduk Split.

varteksdinamo

Ce week-end là, Varteks pouvait se targuer d’avoir eu une affluence (800 personnes) plus importante que celle du Dinamo (600)

2 . HNK Cibalia – 668 points (20 saisons)

HNK_CIBALIALe HNK Cibalia est un club mythique de l’Est de la Croatie. Fondé sous le nom de Cibalia Vinkovci, il a cessé toute activité durant la seconde guerre mondiale avant de réémerger plus tard en tant que Dinamo Vinkovci. Ce Dinamo a réussi l’exploit de fréquenter la première ligue yougoslave de 1982 à 1987. A l’indépendance, le club est redevenu le Cibalia et a passé la plupart de son temps dans l’élite. Leur descente en 2004 est notamment due à un retrait de points à cause de transferts impayés. La saison suivante en D2 fut marquée par les huit minutes jouées par la légende des arts martiaux, Mirko Filipovic, contre Vukovar. Un rêve d’enfant pour ce fan de toujours du Cibalia, né à Vinkovci. La plus belle saison du Cibalia fut en 2009-2010 avec une troisième place derrière les géants Dinamo et Hajduk, après avoir passé la majeure partie de la saison à la seconde place. Malheureusement, pour leur premier match en C3 la saison suivante, ils se firent éliminer par Cliftonville…

La suite est toute aussi glorieuse qu’une défaite contre Cliftonville. Aux prises avec des difficultés financières depuis plusieurs années, Cibalia est descendu en 2013, criblé de dettes, comme de nombreux clubs croates. Il faut dire que gouvernement a remarqué il y a quelques années que pendant plus de dix ans (1990-2001), les clubs de football ne payaient pas d’impôts. Tous ont alors commencé à avoir de gros problèmes. Sauf le Dinamo qui a fermé son compte avec des dettes et a continué comme si de rien n’était. D’autres clubs qui avaient des dettes ont commencé à travailler en ouvrant différents comptes. Ce qui a bien entendu conduit à une opacité totale et une perte de contrôle sur ces derniers. Cibalia en a fait partie en donnant de gros chèques à certains joueurs et en faisant quelques transferts d’argent douteux. Après être tombé en deuxième division, Cibalia est passé d’une organisation non-gouvernementale à une société par actions. La ville de Vinkovci est devenue l’actionnaire majoritaire et a conclu un accord : la mairie règle les dettes du club et en contrepartie, ce dernier ne doit pas dépenser plus que les 20.000€ mensuels que la mairie leur alloue. Après deux années sans montées, les Ultras Vinkovci espèrent que 2016 sera la bonne année. Deuxième, mais assez loin du leader, rien n’est gagné pour cet historique du championnat croate, ayant connu les hautes joutes yougoslaves.

cibalia, croatie

3 . NK Zadar – 575 points (19 saisons)

NK_Zadar_Logo_2012Créé à la fin de la seconde guerre mondiale, en 1945, le NK Zadar a commencé à être connu en 1992, en tant que club fondateur du premier championnat croate. Mais il a surtout fait l’ascenseur en prva liga, n’ayant jamais connu d’heures de gloire au contraire de ses concurrents. En 2001, on se souvient même que le club n’a pas pu finir le match contre le Dinamo Zagreb. Alors défaits 7-0 à la 62ème minute, Zadar a été contraint d’abandonner la partie en raison du trop grand nombre d’expulsés et de blessés. Une autre histoire, plus tragique, s’est déroulée le 29 mars 2008, quand l’attaquant Hrvoje Čustić est décédé des suites d’une blessure à la tête lors d’un match de championnat contre le NHK Cibalia. Blessé à la tête à la suite d’un tacle lors d’un match banal, l’attaquant emporté dans son élan s’était frappé la tête contre un mur en béton situé sur le bord.

L’an dernier, le NK Zadar est une nouvelle fois descendu après une saison catastrophique malgré l’arrivée des coachs renommés « Ćiro » Blažević (Croatie 98) et Igor Štimac. Les ultras de Tornado Zadar boycottent le club depuis de longues années en raison de la gestion désastreuse de leur club. Et surtout du conseiller au passé criminel qui tire les ficelles, Reno Sinovčić. Actuellement, il est accusé de fraudes à hauteur de plusieurs millions. Dont quelques-uns qu’il a illégalement détourné du club. L’USKOK (qui lutte contre la criminalité organisée et la corruption) enquête sur son cas et l’a placé en garde à vue. Et comme un certain Zdravko Mamić, il est en liberté après avoir payé la caution alors même qu’une enquête le vise très sérieusement… Cette saison, Zadar est dernier et pourrait s’effondrer à son niveau le plus bas depuis 1992. Triste, même pour une ville de basket.

4 . HNK Sibenik – 564 points (18 saisons)

HNK_ŠibenikFondé en 1946, Šibenik a rapidement fréquenté la deuxième division yougoslave, dès 1950. Sept ans plus tard, il jouait sa première demi-finale de coupe de Yougoslavie. Mais ce début précoce n’augurait finalement rien de de bon puisque l’on n’a jamais vu le club figurer en première division yougoslave. On les retrouve dès l’ouverture du championnat croate, en 1992. Derniers, ils eurent la chance qu’il n’y avait aucune relégation cette année-là.

L’année suivante, ils auraient du être relégués mais ont fait appel par le motif d’avoir joué l’ensemble des matchs de championnat à l’extérieur, leur stade ne pouvant accueillir de rencontres après la guerre. L’appel est reçu par les instances, qui décidèrent donc de passer de 16 à 18 clubs la saison suivante. Tant bien que mal, Šibenik passa au total douze saisons consécutives en prva liga. Revenus dans l’élite en 2007, ils connurent une excellente saison en 2009-2010, finissant quatrièmes et accédant à la coupe d’Europe pour la première fois de leur histoire. Avant de s’effondrer la saison suivante en finissant 14ème du championnat, direction la Druga HNL. Dans laquelle ils finirent quatrièmes mais furent relégués en raison de difficultés financières. Remontés au deuxième échelon l’an dernier, ils sont largement en tête cette année et pourrait donc retrouver l’élite.

Après leur banqueroute, la mairie a repris le club, à la manière de Cibalia. La différence est que la ville n’éponge pas toutes les dettes, qui sont alors encore conséquentes. Pour monter en première division, il va falloir que le club fasse un prêt avec la municipalité en caution. D’autant plus inquiétant qu’il est quasiment autant coûteux pour un club croate d’évoluer en première division qu’en deuxième car les droits TV sont ridicules et les sponsors se font très rares. Une option intéressante pour Šibenik serait la possibilité de vendre des joueurs grâce à la meilleure exposition de la ligue. Et ainsi pouvoir survivre en première division. Attention donc à la situation financière toujours extrêmement fragile malgré une saison sportive réussie. Une remontée de ce club historique serait en tout cas une nouvelle très réjouissante.

sibenik

5 . NK Hrvatski Dragovoljac Zagreb – 253 points (8 saisons)

nk-hrvatski-dragovoljac-zagrebVoici le NK Hrvatski. Basé à Novi Zagreb, le club a changé plusieurs fois de nom depuis sa création en 1945. L’actuel s’est établi après la guerre de Croatie, en 1994, car beaucoup de membres du club se sont portés volontaires pour combattre. En leur honneur, le NK Novi Zagreb est devenu NK Hrvatski Dragovoljac (VF : les volontaires croates). Le noir a été incorporé dans les couleurs du club et leurs ultras sont les Guerriers Noirs. Un an après la guerre, les volontaires sont montés en prva liga et l’année suivante, ils finirent cinquième, accédant à la fameuse coupe Intertoto. Exploit qu’ils rééditeront les trois saisons suivantes, avec notamment une belle troisième place en championnat en 1996-1997. Les heures de gloire d’un club qui descendra bien vite, avant de remonter deux fois (2010, 2013) pour redescendre immédiatement. Désormais, Dragovoljac traîne en fin de classement de division 2, devant des tribunes vides. Mais le logo avec le cœur dans le coin supérieur gauche est toujours aussi beau.

 

6 . NK Marsonia – 169 points (6 saisons)

NK_MarsoniaUn club de Slavonie, situé dans la ville de Slavonski Brod, à la frontière bosnienne. L’ancien club d’Ivica Olić et de Mario Mandžukić a longtemps eu la réputation d’être un grand club formateur envoyant des joueurs dans toute la Yougoslavie voire à l’étranger. Marsonia a pris le plaisir de passer quelques saisons au sommet, en particulier en 1995 lorsqu’ils décrochent une cinquième place. Dix ans plus tard, la saison 2004-2005 fut leur dernière en prva liga. Depuis lors, la chute ne cesse de se poursuivre. Leur centenaire a été fêté en 2009 alors qu’ils étaient relégables en troisième division. Après avoir passé deux ans en quatrième division, le board fusionna avec le deuxième club de la ville alors en Druga HNL, MV Croatia.

Désormais, le stade de 6.000 places de Slavonski Brod accueille des matchs de troisième division. Les différents dirigeants qui se sont succédé ont uniquement cherché leur profit personnel et ont dévasté le club, l’ont rendu pauvre et obsolète. Les dettes se sont accumulées et les perspectives sont nulles à l’heure actuelle. Beaucoup affirment aujourd’hui que le club est encore en activité uniquement grâce aux primes obtenues lors de chaque transfert de Mario Mandžukić et Ivica Olić. Dommage pour le football d’une des plus grandes villes du pays.

 

7 . NK Kamen Ingrad – 165 points (6 saisons)

NK-Kamen-Ingrad-LogoUn énième club de Slavonie qui avait d’ailleurs commencé son histoire en 1929 en prenant le nom de sa petite bourgade, Velika. Renommé NK Papuk après la deuxième guerre mondiale, c’est en 1999 que le club a changé de standing et pris le nom qui l’a fait connaître, soit celui d’une compagnie locale de bâtiment. Le déclic pour Kamen Ingrad qui va connaître une ascension fulgurante (accession en prva liga en 2002, puis coupe UEFA en 2003 avec une confrontation contre Schalke 04). Il faut dire que Vlado Zec, qui gérait l’entreprise et le club, avait quelques tendances mégalomaniaques. Dont la volonté de construire des hôtels de luxe, des centres commerciaux munis d’attractions gigantesques, et même un aéroport, entre autres. Pour le club, il n’a pas hésité à investir 64 millions de kunas dans le stade et quelques autres millions dans les infrastructures…

GELSENKIRCHEN, GERMANY - OCTOBER 16: UEFA Pokal 03/04, Gelsenkirchen; FC Schalke 04 - NK Kamen Ingrad; Davor BASCIC/Ingrad, Nico van KERCKHOVEN/Schalke (Photo by Christof Koepsel/Bongarts/Getty Images)

© Christof Koepsel/Bongarts/Getty Images

Qui dit ascension fulgurante dit souvent descente fulgurante. Zec est accusé de fraude économique et a des dettes de tous les côtés, sans compter les procès pour avoir réalisé des activités illégales avec l’entreprise. Une saison 2006-2007 catastrophique avec 13 points (moins 2 pour avoir aligné deux joueurs suspendus) les condamne à revenir plus bas après six saisons au plus haut niveau. Sans cet escroc de Zec, Kamen Ingrad n’a plus un sou et descend pour la seconde fois consécutive en 2008, avant de disparaître. Sur les cendres de Kamen Ingrad, le NK Papuk (4ème division) a été formé, en tant que club séparé (pour ne pas rembourser les six millions d’euros de dette) et ne pouvant donc revendiquer l’histoire d’éphémère mais glorieux club de la ville. Une histoire qui n’aurait jamais du commencer pour un village de moins de 5000 habitants qui n’en demandait pas tant et se retrouve désormais avec un stade qui possède trois fois plus de sièges que d’habitants. Un club en ruine, à l’image de la vieille forteresse de Velika qui protégeait la ville des Turcs et aujourd’hui se trouve remplie de bâtiments inachevés…

8 . HNK Segesta Sisak – 164 points (5 saisons)

HNK_Segesta_Sisak_logo.svgSegesta Sisak est le plus ancien club croate à fonctionner sous le même nom et sans interruption jusqu’à ce jour. Segesta est le nom d’une ancienne colonie illyrienne dans la région. C’est ce nom qu’a souhaité utiliser les étudiants de Sisak pour fonder leur club de football en 1906. Durant l’époque yougoslave, Segesta était l’un des meilleurs clubs amateurs, ayant même gagné un titre de champion amateur yougoslave. Le stade de 8000 places était souvent bien garni et les foules se pressaient pour soutenir un club pourtant loin des standards de l’époque yougoslave. Lorsque leur club était en première division croate de 1993 à 1997, les ultras d’Antitalenti Sisak (un nom choisi par erreur) étaient considérés comme un des plus redoutables du pays.

Un soutien qu’ils ont pu montrer à la France en 1996 avec un match contre le Stade Rennais gagné 2-1, lors d’une campagne de coupe Intertoto qui s’est terminée en finale. Depuis, plus grand chose à se mettre sous la dent, à part le match du centenaire joué contre la sélection croate en 2006 dans un stade archi comble. En 2012, alors en troisième division, le club s’est montré ambitieux en recrutant nombre de joueurs ayant évolués à un niveau plus élevé. Cela a débouché sur une montée mais actuellement Segesta est avant-dernier et lutte pour ne pas redescendre. Les Antitalenti, eux, ont arrêté leurs activités depuis 2010.

 

9 . NK Međimurje – 115 points (5 saisons)

NK MeđimurjeUn des deux clubs de Čakovec. Međimurje est le nom de la région dans le nord de la Croatie à laquelle appartient la ville de Čakovec. Il a été créé en 2003 en remplacement du NK Omladinac, club de la banlieue de la ville. A la surprise générale, le club est monté en première division en 2005, se maintenant ensuite très difficilement pendant trois saisons avant de logiquement redescendre. Et de remonter une saison plus tard malgré une cinquième place en division 2. Međimurje a su saisir une double chance : le passage à 16 clubs de la prva liga et la décision de se retirer de Slavonac (pour ne pas avoir réussi à trouver un stade pour jouer), qui avait pourtant fini devant. Une dernière saison dans l’élite qui se termina en eau de boudin : leur défaite 4-1 contre l’Hajduk ayant été confirmée comme match truqué. Trois joueurs de l’équipe ont été arrêtés pour ce motif, dont le capitaine qui prendra huit mois de prison.

Depuis, le club a su rebondir et est remonté en deuxième division, avant de retomber en troisième. Actuellement, Međimurje est troisième de sa poule. A noter qu’un petit groupe d’ultras (les Anges) avait l’habitude de suivre l’équipe en première et deuxième division.

10 . NK Karlovac – 112 points (3 saisons)

343px-NK_Karlovac.svgDans les années 1970, la ville aux quatre rivières comptait son club en deuxième division yougoslave. Ce qui nous poussait à penser que le club pourrait facilement se montrer à l’indépendance du pays, en sachant que la ville a un potentiel assez important pour viser le top 10. Il n’en sera rien, Karlovac a galéré en seconde et troisième division jusqu’à l’éclosion avec le manager Pamic, qui obtiendra deux promotions, jusqu’à la prva liga (en 2009) pour la première fois de leur histoire. Une euphorie qui dura deux saisons supplémentaires avec deux excellents classements (sixième en 2010 et 2011). La suite est une histoire de déjà-vu. Problèmes financiers, grèves, scandales et enquêtes policières auront eu raison du club. La Karlovačka Pivovara est devenu le principal sponsor de l’Hajduk (ayant déclenché par ailleurs le Zuja Gate) au lieu d’aider à la reconstruction d’une équipe locale. Les fans, eux, ont pris l’initiative à l’été 2012 en fondant Karlovac 1919, successeur du NK. Du moins pas selon la brillante Fédération croate qui refuse de les considérer ainsi. Karlovac 1919 est reparti de zéro, en septième division, mais vit désormais sainement. Et les plus fidèles supporters sont toujours là et s’amusent chaque week-end.

karlovac

Et aussi …

Passons aux équipes ayant accumulé moins de 100 points. Commençons par celui surnommé l’Auxerre croate soit le NK Mladost 127 (82 points) de la petite ville slavonne de Suhopolje. Comme les précédents clubs, il a changé souvent de nom mais a connu sa gloire sous le nom de Mladost lors de son accession en 1997. Pourquoi 127? Car la personne à la tête du club n’était autre que le général  Đuro Dečak, ancien combattant de la 127è brigade de l’armée croate pendant la guerre yougoslave. Et le personnage n’est pas uniquement accusé de crimes de guerre. En 2000, il est accusé de fraude fiscale avec le club ainsi qu’une grande usine de sucre du coin. Avec l’aide la mairie qui a pompé des dizaines de millions de kunas au contribuable, le club est monté et s’est fait construire un nouveau stade. Étrangement, après la découverte des magouilles, Mladost 127 fait faillite dans la foulée. Le HNK Suhopolje a par la suite été fondé sur les cendres du Mladost et joue actuellement dans la ligue régionale après avoir fait illusion en deuxième division de 2008 à 2011.

NK Belišće, club de la ville éponyme située à côté d’Osijek en Slavonie (encore et toujours), a connu le début du championnat croate, de 1992 à 1995. Après avoir tenu trois ans en récupérant de bons joueurs d’Osijek, l’ancien FK Viktorija a longtemps plafonné au deuxième niveau et se trouve désormais en troisième division. Cela n’empêche pas les Baraberi de continuer à encourager leur équipe chaque week-end comme nous l’avions vu dans les images de la semaine.

NK Primorac Stobrec (60 points), qui a connu le début du championnat croate. L’équipe de cette ville localisée près de Split n’a pu faire mieux qu’une 14ème place et a dégringolé par la suite jusqu’en troisième division. Où elle remporte le championnat mais ne peut monter car le club se retrouve en faillite à ce moment. Primorac 1929 est alors créé, sans pouvoir briller. L’ancien club de Slaven Bilic a signé en 2011 un accord de coopération avec l’Hajduk et est devenu une sorte d’équipe bis du célèbre voisin. Au classement de la 3. HNL, Primorac figure au milieu de tableau cette saison.

NK GOSK Dubrovnik (59 points), une bizarrerie croate de ne pas avoir vu ce club évoluer plus de trois saisons dans l’élite. A l’époque yougoslave, le GOŠK -Jug (né de la fusion entre le GOSK et le NK Jug en 1979) s’est montré en deuxième division et a même frôlé la montée. Son football chatoyant le rendait populaire mais avoir raté plusieurs montées de justesse ne provoqua pas le déclic attendu. Après avoir repris le nom de HNK Dubrovnik (un nom qu’avait eu un temps le NK Jug), le club commence à jouer en première division dès l’indépendance. Les conditions étaient très compliquées, puisqu’en raison de la guerre, Dubrovnik ne pouvait pas accueillir de matchs. Après la descente en 1994, il sombra doucement dans les ligues inférieures, puis disparaissait en 2004, croulant sous le poids des dettes. Quelques années auparavant, en désaccord avec la direction du club, un membre de la direction décida de refonder le vieux GOŠK qui revit le jour en 1998 et la lumière en 2000 avec le retour en deuxième division. Jusqu’en 2005 et une nouvelle descente. Pire, l’an dernier, une dernière place venait ponctuer une nouvelle saison désastreuse… Mais coup de théâtre, le GOŠK a récemment fusionné avec l’HNK Dubrovnik 1919 (héritier de l’HNK qui fut en banqueroute en 2004), changeant le nom du club en GOŠK 1919 Dubrovnik. A noter que les habitants de Dubrovnik et ses alentours supportent plutôt l’Hajduk Split. Dans son stade délabré, le GOŠK atteignait difficilement les 500 spectateurs. Cependant, avec un programme de développement solide, nul doute que le club a le potentiel pour revenir dans la cour des grands.

NK Cakovec (59 points). Dans son histoire, le club a joué en championnat hongrois, à l’époque où la ville était occupée. Pendant deux ans, le club de Čakovec a joué en première division. La première grande victoire de la ligue a été mémorable, 2: 0 contre Hajduk en jouant à 9 suite à deux expulsions. Puis cinq saisons en deuxième division et la saison 2006-2007 se termine par une relégation en troisième division.  Vous vous souvenez de l’autre club de la ville, Međimurje dont les ultras sont nommés les Anges. Et bien ceux du NK sont « les Dragons ».

NK Pomorac Kostrena (57 points), nous avions écrit cet article lors de la disparition du club. Actuellement, il ne subsiste qu’une équipe de jeunes.

NK Pazinka Pazin (50 points), de 1992 à 1994, Pazinka (le nom vient du sponsor principal, l’entreprise de textile de la ville) a dignement représenté l’Istrie. La suite s’effectua en seconde division jusqu’à la banqueroute de la société de textile. Les ligues régionales sont logiquement devenues le quotidien de ce petit club qui est reparti du plus bas échelon avec de nouveaux statuts, faute de pouvoir s’en sortir financièrement.

NK Croatia Sesvete (39 points), possède une très longue tradition en deuxième division où il évolue depuis l’indépendance sauf durant deux saisons passés sous les projecteurs de 2008 à 2010… jusqu’à un scandale de matchs truqués. Suite à celui-ci, la police a arrêté 20 joueurs dont… 9 du seul Sesvete! Selon la police, sept des huit derniers matchs de la saison auraient été truqués. En plus de recevoir de l’argent pour truquer leurs matchs, les joueurs allaient parier sur leurs propres matchs! Soulignons que Dado Prso a joué à Sesvete (dont le nom vient du quartier de Zagreb), qui est donc un club de bon niveau même s’il a été dissous en 2012 pour irrégularités financières. Le NK Croatia Prigorje a ensuite repris le relais dans une division locale de Zagreb. Il y a un an, il a fusionné avec une sorte de réserve non-officielle du Dinamo Zagreb, le NK Radnik Sesvete. Ce dernier était monté en Druga HNL en 2011 après cinq montées consécutives! On peut les retrouver actuellement à la troisième place de deuxième division.

NK Radnik Velika Gorica (33 points), au sud de Zagreb, la ville de Velika Gorica a accueilli le haut niveau de 1992 à 1994. Comme beaucoup de clubs croates, son âge d’or s’est situé à l’indépendance croate. Ils ont connu le plaisir d’être inclus dès la première saison grâce à leur stade construit en 1987 pour la 14ème édition de l’Universiade d’été à Zagreb. De mauvais résultats les envoyèrent au purgatoire qu’est la quatrième division croate de 2002 à 2006. Vous aurez surement deviné la suite : en 2009, Radnik s’écroule financièrement et doit fusionner avec le NK Polet (alors en troisième division) d’une commune voisine pour survivre. C’est la naissance du HNK Gorica. Une naissance heureuse qui déboucha sur deux montées consécutives. Sauf que pour la deuxième, alors qu’ils auraient du signer leur grand retour en 1. HNL, la Fédération ne leur donne pas la licence. Depuis, Gorica se maintient à ce niveau en rêvant de mieux.

NK Lucko (31 points), situé dans la métropole de Zagreb, les Verts n’avaient pas vraiment fait parler d’eux jusqu’à une montée en Druha HNL en 2009 et une en prva en 2011. Trop modeste pour se maintenir, Lučko descend immédiatement. Mais il semblerait que le club débute une nouvelle ère avec l’arrivée de Lee Kyung Won (à ne pas confondre avec la championne de badminton) à la présidence à l’été 2015. Outre Rijeka, Istra ou Osijek, Lučko aussi a désormais son propriétaire étranger. Et le bel homme coréen manie bien le ballon comme on peut le voir ci-dessous. Probablement car il fut ancien joueur professionnel passé par la Croatie en 2000 (Hrvatski Dragovoljac). Après un échec, il est rentré à Seoul où il a réussi dans le business. Adorant la Croatie, Lee a décidé de revenir pour oublier son échec de joueur. Pourquoi Lučko ? Car « il adore le stade surnommé Bombonera et parce qu’il y a beaucoup de verdure dans le coin, » assure Robert Brčić, le nouveau directeur sportif. Sauf que la Bombonera croate n’est pas aux normes : « Notre but n’est pas la montée immédiate. Nous devons stabiliser le club afin de créer les conditions idéales pour un retour en première division. Car si nous devons y retourner, je voudrais qu’on puisse jouer dans notre stade et pas à Kranjčević (le stade qui accueille le NK Zagreb et le Lokomotiv)« . Assurément, la montée ne sera pas pour cette année puisque les Zagrébois sont dans le ventre mou malgré le renfort de quatre joueurs coréens.

NK Vukovar ’91 (30 points), une sacrée histoire que celle du club de Vukovar, fondé par les réfugiés à Zagreb durant la guerre d’indépendance en hommage aux héros et victimes. Pendant l’horreur de la guerre, ceux qui ont échappé aux tueries et aux massacres se sont rassemblés dans des camps avant de changer de destination. Certains ont pris la direction de l’Est du Danube et de la Sava tandis que d’autres ont trouvé leur chemin vers l’Ouest, Zagreb, Trieste, Munich… Les footballeurs survivants ayant pris le chemin de Zagreb ont alors commencé à jouer pour le NK « Croatia » Bogdanovci ou le NK Vukovar. C’est ce dernier qui eut le plus de succès et a ensuite fusionné avec le club (NK Sloga) de la ville la plus bombardée depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Vukovar a passé la plupart de son temps en deuxième division, ayant toutefois pu faire éclater leur histoire atypique en 1999 en se frottant à l’élite. Avant d’être à son tour assommé par les dettes, 13 ans plus tard, victime collatérale des intérêts des uns et des magouilles des autres. Dissout, le club renaît sous le nom HNK Vukovar 1991 et évolue en troisième division, dans la poule de Međimurje, Marsonia, Belišće, ‘Varaždin’ Varaždin entre autres… La nouvelle administration est propre et tente de faire les choses bien mais la ville ne peut pas donner assez d’argent et le potentiel sponsor est quasi inexistant. L’avenir ne s’annonce pas radieux dans une ville minée par la pauvreté et le manque de ressources. « Quand les temps sont durs, comme le dit le maire, les intelligents se taisent, les idiots font du bruit et les criminels s’enrichissent. La crise économique ne nous aide pas. »

NK Orijent (26 points), club de l’est de Rijeka fondé en 1919, période à laquelle les Croates étaient prédominants à l’est de la ville contrairement à l’ouest, plus italien. Le nom viendrait du voyage à New York de l’un des fondateurs qui aurait vu un beau bateau nommé « Orient » dans le port de New York. Avec les changements de régime, le club a du être renommé mais a repris son nom initial en 1953. Et Orijent aurait même pu accéder à la première division yougoslave après avoir remporté la D2 Ouest en 1969, perdant malheureusement en barrages. Deux quarts de finale de la coupe de Yougoslavie (dont le premier match télévisé de l’histoire du stade contre Sarajevo) ont participé au prestige d’un club qui n’a pas su prendre le bon wagon après l’indépendance. Seule la saison 1996-1997 a été passée en première division avec des résultats médiocres et une descente immédiate. Mais jouer en première division a été trop coûteux pour le club qui réussira quand même à se maintenir en D2 jusqu’en 2004. Et descendre cette année-là au troisième niveau, pour la première fois depuis la création de la ligue croate. Après quinze ans de dettes, la décision relative à la faillite de l’Orijent était inévitable. Avec une nouvelle identité, HNK Orijent 1919, le club est à l’heure actuelle en cinquième division. On est pas prêt de revoir le fameux derby de Rijeka remporté 11 fois sur 14 par les Bleus et Blancs…

orijent

Rijeka – Orijent en 1971 | © klub-susacana.hr

NK Dubrava Zagreb (23 points), c’est l’histoire du club qui veut devenir une version croate de l’Athletic Bilbao. Fondé par des passionnés après la seconde guerre mondiale, le Dubrava a traversé les âges pour se retrouver en prva liga en 1992/1993 en jouant dans son stade devant 5000 à 6000 personnes à chaque rencontre. La suite est synonyme de gâchis, ou de dettes. Un demi-millions de dettes plombaient le club à la fin des années 2000, avant qu’une nouvelle équipe arrive avec un projet ambitieux. Des gens de Dubrava et qui aiment Dubrava : « Nous nous sommes positionnés sur un créneau local, 90% de nos joueurs viennent de notre formation et sont du coin. Avec la ville, nous avons commencé à investir dans les installations, et notamment un centre sportif. Nous envisageons aussi d’avoir un terrain synthétique pour jouer nos matchs. » Avec pour ambition sportive la montée et stabilisation en deuxième division sans avoir à emprunter. Une gestion saine rendue égaleent envisageable grâce à des sponsors de Dubrava qui injectent de l’argent. Cela permet même au NK Dubrava de donner un peu d’argent aux joueurs, alors même qu’en première et deuxième division, certains clubs sont incapables de satisfaire à ces obligations. En cas de montée en deuxième division, les dirigeants ont prévu d’avoir une grosse académie pour pouvoir réaliser leur rêve de devenir l’Athlétic Bilbao croate. Pour l’instant, c’est mal parti, puisqu’il occupe l’avant dernière position de la 3. HNL.

NK Neretva (23 points), représente la Dalmatie et la ville de Metković qui se situe à côté de Dubrovnik. Coach Vahid et l’immense Darijo Srna sont passés ans ce club qui a joué en première division en 1994-1995. Depuis 1998, il n’a pas changé de division, la troisième. Srna, connu pour sa générosité, a offert une tribune à son club d’origine en 2008. Un groupe d’ultras sévit dans ce club : les « Blue White Killers ». Et ramènent notamment pas mal de monde lors des derbys endiablés contre les grands rivaux du NK Neretvanac Opuzen. Actuellement, Neretva traîne à la queue du classement tandis que Neretvanac truste la première place de la poule.

NK Samobor (22 points), le tournant pour ce club de Zagreb fut l’arrivée à la présidence du père de Zvonimir Boban, surnommé le « créateur de miracles de Samobor ». Des saisons fabuleuses s’ensuivirent, restant pour toujours dans l’histoire. Malheureusement, la première division était une marche trop haute et la belle épopée s’arrêta rapidement. Leur stade qui fait rêver accueille désormais des matchs de troisième division.

TŠK Topolovac (14 points), petit village basé à côté de Sisak, Topolovac n’a rien fait de marquant, si ce n’est d’accéder à la première division en 2002 grâce à une cinquième place à l’étage inférieur. Jouant ses matchs au stade du Segesta, Topolovac est vite revenu à sa place, finissant la saison avec 14 points et un goal average de -64. Comme tout le monde, ils ont ensuite connu la banqueroute et la fondation d’un successeur qui est en cinquième division et, à moins d’un autre miracle, ne fera plus jamais l’actualité du football croate. Comme beaucoup d’autres clubs qui ont fréquenté la prva liga…

Damien Goulagovitch


Image à la une : On fête la montée du NK Samobor | © nk-samobor.hr

Où sont aujourd’hui les équipes ayant joué en prva liga croate ?
5 (100%) 7 votes

A propos de l'auteur

Damien F

De contrées en contrées, où le vent du #footballskitrip me mène.

pays de l'auteur footballski
pays de l'auteur footballski

1 commentaire

Laisser un commentaire

Lire les articles précédents :
On a discuté avec Ludovic Obraniak, milieu de terrain du Maccabi Haifa – Partie 1

Nous avons eu la chance d'interviewer le Franco-Polonais Ludovic Obraniak, ancien champion de France avec Lille et international polonais notamment,...

Fermer