On a discuté avec Emils Latkovskis, président de la ligue professionnelle lettone

Maxime Bonnet
Maxime Bonnet - Publié le 8 décembre 2015

En s’intéressant de plus près à la Virsliga, on s’aperçoit que le “moustache” local (le président de la ligue lettone, soit l’équivalent de Frédéric Thiriez, président de la LFP) est un jeune homme au style bien moins feutré et politisé: j’ai nommé Emils Latkovskis. Très abordable et fort sympathique, il a accepté sans peine de nous rencontrer afin que l’on puisse évoquer ensemble les défis auxquels doit faire face le football letton.

Pourriez-vous s’il vous plaît vous présenter à nos lecteurs et nous expliquer comment vous avez pu accéder à un poste à haute responsabilité comme le vôtre alors que vous êtes encore très jeune?

(rires) Oui, c’est vrai que je suis jeune, en fait, pour ne rien vous cacher, je n’ai encore que vingt-six ans et lorsque j’ai été nommé en janvier 2014, je n’avais alors que vingt-quatre ans. Comparé à mes confrères européens comme, par exemple Christian Seifert (ndlr: le président de la Bundesliga), il est vrai que mon jeune âge peut choquer mais mes compétences sont plus limitées car la Fédération n’a pas délégué les pleins pouvoirs à la Ligue comme c’est le cas par exemple en France. Ici en Lettonie, la Fédération reste la responsable légale de la Virsliga et à ce titre décide des règles, de l’arbitrage… Moi, en somme, je suis uniquement le responsable marketing de la Virsliga, chargé donc de la promouvoir et d’en augmenter la renommée.

Ma nomination à ce poste a fait suite à ma candidature. Le poste était vacant, j’ai donc tout simplement envoyé mon CV en réponse à une offre d’embauche publiée sur internet.

J’imagine quand même que vous deviez avoir certaines connexions pour être l’heureux élu,  non?

Je ne suis pas certain que le mot “connexion” soit le terme approprié mais en revanche “oui”, j’étais connu dans le milieu du football letton grâce à plusieurs activités. Premièrement, j’avais développé des liens forts avec certains clubs (Metta/LU Riga, le club de l’université de la capitale, et le FK Jelgava) en organisant pour ces clubs de manière bénévole des tournois pour leurs équipes de jeunes. Deuxièmement, je travaillais auparavant pour une société de production audiovisuelle locale et je m’intéressais particulièrement à la retransmission des événements sportifs, dont le football bien évidemment. Enfin, j’avais été en contact plusieurs fois avec la fédération lettone car j’étais l’investigateur de la création de groupes de dialogue autour de la question centrale du développement du football dans le pays. Bref, de par ma participation active à ces différentes activités, j’avais déjà pu démontrer ma dévotion et ma motivation.

Par rapport à votre prédécesseur (ndlr: Normunds Malnačs), qui, lui, était connu pour son expérience à Blackpool en Première League (club alors détenu par l’oligarque letton Valērijs Belokoņs) vous faisiez quand même figure de “petit nouveau” non? Pourquoi, à votre avis, la fédération lettone a-t-elle décidé de vous choisir vous?

Sincèrement, je pense que nous n’étions pas nombreux à prétendre au poste et puis je pense que la fédération lettone voulait une “nouvelle tête”.  M. Malnačs venait de démissionner car le salaire était certainement trop faible pour lui et il fallait donc quelqu’un qui allait s’impliquer sur le long terme et peut-être aussi un peu plus orienté business.

© Andrejs Terentjevs / F64

© Andrejs Terentjevs / F64

A propos de business et dans le cadre de vos compétences, quels sont les principaux axes de développement sur lesquels vous travaillez?

Il y en a plusieurs. On peut citer: les droits TV, la gestion des conférences de presse, la promotion marketing de la Virsliga en terme de sponsoring, la maintenance et le développement du design des sites web officiels de la Virsliga (1), la fixation du calendrier de la compétition et bien d’autres encore…

Il faut savoir qu’ici en Lettonie, le football n’est que le troisième sport du pays en terme d’intérêt. Le premier étant le hockey sur glace et le deuxième le basketball.

Intéressons-nous, si vous le voulez bien, aux droits TV. Leur valeur ne doit quand même pas être énorme, non? Surtout pour les droits tiers j’imagine (ndlr: liés à la retransmission des matchs de Virsliga depuis l’étranger)?

Je vous le confirme, rien à voir comparé aux 500-600 millions de revenus générés par la Ligue 1 chaque saison. La situation ici est très différente, aucune chaîne de télévision ne paie pour retransmettre les matchs. Dans le meilleur des cas, nous arrivons à négocier avec les dirigeants de ces chaînes pour qu’ils paient les coûts techniques de diffusion (caméra et équipement, émission et réception du signal, équipe technique…) et qu’ils nous rétrocèdent les espaces publicitaires de l’événement afin que nous puissions les mettre à disposition de nos sponsors ou les commercialiser. Les seuls droits TV que nous arrivons à vendre à proprement parler sont les droits de diffusion des matchs sur internet (appelés aussi “betting right”) qui sont généralement destinés au marché asiatique, très friand de paris sportifs.

Justement, si vous le voulez bien, revenons sur un point, celui de la diffusion des matchs en Lettonie. Vous dites que les chaînes de télévision locales ne paient pas pour diffuser les matchs, correct? Ma question est pourquoi? Est-ce un signe de désintérêt des fans de football locaux pour le championnat de football national?

Oui complètement, c’est la triste réalité de la situation du football en Lettonie. Mais je tiens à préciser que les choses vont en s’améliorant. Avant de vous expliquer comment, je tiens à préciser à vous qui êtes français que la place du football en Lettonie n’est pas la même que dans votre pays. Il faut savoir qu’ici en Lettonie, le football n’est que le troisième sport du pays en terme d’intérêt. Le premier étant le hockey sur glace et le deuxième le basketball. Notre pays est également beaucoup plus petit, peuplé d’à peine plus de deux millions de personnes au maximum, et économiquement moins développé que les pays d’Europe de l’Ouest, comme la France par exemple. Par conséquent, les annonceurs publicitaires ou les potentiels sponsors sont moins nombreux et avec des budgets plus étriqués.

Cependant, comme je vous le disais, la situation s’améliore. Avant ma nomination en 2014, et ce pendant cinq saisons, les matchs n’étaient pas du tout diffusés à la télévision, même en Lettonie. Imaginez-vous, pas même un match de toute la saison, rien, le néant absolu (2)! Comment voulez-vous alors développer le produit Virsliga et contacter de potentiels investisseurs si vous n’êtes pas visibles sur le petit écran. Impossible d’être pris au sérieux! C’est pourquoi j’ai décidé dès mon arrivée de doubler la capacité de retransmission de tous les matchs en passant de une à deux caméras présentes par match. Certes les coûts de productions techniques s’en sont trouvés augmentés, mais la qualité de diffusion également et cela nous a alors permis de contacter les chaines régionales et nationales et de les convaincre de diffuser certains matchs. Bien sûr, au départ, les chaînes ne payaient même pas les coûts techniques mais elles nous rétrocédaient les annonces publicitaires présentes durant le programme. C’était un pari financièrement risqué mais c’était pour moi le seul moyen d’augmenter la notoriété de la Virsliga sur le long terme. Il fallait en passer par cette rediffusion des matchs à la télévision et redonner de la visibilité à notre produit.

Intéressant, et j’imagine que votre expérience dans le milieu de l’audiovisuel vous a aidé au départ?

Oui bien sûr! Concrètement, j’ai pu limiter et contrôler les coûts techniques de diffusion au maximum grâce à ma connaissance du métier. Et puis j’ai aussi, en quelque sorte « mouillé la chemise » en participant activement à la mise en place des moyens techniques sur les lieux des rencontres, surtout au départ, le temps que les équipes profondément remodelées prennent leurs repères.

Et quelle est la situation aujourd’hui? Combien de matchs peut-on visionner, quels sont les revenus générés ?

Concrètement tous les matchs sont visibles en ligne sur le site www.sportacentrs.com grâce, au minimum, à deux caméras amovibles par match. Les matchs les plus populaires font eux l’objet d’une retransmission sur des chaînes régionales à l’aide de quatre caméras. Enfin, durant le dernier round de la saison (3), nous avons réussi à convaincre LTV7 (chaîne publique nationale) de diffuser un match par journée de championnat. En accord avec eux, nous avons bien évidemment ciblé les matchs à fort enjeu et surtout se déroulant dans des enceintes dignes de ce nom (4) car nos infrastructures sont encore en retard par rapport aux standards européens (5). Le but étant bien évidemment de diffuser un produit attrayant, dans des stades pleins avec des matchs au niveau de jeu correct et avec de l’engagement et de l’enjeu. Tout cela pour, en quelque sorte, montrer au grand public que la Virsliga existe et qu’il y a un intérêt à s’y intéresser.

En terme de revenu généré, c’est toujours délicat. Les chaînes paient les frais de production technique, et nous donnent le droit de revendre les espaces publicitaires générés par l’événement mais ne paient pas de droit à la diffusion du match à proprement parler. Enfin, dernière chose, nous avons également réussi à négocier des spots radio les jours d’avant match afin de promouvoir l’événement et ainsi pousser les gens à se rendre au stade. Cela peut paraître fou pour vous Français mais pour nos clubs cela a représenté une hausse de revenus non négligeable suite à la hausse de fréquentation dans les stades.

Nous en sommes donc qu’à mi-chemin et la route est encore longue mais je reste positif par rapport à l’intérêt suscité par les matchs du dernier round du championnat 2015 comme en témoignent l’affluence audiovisuelle et la présence dans les stades qui ont largement augmenté. Je suis donc confiant pour la saison à venir et j’espère que nous allons pouvoir continuer la diffusion de matchs au niveau national avec LTV7, c’est primordial pour attirer les sponsors et générer des revenus.

Notons premièrement que l’UEFA y est favorable et que donc la création ou la renaissance de la Baltic League pourrait s’envisager dans un cadre légal.

Justement en terme de sponsoring, qui sont-ils et combien paient-ils?

D’une manière générale, les revenus marketing ne représentent que 30% des revenus globaux de la Virsliga (6). Le principal contributeur étant une  entreprise locale: SMS Credit, opérant dans le micro-crédit à la consommation. Leur contribution totale se situe entre 100.000 et 150.000 € / saison, sponsoring et naming confondus.

Davis Ikaunieks, recevant le trophée de meilleur joueur du mois par Emils Latkovskis | ©

Davis Ikaunieks, recevant le trophée de meilleur joueur du mois par Emils Latkovskis | ©

Merci pour votre réponse précise. Passons maintenant, si vous le voulez bien, à une question abordant un autre sujet, celui de l’hypothétique création de la Baltic League. Qu’en pensez-vous et comment l’imagineriez-vous?

C’est une question intéressante et d’actualité! Notons premièrement que l’UEFA y est favorable et que donc la création ou la renaissance de la Baltic League pourrait s’envisager dans un cadre légal. Ce premier point est important car il n’est pas question de faire quoi que ce soit sans l’aval de l’UEFA. Les qualifications de nos clubs en compétition européenne en dépendent et les revenus liés à cette participation européenne et rétrocédés par l’UEFA sont primordiaux pour nos clubs car représentant la part la plus conséquente de leur budget.

Deuxième chose, il faut que nos voisins estoniens et lituaniens y soient également favorables. La situation dans les deux pays est différente. En Estonie, je crois savoir que l’expérience passée (7) a laissé des souvenirs mitigés aux présidents des clubs qui ont dû faire face à une augmentation des dépenses de voyage supérieures aux revenus additionnels générés par les matchs. Je pense que si l’on repense ce championnat intelligemment, on pourra convaincre nos confrères de la Premium Liiga de nous rejoindre mais ils ne seront pas les leaders du projet. En Lituanie la situation est différente. Au jour d’aujourd’hui, je pense qu’il serait précipité de s’allier avec les pensionnaires de la A-Lyga à cause des soupçons récurrents de matchs truqués qui planent sur ce championnat.

Enfin, je me répète mais il faudra qu’à contrario des éditions précédentes, cette hypothétique Baltic League soit une compétition officielle UEFA et qu’elle soit génératrice de revenus. J’entends par « compétition officielle » le fait que les clubs des trois pays conservent leur nombre de place qualificative en coupe européenne ce qui peut poser un problème d’équité sportive vis-à-vis d’autres championnats (8). Son organisation demande donc une étude de marché approfondie en terme de potentiel développement audiovisuel, marketing, sponsoring et d’intérêt sportif pour les fans afin d’enfin remplir les stades.

Je vois, à vous entendre ce n’est donc pas pour demain… Et quid alors d’une augmentation du nombre de participants en Virsliga?

Je vous arrête tout de suite. C’est à mon sens impensable, en tout cas pas si l’on veut maintenir un certain niveau footballistique et un minimum d’intérêt sportif. Aujourd’hui, nous sommes en passe de réussir notre pari d’avoir redoré le blason de la Virsliga et d’avoir redonné un peu d’intérêt à notre championnat. Malheureusement, la Lettonie est un petit pays où le football n’est pas le sport numéro un et le réservoir de talent est donc très limité. Accueillir de nouvelles équipes engendrerait inévitablement des différences de niveau conséquentes entre l’ensemble des prétendants et cela, en fait,  n’a pas de sens. Je ne pense pas que des victoires 5-0 tous les week-ends soient un plus pour l’intérêt d’un championnat. Et puis quid du budget des hypothétiques nouveaux venus?

Aujourd’hui nos clubs souffrent et paient encore un droit de contribution pour participer au championnat (9). C’est hallucinant mais c’est la réalité du football dans notre pays. Sans parler des problèmes d’infrastructures et de stades en Lettonie. Metta/LU Riga par exemple joue sur une pelouse synthétique autour de laquelle il n’y a pas de tribune couverte. Alors je ne vous parle même pas des pensionnaires de Primaliga (10) qui eux ne sont même pas professionnels et dont les budgets dépendent majoritairement des subventions municipales. Bref, je pense donc sincèrement qu’il est préférable de consolider les pensionnaires de la Virsliga et de les aider à se développer plutôt que d’augmenter le nombre de participants.

Vous m’avez convaincu (rires). Quand vous parlez des clubs de Virsliga, on a l’impression qu’ils sont vraiment dépendants des revenus générés par une éventuelle qualification en tour préliminaire de coupe d’Europe. Pouvez-vous nous en dire plus et faire un point sur la situation globale du championnat?

Oui c’est vrai, cette qualification européenne est primordiale pour les gros budgets car elle représente la part la plus importante de leurs revenus avec les subventions directes et indirectes reçues des municipalités. Il faut donc différencier les clubs comme le FK Ventspils, le Skonto Riga ou le FK Liepaja qui ont des budgets oscillant entre les 2-3 millions d’euros et un club comme le Metta/LU Riga qui dispose de moins d’un million d’euros, équipe professionnelle et académie confondues. A titre d’exemple, notez qu’un club comme le Metta/LU Riga ne peut se permettre de payer ses joueurs plus de 700€/800€ par mois.

Et puis je le redis mais les municipalités financent les clubs avec l’argent des contribuables. Parfois directement en leur accordant des subventions ou alors indirectement en prenant à leur compte la maintenance des infrastructures et des académies de jeunes. Les clubs comme le FK Jelgava et le BFC Daugavpils sont très dépendants de ces aides. Le Spartaks Jurmala (et à moindre titre le Skonto Riga) bénéficie lui de l’argent d’investisseurs privés qui financent les dépenses du club dans le but d’obtenir un retour sur investissements à moyen/long terme. Enfin, le FK Liepaja (récemment couronné champion) a connu une histoire rocambolesque. En 2013, le FK Liepājas Metalurgs disparaît suite à la faillite de l’entreprise industrielle locale (11) qui finançait le club dans sa quasi-totalité. La municipalité de la ville, soutenue par la fédération lettone, sauve alors le club (qui sera tout de même rebaptisé) et son académie de jeunes (l’une des plus développées du pays) en le finançant. L’an dernier, grâce à l’éclosion puis le transfert de Jānis Ikaunieks au FC Metz, le club a pu se refaire une santé financière et repartir de l’avant.

Justement je reviens sur le cas Jānis Ikaunieks, qui est le seul joueur à évoluer en France, n’est-il pas un exemple à mettre en avant par la fédération pour promouvoir le football en Lettonie?

Si, tout à fait, je suis d’accord avec vous. La fédération et les politiques en général doivent promouvoir le football chez les jeunes et les pousser à pratiquer ce sport dès le plus jeune âge : à l’école, en loisir, en club, comme c’est fait avec le hockey sur glace ou le floorball (12). Nous sommes un petit pays et malheureusement, je ne pense pas que l’on puisse financer toutes les disciplines sportives. A mon sens on devrait se concentrer sur un ou deux sports et en faire des pôles d’excellence et les prioriser au détriment d’autres disciplines. C’est malheureux à dire mais c’est la triste réalité des finances publiques en Lettonie qui ne peuvent pas à mon sens nous permettre de développer d’autres sports.

Concrètement, trois ou quatre équipes n’étaient clairement pas intéressées par leurs performances sportives et le développement du football en général. Leurs priorités étaient de faire de l’argent grâce à la manne financière générée par les sites de paris sportifs.

Dernière question Emils, à propos du scandale des matchs truqués qui a secoué la Lettonie ces dernières années. A vrai dire je pensais que nous aborderions le sujet plus tôt car c’est à mon sens l’une des raisons pour lesquelles vous avez été recruté, non?

Oui vous avez raison, ce fut mon premier cheval de bataille, avant même l’amélioration de la notoriété de la Virsliga et l’augmentation des capacités de diffusion des matchs.  Après ma nomination, j’ai réalisé à quel point ce problème était profond lors du tournoi d’ouverture d’avant-saison (13). Concrètement, trois ou quatre équipes n’étaient clairement pas intéressées par leurs performances sportives et le développement du football en général. Leurs priorités étaient de faire de l’argent grâce à la manne financière générée par les sites de paris sportifs. J’ai donc décidé de mener une politique « zéro tolérance » afin d’assainir le championnat et de lui redonner un intérêt sportif, priorité absolue pour développer l’attractivité générale de la Virsliga auprès du public. Pour cela, les clubs voulant participer à la Virsliga ont dû signer une charte de comportement et d’excellence afin de se voir délivrer leur licence.

Bien sûr, tous les soupçons, bien qu’avérés par des machines de calculs algorithmiques analysant les montants pariés sur le web, étaient difficiles voire impossibles à prouver. Alors j’ai décidé d’aller voir le secrétaire de la Fédération et je lui ai clairement dit que soit il me donnait le droit de retirer la licence à un club en cas de soupçons forts et corroborés par un rapport officiel de l’UEFA, soit je démissionnais car je ne voulais pas être le président d’un « cirque » mais bien de la ligue de football lettone. Il a accepté sans difficulté et mon initiative a même donné lieu au vote d’une nouvelle loi par le parlement letton qui sanctionne désormais un trucage avéré dans le sport au niveau du crime. Au total, quatre clubs ont été exclus: le FC Jurmala, le Daugava Riga, le FC Daugava Daugavpils et le dernier en date, le FB Gulbene, retiré du championnat 2015 en cours de saison. C’est triste à dire mais dans notre pays, un joueur pouvait facilement doubler son salaire en acceptant de lever le pied et de permettre à l’équipe adverse de marquer un but.

Bref ce fut une longue et âpre bataille mais c’est maintenant du passé et nous pouvons donc penser sereinement au futur et au développement du football et de la Virsiliga lors de la saison à venir.


(1)    A savoir : www.futbolavirsliga.lv et www.lff.lv/lv/turniri/viriesu-turniri/smscredit-lv-virsliga

(2)    En fait tous les matchs faisaient l’objet d’une diffusion sur le web grâce à une seule et unique caméra amovible destinée aux parieurs en ligne.

(3)    La Virsliga se compose de huit équipes seulement. La saison se déroule sur 28 journées permettant ainsi à chaque club de se rencontrer quatre fois au total, deux fois à domicile et deux fois à l’extérieur.

(4)    Seulement quatre stades ont donné lieu à des retransmissions en direct sur LTV7: le Skonto Stadion (stade du Skonto Riga), le Zemgales Olimpiskais Centrs (stade du FK Jelgava), le Stade Daugava (stade du FK Liepaja) et enfin le stade du FK Ventspils.

(5)    Un seul stade répond aux critères UEFA en Lettonie, il s’agit du Skonto Stadion.

(6)    Les revenus TV représentant eux entre 50% et 60% du budget total.

(7)    Fondée en 2007 et arrêtée en 2011, cette compétition n’a donné lieu qu’à quatre éditions et n’a jamais été considérée comme une compétition UEFA. Elle n’a donc à ce titre jamais donné droit à un ticket qualificatif en compétition européenne et n’a donc pas été vraiment prise au sérieux par les équipes locales qui la considéraient comme un championnat amical régional.

(8)    A l’heure actuelle, trois places qualificatives en compétitions européennes sont attribuées à la Lettonie, la Lituanie et l’Estonie. Un rapprochement des trois championnats comme souhaité par Emils donnerait alors lieu à neuf tickets qualificatifs en compétitions européennes ce qui ferait de la Baltic League le championnat le plus doté en la matière.

(9)    Il faut savoir qu’au jour d’aujourd’hui, ce n’est pas la Virsliga qui rétribue les clubs en fonction de leur résultat, mais bien les clubs qui paient l’équivalent d’une cotisation annuelle d’un montant compris entre 2.000 et 22.000 € en fonction des années et des clubs.

(10) La Primaliga est l’équivalent letton de la Ligue 2 en France.

(11) Cette entreprise s’appelle « KVV Liepājas Metalurgs ». Elle a dû se résoudre à licencier en 2013 environ deux mille personnes. Pour ceux que cela intéresse, vous pouvez trouver des informations sur cette entreprise en visitant le site suivant : www.metalurgs.lv/?a=0&b=1.

(12) Le floorball est une variante du hockey sur glace joué en indoor, sur un sol identique à celui du handball.

(13) Emils fait référence à la Winter Cup, compétition indoor d’avant saison non reconnue par l’UEFA.

 

Maxime Bonnet


Image à la une : © Māris Greidāns / futbolavirsliga.lv

Remerciements à M. Oliver Schlegl sans qui cette interview n’aurait jamais eu lieu.

On a discuté avec Emils Latkovskis, président de la ligue professionnelle lettone
5 (100%) 5 votes

A propos de l'auteur

Maxime Bonnet

Maxime Bonnet

Français vivant à Riga, en Lettonie.

pays de l'auteur footballski

4 Commentaires

Laisser un commentaire

Lire les articles précédents :
#5 Les trophées Footballski

Cinquième numéro des Trophées Footballski. Chaque semaine, nous reviendrons à travers ces quelques catégories sur ce qu’il se fait de mieux...

Fermer