On a discuté avec Mohamed Konaté, avant centre Ivoirien évoluant au FK Ural Ekaterinbourg

Antoine Jarrige
Antoine Jarrige - Publié le 12 décembre 2016

Arrivé par la petite porte en fin de mercato en Russie, Mohamed Konaté est un grand espoir de l’Ural Ekaterinbourg. Il était arrivé en provenance du FC Saxan, en Moldavie, où il n’était resté que quelques semaines pour sa première expérience sur le continent européen. Découverte du jeune joueur ivoirien qui apprend le football de haut niveau à la frontière avec la Sibérie.

Peux-tu commencer par te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Mohamed Konaté, j’ai 18 ans, je suis attaquant au FK Ural Ekaterinbourg en Russie (NDLR: en Russian Super League, la 1ère division russe).

C’est ta première saison en Russie ?

Oui effectivement, c’est ma première saison ici.

© Mohamed Konaté | https://www.instagram.com/konatemohamed

Tu as commencé le foot en Côte d’Ivoire ?

Evidemment, j’ai commencé à l’âge de 12 ans et j’ai intégré assez rapidement les différents centres de formation et c’est de là que tout est parti. J’ai commencé par quelques tournois, j’étais bien et on m’appréciait beaucoup.

Dans quel club jouais-tu en Côte d’Ivoire ?

J’ai joué à l’AS Denguélé, qui joue en première division. J’y ai d’ailleurs évolué avec Yacouba Bamba, qui évolue aussi en Russie du côté d’Orenbourg. Et après j’ai eu l’occasion de partir en Europe.


Lire aussiOn a discuté avec Yacouba Bamba, milieu de terrain offensif du FK Orenbourg


Comment ça c’est fait ton départ vers la Moldavie, au FC Saxan ?

En fait, c’est grâce à mon agent qui a réussi à me placer là-bas. C’est grâce à lui que je suis ici aujourd’hui. J’ai pas vraiment les détails de comment ça c’est fait mais je fais entièrement confiance en mon agent. Il est concret et honnête avec moi. Il m’a détecté et il m’a dit rapidement qu’il allait m’envoyer en Europe. C’était une occasion à ne pas louper pour moi, ça allait me permettre de progresser plus vite. Il m’a donc envoyé en Moldavie en juin 2016 mais ça n’a pas duré longtemps, je suis parti en août pour Ural car il voulait me placer là-bas.

Tu as quand même eu l’occasion de faire des matchs de championnat en Moldavie ?

Non, c’était seulement des matchs amicaux, pas de matchs officiels.

Quand ton agent t’as dit que tu allais partir en Moldavie, ça t’as pas fait un peu peur de quitter ton pays natal ?

Non, pas du tout. Tu vois, les footballeurs en Côte d’Ivoire ils veulent tout de suite progresser, donc quand on te donne la chance de partir en Europe… Cette chance, quand je l’ai eue, je n’ai pas douté une seule seconde. Moi je veux progresser, je veux devenir le meilleur, je veux devenir un grand joueur tu vois. Donc pas de soucis, je vais travailler dur pour montrer mon niveau.

T’as trouvé ça comment la Moldavie ?

Le pays est sympa, les gens sont cool. Les gens vont au stade et quand ils voient un joueur noir ils trouvent ça « joli », ils sont heureux d’en voir donc ça fait plaisir.

Quelle comparaison peux-tu faire entre le foot moldave et ivoirien?

Le foot en Côte d’Ivoire est bon mais il doit encore progresser dans les années à venir. En Moldavie c’est bon, c’est un milieu professionnel, le niveau est bon. Les joueurs du championnat sont excellents, ce sont de bons joueurs.

Et à Saxan tu étais le seul Ivoirien ou il y avait d’autres joueurs africains avec toi ?

Il y avait d’autres joueurs africains avec moi, un Camerounais et quelques Ivoiriens, donc l’ambiance était sympa.

Tu es rapidement parti en Russie, pourquoi ce choix ?

C’est mon agent qui a arrangé ce départ vers Ural, le niveau est plus élevé donc ça ne pouvait être que bénéfique pour moi. Je suis arrivé fin août, dans les dernières minutes du mercato.

© Mohamed Konaté | https://www.instagram.com/konatemohamed

Quand tu es arrivé, les dirigeants t’ont promis du temps de jeu en équipe première ?

Quand je suis arrivé, ils m’ont dit qu’ils me trouvaient bon, que j’avais un bon niveau dès les premières sessions d’entraînement. Ils m’ont dit que j’étais un bon jeune et que je pouvais rapidement atteindre les sommets si je travaillais dur. Je n’ai pas eu de promesses de temps de jeu soit en équipe première soit en équipe réserve en Youth League, c’était uniquement avec mon travail que j’allais pouvoir faire la différence.

Et la Russie, tu trouves ça comment ?

La Russie c’est clair, c’est un pays extraordinaire. Le foot est magnifique, c’est excitant de jouer ici. Le niveau est élevé donc c’est parfait pour progresser. Je me sens bien ici, mon objectif ici est de travailler dur pour être un grand demain. Tout est bien ici, on bosse dans de bonnes conditions. Je fais les entraînements avec l’équipe première, d’ailleurs je fais tout avec l’équipe première. Le week-end, je dispute quelques minutes avec l’équipe réserve pour maintenir la forme et le lendemain je suis sur la feuille de match de l’équipe première.

La communication avec les entraîneurs et les joueurs russes, c’est pas trop difficile ?

La communication se passe bien, tout le monde est cool ici, le cadre est très accueillant. Il n’y a pas de racisme ou quoi que ce soit, ils sont tous gentils. Même si je ne parle pas la langue, il y a les traducteurs qui sont présents et ils vont passer par eux pour communiquer avec toi. Ils aiment bien les joueurs noirs, tout se passe bien. J’ai un traducteur anglais et je suis en train de commencer à apprendre le russe.

Tu as la chance d’évoluer avec Pavlyuchenko qui est un attaquant avec un grand passé. Qu’est ce que ça t’apporte de jouer avec un tel joueur ?

Quand j’étais petit, je le voyais déjà jouer à Tottenham en Angleterre. C’était comme une idole pour moi, je voulais devenir comme lui. C’est une grande chance de pouvoir évoluer avec lui, j’apprends beaucoup en le regardant jouer, surtout au niveau des déplacements. En plus on a un physique similaire… Je vois que je progresse, surtout quand à l’entraînement j’arrive à faire des choses que je n’arrivais pas à faire auparavant. C’est quelque chose de très positif pour moi d’être à ses côtés.

Tu es proche de qui dans l’équipe ?

C’est très ouvert, tout le monde est formidable dans cette équipe. Quand je suis arrivé je me suis tout de suite intégré, tout le monde m’a aidé pour ça, ils étaient très accueillants contrairement à certaines équipes où ça peut être difficile. Les gars sont ouverts, on communique bien. Malgré le fait que je ne comprenne pas le russe on discute que ce soit via le traducteur, via mon coéquipier Lungu mais aussi sur WhatsApp.

Justement, on voit souvent des photos de toi, Lungu et Bougouhi sur Instagram. Quelles sont tes relations avec ces joueurs ?

Effectivement, ce sont des grands frères pour moi. Ils me donnent beaucoup de conseils et je suis tout le temps avec eux pour apprendre et pour ne pas me tromper de choix. L’ambiance est vraiment bonne.


Lire aussiPrésentation du FK Ural, club de la quatrième ville de Russie, Ekaterinbourg


Ural a eu un peu de mal lors de cycle aller, vous êtes actuellement 13ème et premier barragiste. Que penses-tu de cette première partie de saison ?

Je pense que lors de la phase retour on va bien jouer, mieux que durant la phase précédente. Parce qu’on a de bons joueurs, on a une bonne équipe et un bon staff. On va se mettre au travail à la reprise et on va tenter d’accrocher une place en milieu de tableau. On a de bonnes raisons d’y croire.

© Mohamed Konaté | https://www.instagram.com/konatemohamed

La trêve c’est jusqu’au mois de février ?

Oui oui c’est ça. Je vais rester à Ekaterinbourg mais je vais continuer à travailler et à m’entraîner. Mon objectif est de devenir un grand joueur et pour l’atteindre il faudra beaucoup de travail ! Donc pour moi, les vacances n’existent pas !

Tu as déjà disputé quelques bouts de matchs avec l’équipe première et tu as d’ailleurs marqué ton premier but contre Chelyabinsk dans le derby !

Oui effectivement. C’est un très bon souvenir car c’est mon premier but en professionnel. Ce but m’a permis de gagner en confiance, c’est très important pour la suite.


Lire aussiLe derby de l’Oural que tout le monde attend, enfin que j’attends


Tu joues pas mal de matchs avec la Youth League, comment trouves-tu le niveau de ce championnat ?

Le niveau est élevé car les jeunes sont bons en Russie. L’objectif est de tout le temps gagner mais c’est très difficile ! Il y a la rage de vaincre chez ces joueurs qui doivent se montrer et se faire une place. Même pour marquer un but c’est pas facile ! Je me sens bien avec l’équipe des jeunes mais je trouve la mentalité vraiment différente. Ici, on doit se faire une place et parfois c’est au détriment de l’équipe et de ses performances car tout le monde veut montrer qu’il est le meilleur… Mais bon, on fait avec ! C’est important de montrer qu’on a un niveau supérieur aux autres.


Lire aussi : Saison 2015-2016 : Un an de football dans le championnat espoir russe


La vie à Ekaterinbourg, ça te plaît ?

Oui tout à fait!

Tu trouves comment les filles russes ?

(rires) Elles sont jolies, comme partout en Europe ! Mais moi je sors pas trop, soit je suis à la maison, soit je suis chez Lungu.

Tes objectifs dans le futur ?

J’ai comme projet de jouer dans les équipes jeunes en Côte d’Ivoire, je fais tout pour y arriver, c’est un rêve pour moi ! C’est pour ça que je travaille beaucoup… Après j’adorerais jouer en Angleterre car mon club préféré, c’est Chelsea. Depuis mon enfance je supporte Chelsea, surtout depuis le passage de Drogba ! Alors ça a engendré quelques conflits à la maison car mes frères sont pour Manchester United.

Ton moment fort dans ta carrière ?

Mon but contre Chelyabinsk, mon premier but professionnel !

Merci beaucoup à Mohamed de nous avoir accordé cette interview, nous lui souhaitons tout le meilleur dans le futur!

Antoine JARRIGE


Image à la une : © fc-ural.ru

On a discuté avec Mohamed Konaté, avant centre Ivoirien évoluant au FK Ural Ekaterinbourg
4.8 (96%) 5 votes

A propos de l'auteur

Antoine Jarrige

Antoine Jarrige

Antoine, 21 ans. Etudiant en kiné en Alsace, grand amateur du football russe . Amoureux d'Ural, le grand club de Sibérie occidentale, mon coeur ne bat que pour Smolov et Lungu.

pays de l'auteur footballski

1 commentaire

Laisser un commentaire

Lire les articles précédents :
CAO Oradea, club champion de deux pays

Peu de clubs dans le monde peuvent se vanter d’avoir été sacrés champion national dans deux pays différents. L’exemple le...

Fermer