Le Panionios, l’histoire en héritage

Martial Debeaux
Martial Debeaux - Publié le 18 avril 2017

Il suffit de se balader dans le quartier de Néa Smýrni, dans la banlieue d’Athènes, pour percevoir ce que représente le Panionios pour la population. Des tags et fresques à foison, avec ce bleu et ce rouge caractéristiques du club. Mais ce quartier abrite plus qu’une équipe de foot. C’est à cet endroit que l’on trouve une composante majeure de la Grèce actuelle : les descendants des réfugiés de Smyrne (Izmir, en Turquie, actuellement), et ceux de la côte ionienne de l’Asie mineure, arrivés dans les années 30. Parce que le Panionios a le poids de l’histoire sur les épaules. Et devrait le hisser jusque sur la scène européenne l’an prochain.

Ça aurait déjà dû être la belle histoire de l’an dernier. Sous la houlette de Marinos Ouzounidis, le meilleur coach grec à l’heure actuelle, le Panionios s’était hissé jusqu’en playoffs, puis de finir 5e. Avant de subir de plein fouet le couperet de l’UEFA, qui lui avait alors retiré sa licence européenne en raison de problèmes financiers, profitant ainsi au PAS Giannina. L’Europe aurait pu alors découvrir ce club atypique, niché dans la banlieue sud de la capitale grecque, avec son stade de 12.000 places qui sent bon le football populaire.

Mais l’Europe du foot aurait sans doute découvert, aussi, une structure qui porte sur ses épaules le poids de l’Histoire. Fondé en 1890, sous le nom d’Orpheus Music and Sports Club, le Panionios Gymnastikos Syllogos Smyrnis (GSS, pour l’abrévation) puise ses racines à Smyrne, donc, l’actuelle Izmir (Turquie). À cette époque de l’ère ottomane, la présence grecque sur place y est encore conséquente, et la culture de la pratique sportive chez les Grecs se ressent, avec de nombreuses structures qui voient le jour. Mais c’est militairement que le club ajoutera une autre ligne à sa riche histoire et à son patrimoine culturel.

La guerre comme vecteur d’identité

L’année 1922 marque un tournant dans l’histoire du pays, et donc dans celle du Panionios. Commencée en 1919, la Guerre gréco-turque, pour le partage de l’Empire ottoman, se termine trois ans plus tard. Le Traité de Sèvres, en 1920, avait contraint l’Empire défait et sous la pression de l’Entente, de céder au royaume hellène des territoires en Anatolie et en Thrace orientales (aujourd’hui répartie entre la Bulgarie, la Grèce et la Turquie). Sauf que Mustafa Kemal et les nationalistes turques n’ont jamais reconnu ce traité, et ont décidé de combattre pour reprendre les territoires mentionnés. Au terme de trois ans de combats, l’armée grecque subit une lourde défaite. Le Traité de Sèvres est remis en question, et celui de Lausanne oblige la Grèce à rendre les territoires « gagnés » en 1920.

« Au niveau de l’histoire, le président de l’époque était la mascotte du club quand il était jeune. Il n’a pas arrêté de nous le rabâcher, et de nous faire comprendre que c’était un club avec des valeurs » – Alain Raguel

Ce fait a profondément marqué la société grecque, et les déplacements de populations engendrés par ce conflit armé. 1 300 000 Grecs de Turquie contre 385 000 Turcs de Grèce, pour ce qui est des chiffres. La population déplacée se dirige en majorité vers la Thrace occidentale, la Macédoine et l’Attique, donc, où l’on trouve Nea Smyrni. Ce flux de population qui revient au pays ramène aussi avec lui un héritage ancré dans son histoire. Pour le Panionios, en l’occurrence, ce sera le club de foot, initialement créé à Smyrne et qui est, lui aussi, obligé de se reconstruire sur Athènes, dans un premier lieu.

C’est donc tout ce contexte qui fait du Panionios un club si particulier. Un club qui véhicule un riche passé, comme un souvenir indélébile de ce qu’a été l’histoire de la Grèce, ne serait-ce qu’au début du 20e. D’ailleurs, se promener à Nea Smyrni et autour du stade permet de ressentir cette sensation d’histoire omniprésente. Souvent, l’attachement à un club de foot puise ses raisons dans une histoire familiale, une filiation, une tradition transmise depuis des générations. Pour le Panionios, c’est tout à fait ça. Auquel il faut ajouter l’histoire personnelle de ces familles forcées de quitter leur pays, leur vie, pour échapper à la guerre et à ses exactions. « Au niveau de l’histoire, le président de l’époque était la mascotte du club quand il était jeune. Il n’a pas arrêté de nous le rabâcher, et de nous faire comprendre que c’était un club avec des valeurs », raconte Alain Raguel, ancien joueur du club (2000-2004).

L’antifascisme comme idéologie

Forcément, avec une telle histoire le Panionios ne peut pas être neutre politiquement. Parce qu’il sait, sûrement mieux que quiconque, ce que le totalitarisme peut provoquer. « Notre vision politique est clairement du côté gauche. Nous sommes des ultras antifascistes. On déteste les nazis et les ultras nazis. On est allé à plusieurs manifestations antifascistes et on essaye, jusqu’à aujourd’hui, de ne plus avoir aucun fait raciste ou fasciste dans notre stade ou notre zone », explique Marios, un ultra des Panthers, dans une interview. Comme une logique, finalement, en réponse à une vie faite de déplacements forcés et d’oppression.

Comme une réponse, aussi, au contexte politique récent en Grèce, avec la forte percée de l’extrême-droite, et notamment du parti de l’Aube Dorée, ouvertement néo-nazi. « Je sens que les supporters sont très très proches du club, parce qu’il y a une certaine identité étant donné qu’il y a beaucoup de clubs à Athènes. Ils s’identifient vraiment à un club. Avec les derbys tous les week-ends, on se côtoie régulièrement, détaille Alain Raguel, ancien des Bleu et Rouge. Donc on sent vraiment qu’il y a quelque chose. Ce n’est pas le public plus chaud, parce que ça reste localisé sur Athènes. Le Panionios est situé à côté des quartiers où il y a pas mal d’argent. Il y avait une bande de supporters, une cinquantaine de personnes, qui était là à chaque match et à chaque déplacement. C’est vraiment eux qui mettaient l’ambiance. »

Les Panthers, d’ailleurs, caractérisent très bien cette idéologie. Jamais cité parmi les groupes les plus chauds du pays (où l’on évoque plutôt la Gate 7 de l’Olympiakos, la Gate 13 du Pana, l’Original 21 de l’AEK, la Super 3 de l’Aris ou la Gate 4 du PAOK), le groupe ultra du Panionios, fondé en 1983, est pourtant très actif. Que ce soit dans son stade de Nea Smyrni, bordé de fresques tout autour histoire de bien rappeler la présence de ces fans, ou à l’extérieur, ils ne manquent jamais de craquer quelques fumis et soutenir leur équipe. Avec un nom qui diffère du reste, et qui ne doit rien au hasard. Panthers. « Les panthères sont l’un des plus forts et plus dangereux animaux qui vivent dans la jungle. Avec la panthère, tu ne peux pas jouer, et si tu essayes de la blesser, tu es mort ! » ajoute Marios. Impliqué socialement, le groupe effectue souvent des dons de sang, des collectes d’habits ou de nourritures pour les plus démunis, comme les Palestiniens, récemment.

(Aux abords du stade, les graffitis à la gloire des Panthers sont légion (avec une petite dédicace à la police, si on lit bien).

Depuis, le mouvement s’est étendu dans le pays au fur et à mesure que le Panionios a progressé sportivement, avec des sections locales ouvertes dans d’autres villes, comme à Thessalonique, ou aux USA et en Australie, là où la diaspora grecque est nombreuse. « Panthers et Panionios ne sont devenus qu’un », rappelle Marios. Parce qu’ils partagent la même identité, les mêmes valeurs. « Les Panthers ont toujours été avec le Panionios. On ne pense pas que c’est juste notre club, c’est notre manière de vivre. Si c’est nécessaire de prouver notre amour du Panionios en restant au poste de police plusieurs jours, revenir à la maison la tête en sang, se battre avec d’autres fans ou faire des milliers de kilomètres, on le fera »ajoute-t-il. Avant de rappeler, une dernière fois : « Le fan-club préfère avoir 1000 panthères plutôt que 10.000 moutons. »

Et le sportif, dans tout ça ?

Si le Panionios mérite de l’attention, c’est qu’il a toujours été performant sportivement. Historiquement, déjà, il a été l’un des pionniers de la pratique professionnelle dans le pays, en introduisant des sports comme le basket et le volley-ball dans les moeurs, ainsi que la pratique féminine de l’athlétisme, ce pour quoi il recevra des récompenses. Comme tout club grec qui se respecte, il est multisports, et l’on retrouve dans chaque section le même état d’esprit, les mêmes valeurs. Le même sentiment qui anime la défense de cet écusson qui signifie beaucoup de choses. Bien plus que du sport.

Niveau football, le Panionios est un peu le Sochaux de la Superleague, s’il fallait trouver une métaphore. En un peu plus de 100 ans, le club n’a connu que deux fois la relégation. Fort. « Pendant beaucoup d’années, le Panionios a végété dans les bas-fonds du championnat de Première Division, en étant considéré comme un club de seconde zone. Mais avec une histoire. Et ça n’a jamais été facile pour qui que ce soit d’aller jouer au Panionios. Jamais », poursuit Raguel. C’est donc à une équipe historique de l’élite grecque que nous avons affaire, même si cela ne se ressent qu’assez peu sur le palmarès, les gros ayant raflé presque tout sur leur passage. Deux fois vice-champion (1951, 1971), le Panionios a surtout garni son armoire avec deux Coupes (1979, 1998, 4 finales perdues), et une Coupe des Balkans en 1971, où ils avaient d’ailleurs affronté… Izmir, clin d’oeil de l’histoire.

C’est au moment de son dernier titre, en 1998, que le Panionios brille vraiment. Après sa victoire en finale face au Pana de la légende polonaise Krzysztof Warzycha, grâce à un but de Dimitris Nalitzis, les Rouge et Bleu gagnent le droit de participer à la disparue Coupe de l’UEFA. Avec ses trois Anglais dans l’équipe (Tisdale, Haylock, Robins) – chose rare en Grèce – le Panionios passe d’abord le premier tour contre les Finlandais du FC Haka. L’Apollon Limassol sera la victime du deuxième tour, offrant un billet inespéré pour les quarts de finale d’une compétition aussi prestigieuse, où il était encore possible pour ce genre de club modeste de performer.

L’aventure s’arrêtera face à la Lazio de Nedved et Stankovic, assez lourdement (7-0). Qu’importe : en se hissant jusqu’à ce stade de la compétition, en s’offrant un match chauffé à blanc à domicile, le Panionios a montré qu’un club sérieux peut réussir de belles choses. Ils retrouveront d’ailleurs l’épreuve à plusieurs reprises : en 2003-2004 (élimination au 2e tour face au … Barça de Ronnie, rien que ça), l’année suivante (4e de la poule composée de Newcastle, du Sporting Portugal, du Dinamo Tbilissi, et de … Sochaux), où la campagne sera marquée par de gros soupçons de match truqué face au Dinamo Tbilissi. Mené 1-0 à la pause, puis 2-1, le Panionios s’imposera finalement 5-2, dans une partie très très étrange. L’UEFA, alertée par de nombreux paris (notamment sur un score exact de 5-2), ouvrira une enquête. Achilleas Beos, que l’on connait dans le scandale du Koriopolis survenu quelques saisons plus tard (lorsqu’il dirigeait l’Olympiakos Volos), en était alors le président.

Quoi qu’il en soit, le club retrouvera l’Europe en 2007-2008, où, après avoir sorti Sochaux (décidément) en tour préliminaire, grâce notamment à un but de l’Algérien Djebbour, ils termineront 4e de leur poule derrière Galatasaray, Bordeaux et Helsingborgs et devant l’Austria Vienne. Pas si mal. Une élimination face au Napoli en Coupe Interto lors de l’édition 2008 marquera la dernière présence du Panionios sur la scène européenne. Plus pour longtemps, normalement.

(Difficile de douter de l’orientation politique quand on approche le stade : les tags sont assez explicites).

Formation, jeunesse et retour en haut

Au-delà de son riche patrimoine, le Panionios possède aussi d’autres caractéristiques qui lui sont propres. Celle, par exemple, d’avoir toujours compté sur les jeunes joueurs grecs. Forcément, le club n’a pas les moyens de ses voisins d’Athènes (AEK, Pana, Olympiakos), ni ceux des autres gros (PAOK, Aris). Et doit donc faire autrement, de manière intelligente et réfléchie. Mais, surtout, le Panionios ne voit que très rarement plus gros que ce qu’il ne le peut. Alvaro Recoba, présent lors de la saison 2008-2009, serait bien un exemple d’un « coup », d’une star sur la fin signée pour mettre un petit coup de projecteur sur l’équipe. Mais, souvent blessé et représentant une énorme charge salariale, il avait résilié avant la fin de son contrat. Un flop qui a sans doute donné quelques leçons. « Le fait que Recoba soit venu au club a énormément changé l’image du Panionios en Europe, et même en Grèce », nuance tout de même Alain Raguel.

Si l’on se penche sur les dernières années, le constat est saisissant. S’il n’a pas remporté de titre, le Panionios a façonné le football grec. Et a contribué à le rendre meilleur, avec un travail de l’ombre. Mitroglou, lors de la saison 2010-2011. Giannis Maniatis, arrivé en 2005 à 16 ans et parti en janvier 2011 à l’Olympiakos. Dimitros Siovas, arrivé tout jeune de Xanthi en 2008, parti lui aussi à l’Olympiakos, en 2012. Ou encore Giorgios Tzavellas, passé au club entre 2008 et 2010. Des joueurs qui ont coûté relativement peu d’argent, et qui, en signant dans de grosses écuries, ont ramené de l’argent dans les caisses. De l’argent vital, qui vient récompenser un travail de formation et de détection de grande qualité. Tous attestent d’un savoir-faire inégalé en Grèce pour former, polir, et donner du temps de jeu aux talents du pays. Des joueurs que l’on retrouve d’ailleurs à un très haut niveau, et qui ont tous connu les joies de la sélection A (où ils sont encore appelés, d’ailleurs). Et l’on pourrait citer d’autres noms : Alexandros Tziolis, Evangelos Mantzios, Nikos Spiropoulos, Dimitrios Kolovos ou encore Grigoris Makos, qui ont tous fini en sélection.

Un mélange de jeunesse locale et de recrutements malins qui peut donner de belles choses, comme sur cette période entre 2006 et 2008 où, sous la coupe de l’Allemand Ewald Lienen, le Panionios terminait cinquième deux années de suite, avant de connaître les joies de la Coupe UEFA. Histoire de prouver qu’en Grèce, il est possible de s’en sortir quand on a peu de moyens, mais beaucoup d’idées. À l’image de Rafik Djebbour, arrivé libre du Panionios à l’hiver 2007, et vendu 2,9 millions à l’AEK, un an et demi plus tard. Et si Lienen s’est fait lourder brutalement en novembre 2008, pour un désaccord avec le board comme on le voit si souvent en Grèce, le Panionios ne s’est pas effondré. Au contraire. Il a continué son petit bonhomme de chemin, sans faire de bruit.

Ouzounidis, l’Iran et les playoffs

Décembre 2014. Au coeur d’une saison difficile, Dimitrios Terezopoulos, le coach, est remplacé en cours de saison par Marinos Ouzounidis. Dans l’effectif, on trouve une majorité de joueurs grecs, plus quelques étrangers ici et là, dont Ariel Ibagaza (qui prendra sa retraite à l’issue de la saison), le Camerounais Boumale ou encore Apostolos Giannou. L’ancien joueur du Havre avait déjà fait ses gammes à Chypre (APOEL) et en Grèce (Larissa, Iraklis, Xanthi, Platanias, Ergotelis) avant de reprendre les Rouge et Bleu. Le changement sera radical, du moins la saison suivante. Toujours avec les ingrédients qui font la renommée de ce club. « Quand je suis parti, ils ont joué l’Europa League l’année d’après contre Sochaux. Et ils n’ont pas arrêté de se structurer. Ce qui a aidé, c’est qu’il y a un autre président qui est arrivé, un armateur qui avait grandi dans un autre pays d’Europe, et il a mis un peu d’argent dans le club, note Alain Raguel Par la suite, ils ont créé un centre de formation en dehors d’Athènes, où les joueurs allaient s’entraîner. Ils sont passés d’un milieu professionnel-amateur à un milieu carrément professionnel. Forcément, derrière, les résultats ont suivi. Et ça ne m’étonne pas du tout. »

L’été sera le parfait exemple du fonctionnement du Panionios. Des départs de jeunes talents, comme le tout jeune Evangelou au Pana, qui sera bientôt suivi par celui de Boumale, lui aussi au Pana en janvier, et celui de Chatziisaias au PAOK, à la même période. En contrepartie, l’effectif se garnit de joueurs arrivés libres (comme un certain Karim Ansarifard) ou prêtés (Tzandaris, Dioudis, Karamanos). Résultat ? Sous la houlette de la révélation Bakasetas (11 buts, 7 passes décisives), de l’Iranien Ansarifard (8 buts) ou du Camerounais Boumale (4 buts et 7 passes décisives en 6 mois), le Panionios et ses quatre étrangers (un fait rarissime) dans l’effectif sont LA révélation de l’année en Superleague. 1,4 million rentreront dans les caisses sur cette année-là, rien qu’avec les transferts. Pour 0€ de dépense. Malin.

(Le stade de Nea Smyrni ne paie pas de mine, comme ça. Mais Alvaro Recoba en a foulé la pelouse. Qui peut en dire autant ?).

La 5e place en sera d’ailleurs la récompense, après des playoffs un peu ratés qui auraient pu déboucher sur un meilleur classement encore. Pourtant, l’UEFA sanctionnera le Panionios, le privant de la licence nécessaire pour participer aux éliminatoires de la Ligue Europa. Le PAS Giannina, 6e de la saison régulière, en profitera pour aller écrire son histoire. Le Panionios, lui, encaissera le coup. Mais ne pliera pas : la souffrance fait partie de son ADN. La résilience ? Jamais. Ce serait faire honte aux Panthers et à l’histoire de l’institution. L’été n’est pourtant pas de tout repos, avec le départ fracassant d’Ouzounidis, accusé d’avoir fait des appels du pied à l’Olympiakos pour le poste d’entraîneur, qu’il n’obtiendra pas. Et on ne bafoue pas l’honneur du Panionios. Les Panthers ne manqueront pas de le rappeler, en venant le dire avec véhémence plusieurs fois au centre d’entraînement.

Le Serbe Vladan Milojević, ancien joueur de Superleague (PAS Giannina, Pana, Atromitos, Iraklis), passé juste avant sur le banc de l’Omonia (Chypre), reprend le flambeau. Les transferts ? 0€ dépensés, des prêts malins (comme l’excellent Ben Nabouhane, propriété de l’Olympiakos, ou Lazaros Lamprou), et des joueurs revanchards ou méconnus (Guihoata, Masoud). Seul Ngog, l’ancien du PSG, pourrait être considéré comme un flop eu égard aux attentes placées en lui. L’issue, pourtant, sera la même : en accrochant le nul face à Platanias début avril, le Panionios a validé son ticket pour les playoffs, en ayant passé toute la saison régulière dans les cinq premières places. Ansarifard vendu à l’Olympiakos en janvier ? Qu’importe : Ben Nabouhane explose. Et le Panionios verra l’Europe, cette fois-ci pour de bon.

Risvanis (23 ans) en défense centrale, Siopis (22 ans) à la récupération, Masouras (23 ans) sur l’aile gauche. Comme à son habitude, le Panionios façonne la Grèce de demain. Des joueurs qui seront sans doute vendus dès cet été, ou plus tard, à des clubs plus huppés, et qui feront rentrer quelques billets dans les caisses. Et qui seront remplacés par des jeunes formés au club, ou recrutés gratuitement. Parce qu’au Panionios, le cycle se répète. Sans strass ni paillettes, le club le plus vieux de Grèce continue d’écrire une histoire entamée à Smyrne à la fin du 19e siècle, à un tournant de l’histoire moderne. Une histoire commencée dans la souffrance, la peur, la guerre, et qui, à force de travail, de patience, de souffrance et de hargne, s’écrira en Europe l’an prochain. Et c’est totalement mérité. « On sent vraiment que c’est un club super important en Grèce. Même si on est étranger, on le ressent », nous disait Alain Raguel. Il ne reste plus qu’au reste de l’Europe de découvrir cette équipe pas comme les autres.

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Le pied gauche d’Holebas, la hargne de Karagounis, la technique de Fortounis, la classe de Nikopolidis & le jeu de tête de Charisteas.
04/07/2004 à tout jamais.

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