En route pour la Russie #18 : Sergei Semak, voir Paris et en revenir

Karim Hameg
Karim Hameg - Publié le 22 mars 2018

Notre dispositif Coupe du Monde se met en place et cette nouvelle série d’articles va vous accompagner de manière hebdomadaire jusqu’à l’ouverture de la compétition. Chaque semaine, nous faisons le lien entre un pays qualifié pour la compétition et le pays organisateur. Place ce jeudi à la France avec un portrait du dernier joueur russe passé par la Ligue 1 : Sergei Semak.


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Comme nombre de pays d’Europe de l’Ouest, la France a cédé à la mode du joueur russe (et plus généralement du joueur issu de l’ex-URSS) à partir de la fin des années 1980. Du pionnier Vagiz Khidiyatullin à la fin des années 1980 au jeune Andrei Panyukov qui n’aura pas marqué les esprits avec l’AC Ajaccio en 2015/2016 en passant par les réussites Aleksandr Mostovoi et Aleksei Smertin, ils ont été quelques-uns à avoir tenté de conquérir l’Hexagone. Parmi eux figure un joueur à qui, bien qu’étant une légende du football de son pays, se sera davantage distingué par les circonstances rocambolesques de son arrivée en Ligue 1 que par ses prestations sur le terrain.

Paris, Parc des Princes, 7 décembre 2004. Le Paris Saint-Germain n’a besoin que d’une victoire pour se qualifier pour les huitièmes de finale de la Ligue des Champions. Il reçoit un CSKA Moscou déjà éliminé et part favori. Un homme vient contrarier les plans du club de la capitale française : Sergei Semak. D’un improbable triplé, le capitaine moscovite vient crucifier le PSG et offrir la victoire à son équipe (3-1). Alors que le football de haut niveau s’apprête à s’éloigner pour une longue période des alentours de la Porte de Saint-Cloud, le CSKA Moscou continue l’aventure en Coupe de l’UEFA. Quelques mois plus tard, l’ancien club de l’Armée rouge remporte la compétition à Lisbonne, après une victoire face à un Sporting qui joue pourtant à domicile (3-1).

L’homme qui soulève le trophée ce jour-là n’est pas Sergei Semak, mais Sergei Ignashevich. Et pour cause, l’emblématique capitaine du CSKA Moscou ne fait alors plus partie de l’effectif. Le 24 janvier 2005, un peu plus d’un mois et demi après son coup d’éclat au Parc des Princes, Sergei Semak est transféré au PSG moyennant une indemnité de 2,7 millions d’euros. Le Russe, qui arrive pour redonner de l’allant à une équipe alors moribonde, est pourtant loin d’avoir le profil du joueur frisson venu de l’Est.

Au CSKA Moscou : de capitaine emblématique à héros d’un soir

« Je viens du Donbass, du district de Mankivka, à 150 kilomètres au sud de Louhansk, » explique Sergeï dans une longue interview publiée dans le numéro 39, de septembre 1996, du journal Sport-Express. « Je suis issu d’une lignée de 5 enfants, je suis au milieu, le troisième. Mon père était transporteur long-courriers, je me souviens être allée une fois en Crimée avec lui ; il travaille actuellement sur une grue, tandis que ma mère travaillait comme vendeuse dans un magasin. »

© rusteam.permian.ru

La passion du football, elle, vient de ce même père, qui, « encore étudiant, à Louhansk, a joué pour une équipe de la région dans le championnat ukrainien. Depuis, il n’a pas perdu son intérêt pour le football et nous a infectés. Mon frère aîné était proche d’être professionnel, mais mes parents ne voulaient pas. […] Moi, je voulais vraiment jouer au football, mais mes parents avaient comme contre-argument : « Des millions de personnes le veulent aussi, mais il n’y a que peu d’élus. Ne passe pas trop de temps à jouer au football. » Je me suis fixé l’objectif de devenir professionnel, et malgré les doutes de mes parents, je me suis efforcé d’atteindre cet objectif […] Mon idole, c’était Oleksandr Zavarov, il vient de Louhasnk, on l’admirait tous pour sa technique. »

Pour devenir le nouveau Zavarov, Sergei Bogdanovich Semak (ou, en ukrainien, Serhiy Bohdanovych Semak) quitte très jeune son pays de naissance pour la Russie afin de tenter sa chance dans le football, laissant derrière lui ses parents et cette famille.

Le milieu de terrain offensif démarre sa carrière dans un petit club moscovite :  le Presnya qui deviendra ensuite l’Asmaral après son passage sous la coupe de l’homme d’affaires irakien Houssam Al-Khalidi, venu profiter des opportunités offertes par l’arrivée du capitalisme dans la jeune Russie. Entre ses deux passages au club, Semak passe également par le Grand Nord et le Karelia Petrozavodsk.

Ses prestations sous le maillot de l’Asmaral convainquent le CSKA Moscou de signer le joueur, alors âgé de 18 ans. « Ma modeste personne intéressée simultanément deux grands de Moscou, le Dinamo et le CSKA. Mais le Dinamo de Beskov semblait moins déterminé que le club de l’Armée dirigé par Tarkhanov. Il a envoyé ses représentants à l’aéroport de Sheremetyevo où notre équipe de jeunes se rendait en Espagne pour le Championnat d’Europe. La conversation était de courte durée, mais spécifique. Et j’ai accepté d’aller au CSKA. » expliquait le joueur, toujours dans le numéro 39, de septembre 1996, du journal Sport-Express

Semak débarque dans l’ancien club de l’Armée rouge en 1994. Dernier champion d’URSS, le CSKA vit à l’époque dans l’ombre de son puissant voisin le Spartak. Sergei Semak y devient un titulaire indiscutable puis le capitaine et accompagne la montée en puissance de son club qui passe progressivement de faire-valoir à prétendant aux places européennes. Le CSKA Moscou termine deuxième lors de la saison 1999 (durant laquelle Semak marque à douze reprises) et remporte son premier titre post-soviétique avec la coupe de Russie en 2002. La consécration arrive un an plus tard avec le premier titre de champion de Russie de l’histoire du club sous la direction de Vladimir Gazzaev.

Dans l’intervalle, Sergei Semak devient international russe après avoir acquis la nationalité de son « nouveau » pays, fêtant sa première sélection le 15 novembre 1997 à Naples à l’occasion d’un match de barrage retour de qualification pour la Coupe du monde 1998 perdu face à l’Italie (0-1) quelques jours après un match nul (1-1) à l’aller dans le froid moscovite qui aura vu un certain Gianluigi Buffon faire ses débuts internationaux.

© rusteam.permian.ru

Régulièrement appelé en sélection sans pour autant être titulaire, Semak vit son premier grand moment sous le maillot de la Sbornaya le 5 juin 1999. Opposée à l’équipe de France championne du monde, au Stade de France, la sélection russe va réaliser l’exploit et s’imposer 3-2 pour infliger aux Bleus leur première défaite depuis leur sacre mondial. Titulaire, le joueur joue 59 minutes avant d’être remplacé par Vladimir Beschastnykh, le temps d’être impliqué sur l’égalisation française en déviant malencontreusement le coup franc d’Emmanuel Petit. Semak fait également partie de l’aventure russe à la Coupe du monde 2002 ; aventure qui s’achève dès le premier tour sans que le milieu de terrain ne foule les pelouses japonaises ne serait-ce qu’une seule minute.

Lors de la saison 2004/2005, le CSKA Moscou dispute la Ligue des Champions pour la première fois depuis onze ans. Régulièrement associé à Vágner Love en attaque, Sergei Semak fait des étincelles à deux reprises face au Paris Saint-Germain : au match aller en inscrivant l’un des deux buts de la victoire (2-0) et donc au match retour avec un triplé qui scellera la victoire de son équipe (3-1) et indirectement la victoire de celle-ci en Coupe de l’UEFA quelques mois plus tard, l’élimination du PSG… et son transfert dans la capitale française. Ce 7 décembre 2004, Sergei Semak ne le savait pas encore, mais il avait disputé son dernier match sous les couleurs du CSKA après dix ans de bons et loyaux services.

Au PSG : un transfert improbable et une année mitigée

« Curieusement, cela a été un moment merveilleux. Je pense que j’avais besoin de cette période française. Sinon, j’aurais déjà terminé de jouer au football. Il est coutume pour nous de considérer que, si tu as 30 ans, tu es un vétéran. [Jouer en France] permet de regarder [les choses] autrement, [voir] comment on joue au football en Europe, dans une telle atmosphère, ou même repenser son attitude par rapport au football. » voici comment Sergeï Semak contait son parcours français lors d’une interview pour le site officiel du Rubin Kazan, en 2010.

Quand Sergei Semak débarque au Camp des Loges, le Paris Saint-Germain est une équipe moribonde, loin de celle qui a terminé deuxième de Ligue 1 la saison précédente tout en remportant la Coupe de France. Éliminé de la Ligue des Champions et de la Coupe de la Ligue (par Montpellier, alors en Ligue 2),  le club se traîne péniblement en milieu de tableau en championnat. Pas de quoi décourager pour autant un Semak persuadé que son nouveau club peut remonter la pente.

Quelques jours après son arrivée, l’international russe dispute ses premières minutes sous le maillot parisien au stade Louis-II pour une défaite face à Monaco (0-2). Titulaire, il joue 64 minutes avant d’être remplacé par Danijel Ljuboja. Lors du match suivant, le 6 février 2005, il dispute son premier match en intégralité pour ses débuts au Parc des Princes face à Lens. La rencontre s’achève pour le PSG sur une défaite (0-2) qui coûte sa place à Vahid Halilhodžić, remplacé par Laurent Fournier. Le nouvel entraîneur parisien continue à faire confiance à Semak qui termine sa première demi-saison parisienne avec treize matchs disputés, dont neuf comme titulaire pour un seul but marqué lors d’une victoire 3-1 face à Nice à l’occasion de la 34e journée. Culture PSG affirmera, dans un article, que ce match était sans doute le plus accompli de Semak sous les couleurs parisiennes. Le club parisien termine quant à lui la saison à une triste neuvième place avec en prime une élimination en huitièmes de finale de la Coupe de France face au futur vainqueur, Auxerre (2-3). Il n’y aura pas de coupe d’Europe à Paris en 2005/2006.

© Дмитрий Садовников – soccer.ru

Malgré tout, le PSG aborde la saison avec ambition. Au mercato estival, Bonaventure Kalou, Vikash Dhorasoo et David Rozehnal viennent notamment renforcer le club parisien. La mayonnaise prend et lors des premières journées, le Paris Saint-Germain est tout simplement invincible. Le club de la capitale est leader après quatre journées de championnat avec trois victoires pour un match nul. Durant cette bonne période, Semak perd définitivement sa place au club. Absent du groupe lors des quatre premières journées, il dispute ses premières minutes face à Nice en entrant en jeu à la 18e minute à la place d’un Jérôme Rothen blessé. Le PSG concéde à l’issue de la rencontre sa première défaite de la saison (1-2).

La suite de la saison n’est guère meilleure pour l’ancien joueur du CSKA qui doit se contenter d’un temps de jeu limité, entrant à divers postes au gré des blessures ou des changements tactiques de Laurent Fournier. Semak doit attendre la 11e journée pour être enfin titularisé : profitant de la suspension de Pauleta, il se retrouve propulsé dans le onze de départ au Stade Vélodrome lors d’un OM – PSG qui verra les Olympiens s’imposer (1-0) après une série de huit matchs consécutifs sans le moindre succès face à leur grand rival.

Derrière, Semak connaît trois autres titularisations en Ligue 1, la dernière étant à Nice le 21 janvier 2006 (défaite 0-1). Quelques semaines plus tard, en situation d’échec, Sergei Semak retourne dans la capitale russe, direction le FC Moscou. Sous la direction de Fournier puis de Guy Lacombe, le natif de l’est de l’Ukraine n’a disputé que 13 matchs de championnat (4 titularisations) et 2 de Coupe de la Ligue (1 titularisation). C’est sans lui que le PSG termine à la neuvième place du championnat en se consolant toutefois avec une Coupe de France remportée face à Marseille (2-1).

Alors, comment expliquer l’échec de Sergei Semak à Paris ? Capitaine du Paris Saint-Germain à l’époque, José-Karl Pierre-Fanfan, qui a fréquenté Semak durant six mois avant de quitter le PSG, nous livre un début d’explication. Même s’il assure que « personne n’en voulût au joueur pour son triplé inscrit en Ligue des Champions, » les circonstances particulières de son arrivée associées à la discrétion du joueur n’ont pas contribué à faciliter son intégration. « Il arrive donc en janvier, en cours de saison. Ce n’est jamais simple de s’adapter à cette période, en plus lorsque vous ne maîtrisez pas la langue et que vous êtes le bourreau qui débarque dans une équipe meurtrie par l’élimination et la perte de l’un de ses meilleurs éléments au milieu de terrain (Mbami [sorti sur blessure au bout de trois minutes lors du match de Ligue des Champions PSG – CSKA Moscou], NDLR.) […] On ne lui en voulait pas, mais c’était tout de même particulier… même pour lui. » explique José-Karl Pierre Fanfan.

Les attentes autour du joueur étaient peut-être trop élevées, comme le confirme Pierre-Fanfan qui décrit Sergei Semak comme étant « techniquement à l’aise dans les petits espaces et le jeu court, ajourant qu’après ses 3 buts en Ligue des Champions, tout le monde s’attendait à tort à ce qu’il en fasse autant à chaque match, mais évidemment le contexte était différent alors que les attentes étaient fortes. »

Les souvenirs liés à son passage sont partagés. Si Culture PSG, dans l’article cité plus haut, parle de Semak comme d’un joueur « talentueux, mais pas forcément à sa place à Paris », France Football se montre beaucoup plus impitoyable en incluant le Russe dans sa liste des dix pires recrues de l’histoire du Paris Saint-Germain. De son côté, interviewé par Goal.com avant la rencontre CSKA Moscou – Lyon, le désormais ancien joueur a avoué ressentir « une petite déception de ne pas avoir beaucoup joué au PSG et dans le championnat français. »

Un retour en Russie en forme de consécration

Au FC Moscou, Semak devient rapidement un titulaire indiscutable. Il contribue à mener l’un des clubs émergents du championnat à la 6e place (en 2006) puis à la 4e place (en 2007). Début 2008, Sergei Semak rejoint le Rubin Kazan pour vivre sur le tard ce qui sera la période la plus faste de sa carrière de footballeur.

Ainsi, non seulement Semak, brassard de capitaine autour du bras, contribue à emmener le club tatar vers un inattendu titre de champion de Russie en 2008, mais il retrouve également la Sbornaya sous la houlette de Guus Hiddink qui en fait son capitaine à l’occasion de l’Euro 2008 et ce alors qu’il n’a plus porté le maillot de la sélection russe depuis deux ans. Repositionné par le tacticien néerlandais en tant que sentinelle, mais dans un registre de meneur de jeu reculé (deux passes décisives durant le tournoi), il est, dans l’ombre d’Arshavin et des autres talents offensifs de la sélection, l’un des moteurs de l’épopée russe en Suisse et en Autriche qui s’achève en demi-finales avec une défaite face au futur vainqueur espagnol (0-3).

© Валерий Дудуш

Après quoi, Semak enchaîne avec un retour en Ligue des Champions sous le maillot du Rubin lors de la saison 2009/2010 marquée par une mémorable victoire au Camp Nou sur le terrain d’un FC Barcelone alors champion d’Europe en titre (2-1). Pour l’anecdote, Semak, sorti avant la mi-temps sur blessure, avait affirmé avoir appelé sa fille née quelques jours après l’exploit « Barcelona » avant de révéler qu’il ne s’agissait que d’une plaisanterie, le véritable nom de sa fille étant Varvara. Dans la foulée, le Rubin remportera un nouveau titre de champion de Russie.

Si la carrière internationale de Sergei Semak prend fin avec la non-qualification pour le Mondial 2010 et le départ de Guus Hiddink, sa carrière en club se poursuit au plus haut niveau du football russe. Il rejoint ainsi le Zenit Saint-Pétersbourg à l’été 2010 et y garnit son palmarès avec deux nouveaux titres de champion en 2010 et 2011/2012, ses troisième et quatrième titres de champion de Russie consécutifs. En Ligue des Champions, il se distinguera en marquant d’une superbe talonnade aérienne lors du huitième de finale aller de la Ligue des Champions 2011/2012 face à Benfica (3-2).

La carrière en club de Semak se poursuivra jusqu’à la saison 2012/2013 à l’issue de laquelle il prend sa retraite en ayant au passage établi le record du nombre de matchs disputés dans le championnat russe (455, avant d’être dépassé par Sergei Ignashevich).

Depuis, l’ancien milieu de terrain a démarré une carrière d’entraîneur qui l’a vu assurer un intérim au Zenit en 2014 avant d’être l’adjoint des sélectionneurs Fabio Capello et Leonid Slutsky. Fin 2016, Semak a pris les rênes du club d’Ufa avec lequel il réalise une saison 2017/2018 d’excellente facture. S’il n’est pas le sélectionneur qui s’apprête à emmener la Russie à sa Coupe du monde comme l’avait imaginé le site sports.ru au moment de l’attribution du Mondial 2018 à la Russie, Sergei Semak réalise des débuts tout à fait honorables dans le métier.

Ainsi est Sergei Semak. De par sa carrière, l’ancien milieu de terrain peut être considéré comme étant une sorte de trait d’union entre les deux générations de footballeurs russes qu’il a côtoyé : celle des années 1990 qui a vu plusieurs de ses membres s’expatrier et, parfois, réussir à l’étranger, et celle des années 2000, plus casanière, qui a trouvé un certain confort dans un championnat russe devenu de plus en plus puissant tant sportivement qu’économiquement. Comme certains de ses aînés, Semak aura tenté le défi de l’expatriation et s’y sera cassé les dents davantage en raison de problèmes d’adaptation que par ses qualités de footballeur reconnues de tous. Ou presque. Comme ses contemporains, Semak a fini par (re)trouver son confort en rentrant au bercail pour y réaliser une fin de carrière bien plus digne. A l’image du joueur qu’il a été.

Karim Hameg / Merci à José-Karl Pierre-Fanfan pour son témoignage et sa disponibilité


Image à la une : © CHRISTIAN GAVELLE / AFP

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Ex-géographe aujourd'hui dans l'informatique, passionné de football russe et ukrainien.

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