En route pour la Russie #17: Keisuke Honda, l’Empereur qui ne sera pas Tsar

Mathieu
Mathieu - Publié le 15 mars 2018

Notre dispositif Coupe du Monde se met en place et cette nouvelle série d’articles va vous accompagner de manière hebdomadaire jusqu’à l’ouverture de la compétition. Chaque semaine, nous faisons le lien entre un pays qualifié pour la compétition et le pays organisateur. Place ce jeudi au Japon et au plus grand représentant nippon ayant évolué en Russie. L’Empereur qui ne voulait pas être Tsar, le gaucher au pied de velours et au jeu sismique : Keisuke Honda, général franc tireur du CSKA Moscou.


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Les liens entre Russie et Japon sont multiples, mais principalement géographiques. Si les deux pays ne sont pas voisins directs, seuls la mer du Japon et le détroit de La Pérouse séparent le pays du Soleil levant de l’immense pays-continent. L’île d’Hokkaido touchant quasiment du bout du doigt les îles Kouriles, sujet de discorde permanent entre les deux ex-empires. Le Kamchatka et l’Oblast de Sakhaline en derniers représentants orientaux de la grande Russie regardant au loin les côtes soeurs-volcaniques-japonaises se former dans la mer d’Okhotsk.

Il y a un petit parfum de confins du monde dans cette région où les plaques eurasienne, nord-américaine et philippine se rencontrent. Créant au fil des millénaires ces îles et presqu’îles où la nature règne encore en maître. Un maître parfois contesté par l’Homme et ses volontés d’expansion. Nous aurions donc pu vous parler de ces magnifiques volcans millénaires, de ces guerres de pêcheurs en eaux troubles, mais tout cela serait oublier notre passion : ce football, d’Histoire et d’histoires. Nous aurions pu alors nous arrêter avec hipsterise (mélange personnel de hipster et expertise) sur des joueurs comme Ippei Shinozuka, jeune joueur Russo-Japonais formé au Spartak et évoluant maintenant au Yokohama F.Marinos ou Akhrik Tsveiba, défenseur international de quatre sélections différentes (URSS, CIS, Russie, Ukraine) et ayant joué, et plutôt bien joué, au Gamba Osaka dans les années 90.

Mais finalement quel meilleur porte-drapeau de ce lien footballistique entre le Japon et la Russie que celui créé pendant près de quatre ans par Keisuke Honda ? Un lien ayant pour dénominateur commun le jeu, un lien sismique comme les plaques séparant ces deux pays. Honda s’est fait un nom en Russie, d’un joueur plein de promesses, mais peu connu, il va alors devenir un joueur de classe mondiale, un joueur capable par instant de jouer dans la cour des plus grands. Mais ce Keisuke brillant a aussi une part d’ombre, une part plus cynique, plus sûre – parfois trop – ; cette part qui l’emmènera aussi sur des chemins moins glorieux vers lesquels certains supporters russes lui en tiendront rigueur.

Des débuts (très) prometteurs

Après deux très belles premières années en Europe au VVV Venlo, Keisuke Honda, alors âgé de 23 ans, signe au CSKA Moscou le premier janvier 2010. Un transfert rapportant au petit club hollandais la bagatelle d’environ six millions d’euros et à Honda la lumière dont son talent a besoin.

L’Empereur Keisuke, comme le surnomme les fans du VVV, rejoint alors le CSKA tout juste deux mois avant l’arrivée de l’incontournable et charismatique entraîneur Leonid Slutksiy. Et le moins que l’on puisse dire est que le milieu de terrain japonais va devenir rapidement une pièce maîtresse du stratège russe. Avec ses qualités techniques indéniables et son magnifique pied gauche, Honda allait commencer son histoire impériale avec les Armeytsy de la meilleure des manières, et ce sans que personne ne soit surpris. Ni nous, ni vous, ni lui.

Mais à la lumière du jour, des petits nuages apparaissent déjà dans le ciel bleu de l’idylle nippo-russe et ce dès le début de son histoire moscovite. Des problèmes qui s’amplifieront et commenceront avec la signature d’un contrat de quatre années ; et non cinq comme le souhaitait le CSKA. Un détail ? Peut-être, mais pour Honda il est déjà clair que Moscou n’est qu’une simple étape sur le chemin qui doit le mener vers les sommets.

Pour ses débuts sous le maillot du CSKA Moscou, Honda rentre dans le grand bain et joue 82 minutes en huitième de finale de Champions League entre Séville et les Krasno-sinie. Un match qui se termine par un score de parité entre les deux clubs. La fusée Keisuke est lancée. Et c’est deux semaines plus tard qu’il fait ses débuts en RPL en y marquant le but vainqueur, à la 93e minute, face à l’Amkar Perm – un match donnant la victoire à son équipe, la replaçant en deuxième position du championnat, une position qui sera la position finale du CSKA quelque mois plus tard au terme de l’année 2010.

Le jeune héros blond de 23 ans

Quatre jours après la victoire face à l’Amkar Perm, le club moscovite se rend en Espagne pour y disputer le match retour de son huitième de finale face à Séville. Honda, cheveux peroxydés au vent et visage de poupon, va encore montrer l’étendue de son talent et, comme contre Perm, marque un but d’une importance capitale. Après avoir distillé une passe décisive pour Tomas Necid, il va, de son pied gauche, envoyer pour la première fois de son histoire un club russe en quarts de finale de la Champions League sur un coup franc à mi-distance qu’il fouette parfaitement. La puissance surprend le gardien espagnol qui ne peut que détourner le ballon dans ses propres filets.

Avec trois buts et deux passes décisives sur ses quinze premiers matchs, l’Empereur démarre son expérience russe tranquillement, mais avec le panache d’avoir emmené du bout de son pied gauche et pour la première fois de l’Histoire, le CSKA Moscou en quarts de finale de la Champions League. Lui, le petit japonais d’Osaka, playmaker de talent, qui jouait, il y a encore un an de cela à Venlo, devient alors le premier joueur japonais à atteindre ce niveau dans la plus grande compétition européenne.

Pendant l’été, Honda se montre sous son meilleur jour. Il est alors le joueur clef du Japon à la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud. Dans un groupe difficile composé des Pays-Bas, du Danemark et du Cameroun, le Japon de Honda rêve grand. Lors du match d’ouverture, c’est lui, le Moscovite, qui, oublié par la défense sur un centre de Matsui, marque le seul et unique but du match. Dix jours plus tard, le Japonais, comme face au FC Séville avec Moscou, devient libérateur. Il envoie le Japon en huitièmes de finale de la Coupe du Monde grâce à un magnifique coup franc dont lui seul a le secret, face au Danemark.

Même si le Japon se fait éliminer aux tirs au but, en huitièmes de finale, par le Paraguay et que le CSKA ne gagne rien lors de cette saison 2010 après avoir été éliminé par l’Inter en Champions League et avoir manqué la Super Coupe de Russie face à Kazan, il est clair que Honda s’est révélé aux yeux du monde. Clair que les lumières crues des projecteurs ne sont pas prêtes de s’arrêter de suivre le jeune prodige japonais.

Les automnes gris de Moscou et les lendemains qui chantent

Après l’été et une Coupe du Monde réussie, les paillettes et les rayons de soleil laissent place à un temps maussade sur la capitale russe. C’est la première fois que les fans des Krasno-sinie vont voir un Keisuke Honda ton sur ton du ciel grisâtre moscovite. Un Honda moins virevoltant, moins créateur, un Honda plus passif et relayé au poste de milieu défensif ; se faisant passer devant un certain Dzagoev.

Il apparaît parfois apathique, quasiment malheureux sur le terrain. S’en est trop pour Slutkskiy qui se voit forcé de mettre sa star japonaise sur le banc pour quatre matchs de championnats avant de le faire réintégrer le onze de départ pour la suite du championnat. Mais, curieusement, sur la scène européenne, le Japonais se montre sous son meilleur jour, aidant son équipe à atteindre un total de seize points sur 18 possibles lors de la phase de groupe de l’Europa League 2010/11.

« Keisuke est très bien à Moscou. Il aime l’équipe, il vit dans une grande et belle ville. Il est heureux au CSKA. La seule chose qui l’ennuie est sa position sur le terrain. » – son agent.

Il finit alors 2010 sur les chapeaux de roues en étant l’un des principaux artisans de cette performance de haute volée en Europe avec un but et pas moins de trois passes décisives lors de ses six matchs. Son match contre Palerme, dont découlera une victoire à domicile du CSKA face aux Italiens, est un modèle du genre, l’un des plus aboutis sous les couleurs du club moscovite. C’est un Keisuke virevoltant, versatile et plein de panache qui, en deuxième mi-temps, montre toute l’étendue de sa palette de joueur de classe et de playmaker de génie avec une passe extraordinaire pour Necid sur le dernier but et un petit chef-d’oeuvre qu’il conclut lui-même pour le premier.

L’année 2011 est celle de la confirmation et de la déception pour le natif d’Osaka. Le championnat change de formule et s’étale maintenant sur deux années civiles avec division en deux groupes à la fin de la saison régulière, l’un se jouant le titre, l’autre la survie dans l’élite du football russe. Honda est toujours en concurrence avec Dzagoev au poste de milieu créateur. Les débuts sont plutôt compliqués et dans un premier temps Slutsky préfère le Russe au Japonais. Mais à partir de mai, le Japonais reprend la main et produit des performances de haut niveau jusqu’en août. Avec ses sept buts et ses trois passes décisives en championnat, il participe grandement aux excellents résultats du CSKA Moscou qui se retrouve alors premier du championnat après les 22 journées.

Outre l’Europa League et le championnat, en Coupe de Russie, Honda va aussi briller de mille feux. Il délivre trois passes décisives en six matchs dont l’une prodigieuse et capitale sur le but du titre de Doumbia lors de la finale face à l’Alania Vladikavkaz juste après son entrée en jeu en lieu et place d’un certain Dzagoev. Il remporte alors ce dimanche 22 mai 2011, le premier titre de sa carrière avec le CSKA.

Malheureusement, une grave blessure au genou, puis aux côtes, écarte le petit gaucher de quasiment toute la fin de saison du CSKA, un crève-coeur alors que les Russes sont bien placés en championnat et que la musique de la Champions League retentit jusqu’en huitièmes de finale. Faut-il y voir un signe de l’importance du Japonais dans le jeu russe, mais le CSKA malgré un Doumbia marchant sur l’eau s’effondre quasi instantanément après la première blessure de leur playmaker aux cheveux blonds et finit le championnat à une décevante troisième place. La saison 2011-2012 s’achève et le Japonais fait part de son spleen.

Un Empereur malgré tout solitaire

Si Honda est apprécié en tant que joueur au talent extraordinaire et reconnu, les suiveurs et fans du CSKA regrettent parfois son égoïsme sur le terrain. Beaucoup trouvent que le Japonais joue certainement parfois plus pour se faire briller que pour faire briller le collectif et la machine moscovite. Dans un pays comme la Russie dont l’entraide et le collectif sont longtemps passés devant l’individu, Keisuke détonne par son caractère. Un individualisme qui se retrouve aussi en dehors du terrain. Honda a son propre préparateur physique et cela fait parler au club. De plus, il ne participe que très peu aux activités de groupes organisées par ses coéquipiers ; comme le révèle Sergei Ignashevich, défenseur historique du club. « En quatre ans au club, il n’a participé que deux fois à nos événements entre coéquipiers. Je n’ai pas remarqué qu’il ait une autre passion que le football. Je ne dirai pas que c’est un professionnel, mais plutôt un robot. » Des mots qui peuvent paraître durs, mais qui donnent le pouls du sentiment qui se dégage lorsqu’on suit le club durant la période Honda. Une différence culturelle ? Peut-être. Une autre vision du football ? Peut-être. Une simple incompréhension ? Peut-être.

Quoi qu’il en soit, ses bonnes performances répétées sur la scène continentale après deux ans en Russie tapent dans l’œil de beaucoup de clubs, mais le CKSA ne veut pas se séparer de sa pépite. L’AC Milan, la Lazio font des offres à hauteur de 12 millions d’euros, Honda se mettant même d’accord contractuellement avec ce dernier, mais le CSKA est ferme et intransigeant : le Japonais ne partira pas pour si peu d’argent. D’autres clubs comme Liverpool et la Juventus le suivent eux aussi de très près, mais les Moscovites restent inflexibles, il faudra un pont d’or pour qu’il laisse partir leur jeune milieu. Honda a la tête qui tourne, il est déçu et le fait savoir :

« J’avais prévu de montrer de quoi j’étais capable à la Coupe du Monde pour pouvoir quitter la Russie après un an et demi, mais ça fait déjà deux ans que je suis ici. »

Des déclarations qui montrent son impatience et qui ne font pas beaucoup d’heureux du côté de Moscou ; lui qui est vu comme un génie, certes, mais un génie individualiste. Keisuke Honda doit prendre son mal en patience et rester encore quelques temps en Russie. Un mal pour bien, la saison 2012/13 étant l’apogée du Nippon sous le maillot des Krasno-sinie, une saison pleine de gloire et de lauriers tressés. 

Apogée et crépuscule moscovite

Lors de cette saison 2012/13, les planètes s’alignent -enfin- parfaitement pour l’équipe de Slutsky et de son samouraï-playmaker. À la suite d’une campagne européenne écourtée, le CSKA se concentre sur le championnat. Et cette fois-ci, rien ne va arrêter les Armeitsy. Après une seconde et une troisième place lors des deux précédentes éditions, le CSKA Moscou, tel un char d’assaut, écrase toute la RPL sur son passage. Les premières journées sont compliquées, mais début août le club entame son voyage vers le titre à vitesse de croisière supersonique.

Lors des dix-neuf premières journées, Keisuke Honda marque la bagatelle de sept buts et délivre cinq caviars. Il est l’une des pièces maîtresses du milieu de Leonid Slutskiy, il est le lien, le créateur, le faiseur d’action, il étincelle, il brille et fait enfin briller ses partenaires. Cette équipe est une machine, au milieu les places se partagent entre Elm, Dzagoev, Tosic ou Wernbloom, devant Musa, Vagner Love et Doumbia finissent de composer un effectif pléthorique fait pour le doublé coupe-championnat.

Un virus l’écarte du groupe puis du onze lors des derniers matchs dans un sprint haletant, mais Honda le sait, le sent, il a maintenant donné son maximum pour le CSKA et il n’est pas question pour lui de faire de vieux os en Russie. Son contrat expire en décembre 2013, mais les Russes veulent que le Japonais prolonge. Cette prolongation n’est pas dans les plans de celui qui voulait quitter la Russie il y a déjà un an et demi, Honda en a assez et les grands championnats de l’ouest le font rêver. Partir à son apogée sans faire de vagues était le plan initial.

Durant l’été 2013, le CSKA négocie déjà (ou encore) avec l’AC Milan au sujet du joueur qui n’a plus que six mois de contrat, mais les Milanais ne proposent que trois millions alors que leurs confrères russes en demandent cinq. Une pacotille pour un joueur de son calibre alors qu’un an plus tôt des offres de plus de dix millions pleuvaient sur le bureau d’Evgeniy Giner. Le président du CSKA n’allait d’ailleurs que très peu apprécier cette summer-story milano-nippone :

« Je n’en peux plus de toutes ses spéculations. Nous avons attendu que les Italiens changent leur attitude, ils ne l’ont pas fait. Nous ne tolérerons jamais d’être traités de la sorte, de ne pas être respectés. Nous ne vendrons pas Honda au Milan AC. » Déclare l’intéressé.

Une déclaration prémonitoire, Keisuke Honda partant du club libre pour s’engager avec le club milanais.Un gâchis. Plus tard, Giner accusera le Japonais d’avoir menti en ayant promis de prolonger son contrat alors qu’il avait déjà, avec ses agents, donné son accord au club italien. Guerre des mots dans un dossier mal géré de A à Z.

Boucler la boucle via Pachuca?

Encore une fois, l’occasion de vendre Honda est ratée et le Japonais ne se gêne pas pour montrer son agacement non plus seulement en dehors, mais aussi sur le terrain. Il est démotivé et ses performances s’en ressentent. L’Empereur de Venlo ne sera pas Tsar, trop de différents auront émaillé son long passage en terre moscovite. Il aurait pu être vénéré, il finira déshonoré par les siens, les fans des Armeitsy. Ayant peur de se blesser, il ne met que très peu d’entrain dans ses derniers matchs sous le maillot rouge et bleu, attendant cette fin d’année salvatrice en fantôme de lui-même.

Il quitte finalement la Russie après quatre années de hauts et de bas avec le CSKA Moscou. Quatre années pour un total de 129 matchs joues, 28 buts et 29 passes décisives, un gâchis tant pour le CSKA que pour lui même. Mais en signant au Milan AC, il réalise son rêve ; et ce n’est certainement pas l’œil vitreux qu’il regarde s’effacer Moscou à travers les nuages au moment de quitter la Russie pour rejoindre l’Italie.

Dans un Milan moribond, Keisuke Honda ne sera jamais ce joueur parfois magique et presque irréel, virevoltant, versatile, si beau à voir jouer, que nous avons pu observer en Russie. Il va même finir par cirer le banc de touche avant de partir vers d’autres horizons, à la découverte du Mexique, à trente années passes. Évoluant dans un championnat où il semble retrouver une seconde jeunesse, il étrenne ses cheveux blonds, maillot de Pachuca sur le dos comme la nouvelle toison d’un Samouraï en repentance.

Lui qui n’était plus appelé depuis 2017 pourrait revoir Moscou. Ses performances avec Pachuca semblent avoir donné l’envie à coach Vahid de le revoir sous le maillot bleu des Samouraïs pour les matchs amicaux de mars. Avec deux titres de champions, deux coupes de Russie et une Super Coupe, l’Empereur qui aurait pu devenir Tsar serait un atout majeur pour sa nation cet été.

Mathieu Pecquenard / Cet article utilise, avec autorisation, certains passages traduits d’un article de Russian Football News écrit par Toke Theilade


Image à la une : MICHAL CIZEK / AFP

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Amoureux de la Pologne, des dimanches à regarder l'I.Liga sur Polsat en mangeant des pierogis froids accompagnés de Tymbark. Entre Paris, Wroclaw et Gdynia dans un avion pour les lacs de Mazurie, le football est un jeu, la vodka une passion.

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