Éliminatoires Coupe du Monde 2018 – 6ème journée

Pierre Vuillemot
Pierre Vuillemot - Publié le 12 juin 2017

De journée en journée, la Coupe du Monde en Russie se rapproche à grands pas. De quoi alimenter les doutes chez certains, les joies chez d’autres ou encore les déceptions chez une autre petite poignée. Cette sixième journée des éliminatoires n’a pas échappé à la règle et nous a donné du beau spectacle, à l’exception notamment d’une équipe hongroise venant jeter le discrédit sur tout un football.

GROUPE A : La Bulgarie rate le coche

Suède 2 – 1 France

Biélorussie 2 – 1 Bulgarie

Pays-Bas 5 – 0 Luxembourg

Duel 100% Footballski dans ce groupe A, l’un des deux seuls puisque outre les matchs aller et retour, il n’y en aura pas. Face à une Biélorussie en reconstruction avec un nouveau sélectionneur et beaucoup de nouveaux joueurs, la Bulgarie avait l’occasion de confirmer son excellent début de campagne, elle qui restait sur deux victoires face aux Pays-Bas et la Biélorussie justement. Elle pouvait se retrouver avec 12 points en 4 matchs, presque inespéré. Pas de chance, les Bulgares ont fait caca dans la colle à Borisov, avec une performance bien insuffisante pour espérer ramener quoi que ce soit, même face à des Biélorusses limités. Justement, les joueurs d’Igor Kriushenko ont fait le maximum avec leur moyen, dans un système tactique très défensif mais dangereux en contre. C’est logiquement qu’ils ouvrent la marque grâce à Mikhail Sivakov, sur un penalty obtenu par Denis Laptev à la suite d’un beau mouvement orchestré par l’excellent Pavel Savitskiy qui s’impose de plus en plus comme le futur cadre offensif de cette équipe.

Impuissante et en manque d’idée, la Bulgarie a eu beaucoup de mal à se créer des occasions face à une Biélorussie bien regroupée. Elle s’est faite punir, à dix minutes de la fin, en contre. Pavel Savitskiy dribble un joueur, pique son ballon de l’extérieur de la surface, et lobe le gardien bulgare. Transversale rentrante. Le but est aussi génial que l’idée initiale, et il permet aux locaux de se mettre à l’abri. Bien lui en a pris puisque Kostadinov réduira l’écart dans le temps additionnel. Insuffisant pour la Bulgarie qui peut se mordre les doigts puisqu’ils seraient revenus à un point de la tête du groupe avec la victoire de la Suède face à la France. La Biélorussie reste bien loin de tout espoir avec cinq petits points.

GROUPE B : La Hongrie humiliée, la Lettonie balayée

Andorre 1 – 0 Hongrie

Îles Féroé 0 – 2 Suisse

Lettonie 0 – 3 Portugal

Il y a un peu plus d’un mois, nous cherchions à comprendre pourquoi la Hongrie était dans la difficulté depuis le début de ces éliminatoires. Force est de constater que nos inquiétudes n’étaient pas exagérées. En déplacement chez la modeste Andorre, 186e nation au classement FIFA, le « Nemzeti 11 » a confirmé qu’il était loin, très loin du niveau qui était le sien un an plus tôt en France. Les hongrois se sont en effet inclinés (1-0), le seul but de la partie étant signé Marc Rebés d’une subtile tête lobée (26e). Les hommes de Bernd Storck ont réagi par l’intermédiaire de Marton Eppel (30e), de Paulo Vinicius (33e) ou encore de Balasz Dzsudzsak (78e). Mais le faible rythme et le manque d’inventivité dans la construction du jeu ne leur ont pas permis de renverser la situation face à de valeureux andorrans qui, devant leur public, ont tenu jusqu’au bout. La sélection de ce petit Etat pyrénéen signe sa première victoire en compétition depuis 2004 (!) et par la même l’un des plus glorieux exploits de son histoire. La Hongrie, elle, se couvre de honte. Ce n’est même plus la peine de songer à une éventuelle qualification pour le Mondial russe, bien que celle-ci reste encore mathématiquement possible…

La Lettonie elle ne croit sans doute plus à sa qualification depuis un moment déjà, et cette fois ci les lettons ont été battus à domicile par le Portugal (0-3). Cristiano Ronaldo (41e, 63e) et André Silva (67e) ont trouvé le chemin des filets pour les champions d’Europe. La Suisse, de son côté, a logiquement dominé les Îles Féroé (0-2) grâce à Granit Xhaka (36e) et Xherdan Shaqiri (59e). Face à des formations supposées plus faibles, il y a ceux qui font le boulot. Et ceux qui ne le font pas.

GROUPE C : Rageant

Azerbaïdjan 0 – 1 Irlande du Nord

Norvège 1 – 1 République Tchèque

Allemagne 7 – 0 Saint Marin

Rageant, tel est le mot parfait pour décrire cette sixième journée d’éliminatoires pour les deux équipes Footballski du groupe C. L’Azerbaïdjan qui réalise une surprenante campagne recevait l’Irlande du Nord qui se bat pour la seconde place du groupe. Dominateurs dans le jeu, les azéris peinent devant le but et n’arrivent pas à cadrer les nombreuses tentatives. Repliée en défense, l’Irlande du Nord souffre mais ne rompt pas. Leur solidité défensive sera récompensée par un but victorieux dans les dernières secondes. Lafferty voit sa frappe repoussée par la défense, Evans décale Dallas qui marque pour les visiteurs. Cruel pour l’Azerbaïdjan qui avec cette défaite est quasiment hors course pour la seconde place.

La République Tchèque quand à elle se déplaçait en Norvège et se devait de gagner pour ne pas se faire distancer en vue de la seconde place. Bien en place en début de match, les tchèques vont ouvrir le score par l’intermédiaire du latéral Gebre Selassie. Les norvégiens poussés par le public du Ulleval Stadion vont réagir et égaliser en seconde mi-temps sur pénalty par Soderlund. Dominés toute la seconde période, la République Tchèque peut s’estimer heureuse de repartir avec le point du nul. Malgré cette contre performance, ils sont toujours dans la course pour accrocher une place de barrage.

Dans le dernier match du groupe, l’Allemagne s’est amusée face au modeste Saint Marin. Victoire 7-0 et cinq points d’avance sur l’Irlande du Nord.

GROUPE D : Statu Quo

Moldavie 2 – 2 Géorgie

Irlande 1 –  1 Autriche

Serbie 1 – 1 Pays de Galle

Match très attendu en Serbie entre favoris et équipes « majeures » de ce groupe D. Le rendez-vous était pris depuis plusieurs mois, et les rumeurs de débordements revenaient fréquemment dans la presse serbe avec à chaque fois des raisons différentes… Pour bien souligner l’importance de ce match, les serbes sont entrés sur la pelouse au son de « Mars na Drinu », une chanson patriotique.

La Serbie se présentait avec son dorénavant habituel 3-4-2-1: Stojkovic, Ivanovic, Vukovic, Nastasic, Rukavina, Kolarov, Matic , Milivojevic, Kostic, Tadic, Mitrovic. A noter l’absence de Gareth Bale côté gallois. Une fois Novak Djokovic installé dans les loges, le match pouvait démarrer. Grosse pression galloise au début du match, les visiteurs dominaient l’entame de match.

Dans un match relativement fermé, le premier tir gallois est intervenu à la 26ème et la Serbie se procure sa première occasion deux minutes plus tard… Il faut attendre la 34ème minute et un tirage de maillot  dans la surface pour voir le premier but de la rencontre. Ramsey transforme alors un pénalty qui aurait pu être évité ! A noter que tout vient d’une erreur d’appréciation de Stojkovic, le gardien qui concède le coup franc…

A la mi-temps, Muslin remobilise alors ses troupes qui ont montré un tout autre visage. L’entrée en jeu au cours de la seconde période de Prijović (première titularisation) est alors décisive et lance véritablement la révolte. Ce dernier est l’auteur d’une passe décisive pour Mitrović qui signe là son cinquième but en six rencontres. Ce dernier a tenu d’ailleurs à célébrer son but avec le virage nord, là où se trouve d’habitude les Delije, chose pour le moins inhabituelle pour un ancien joueur du Partizan. Son explication en conférence de presse était exemplaire: « Pourquoi ai-je couru au virage nord ? Je joue pour la Serbie, pas pour Zvezda ou le Partizan. »

Et si cette seconde mi-temps était clairement à l’avantage des locaux, ils n’arrivaient pas à inscrire un second but. C’est une occasion de gâchée mais les serbes ont au moins fait le travail de revenir à 1-1 après avoir été menés. La Serbie fait de la Serbie…

GROUPE E : Le cavalier seul de la Pologne

Kazakhstan 1 – 3 Danemark

Monténégro 4 – 1 Arménie

Pologne 3 – 1 Roumanie

La Pologne était opposée à la Roumanie qui devait gagner pour garder intactes ses chances de qualifications, alors que la Pologne à domicile pouvait conserver ses six points d’avance en tête du groupe en cas de victoire. Un match aux trente premières minutes fermées et ternes, les Polonais ont eut du mal à percer le rideau défensif à cinq des Roumains. Quelques belles chevauchées de Grosicki mais non concrétisées étant la principale attraction d’une attaque-défense un peu stérile. Puis à la 29e minute, Lewandowski se fait accrocher par l’épaule dans la surface roumaine. Penalty flagrant? Non, 50/50. En tout cas c’est le capitaine polonais qui va se charger de la sentence, Tatarusanu touche le ballon mais trop peu pour l’arrêter. Après avoir marqué ce premier but pour déverrouiller le coffre-fort roumain, les Polonais vont gentiment dérouler, Zielinski retrouvant de l’appétence, Maczynski proposant énormément notamment dans le secteur offensif, dont une superbe ouverture pour Lewandowski a la limite du hors-jeu qui va perdre son duel. Malheureusement le milieu du Wisla Krakow, blessé à la tête, va se faire remplacer par le peu en jambe Grzegorz Krychowiak, juste avant la mi-temps. Les Polonais rentrent aux vestiaire avec un but d’avance après avoir dominé tranquillement avec possession et sérénité, la Roumanie évoluant principalement en contres se révélant peu efficaces.

La seconde période va être du même acabit. A la 57e sur un corner superbement tiré de Zielinski, Lewandowski place une tête imparable dans le petit filet gauche du gardien de la Fiorentina. Les jeux sont alors quasiment fait, la Roumanie attaque mais laisse de larges espaces dans son dos. Juste après le second but de la Pologne, Zielinski, encore lui, va se faire accrocher dans la surface par un défenseur roumain. Deuxième penalty et troisième but pour l’inévitable Lewandowski. Un Hat-Trick qui le fait rentrer un peu plus dans la Légende en dépassant au nombre de buts en selection Grzegorz Lato et n’étant plus qu’à deux petits buts de l’empereur leader de ce classement Wlodzimierz Lubanski (48 buts). Pour finir, Nawalka procède à deux changements offensifs (Teodorczyk et Milik), rare pour être souligné. La Roumanie va tout de même sauver l’honneur à la 77e par Bogdan Stancu grâce à une superbe lucarne des 25 mètres, un peu déviée certes mais une belle frappe pure qui illumine cette fin de seconde période où la Roumanie retrouve des couleurs avec Hanca et Stanciu. Des couleurs retrouvées un peu trop tard, Daum s’enfonce dans son siège sur le banc du Naradowy Stadion. La Pologne s’impose donc sans forcer et conforte sa place en tête du groupe avec six points d’avance sur le Montenegro. Les Bialo-czerwony ont un pied et deux orteils en Russie. Alors que cette défaite signe quasiment la fin des espoirs de qualification pour la Roumanie.

Dans les deux autres matchs du groupe, la logique est respectée. Le Kazakhstan réduit à dix et battu à domicile par le Danemark de Dolberg (qui a marqué d’ailleurs son premier but avec la sélection). Puis le festival du Montenegro face à l’Arménie, où Jovetic s’est lui aussi fait un petit plaisir avec un hat-trick (et sans penalty, messieurs, dames)

GROUPE F : Pression slovaque

Écosse 2 – 2 Angleterre

Slovénie 2 – 0 Malte

Lituanie 1 – 2 Slovaquie

Dans un groupe F toujours aussi disputé, cette sixième journée s’annonçait importantissime pour les trois équipes caracolant en tête du classement. Opposé à la Lituanie, la Slovaquie devait à tout prix l’emporter pour conserver sa seconde place, juste derrière une Angleterre intouchable, de quoi permettre à Jan Kozak d’aligner une équipe assez joueuse où Onrej Duda se trouvait ainsi en pointe, devant l’homme clé, Marek Hamsik.

Très tôt, les Slovaques tentent de mettre en place leur jeu, mais font face à des Lituaniens entreprenants et multipliant les frappes de loin. Le jeu se bloque un peu au milieu de terrain jusqu’à l’éclair de génie de Vladimir Weiss, venant conclure une superbe action collective et une passe décisive de Marek Hamsik. Le match est lancé, les Slovaques ont fait le plus dur. Malgré tout, les actions sont une nouvelle fois brouillonnes des deux côtés, le spectacle n’est pas vraiment au rendez-vous, puis, sur un coup franc, c’est une nouvelle fois Marek Hamsk qui vient catapulter le ballon dans les filets de Zubas. Une situation que l’on retrouvera quelques minutes plus tard, en fin de match, avec un coup franc lituanien s’écrasant sur la barre transversale puis repris de la tête à bout portant par Novikovas. Un but venant sauver les meubles d’une prestation loin d’être sereine.

Dans le versant ensoleillé des Alpes slovènes, résonne encore les adieux de Milivoje Novakovic, annoncé seulement un jour avant le match important contre Malte. Le deuxième meilleur buteur de l’histoire de la sélection (32 buts en 80 capes) s’en est allé en ayant pris soin au préalable d’inscrire un tout dernier but pour son pays. Hasard ou non, juste après son entrée à la 63ème à la place de Robert Beric, la Slovénie se procura trois occasions en trois minutes, soit autant que jusqu’ici.

Novakovic se procura sa première occasion à la 74 ème minute, lorsque son tir fut arrêté par le gardien de Malte. Une minute plus tard, le buteur manque sa tête de quelques centimètres. A la 85ème, Josip Ilicic, par ailleurs auteur d’un premier but superbe pour le 1-0, donne le ballon à l’artiste. Frappe, but. « Nova, Nova, Nova! ». Le numéro 11 de la Slovénie écrivait son nom en lettre d’or dans l’histoire du football slovène. Et contribua à une victoire maintenant la sélection toujours en course pour la Coupe du Monde.

Avant cela, une Slovénie affaiblie (Botjan Cesar, Miral Samardzic et Kevin Kampl absents) avait eu du mal à concrétiser sa domination, la faute à des Maltais jouant avec une agressivité frôlant souvent la limite. Alors que l’on semblait se diriger vers un 0-0 à la mi-temps, Josip Ilicic décida de prendre les choses en main. Le meilleur slovène sur le terrain réalisa des passements de jambe, un crochet extérieur et décocha une frappe sèche qui alla se loger dans la lucarne opposée. Sublime !

De l’autre côté, l’Angleterre, elle, a perdu du terrain suite à son match nul face à l’Écosse.

GROUPE G : la revanche pour l’Albanie, l’honneur pour la Macédoine

Israël 0 – 3 Albanie

Macédoine 1 – 2 Espagne

Italie 5 – 0 Liechtenstein

L’Albanie avait sans doute perdu ses derniers espoirs de qualification pour la Coupe du monde 2018 lors d’un triste soir de novembre, après une lourde défaite concédée à domicile face à Israël (0-3) dans une rencontre que les Albanais avaient terminé à neuf. Ce dimanche, l’enjeu n’était plus la qualification mais une simple envie de revanche. À Haïfa, l’Albanie démarre plutôt bien la rencontre et ouvre le score dès la 22ème minute par Armando Sadiku. À l’origine de l’action, Roshi intercepte une mauvaise relance de Natkho et sert son attaquant dont la frappe à l’entrée de la surface ne laisse aucune chance à Goresh. Celui qui a inscrit l’unique but albanais à l’Euro récidive juste avant la pause en profitant d’un nouveau cadeau de la défense israélienne. Des 25 mètres, Sadiku arme une frappe d’une précision létale qui termine au fond des filets. En deuxième période, Ledian Memushaj parachèvera le festival albanais d’un joli intérieur du pied dans la surface, à la conclusion d’un contre rondement mené. Score final : 3-0, l’Albanie rend la monnaie de sa pièce à Israël, met fin à une série de trois défaites consécutives dans ces éliminatoires et prend la troisième place du groupe. Néanmoins, les espoirs de qualification voire de barrage restent infimes dans ce groupe ultra-dominé par l’Espagne et l’Italie.

L’Espagne justement était l’adversaire de la Macédoine, à Skopje. Corrigés à l’aller (0-4), les Macédoniens n’avaient que peu de chance de s’imposer et avaient fait une croix depuis longtemps sur leurs espoirs de qualification. La Roja, qui ne doit pas laisser échapper de points dans son duel à distance avec l’Italie, va rapidement assumer son statut de favori et faire le siège de la surface macédonienne. Coup sur coup, David Silva (15’), en finesse, puis Diego Costa (27’) en renard des surfaces sur un service d’Isco, donneront un avantage mérité aux Espagnols. Dominée, la Macédoine sortira parfois la tête de l’eau et finira par sauver l’honneur par l’intermédiaire de Stefan Ristovski. L’arrière droit du HNK Rijeka, positionné un cran plus haut, va déborder la défense espagnole sur son côté avant d’adresser une très lourde frappe qui ne laissera aucune chance à David de Gea. Ce but permettra à la Macédoine de repartir avec une défaite (1-2) moins lourde même si le score ne reflète pas la physionomie du match tant la domination espagnole aura été intense. Ce résultat élimine mathématiquement la Macédoine, toujours avant-dernière du groupe.

Le troisième match de ce groupe G a vu l’Italie battre facilement (5-0) le Liechtenstein, dernier avec six défaites en autant de matchs. Au classement, l’Espagne et l’Italie sont à égalité de points mais les Ibériques sont leaders grâce à une meilleure différence de buts. L’Albanie, troisième, est à sept points.

GROUPE H : La Grèce toujours invaincue

Bosnie-Herzégovine 0 – 0 Grèce

Gibraltar 1 – 2 Chypre

Estonie 0 – 2 Belgique

Cette rencontre sentait beaucoup de choses, sauf le match de folie. Bingo : 90 minutes durant, voire un peu plus avec le temps additionnel, on a assisté à une partie âpre, engagée, et à la limite de dégénérer (4 jaunes côté Bosnie, 3 côté Grèce) tant l’envie débordait dans chaque camp. Pourtant, les hommes de Michael Skibbe, bien regroupés derrière et solides face à la possession de Pjanić and co, ont eu LA balle de match. Celle qui aurait pu sceller (ou presque) cette course à la 2e place. Sur un modèle de contre, Donis, auteur d’une très bonne entrée pour sa première cape, décalait Mantalos. Le joueur de l’AEK, seul face à Begović, envoyait son plat du pied caresser le ciel bosnien, à dix petites minutes du terme. Tout près d’un hold-up quasi parfait… Auparavant, Karnezis s’était montré intraitable dans sa cage à plusieurs reprises, histoire de préserver un point qui, finalement, fait l’affaire de la troupe à Sokratis Papastathopoulos, encore très bon en défense.

Mais le fait marquant, malheureusement, est encore venue de l’après-match. Alors qu’ils rentraient aux vestiaires, Dzeko et Manolas, pourtant partenaires à la Roma, se sont chauffés, avant de se pousser mutuellement. S’en est suivie une échauffourée où Stéphane Gilli, adjoint de Mécha Bazdarevic, a agressé Giannis Gianniotas … venu pour séparer la chose. Bilan : une dent cassée pour le joueur appartenant à l’Olympiakos, et de bien piètres images pour le football, une fois de plus. Et c’est sûrement cela qu’on retiendra de cette soirée, finalement.

Du côté du rocher de Gibraltar, Chypre est passé tout prêt de la correctionnel. Ouvrant le score sur un but contre sur camp d’un gibraltarien, les chypriotes se sont fait surprendre par Hernandez à la 30e, et ont dû attendre la 87e et un but de Sotiriou pour se défaire de la modeste sélection qui leur était opposée. L’Estonie de son côté n’a pas fait illusion longtemps face à la Belgique mais s’en sort avec un score honnête, contrairement au cauchemar vécu à Bruxelles en novembre (8-1).

GROUPE I : La chute de la Croatie resserre les écarts

Finlande 1 – 2 Ukraine

Kosovo 1 – 4 Turquie

Islande 1 – 0 Croatie

Après sa défaite humiliante face à Malte, l’Ukraine se devait de réagir face à la Finlande ce dimanche soir. Ruslan Malinovskiy puis le Finlandais Thomas Lam s’essayeront de loin sans grand succès. Un Seleznyov peu convainquant en attaque n’aidera pas à l’ouverture du score avec trois occasions manquées en première période.
La solution viendra finalement à la 50ème avec une superbe ouverture d’Andriy Yarmolenko pour Malinovskiy qui butte sur le portier finlandais avant de voir Konoplyanka passer derrière pour ouvrir le score. La Finlande réduira la score sur un coup de billard après que la tête de Rakytskiy ne vienne heurter la barre de Pyatov et ne retombe de manière chanceuse dans les pieds de Joel Pohjanpalo qui égalise. C’est finalement Artem Besedin qui libèrera l’Ukraine d’une belle tête au ras du sol sur un centre de Yaroslav Rakytskiy. Andriy Shevchenko ramène donc une victoire précieuse dans ce groupe qui permet à l’Ukraine de se maintenir dans la course.

Dans les autres rencontres, la Turquie a logiquement battu le Kosovo par quatre buts à un avec des réalisations de Sen, Under, Yilmaz et Tufan côté turque et Amir Rrahmani pour le Kosovo. La surprise dans ce groupe I est venu d’Islande où la dernière sensation de l’Euro 2016 a fait chuter à domicile les croates qui manquent donc l’occasion de se détacher en tête du groupe. La première mi-temps, plus que soporifique, a accouché d’un seul tir de chaque côté. La seconde mi-temps démarra sur les mêmes bases, pour notre plus grand malheur. Et pour que la soirée se finisse encore plus mal, l’Islande marqua un but sur corner devant un gardien bien passif, probablement autant assoupi que nous. La suite du match ne donnera rien de plus, les joueurs croates ayant probablement l’esprit en vacances avant le coup d’envoi. Le néant absolu est le seul terme pouvant décrire le match croate, terminé avec un seul tir (lointain, de Brozovic). Triste.

Les victoires turques, ukrainiennes et islandaises resserrent donc tout ce petit monde en tête, les quatre premiers se tiennent désormais en deux longueurs.

La rédaction de Footballski


Image à la une : PASCAL PAVANI / AFP

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