2019 est déjà là et le calendrier de la future saison de Premium Liiga est connu : le championnat reprendra le week-end du 8 mars – si la météo le permet, ce qui n’a pas été le cas cette année. Avant donc de retrouver la douce odeur des pelouses synthétiques enfouie sous des décimètres de neige fraîche, retour sur cette saison 2018, qui a vu le Nõmme Kalju remporter sa deuxième couronne.

© jalgpall.ee

Comme chaque année, les trois grandes équipes de Tallinn se sont disputées le titre, loin devant les autres clubs. Une lutte qui a duré jusqu’à la dernière journée ! Le Nõmme Kalju a pourtant fait la course en tête durant toute la saison, mais a du attendre son dernier match pour s’offrir son deuxième sacre. Une dernière journée durant laquelle le Flora Tallinn a cru en son étoile durant… sept minutes. Le temps, très précis, durant lequel le champion en titre a pointé en tête du classement, avant de voir Kalju reprendre sa place, puis s’effondrer en fin de match face à son ennemi juré, le FCI Levadia, qui en profite pour lui chiper la deuxième place du classement. Une victoire pour l’honneur qui s’ajoute à celle obtenue en finale de la Coupe d’Estonie, mais qui n’efface pas la déception d’avoir raté le titre.

Derrière ce trio de tête, l’écart est immense. La fusion FCI/Levadia en une seule équipe a bien libéré une place en championnat et mis a disposition de nombreux joueurs non-conservés, mais si cela a pu profiter aux poursuivants, l’écart avec ces derniers ne s’est pas réduit pour autant. Et ce malgré l’excellente saison de certaines équipes, le Trans Narva en tête. Pour le reste, le seul objectif était une nouvelle fois de sauver sa place le plus tôt possible. Retour en détail, club par club, sur cette année de Premium Liiga 2018. Un an de football en Estonie.

Un an de Premium Liiga

1 – Nõmme Kalju (86 pts)

Si les Roosad Pantrid (Panthères roses) du Nõmme Kalju ont dominé cette saison 2018 de la tête des épaules, ils leur a donc fallu attendre la toute dernière journée pour s’offrir leur deuxième titre, après celui de 2012. A la sortie de la 30e journée, Kalju comptait en effet pas mois de sept points sur son premier poursuivant, le FCI Levadia, mais une série de quatre matchs nuls lors de la dernière phase retour aurait pu lui coûter cher. Heureusement pour eux, les joueurs de Sergey Frantsev ont su se reprendre et s’imposer (largement) lors des deux dernières journées. Au final, le titre est une juste récompense pour cette équipe qui n’a pas connu la moindre défaite au long des 38 journées de la saison.

Comme nous l’avions déjà souligné l’an dernier, le Nõmme Kalju mise sur la stabilité depuis l’arrivée de Sergey Frantsev sur son banc. Fidèle à son habitude, le technicien russe a effectué peu de modifications dans son effectif, mais a su apporter les renforts où il le fallait. Et avec bonheur. Car contrairement à l’an dernier, les recrues ont en grande partie donné satisfaction. A l’image du milieu de terrain croate Marko Brtan. Amené pour pallier à des blessures, Brtan a eu un temps d’adaptation, mais la confiance apportée par le staff a fini par payer. Au point d’en faire le meilleur transfert de la saison en Premium Liiga. 

Kalju et Frantsev, c’est avant tout une grosse solidité physique, et un jeu rapide. Une verticalité destinée à mettre en action le plus rapidement possible son meilleur élément, Liliu. Avec 31 buts en 30 matchs, auxquels s’ajoutent 15 passes décisives, le Brésilien est évidemment le meilleur atout de cette équipe. Inarrêtable cette année, Liliu a fait étalage de tout son talent : tirs de loin, coup-francs, slaloms individuels, jeu de tête ou buts de raccroc, il a su marquer dans toutes les positions. Avec lui, le milieu offensif Igor Subbotin, le défensif français Réginald Mbu Alidor ou le défenseur et capitaine italien Max Uggè ont été les piliers de l’effectif. Preuve de la montée en puissance de l’équipe : son invincibilité cette saison, alors qu’elle comptait l’an dernier quatre défaites contre ses seuls concurrents directs pour le titre. 

© Gertrud Alatare

Reste maintenant à savoir de quoi sera faite la suite. Si Frantsev poursuit l’aventure, tout comme Uggè et Réginald, qui ont prolongé leur contrat, la plus grande incertitude concerne le buteur Liliu. Le club souhaite en effet profiter de la belle saison de son attaquant pour monnayer un éventuel transfert avant sa dernière année de contrat. Les transferts payants sont monnaie rare en Estonie, et Kalju ne serait pas contre le fait de récupérer un peu d’argent. Dans le cas contraire – et rien ne s’est fait pour le moment – Liliu sera bien présent à la rentrée. Ce qui ne sera pas le cas du latéral gauche titulaire Trevor Elhi, qui s’offre une première expérience à l’étranger en rejoignant le Botev Vratsa, en Bulgarie. Une absence qu’il faudra compenser.

2 – FCI Levadia Tallinn (84 pts)

Prendre par trois fois le dessus sur son grand rival, le Flora Tallinn – en Supercoupe, puis en finale de Coupe d’Estonie, et enfin lors de la dernière journée de championnat, pour lui prendre in-extremis la deuxième place au classement – voila qui aurait pu suffire au bonheur du FCI Levadia. Mais cette saison 2018 reste un échec pour la nouvelle entité. Fruit de la fusion entre deux équipes du haut de classement, toutes deux déjà titrées, le FCI Levadia était présenté l’hiver dernier comme une superpuissance, intouchable sur le plan national, et dont l’objectif – à moyen terme certes – est une qualification en phase de groupes de Ligue Europa. Raté.

Et doublement raté même. Sur le plan européen, le FCI Levadia sort dès son entrée en lice (face à Dundalk), comme tous les clubs estoniens cette saison d’ailleurs. Mais la déception est double car rien n’a vraiment été comme prévu en championnat. La première partie de saison est pourtant bonne pour les hommes du Serbe Aleksandar Rogic. Malgré un nul (1-1) face à Paide lors de la deuxième journée, le FCI Levadia pointe en tête à l’aube de la 15e journée et à la veille d’un duel face à son premier poursuivant, le Nõmme Kalju. Une première défaite (1-2) plus tard, le club quitte la tête du championnat pour ne plus jamais la revoir. La seconde moitié de saison s’avère ensuite plus difficile. Le club s’incline une fois face au Flora, puis de nouveau contre Kalju, et compte même un revers (0-1) face au Tammeka Tartu. Au total, ce sont six défaites, soit deux de plus que l’an dernier, qui empêchent le club de rêver du titre.

© Brit Maria Tael

Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, c’est d’une blessure que tout part. Nikita Andreev blessé pour plusieurs mois, le club a cherché un attaquant, et a réussi à se faire prêter Roman Debelko par les Ukrainiens du Karpaty Lviv. Bonne pioche : le natif de Donetsk devient rapidement un titulaire indispensable, marquant pas moins de 28 buts. Derrière lui, les quatre milieux de terrain se mettent en évidence : Marcelin Gando Biala à la récupération, aux côtés de la recrue bosnienne Muamer Svraka. Devant, le duo de jeunes milieux offensifs se met particulièrement en évidence. L’Ukrainien Juri Tkatšuk est rapidement devenu le chef d’orchestre de l’équipe, à 23 ans seulement, tandis que l’ancien espoir Footballski Mark Oliver Roosnupp a réellement franchi un palier à 21 ans. Au point de devenir peut-être le joueur le plus intéressant à suivre de l’effectif.

Derrière, la situation est étrange. Meilleure défense du championnat, la ligne arrière du FCI Levadia semble pourtant le point faible de l’équipe, souvent incapable de tenir le coup face aux adversaires directs alors qu’elle se montre intraitable le reste du temps. Si le gardien Lepmets et le latéral Kruglov sont restés des valeurs sures la trentaine passée, le reste de la ligne défensive ne s’est pas montrée à son avantage.

Mais ce ne sera pas le principal chantier pour Kruglov cet hiver. Car les départs sont déjà nombreux. Svraka a signé à Birkirkara (Malte), Debelko a lui aussi quitté le club, tout comme le défenseur Nesterovski. Du côté des arrivées, Tkatšuk prolonge l’aventure, et le club enregistre l’arrivée de Marek Kaljumäe, mais surtout le retour du Brésilien Joao Morelli, qui avait fait les beaux jours du club l’an dernier. En revanche, aucun renfort n’est encore arrivé au niveau défensif.

Tkatšuk, Kaljumäe et Morelli lors de leur présentation. © Facebook FCI Levadia

Petite ombre au tableau, le manque de suivi du public. Malgré un noyau dur de supporters, notamment lors des matchs face au Flora, le FCI Levadia a du mal à attirer les foules (264 spectateurs en moyenne). A partir de la saison à venir, le club a annoncé qu’il quittait pour cette saison 2019 son Kadrioru Staadion, pour évoluer à domicile à la A. Le Coq Arena, stade du Flora ! Etonnante à première vue, la décision s’explique. Implanté à l’origine à Maarjamäe, l’équipe était trop éloignée de son quartier d’origine. En changeant de stade, le club réduit de moitié la distance avec Maarjamäe, et espère ainsi voir son affluence augmenter. Des voix s’élèvent néanmoins, regrettant que l’équipe n’ait pas profité de la fusion pour s’implanter à Lasnamäe, dans le stade du FCI Tallinn, où ce dernier profitait d’un certain engouement populaire.

3 – Flora Tallinn (83 pts)

Face à l’ogre FCI Levadia et un Nõmme Kalju dans la continuité d’une bonne saison, le Flora Tallinn ne savait pas trop à qui s’attendre en début de saison. Au lendemain de son titre de champion, le club apprenait le départ de son entraîneur Arno Pijpers, rentré aux Pays-Bas pour raisons familiales. Pour lui succéder, le club a choisi la solution interne, en promouvant son adjoint Jürgen Henn, pour ce qui est, à 30 ans, sa toute première expérience avec l’équipe première, après avoir entraîné les équipes réserves du club.

Arno Pijpers et son successeur sur le banc du Flora, Jürgen Henn. © Martin Ahven

Les changements sont également importants sur le terrain. L’équipe perd ainsi ses principaux leaders durant l’hiver. Derrière, le défenseur international Joonas Tamm est prêté aux Norvégiens de Sarpsborg. Au milieu, l’international Brent Lepistu rejoint lui aussi la Norvège et le club de Kristiansund. Enfin, c’est Rauno Sappinen, attaquant-vedette de l’équipe, meilleur buteur et meilleur joueur du championnat en 2017, qui quitte le club pour tenter sa chance à l’étranger. Après une première expérience avortée en Belgique, c’est à Den Bosch, en D2 néerlandaise qu’il est prêté. Pour pallier à ces départs, le Flora fait signer le défenseur Jürgen Lorenz (Tammeka) et l’attaquant Frank Liivak (FK Sarajevo). Ils sont rejoints à mi-saison par deux jeunes transfuges du Nõmme Kalju : le défenseur Henrik Pürg, qui devient immédiatement titulaire dans l’axe, et le milieu gauche Vlasiy Sinyavskiy, qui doit lui le plus souvent se contenter d’évoluer avec la réserve.

Difficile donc de savoir où se situer en début de saison. Loin d’être favori à sa propre succession, le club s’attend plutôt à une saison de transition, avec de nombreux jeunes à aguerrir. Et les choses se confirment durant la première moitié de saison. Avec la Supercoupe tout d’abord. Face au FCI Levadia, le Flora mène 2-0 – à la surprise générale – avant de s’effondrer, encaissant deux buts dans les cinq dernières minutes, puis s’inclinent aux tirs au but. Même topo en championnat. Si elle s’impose systématiquement face aux « petites » équipes (hormis un nul face au Trans Narva), la jeune équipe cède face à Kalju et au FCI Levadia (un nul et une défaite face à chacun des deux). A mi-saison, le Flora pointe ainsi juste derrière ses deux concurrents. La seconde partie de saison est légèrement meilleure sur ce point, avec une victoire face au FCI Levadia, puis deux nuls face à Kalju. Jusqu’à la dernière journée, et donc cette défaite (1-2) sur le terrain du FCI Levadia. Contrairement à l’année dernière, où le Flora avait bâti son titre sur sa supériorité face à ses principaux rivaux, les résultats sont défavorables cette année face au Nõmme Kalju (0V, 3N, 1D) et au FCI Levadia (1V, 1N, 2D). Des résultats auxquels s’ajoutent trois nouvelles déconvenues face à Paide (3-3), au Trans Narva (2-2) et au Kalev Tallinn (2-2) lors de cette seconde moitié de saison. Les matchs nuls de trop, qui privent le Flora du titre, et même de la deuxième place.

Si le club a su conserver un niveau presque suffisant pour garder son titre malgré les nombreux départs, c’est grâce aux joueurs restant, qui ont su répondre aux lourdes attentes qu’imposaient leur nouveau statut. A commencer par Zakaria Beglarishvili. Pour sa huitième année au club, le milieu géorgien (enfin naturalisé estonien fin 2018) a réalisé la plus belle saison de sa carrière. Véritable maître à jouer, le capitaine est partout, tant à la finition (30 buts en 36 matchs) qu’à la construction (24 passes décisives). Des statistiques démentielles qui lui valent le titre de meilleur joueur de l’année en Premium Liiga. Derrière, Rauno Alliku a lui aussi pris l’ampleur qu’on attendait de lui. Avec sa vitesse, sa technique, et une puissance qu’on ne lui connaissait guère, celui qui faisait la paire avec Sappinen a fait ce qu’il voulait des défenses adverses sur son aile droite. En défense, c’est Madis Vihmann qui a su s’émanciper en l’absence de Joonas Tamm.

Pour la prochaine saison, le Flora semble en mesure de se renforcer pour viser de nouveau le titre. Le club a d’ores et déjà enregistré plusieurs signatures : Michael Lilander, le prometteur latéral gauche de Paide, les grands espoirs Pavel Dõmov (FCI Levadia) et Henri Järvelaid (Tammeka) au milieu, et le très expérimenté défenseur international Enar Jääger (Valerenga, Norvège). A ces arrivées s’ajoutent le retours de prêt d’Herol Riiberg, qui peut pleinement jouer sa place dans le Onze de départ. Sans compter les petits jeunes qui montent… Du côté des départs, notons la décision de Jürgen Lorenz de mettre fin à sa carrière à 24 ans seulement, mais surtout le départ du gardien Mait Toom, mis au placard en fin de saison après une altercation musclée avec des supporters. Ce dernier file à Paide, tandis que la situation de Beglarishvili est toujours incertaine. Les rumeurs d’un départ à l’étranger sont insistantes, tandis que pour les joueurs prêtés, Tamm et Sappinen, le club espère pouvoir monnayer un transfert définitif.

4 – Trans Narva (61 pts)

Une fois de plus, le Trans Narva est la meilleure des « autres » équipes du championnat. Avec la disparition du FCI Levadia, le Trans Narva a certes gagné une place au classement, mais l’essentiel est ailleurs. En poursuivant sur la bonne lancée de sa précédente saison, le club de la région Ida-Viru, à l’extrême nord-est du pays, est encore monté en régime, dépassant largement ses résultats de l’an dernier.

Pour ce faire, l’équipe de Narva a misé sur quelques anciens joueurs de retour d’expériences plus ou moins réussies à l’étranger, tels que les Russes Barkov et Proshin. Deux joueurs expérimentés, qui, aux côtés du gardien Kotenko ou de Plotnikov, sont revenus encadrer avec succès les nombreux jeunes joueurs composant l’effectif. Parmi eux, citons Eduard Golovljov (ancien espoir Footballski, 20 ans), Aleksandr Zakarlyuka (22 ans) ou Vadim Mihhailov (19 ans). Et d’autres encore plus jeunes, puisque l’équipe a utilisé pas mois de cinq joueurs de 15 et 16 ans cette année, dont le défenseur Maksim Tserezov (22 apparitions) ou le milieu droit Arseni Kovaltsuk (16 apparitions). De bon augure pour l’avenir du club, qui aura une nouvelle occasion de jouer la Ligue Europa la saison prochaine, après les deux matchs perdus contre Željezničar cette année.

Mais sa meilleure recrue, c’est aux Bermudes que le Trans Narva l’a déniché, en la personne de Dante Leverock. Passé par l’Angleterre ou les Etats-Unis, ce solide défenseur international, capitaine de la sélection des Bermudes, est rapidement devenu une pièce maîtresse de son équipe. Parvenant à s’acclimater au climat et à la dureté de la vie à Narva, Leverock est sans conteste l’un des tous meilleurs défenseurs de Premium Liiga cette saison. Une performance majuscule, à laquelle il ajoute pas moins de huit buts.

© Liisi Troska

L’autre élément clé de l’équipe est l’entraîneur turc Cenk Özkan. Après un début de saison mitigé, mais surtout une série de quatre défaites consécutives durant l’été, le club fait appel à Özkan, pour sa première expérience hors de Turquie. Avec un certain succès, puisque sous ses ordres, l’équipe aligne dix matchs sans défaite. Une belle performance, doublée d’un niveau de jeu rarement vu au club. Les défaites lors des quatre dernières journées sont anecdotiques.

Mais elles témoignent néanmoins de la fragilité de l’ensemble. Sa mission de 16 matchs terminée, Cenk Özcan a prétexté des soucis familiaux pour rentrer en Turquie, et signer en D2, à Adana. Leverock aussi a quitté le club, pour signer en Irlande, chez les Sligo Rovers. Dansla foulée, Barkov, Kotenko et Proshin ont eux aussi quitté Narva. Ils pourraient être encore suivis par Golovljov et le gardien kosovar Betim Halimi. Le recrutement est pour le moment léger, puisque seul le défenseur Kirill Nesterovski a signé. D’autres joueurs sont à l’essai, sans garantie. Une nouvelle fois, le Trans Narva aborde une saison avec beaucoup de points d’interrogation.

Une autre victoire du Trans Narva, l’augmentation de son affluence. © EJL

5 – Paide Linnameeskond (51 pts)

Après une saison 2017 complètement ratée, l’équipe de la ville de Paide a redressé un peu la barre. Pour sa deuxième saison en tant qu’entraîneur, Viatcheslav Zahovaiko a poursuivi le travail entamé avec un effectif jeune, à l’image de son meneur de jeu et capitaine Andreï Frolov. Une fois de plus, l’ancien du Flora est nettement au-dessus de ses coéquipiers.

Hormis Frolov, le Paide de cette saison offre bien peu d’occasion de s’enthousiasmer. Aucune individualité n’est réellement sortie du lot. Au final, la saison de cette équipe s’est résumée à lutter pour garder le dessus sur le Tammeka Tartu. Perdant des points contre tous les mal classés, parvenant rarement à en prendre contre les meilleurs (un nul arraché face au Flora, un autre face au FCI Levadia), Paide Linnameeskond ne doit sa cinquième place qu’à une bonne série de six matchs sans défaite en toute fin de saison, dont un match nul (0-0) face au Nõmme Kalju.

Pour la prochaine saison, Paide semble pouvoir regarder vers le haut grâce à de bonnes recrues. S’il a perdu Lilander et Domov, tous deux partis au Flora, le club a fait signer en échange Mait Toom, le portier du club de la capitale. Karl Mööl, ex-arrière droit de Kalju, a lui aussi rejoint l’équipe. Deux renforts de qualité qui pourraient être suivis de joueurs tels que Järva ou Mosnikov (ex-FCI), qui se sont préparés avec l’équipe cet hiver. Notons également le recrutement d’Alassane Jatta, un attaquant gambien de 19 ans.

6 – Tammeka Tartu (49 pts)

Le Tammeka Tartu, une équipe toujours aussi jeune. Fidèle à sa philosophie de club formateur, l’équipe aligne un effectif où seuls deux joueurs dépassent les 25 ans. C’est également jeune sur le banc, avec Kaido Koppel qui vit sa deuxième saison en tant qu’entraîneur à 30 ans seulement.

Si elle a eu beaucoup de mal face aux grosses cylindrées du championnat, puisque seul Kalju a perdu des points face à elle (deux matchs nuls), l’équipe de Tartu a tenu son rang plus ou moins bien, alternant notamment une série de huit matchs sans victoire puis quatre victoires consécutives en début d’été. Du côté des joueurs, notons l’excellente saison du gardien Karl Johan Pechter, élu deuxième meilleur portier du championnat, et de
Mihkel Järviste, qui faisait partie de notre sélection des meilleurs espoirs Footballski de l’année, et a été élu deuxième meilleur jeune en fin de saison. Prometteur pour cet ailier de 18 ans. Mais le meilleur joueur de l’équipe est sans conteste l’attaquant Tristan Koskor, auteur de 21 buts en 36 matchs cette saison, soit plus du tiers des buts marqués par l’équipe (38% exactement). Une belle performance qui aurait pu lui valoir une place dans l’équipe de l’année aux côtés de Liliu. Le Finlandais Akim Sairinen s’est également montré une excellente recrue, dans une défense orpheline de Lorenz (Flora) et Kiidron (fin de carrière).

© Imre Pühvel

Le Tammeka Tartu continue ainsi tranquillement à renforcer sa position en Premium Liiga. Et poursuit avant tout son développement interne. Ses meilleurs joueurs ont prolongé leur contrat, et la continuité sera de mise en équipe première. Mais les efforts sont surtout mis sur la formation, toujours dans le cadre du projet Tammeka 2020 mis en place l’an dernier. Les équipes de jeunes font partie des toutes meilleures du pays, et deux jeunes de 15 ans sont partis cet hiver à l’essai à la Sampdoria et au Hellas Vérone. L’autre point concerne le soutien populaire. Grâce aux efforts déployés par le club, le Tammeka affiche cette année la deuxième meilleure affluence moyenne de Premium Liiga, avec 444 spectateurs par match en moyenne. Un nombre certes faible, mais qui représente une hausse de 39% en un an ! Et le Tammeka reste la seule équipe hors de Tallinn à pouvoir compter sur un vrai noyau de supporters organisés.

© Imre Pühvel

7 – Viljandi Tulevik (29 pts)

Avec le Viljandi Tulevik, on passe dans le dernier groupe de Premium Liiga, celui des équipes luttant pour leur maintien. Loin, bien loin des équipes du ventre mou, puisque vingt points séparent l’équipe de l’entraîneur-joueur Sander Post du Tammeka Tartu qui le devance.

Si le Viljandi Tulevik progresse de deux places au classement par rapport à la saison dernière, il ne le doit au final qu’à la disparition du FCI Tallinn et du Sillamäe Kalev durant l’intersaison. Car avec 29 points, il ne progresse que d’un petit point par rapport à l’an dernier, et n’a jamais été en mesure de faire mieux que sa septième place durant toute la saison. Plus inquiétant, la différence de buts négative s’accroît cette année, à cause d’un nombre toujours plus impressionnant de buts encaissés, qui atteignent les 100 unités. Par sept fois, l’équipe de Viljandi a encaissé cinq buts ou plus cette année. Et reste la seule équipe, avec la lanterne rouge Pärnu, à n’avoir obtenu aucun point face aux équipe du trio de tête.

© Liisi Troska

Parmi les quelques motifs de satisfaction, notons la bonne demi-saison d’Herol Riiberg, prêté par le Flora Tallinn, ou la bonne tenue de très jeunes joueurs (16 ou 17 ans) amenés à jouer l’ensemble de la saison : Illimar Loigo, Gustav-Hendrik Seeder ou encore Kristian Kask (autre prêt du Flora). Ce qui n’est rassurant pour autant. Car Sander Post est encore dans le flou pour la nouvelle saison. Celui-ci a perdu des titulaires, comme Gerdo Juhkam, qui fait une pause à 23 ans pour aller reprendre ses études en Autriche. Les joueurs en prêt ne sont également pas certains de pouvoir revenir, surtout Riiberg. Faute de renforts, l’inquiétude est de mise. « Un défenseur serait certainement nécessaire, en plus d’un milieu ou d’un attaquant qui marquerait autant que Koskor (Tammeka) ou Laht (Kuressaare), soit dix buts ou plus. Nous n’avons pas de tels joueurs pour le moment. » Fort de ce constat, Sander Post espère pouvoir compter sur Kaimar Saag, l’ancien attaquant international revenu dans sa ville natale cet hiver après une pige aux Iles Féroë. Mais s’il s’est entraîné avec le club, celui-ci n’a encore rien signé.

8 – Kalev Tallinn (28 pts)

Promu cette saison, le club historique de la capitale a assuré son maintien sans trembler. Sa saison reste néanmoins plutôt une déception. Car, avec Ragnar Klavan comme président et Joël Lindpere comme manager général, le Kalev Tallinn avait pu jouer de ses réseaux pour mettre sur pieds une équipe capable de prétendre à mieux.

Les légendes Lindpere et Klavan en début de saison © Facebook Kalev

Pour commencer, le Kalev a pu faire venir sur son banc un entraîneur d’expérience en la personne d’Argo Arbeiter, passé notamment par le Flora Tallinn en 2016. Il renforce également son effectif, avec l’arrivée de plusieurs joueurs aguerris à la Premium Liiga : Kevin Rääbis (Tammeka), Roman Sobtsenko (Flora), Andre Järva (Paide), Hidetoshi Wakui (milieu japonais champion avec le Nõmme Kalju en 2012), ainsi que trois joueurs non conservés par le FCI Levadia, Artjom Artjunin, Andreas Raudsepp et Alger Dzumadil.

Au rayon des bonnes nouvelles, notons la bonne saison de Rääbis, qui a nettement progressé et réussi à marquer face à presque toutes les grosses écuries. Le jeune Guinéen Karim Conte s’est également révélé un très bonne surprise. Recruté de l’académie Aspire du Sénégal, le milieu défensif de 18 ans a brillé au printemps. Tant et si bien qu’il est recruté par le club autrichien de l’Admira Wacker dès juillet, moins de six mois après son arrivée.

Malgré tout, cette saison est un échec. A côté de quelques coups, comme ces deux nuls face à Nõmme Kalju, ou un 2-2 qui prive le Flora du titre en fin de saison, les résultats n’ont pas suivi. La preuve est cette série de onze matchs sans aucune victoire en seconde partie de saison. Au final, le Kalev Tallin pointe un point derrière Viljandi alors que sa différence de buts est bien meilleure (-14 contre -63). Si la défense tient le coup (le club n’encaisse que deux fois quatre buts), c’est l’attaque qui pèche, avec notamment un total de douze matchs sans marquer, pour une défaite à chaque fois.

Face au Nõmme Kalju © Liisi Troska

Pour la nouvelle saison, Argo Arbeiter ne sera plus là. L’entraîneur a accepté l’offre du KTP, club finlandais de deuxième division où il sera accompagné par Indrek Zelinski, l’entraîneur du Pärnu Vaprus. Du côté des joueurs, Wakui a quitté le club, tout comme Dzumadil, Yakovlev, Sobchenko et Järva. Il va donc falloir reconstruire pour viser plus haut la saison prochaine. Difficile.

9 – FC Kuressaare (21 pts)

On s’attendait au pire pour le promu. Avec le refus du Maardu Linnameeskond, champion d’Esiliiga, d’accéder à l’élite, et la disparition de deux équipes en Premium Liiga durant l’hiver, il a fallu aller chercher loin pour trouver une équipe à promouvoir. Cinquième du classement de deuxième division, le FC Kuressaare a accepté l’invitation de la fédération. Quand on connaît la différence de niveau entre Esiliiga et Premium Liiga, l’inquiétude est fondée, même si le club de l’île de Saaremaa bénéficie d’un soutien de poids en la personne d’Aivar Pohlak.

© Allan Mehik

Avant-dernier du classement, le FC Kuressaare obtient son maintien en remportant son barrage de promotion/relégation face au FC Elva. Une performance que le club doit en grande partie à un seul homme : Sander Laht. Milieu gauche de formation, Laht réalise la plus belle saison de sa carrière, avec 15 buts marqués, soit 44% des buts de son équipes à lui seul ! Une performance majeure qui lui offre une place dans l’équipe de la saison de Premium Liiga, non usurpée quand on sait qu’il a joué une partie de la saison au poste d’arrière gauche dans une défense à cinq, avant de remonter à son poste d’ailier, voire d’être placé dans l’axe en fin de saison. Sans lui, l’équipe n’aurait pas connu la même réussite. A 27 ans, l’éclosion de l’ancien du Flora est tardive, mais elle arrive à point nommé.

Pour la saison prochaine, le club compte rester sur sa lignée des dernières saisons et ne pas bouleverser son effectif. Ses efforts devraient plutôt se porter sur les moyens de faire venir le public. Car, avec 113 spectateurs de moyenne, le FC Kuressaare possède la plus mauvaise affluence de la saison, et de loin. Il faut dire qu’avec des tribunes vétustes et une totale absence de protection contre les éléments, que ce soit le froid ou le vent, le stade manque d’attrait, comme on peut le voir ci-dessous. En comparaison, l’équipe de volley-ball de la ville rassemble régulièrement 300 spectateurs…

10 – Pärnu Vaprus (13 pts)

Tout va toujours aussi mal à Pärnu. Après une saison de reconstruction, le Pärnu Vaprus, large dernier de Premium Liiga l’an passé, a profité de la disparition du FCI Tallinn et du Sillamäe Kalev pour conserver sa place dans l’élite. Un miracle qui permettait de poursuivre le travail de reconstruction avec son très jeune effectif.

S’il y a bien eu une progression, elle reste légère, et trop faible pour la Premium Liiga. L’équipe de Pärnu est ainsi passée d’un total de huit à treize points, et a encaissé vingt buts de moins que l’an dernier (123 contre 146). Elle a également subi moins de raclées, avec une défaite record 1-8 face au Flora, alors qu’elle avait à plusieurs reprises fini avec des scores à deux chiffres l’an dernier. Pour le reste, il n’y a pas grand chose à dire. Un joueur a réussi à tirer son épingle du jeu, le milieu gauche Tõnis Vihmoja. Auteur d’un seul but l’an dernier, il en inscrit huit cette saison, soit près du tiers du total de son équipe. Pas rien donc, au vu de la faiblesse de l’équipe, du fait qu’il a parfois été obligé d’évoluer en défense, et que ce sont souvent des buts de très bonne qualité !

Cette fois, pas de miracle pour le club de Pärnu. La descente en Esiliiga est actée, et le club sera remplacé en 2019 par Maardu Linnameeskond. Après avoir refusé la promotion cette année par peur de ne pas pouvoir tenir financièrement, le club de Maardu a une nouvelle fois survolé les débats en Esiliiga. Large champion avec 17 points d’avance sur son dauphin, les U21 du Flora, Maardu a assuré sa promotion neuf journées avant la fin de la saison. De quoi avoir le temps de se préparer, et accepter cette fois de tenter sa chance en Premium Liiga. Avec pourquoi pas autant de réussite que les promus de cette saison, qui se sont tous deux maintenus.

Le XI de l’année

Gardien: Sergei Lepmets (FCI Levadia).
Défenseurs: Dmitry Kruglov (FCI Levadia), Max Uggè (Nõmme Kalju), Madis Vihmann (Flora), Gert Kams (Flora).
Milieux: Sander Laht (FC Kuressaare), Marko Brtan (Nõmme Kalju), Zakaria Beglarishvili (Flora), Igor Subbotin (Nõmme Kalju).
Attaquants: Liliu (Nõmme Kalju), Roman Debelko (FCI Levadia).

Les buts de l’année

Comme chaque année, la Premium Liiga permet aux fans d’élire chaque mois le plus beau but. Une sélection de belle qualité, qui est également l’occasion rêvée d’apprendre les mois de l’année en estonien.

L’année en images

Parce qu’on l’aime cette Premium Liiga, voici quelques images bonus de cette belle année de football en Estonie.

Les ultras du Flora © Brit Maria Tael
Flora Tallinn © Jana Pipar
Nõmme Kalju © Brit Maria Tael
Certains s’amusent… © Liisi Troska
Certains s’amusent beaucoup… © Gertrud Alatare
…et d’autres pas du tout. © Gertrud Alatare
Kuressaare sous le brouillard © Brit Maria Tael
Kuressaare par beau temps © Brit Maria Tael
Ioan Yakovlev et Kaspar Laur, du Kalev Tallinn © Gertrud Alatare
Le Nõmme Kalju à la A.Le Coq Arena © Oliver Tsupsman
© Liisi Troska
Encore un but encaissé par Pärnu © Gertrud Alatare
Encore un but marqué par le FCI Levadia © Brit Maria Tael
Liliu ne marque pas cette fois © Gertrud Alatare
La légende Jari Litmanen, accompagné de Rimo Hunt, attaquant de Kalju © Gertrud Alatare
Dans les tribunes de Narva © Brit Maria Tael
Les derbys FCI Levadia – Flora sont toujours tendus © Brit Maria Tael
Très tendus © Jana Pipar
Très très tendus! © Jana Pipar
Au final, c’est Kalju qui est champion ! © Oliver Tsupsman
Eesti Meister ! © Gertrud Alatare

Et on termine avec le match de la saison en Premium Liiga, ce duel fou entre le Flora Tallinn et le Nõmme Kalju.

Pierre-Julien Pera


Image à la Une : © Oliver Tsupsman

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