Zenit, passer le cap des huitièmes

Invité - Publié le 1 octobre 2014

Superpuissance du foot russe depuis maintenant quelques années, le FK Zenit Saint-Pétersbourg peine sur la scène européenne à confirmer ses victoires en Coupe de l’UEFA 2008 et en Supercoupe d’Europe 2009. Malgré l’investissement massif ces dernières années, les différentes campagnes se sont soldées par des résultats moyens et parfois même des revers cuisants (défaites face à l’APOEL, l’Austria, Anderlecht, le Nacional Madeira etc …). Dans un groupe encore une fois homogène, les Zenitiki retrouvent Benfica, Leverkusen et Monaco.

Histoire :

Le Zenit est créé en 1925 par les ouvriers de l’usine de métal de Leningrad (LMZ), ils sont alors appelés les Stalinets. Alors qu’ils jouaient dans la région durant la fin des années 20 et le début des années 30, le club se développe et participe pour la première fois au championnat d’Union Soviétique de football, en groupe B (deuxième division) en 1936 et monte en première division en 1938.

En 1939, sous Staline, l’usine LMZ est nationalisée et fait alors partie de l’industrie militaire. L’équipe est alors renommée Zenit Leningrad, du nom de l’organisation sportive affiliée à l’armement et à la défense.

En 1944, le club remporte la coupe d’URSS face au CSKA Moscou, après avoir éliminé le Dinamo et le Spartak Moscou. C’est le seul trophée remporté par le club qui a du mal à exister dans le championnat, ne faisant pas mieux que 4ème en 1958.

A la fin des années 70, l’entraineur Yuri Morozov n’arrive pas à fédérer les joueurs autour de son projet et décide d’intégrer de nombreux jeunes dont le capitaine Anatoly Davydov. Surprise, ils atteignent la 3ème place du championnat en 1980. Une première pour le Zenit qui fait ses débuts en coupe de l’UEFA en 1981. Avec cette même génération et un nouveau coach, Pavel Sadyrin, le Zenit remporte son seul championnat d’URSS en 1984.

En 1990, le club redevient indépendant et prend le nom de FK Zenit Saint-Pétersbourg. Les problèmes d’organisation et financiers plombent le club qui est relégué en deuxième division en 1992. Vitaly Mutko devient le nouveau propriétaire et pendant trois ans, réorganise le club de fond en comble, qui retrouve l’élite en 1996. En 1999, sous les ordres d’Anatoly Davydov, le Zenit remporte la coupe de Russie.

Les années 2000 sont synonymes de victoires et d’Europe pour les ciels et blancs. Emmenés par la génération Arshavin, Kerzhakov, Bystrov, Malafeev, le Zenit termine 3ème en 2001 puis 2nd en 2003. En 2005, la société Gazprom rachète le club et investit massivement dans les joueurs et les infrastructures. Les résultats ne se font pas attendre : victoires en championnat en 2007, 2010, 2011/2012, en Coupe de l’UEFA en 2008, en Supercoupe d’Europe 2009 et en coupe de Russie en 2010.

L’objectif cette saison est de reconquérir le titre de champion et d’améliorer les prestations sur la scène européenne afin de se rapprocher de l’objectif ultime : la victoire en Ligue des Champions.

Effectif :

Les titulaires (version LDC) :

zenit1

Yuri Lodygin : Arrivé du club grec de Skoda Xanthi à l’été 2013, Yuri Lodygin était destiné à devenir la doublure du vétéran Vyacheslav Malafeev. Profitant des blessures à répétition de la légende du Zenit, il s’installe alors dans les cages. Et de quelle manière ! Multipliant les parades, il devient indiscutable et est rapidement appelé par Fabio Capello en équipe nationale, en tant que doublure d’Igor Akinfeev, gardien du CSKA.

Stats 2013/2014 : 30 matchs – 33 buts concédés – 90 arrêts

Domenico Criscito : Dès son arrivée en 2010, l’italien a fait étalage de sa classe : latéral offensif, technique et très bon centreur, il a rapidement alimenté les attaquants. Revers de la médaille, les adversaires profitent de ses montées et de sa vitesse limitée, pour jouer les contres dans son dos (cf Zenit-Dortmund l’an dernier). Blessé au genou fin 2012, il rechute en Mars 2013 avec une rupture des ligaments croisés. Revenu à son meilleur niveau, il effectue un début de saison 2014/2015 remarquable.

Stats 2013/2014 : 18 matchs – 1 but – 3 passes

Nicolas Lombaerts : Entre le belge et le Zenit, c’est une histoire d’amour qui dure depuis maintenant 7 ans. Arrivé de La Gantoise en 2007, il a alors la réputation d’un jeune joueur prometteur au futur brillant. Malheureusement, les blessures s’enchainent et il n’est opérationnel qu’à partir de Juillet 2009. Depuis, il est le titulaire indiscutable dans l’axe gauche. Bon relanceur, il aime défendre debout et monter sur les corners. Comme Criscito, il n’est pas le plus rapide, ce qui peut profiter aux attaques adverses rapides.

Stats 2013/2014 : 27 matchs – 1 but – 72% tacles réussis

Ezéquiel Garay : Tout juste arrivé du Benfica pour un montant de 6M€, l’argentin a montré lors de ses premiers matchs son talent et sa classe. Contrairement au portugais Luis Neto, chien fou et ayant tendance à « se jeter », Garay fait preuve de maitrise et de calme pour endiguer les offensives adverses. Un plus indéniable pour une équipe dont l’expérience sur la scène européenne s’accroit années après années.

Stats 2013/2014 : 27 matchs – 6 buts (Benfica, POR)

Igor Smolnikov : Longtemps propriété du vétéran Alexander Anyukov, le poste de latéral droit est aujourd’hui aux mains d’Igor Smolnikov. Arrivé du FK Krasnodar en Août 2013, ils ont un style de jeu très proche : montées répétitives, une/deux avec son ailier, centres multiples. Récemment appelé en sélection, il est sans aucun doute le futur du club à ce poste.

Stats 2013/2014 : 24 matchs – 2 passes

Axel Witsel : Arrivé en grande pompe à l’été 2012, Witsel a pris son temps pour s’intégrer dans l’entre jeu. Cantonné à un rôle plutôt défensif sous Spalletti, l’arrivée de André Villas-Boas l’a libéré : le belge est désormais plus en vue aux abords de la surface de réparation adverse. Très bon passeur, il doit progresser dans la finition. C’est indéniable, Witsel n’est pas un « go-to-guy » et son meilleur rôle est certainement celui de « role player » aux côtés des stars que sont Danny et Hulk. Il le remplit à merveille et joue aujourd’hui avec le plein de confiance.

Stats 2013/2014 : 30 matchs – 4 buts – 2 passes

Javi Garcia : Seconde recrue estivale, il arrive en provenance de Manchester City pour un montant de 15M€. Ses premiers matchs l’ont clairement montré, l’espagnol est un pur milieu défensif. Au départ des actions, il reste en retrait de Witsel dans les phases offensives ; et, est le premier rempart aux contres adverses. Un rôle semblable à celui tenu par Denisov il y a quelques années. Il apporte un équilibre indéniable à l’équipe, problème récurrent l’an dernier lorsque Fayzulin et Witsel formaient le duo du milieu (cf Zenit-Dortmund l’an dernier bis).

Stats 2013/2014 : 28 matchs (Man. City, ANG)

Miguel Danny : En Russie depuis 2005 et son arrivée au Dinamo Moscou, le portugais est une figure du championnat russe. Transfert le plus important de l’histoire du championnat russe en 2008 (montant de 30M€), il parle aujourd’hui couramment russe et est capitaine du Zenit. Placé dans un poste de meneur de jeu à son arrivée, il est progressivement passé sur le côté gauche, où il peut faire parler sa capacité de percussion balle au pied. Fluet, il est sujet aux blessures et a montré sa force de caractère en revenant de deux ruptures des ligaments croisés en trois ans (2009 et 2012).

Stats 2013/2014 : 26 matchs – 13 buts – 12 passes

Oleg Shatov : Profitant de la refonte du projet de l’Anzhi Makhatchkala, le Zenit a sauté sur l’occasion pour s’attacher les services du jeune espoir russe il y a un an. Petit à petit, le joueur formé au FK Ural a grappillé les minutes jusqu’à gagner sa place de titulaire ! Rapide balle au pied, il aime percuter à l’instar de ses camarades Danny et Hulk. Pièce essentielle du dispositif, il a également gagné sa place en équipe nationale avec laquelle il a participé à la Coupe du Monde.

Stats 2013/2014 : 24 matchs – 4 buts – 1 passe

Hulk : Son arrivée avec Witsel avait fait sensation et le brésilien a dû justifier son transfert. Arrivant dans une équipe double championne de Russie et dont le jeu était basé sur le jeu rapide avec peu de touches de balle, Hulk a eu du mal à s’intégrer. Aussi bien sur le terrain que dans le vestiaire où les clans ont plombé l’ambiance. Après de longs mois et l’arrivée en Mars dernier de Villas Boas (son ancien coach à Porto), on peut désormais estimer que le brésilien est au niveau qu’on attendait de lui. Empilant les buts et les passes décisives, il est l’arme offensive n°1 des Zenitki. On peut néanmoins toujours s’exaspérer de ses quelques rushs infructueux ou de ses frappes forcées.

Stats 2013/2014 : 24 matchs – 17 buts – 6 passes

José Solomon Rondon : « El Gladiator » comme il est surnommé, est arrivé en provenance du Rubin Kazan en Janvier 2013. Véritable buteur, il touche généralement peu de ballons dans le système mis en place par AVB (protection de ballon, jeu dos au but), mais s’avère être un finisseur remarquable. Du droit, du gauche, de la tête, c’est un véritable goleador qui termine les actions initiées par Danny, Hulk ou Shatov. Il a pris la place de titulaire d’Alexander Kerzhakov, légende russe, dont le niveau décroit lentement.

Stats 2013/2014 : 10 matchs – 6 buts (Rubin, RUS) puis 10 matchs – 7 buts (Zenit, RUS)

Les remplaçants :

Vyacheslav Malafeev : Le gardien vétéran est une légende du Zenit où il a débuté en 1999. Blessé fréquemment ses dernières années, il a perdu sa place au profit de la star montante Yuri Lodygin.

Alexander Anyukov : A 31 ans, le latéral droit formé au FK Krylya Sovetov reste un joueur de devoir. Véritable guerrier, ses montées dans son couloir droit sont sa marque de fabrique. Sur le déclin, il partage aujourd’hui son poste avec Igor Smolnikov.

Luis Neto : Recrue surprise en provenance de l’AC Siena en Janvier 2013, le défenseur central portugais a rapidement eu les faveurs de Luciano Spalletti. Fort dans les airs et dur sur l’homme, il est néanmoins un relanceur moyen et sujet à quelques boulettes.

Analoty Tymoshchuck : De retour du Bayern, il est clair que ses meilleures années sont derrière lui, cependant il dépanne toujours efficacement et son expérience ne peut être que bénéfique.

Viktor Fayzulin : Formé au Zenit, il est l’un des cinq joueurs restant à avoir gagné la coupe de l’UEFA en 2008. Milieu de terrain relayeur, il aime se projeter vers l’avant. Son association avec Witsel est très prolifique sur le plan offensif, mais tend à couper l’équipe en deux. N’ayant pas de quota à respecter en Ligue des Champions, il est très probable que Villas-Boas lui préfère Garcia, comme face à Benfica.

Pavel Mogilevets : Jeune milieu relayeur formé au club, il a été prêté au Rubin la saison dernière avant de revenir cette saison. Il pourra ainsi profiter du haut niveau de concurrence à l’entrainement pour progresser dixit AVB.

Andrey Arshavin : LA légende. Même si le poids des années commence à se faire sentir (33 ans), c’est toujours un plaisir de le voir virevolter sur un terrain. Difficile de se faire une place avec une telle concurrence, mais il répond toujours présent comme lors de sa récente titularisation face au Dinamo (1 but et victoire 3-2).

Alexander Ryazantsev : Milieu relayeur en provenance du Rubin Kazan en Janvier 2014. La concurrence au milieu est telle, qu’il ne peut prétendre qu’à rentrer en fin de match. Le Zenit a tenté de la prêter avant la fin du mercato, sans succès.

Alexander Kerzhakov : Avec Malafeev et Arshavin, c’est la troisième légende encore en activité. Meilleur buteur de l’histoire du club et de la sélection russe, c’est un attaquant vif et teigneux. Malheureusement, pour lui aussi, le temps passe et la grinta diminue. La finition laisse à désirer, mais remplit son contrat en relais de Rondon.

L’entraineur :

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Après le limogeage de Luciano Spalletti en Février dernier, le nom de son remplaçant n’a pas tardé à être dévoilé. Une semaine plus tard, André Villas-Boas posait ses valises sur les bords de la Neva. Son arrivée a donné un nouvel élan à un groupe dans lequel les tensions étaient plus ou moins toujours présentes. Les animosités semblent appartenir au passé, comme en témoignent les franches rigolades aux entrainements.

Avec un effectif à forte consonance lusitanienne, AVB adopte régulièrement un 4-2-3-1 et un style de jeu basé sur la conservation du ballon avec un buteur qui sert de point d’appui. La grosse faiblesse de sa fin de saison dernière était l’équilibre global de l’équipe. Avec deux latéraux très offensifs et sans vrais milieux défensifs, la défense était souvent livrée à elle-même sur les contres adverses. L’arrivée de Javi Garcia répond donc à ce problème.

Sur leurs côtés, Hulk et Danny sont les dynamiteurs du jeu et cherchent leur buteur au physique imposant, Salomon Rondon.

Parcours européen :

Indice UEFA : 77.999 (15ème)

2ème du championnat de Russie lors de la saison 2013/2014, le Zenit Saint-Pétersbourg a donc dû passer deux tours de qualifications avant de rallier la phase de poules. Le russes ont d’abord éliminé le club chypriote de l’AEL Limassol après avoir perdu le match aller (1-0, 0-3). Puis en éliminant les belges du Standard de Liège (0-1, 0-3).

Vainqueur de la coupe de l’UEFA en 2008, ils ont enchainé en gagnant la Supercoupe d’Europe en 2009. Les campagnes suivantes ont été moyennes, avec une élimination dès le 1er tour de la Coupe de l’UEFA 2009, puis en étant éliminé en barrages de qualifications de la Ligue des Champions par Auxerre en 2010. Par la suite, les résultats s’améliorent : qualifiés pour la phase de groupe lors des trois dernières années, le Zenit a atteint deux fois les huitièmes de finales (battus par le Benfica en 2012 et Dortmund en 2014).

Peu de changements, un recrutement ciblé de qualité et un début de saison parfait, on peut attendre une belle saison des ciels et blancs sur la scène européenne. La victoire maitrisée en ouverture à Lisbonne, contre le Benfica, en témoigne.

Ambiance au stade :

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Stade : Petrovsky (21.570 places)

En attendant l’interminable construction de la Gazprom Arena dont les travaux ont commencé en 2008, le Zenit joue toujours ses matchs dans son vénérable Stade Petrosvky. Celui-ci affiche un taux de remplissage proche des 90%, qui témoigne de la fidélité du public.

Les supporters du Zenit sont parmi les plus chauds du pays, proposant un soutien permanent ainsi que de superbes tifos. Lors de la 29ème journée du championnat 2013/2014, l’invasion du terrain par une partie des fans entraina l’arrêt de la rencontre et la perte du match sur tapis vert. Suite à ces incidents, la direction a décidé de revoir de nombreux points concernant les abonnements et la sécurité dans les secteurs de supporters, entrainant le boycott de ces matchs par les différents groupes. La durée de celui-ci est pour le moment indéterminée.

Anonymento

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