On a vécu Russie vs. Autriche

Adrien Morvan - Publié le 16 juin 2015

Vous avez sans doute déjà lu le résumé complet de la sixième journée des éliminatoires pour le Championnat d’Europe des Nations (Euro 2016); mais nous étions également au stade à Moscou pour cette nouvelle désillusion russe. Voici le compte-rendu du match:

L’Otkrytie Arena, l’antre du Spartak

 

Résumé des épisodes précédents

Après seulement cinq journées d’éliminatoires, l’heure est déjà aux calculs savants pour les équipes du groupe G. La Russie de Capello, en particulier, a sorti les bouliers depuis sa victoire sur tapis vert contre le Monténégro. Leur seul autre succès de la campagne, un 4-0 net et sans bavure contre le Liechtenstein, ne parvient pas à faire oublier la première défaite contre l’Autriche et les matchs nuls contre la Suède et la Moldavie. 8 petits points en 5 matchs et une place de 3e, voilà le modeste bilan de la Sbornaïa à l’heure d’aller défier les Autrichiens à l’Otkrytie Arena, le nouveau stade du Spartak. La presse russe donne le « la » avant le début du match : victoire obligatoire !

La dynamique est toute autre chez les Autrichiens, qui n’ont pas perdu un seul de leurs cinq premiers matchs et restent sur une série de 4 victoires consécutives. Les supporters ont déjà commencé à réserver les hôtels en France pour juin 2016… Les hommes de Marcel Koller s’appuient sur une défense solide et un jeu direct et rapide pour déstabiliser leurs adversaires. Une équipe plaisante à voir évoluer, avec une attaque expérimentée menée par Marc Janko du FC Sydney.

L’avant-match

C’est déjà le deuxième match des Russes dans le stade flambant neuf des rouges et blancs. L’enceinte ayant été construite sur les pistes de l’ancien aéroport Touchino, il y a toujours cette impression de voir un champignon géant qui pousse dans le désert quand on sort du métro. Une statue de Spartacus, mascotte du club, toise les supporters des deux camps venus en masse assister à ce match décisif.

L’ambiance est plutôt bon enfant, avec des vendeurs de cornes de brume qui préparent tranquillement la succession des vuvuzelas à la Coupe du monde 2018. On croise des maillots de toutes les équipes russes, y compris les plus improbables, comme celui du Fakel Voronej. A l’intérieur du stade, on aperçoit même deux ultras du CSKA et du Spartak qui se relaient pour lancer les chants en bas de la tribune. C’est surement la première et la dernière fois de la saison.

Spartacus is watching you

Spartacus is watching you

Les compositions d’équipe

Ignachevitch laissé sur le banc pour cause de pneumonie, c’est le jeune défenseur central de Rostov Ivan Novosseltsev qui débute le match. Sinon, rien que du très classique, avec Berezoutsky en second stoppeur, Kombarov et Smolnikov en latéraux, Glouchakov devant la défense et Chirokov en meneur. La seconde surprise vient de la titularisation d’Oleg Ivanov, qui sort d’une bonne saison avec Grozny. Le trio d’attaque complète ce traditionnel 4-3-3 : Jirkov, Chatov et Kokorine.

Côté autrichien, on mise sur la stabilité également, avec peu ou prou la même équipe qu’au match aller. Seul Ilsanker remplace Leitgeb au milieu. On retrouve l’inévitable Dragovic du Dynamo Kiev au coup d’envoi, ainsi que quelques joueurs rodés à la Bundesliga comme Almer, Fuchs, Klein ou encore Junuzović. L’imposant ailier de Stoke City Marko Arnautović est également de la partie.

La rencontre

Tout commence mal pour la Russie, avec la blessure de Vassili Berezoutsky dès le premier quart heure. C’est Nikita Tchernov, un jeune défenseur du CSKA, qui est lancé dans le grand bain pour le remplacer. A ce moment-là, l’animation se déroule plutôt dans les gradins, avec une bannière déployée en tribune B qui encourage les joueurs à suivre l’exemple de la sélection soviétique championne d’Europe en 1960.

Bannière : « Poursuivons les glorieuses traditions (1960-2016) »

Bannière : « Poursuivons les glorieuses traditions (1960-2016) »

Pas grand-chose à signaler au bout de 30 minutes, si ce n’est une frappe de Junuzović bien détournée par Akinfeïev. La réponse de Chatov quelques minutes plus tard est également arrêtée par Almer, en très grande forme malgré son manque de temps de jeu avec Hanovre. L’ouverture du score autrichienne arrive après un gros cafouillage dans la surface, sur un superbe retourné acrobatique de Janko (0-1). Gros silence dans le stade…

Capello change ses plans à la mi-temps en faisant rentrer le jeune milieu offensif du Lokomotiv Alekseï Mirantchouk à la place d’Ivanov. Grosse fin d’année pour l’apprenti cheminot, qui s’installe peu à peu en sélection après avoir inscrit son premier but contre la Biélorussie. C’est d’ailleurs lui qui se procure la meilleure occasion du match : une tête sur un centre de Chirokov qui oblige Almer à sortir une claquette de grande classe. Le reste du match se résume à un duel de gardien à distance, l’occasion d’observer Akinfeïev dans un de ses grands jours, ce qui n’était pas arrivé depuis longtemps en sélection. Le traumatisme de la Coupe du monde semble enfin derrière lui.

L’Otkrytie Arena commence à se vider peu à peu dès la 80e minute, alors que les supporters autrichiens mettent l’ambiance en haut de leur virage. Les Russes ont compris que la qualification pour l’ Euro 2016 passerait certainement par les barrages, à moins de faire un sans faute sur les 4 dernières journées. Au coup de sifflet final, le banc autrichien fête les héros du jour, qui ont fait un nouveau pas vers la qualification directe pour leur première compétition internationale depuis l’Euro à domicile en 2008.

Les résultats de la 6e journée

Russie 0-1 Autriche (Janko 33’)
Liechtenstein 1-1 Moldavie (Wieser 21’/Boghiu 44’)
Suède 3-1 Monténégro (Berg 38’, Ibrahimovic 40’, 44’/Damjanović 64’)

Classement

RUSAUT2

Le parcage autrichien fête la victoire

Le parcage autrichien fête la victoire

 

Adrien Morvan

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