Juillet 2019. Pour la 17e fois depuis 2002, Široki Brijeg entamera une campagne européenne. Le tirage (Kairat Almaty) n’a pas été clément mais le club bosnien tentera une nouvelle fois de mettre son nom sur la carte européenne. Ce qu’il n’a jamais réussi à part en 2014 et un troisième tour préliminaire disputé contre l’Udinese, sa meilleure performance jusqu’ici.

Club fondé en 1948, Široki Brijeg n’a pas existé dans le haut niveau Yougoslave. Non seulement car il s’agit d’une petite ville (environ 30 000 habitants) chef-lieu d’un petit canton (Herzégovine de l’Ouest, moins de 100 000 habitants), mais surtout parce que la quasi-totalité de ces habitants sont des Croates, avec des velléités indépendantistes, ce qui ne plaisait pas du tout au régime yougoslave. C’est donc à partir des années 90 que Siroki Brijeg s’est fait un nom, principalement en Bosnie où il a gagné deux championnats et trois coupes nationales à ce jour.

Si la confrontation de 2014 contre l’Udinese reste un moment marquant de l’histoire du club (élimination en prolongations), le tournant du club se situe deux ans plus tard, en 2016. Après 20 ans à la tête du club, son président Zlatan Mijo Jelic quitte son poste, en adressant un communiqué de presse expliquant les raisons de cette décision :

« Je tiens à informer le public que mon mandat de président du conseil d’administration du club de football de Široki Brijeg vient d’expirer. Vous savez que j’ai démissionné il y a trois ans en raison de problèmes personnels dans lesquels je me trouve toujours actuellement, mais puisque personne ne voulait assumer la présidence du club, dans l’intérêt général, je suis resté jusqu’à la fin de mon mandat. Je saisis cette occasion pour remercier tous ceux qui ont contribué de quelque manière que ce soit au développement du NK Široki Brijeg. Nous pouvons être fiers de ce que nous avons fait ensemble au cours des vingt dernières années.

Dans une petite ville, nous avons réussi à créer une grande marque de sport. Nous avons éduqué des générations et des générations de jeunes et avons réussi à promouvoir le nom de Široki Brijeg dans toute l’Europe. Nous avons obtenu de très bons résultats, même d’excellents résultats pour une région aussi petite. De grosses sommes ont aussi été investies ces dernières années dans les infrastructures, que ce soit le stade de football de Pecara, ou le centre d’entraînement «Musa-Karacic». »

Au club également de se fendre d’un communiqué : « Le NK Široki Brijeg remercie très fort M. Zlatan Mijo Jelic pour tout ce qu’il a fait pour le club au cours des deux dernières décennies. Son nom sera gravé en lettres d’or dans l’histoire du NK Široki Brijeg.« 

L’histoire pourrait être belle et s’arrêter ici, avec un président ayant œuvré 20 ans pour le bien de son club dans une unanimité générale. Mais nous sommes dans les Balkans, et l’histoire ne s’arrête bien entendu pas ici. « Les problèmes personnels » dont parle Jelic ne concernent pas plus des problèmes familiaux ou de santé qu’une inculpation pour des crimes commis contre des Bosniaques dans la région de Mostar. Une inculpation suite à laquelle il a pris la fuite sur le territoire de Croatie.

Le général Zlatan-Mijo Jelic

Jelic est un général retraité de l’armée croate et du Conseil de défense croate (HVO). Il est accusé d’avoir participé à une campagne de nettoyage ethnique et à la persécution de civils bosniaques dans la région de Mostar entre mai 1993 et ​​mars 1994. Il est accusé de crimes contre l’humanité, en particulier contre des prisonniers civils qui auraient été forcés de travailler sur le front à Mostar. C’est lui qui aurait donné l’ordre d’amener sur le front les détenus du camp de détention d’Heliodrom, à proximité de Mostar, et d’utiliser le travail forcé. Au total, 50 détenus ont été tués, 188 ont été blessés et environ 40 auraient été torturés.

Après la fin de la guerre, il a reçu le poste de commandant du premier corps de la Garde croate de l’armée bosnienne, mais a été suspendu par le commandant de la Force de stabilisation de l’OTAN (SFOR) pour violation de l’éthique. Il est ensuite devenu une figure influente du football bosnien en tant que dirigeant de Široki Brijeg et membre du conseil exécutif de l’Association de football de Bosnie-Herzégovine.

Alors que les Balkans sont en pleine opération de nettoyage en livrant des criminels de guerre à la justice, Jelic finit lui aussi par tomber. A la fin de l’année 2015, il est inculpé par les autorités de Bosnie-Herzégovine suite à une enquête ouverte par le parquet devant le Tribunal Pénal International (TPI) pour l’ex-Yougoslavie. Le 7 janvier 2016, la Cour de Bosnie-Herzégovine confirme l’acte d’accusation pour  « participation aux crimes contre l’humanité comprenant purification ethnique, privation illégale de liberté d’hommes qui ont été incarcérés dans des prisons et des camps, avec obligation d’effectuer des travaux forcés sur le front et en les prenant comme bouclier humain.« 

Jelic a depuis quitté la Bosnie-Herzégovine, déménageant en Croatie avec sa famille et renonçant à sa citoyenneté bosnienne, ce qui ne l’empêche pas du tout de se prononcer publiquement sur les élites croates de Bosnie-Herzégovine coupables selon lui de « clientélisme, de corruption et de népotisme détruisant le peuple croate en BiH et le poussant à l’expulsion. […] Si je devais refaire ce que j’ai fait, je le referais mille fois parce que rien n’est plus beau que de défendre la liberté, la vérité, la justice et ma patrie. Malheureusement, la situation est telle que les élites politiques protègent leurs intérêts personnels, leurs privilèges. Ils passent. Les gens et la patrie, eux, restent éternels. » Dragan Covic, élu à la présidence collégiale de Bosnie-Herzégovine, en prend notamment pour son grade : « Parmi toutes les promesses électorales qu’il a promises, Covic n’a tenu que celles qu’il a envers ses proches et ses amis. » Il est d’ailleurs amusant d’entendre Jelic s’attaquer à Covic, qui, durant le conflit, aurait forcé des prisonniers à travailler dans l’usine dont il était le directeur. Il aurait aussi autorisé l’expulsion d’opposants politiques des logements qu’ils occupaient.

Les Skripari, en hommage à la guérilla

En lisant ces informations, on peut se demander comment Jelic a pu passer autant d’années président d’un petit club devant lutter pacifiquement chaque année contre des Serbes et des Bosniaques. Mais l’homme est bien prophète en son pays. Le contexte, il faut bien le dire, est favorable. Il faut remonter le cours de l’histoire pour essayer de le comprendre.

Même avant que la récente guerre vide l’Herzégovine de ses habitants Serbes et Musulmans, la population de Široki Brijeg (15 000 habitants) était quasiment exclusivement croate. La ville était même un haut-lieu de l’Ordre Franciscain qui avait construit (et entretient toujours) des bâtiments comme l’école et le monastère sur les hauteurs de la ville. Leur arrivée dans la région date de 1370 à la demande de la monarchie bosnienne souhaitant étouffer une révolte populaire. Durant quatre siècles de domination ottomane, les Franciscains ont une exclusivité sur cette partie catholique. C’est à cette période que les rites catholiques se sont mélangés aux superstitions et aux rituels locaux. Et quand l’Empire d’Autriche-Hongrie occupe la Bosnie-Herzégovine en 1878, Rome tente en vain de reprendre le contrôle sur un Ordre Franciscain ayant pris trop d’importance, se heurtant à une forte résistance.

Durant la seconde Guerre Mondiale, l’Herzégovine est transformée en champ de bataille. Les forces Oustachis se battent contre les Chetniks serbes et les Partisans Communistes, faisant de très nombreux blessés de tous les côtés. Široki Brijeg est alors un bastion oustachi, avec les frères franciscains en première ligne du mouvement. Le QG des opérations nationales oustachis n’est autre que le monastère sur les hauteurs de la ville. C’est ainsi que certaines des pires atrocités commises pendant cette guerre viennent directement de Široki Brijeg et ses environs, souvent avec la complicité des Franciscains loyaux aux Oustachis.

En contrepartie, après leur victoire, les Partisans prennent une féroce revanche sur la petite mais rebelle Široki Brijeg. Dans les jours suivant la guerre, 14 moines franciscains sont traînés hors du monastère, aspergés d’essence et brûlés vifs. D’autres sont tués et le monastère fermé. En 1953, le nom de la ville, jugé trop rebelle pour être ne serait-ce que prononcé, est changé en Listica. Dans toute la région, les Partisans règnent en instaurant la terreur, ce qui comprend meurtres, tortures et incarcérations.

Les ultras locaux, marqués par cette guerre avec les Partisans, s’en sont inspirés pour se nommer les « Škripari » en hommage à la guérilla anti-communiste croate qui officia entre 1945 et 1950, après la capitulation de l’Etat Indépendant de Croatie (un état sous l’emprise des Nazis, géré par les forces Oustachis qui avaient pris pour cible les Serbes, les Juifs, les Roms, les anti-fascites ou les dissidents Croates et Bosniaques). Une guérilla dans la droite lignée des Oustachis comme le montre leur blason frappé du fameux « U » célèbre pour être allée à l’encontre des règles Yougoslaves comme l’indique leur slogan « Pour la Croatie contre les Communistes. » Pour l’anecdote, Škripari est le nom donné aux guérilleros qui se cachaient dans les caves.

2009, une émeute historique

Le président Jelic est donc parfaitement à l’image de sa ville. Ce n’est d’ailleurs probablement pas un hasard si l’un des plus gros scandales du football bosnien est relié à cette petite ville d’Herzégovine : les émeutes de 2009 entre fans de Široki Brijeg et du FK Sarajevo. En marge du match de championnat, les membres de la Horde Zla (ultras de Sarajevo) et des Škripari s’affrontent lors d’altercations qui s’étendent ensuite à la majorité de la ville. La Horde Zla brûle alors des voitures et détruit des magasins, tandis que les Škripari et les habitants de Široki Brijeg lapident des bus de la Horde Zla et tirent sur des fans bosniaques. Après coup, La Horde Zla s’émeut publiquement des brutalités policières ayant entraîné la mort de leur membre Vedran Puljić, tué par balle.

Alors que la police régionale a été envoyée à Mostar pour s’occuper du chaud derby entre le Zrinjski (Croates de Mostar) et le Velez (Bosniaques de Mostar), la ville de Široki Brijeg s’est retrouvée dépourvue de sécurité, bien que 500 supporters aient fait le déplacement depuis Sarajevo, accompagnés par quelques ultras du Velez. Seuls 30 policiers sont ainsi présents en ville, laissant libre cours à une guérilla urbaine. Et selon la Horde Zla, qui a demandé une enquête approfondie sur les agissements des forces de police, les policiers de la ville ont aidé et encouragé les agressions contre les Bosniaques.

Les médias croates pointent eux la violence des Bosniaques et leurs antécédents (remontant jusqu’à 1990 et les coups de poignards assénés à des ultras du Partizan Belgrade). Dans le même temps, les médias Bosniaques accusent des Croates majoritairement pro-Oustachis, pas les derniers à déployer des croix nazies dans les tribunes. Le scandale fait grand bruit, et de part et d’autre, des marches sont organisées pour défendre son camp : tous les clubs croates de Bosnie, plus des membres de clubs de football croates, défilent en Herzégovine. Le président Jelic est bien évidemment dans ce camp. A Sarajevo, ils sont également plus d’une dizaine de milliers à défiler en demandant justice.

Peu après, la police arrête Oliver Knezovic comme suspect du meurtre de Vedran Puljic. Certains témoins racontent l’avoir vu tirer en pleine rue sur des fans du FK Sarajevo à la Kalashnikov. Quelques heures après avoir été appréhendé, Knezovic arrive à s’échapper grâce à l’aide de huit policiers complices de Široki Brijeg pour filer en Croatie, où il ne peut pas être extradé par les autorités de Bosnie-Herzégovine, pour cause de non-accord entre les deux pays. Dans l’histoire, le policier Dragan Vujovic est aussi accusé d’être complice du meurtre.

Le village d’irréductibles Croates

Pendant ses 20 ans de présidence, Jelic n’est pas le premier à essayer d’apaiser les relations entre voisins. Son interview donnée à Sportski Novosti donne la couleur : »Zrinjski (ndlr : le club croate de Mostar) est notre grand rival sportif. Lorsque nous ne sommes pas les meilleurs, nous sommes heureux que ce soit Zrinjski qui soit champion, plutôt que Sarajevo ou Željeznicar. » Dans cette interview, il commente également le statut des Croates en Bosnie-Herzégovine, considérés selon lui comme un peuple de second ordre, sans droits égaux. Raison pour laquelle, selon lui : « En ce qui concerne les athlètes, tous les joueurs croates de Bosnie-Herzégovine jouent pour la Croatie, seuls les joueurs croates de deuxième rang jouent pour la Bosnie ». Et même en parlant d’académie et de développement, la rhétorique nationaliste revient inlassablement : « Notre centre de formation est considéré comme l’un des meilleurs du pays. Pendant toutes ces années, notre but était de construire les meilleures infrastructures en Herzégovine pour que le club devienne la base de tous les enfants croates, non seulement à Široki Brijeg, mais dans toute la Bosnie-Herzégovine. Les victoires et les premières places sont importantes pour le club, mais elles sont finalement converties en statistiques. L’infrastructure est ce que vous avez, ce que vous laissez derrière, l’outil de base pour le travail et la vie du club. Notre base principale est l’Herzégovine, de Livno à Neum, où vivent environ 200 000, voire 220 000 personnes. C’est la taille de Split, où tant de joueurs sont nés et ont été formés. 70 % des joueurs ayant fréquenté notre école de football font partie de l’équipe actuelle. L’année dernière, six jeunes du centre ont signé un contrat professionnel. Il n’y a pas que des enfants d’Herzégovine, mais aussi de Posavina et de Bosnie centrale. Nous essayons de rassembler tous les talents croates de BiH. Le NK Široki Brijeg est important pour l’ensemble de l’Herzégovine. » Une déclaration du président du club, qui ajoute : « Široki Brijeg est un club stable dédié à ses enfants, nous resterons donc uniques dans la région. Široki Brijeg a 30 000 habitants et une très belle école de football. Nous avons des fans fidèles, les Škripari n’ont jamais été un fardeau pour le club, ils ont toujours été fiers de nous. Je n’irai pas jusqu’à dire que nous n’avons jamais payé d’amende, mais nous n’avons pas eu de gros problèmes. Ils connaissent l’importance du club pour toute l’Herzégovine.« 

Ainsi va la vie à Široki Brijeg, où tout rappelle l’histoire. En plein centre-ville trône une statue de Gojko Susak, Ministre de la Défense sous le mandat du président ultra-nationaliste Croate Franjo Tudjman (1992-1999) et natif de la ville. Susak est notamment connu pour avoir mené « l’Opération Tempête » en 1995. Plus loin, une visite au couvent franciscain nous fait revisiter le « Massacre de Široki Brijeg. » Dans ce couvent sont exposées des tombes contenant les restes des martyrs franciscains, exécutés dans la grotte voisine par les Partisans, comme expliqué plus haut. Le couvent, qui a subi de sérieux dommages, est toutefois resté debout.

Au-dessus des distributeurs d’argent et sur les murs des bars trônent des portraits de l’enfant favori de la ville, Gojko Susak. Parfois, Tudjman ou le pape Jean-Paul II côtoient le héros chéri. Des stickers pour voiture « I love Tuta » réfèrent au parrain de la mafia de Mostar, Mladen Naletilic, proche de Tudjman et emprisonné pour deux chefs de crimes contre l’Humanité. Un natif de la ville, comme Susak. Leur histoire est aussi celle des dizaines de milliers de jeunes d’Herzégovine de l’Ouest à avoir migré dans les années 1960 et 70 pour chercher fortune ailleurs. La pauvreté chronique de la région en est la cause.

Une balade au bord de la rivière Listica nous amène à un parc exhibant une croix avec des armoiries croates semblant disproportionnée par rapport à l’espace réduit. A côté, une mosaïque géante reconstituant encore une fois les armoiries croates est représentée avec de la peinture rouge et des pierres blanches, regardant Široki Brijeg d’une montagne recouverte de pins.

La zone est d’ailleurs un haut lieu du christianisme puisqu’à une trentaine de kilomètres de Široki Brijeg se trouve Medjugorje, devenu un site non-officiel de pèlerinage catholique depuis l’apparition supposée de la Vierge Marie sur la « colline des apparitions » en 1981. Avec le temps et le travail des Franciscains, le lieu est devenu un centre culturel chrétien renommé.

Immédiatement, le visiteur qui atterit à Široki Brijeg sent le côté rude et l’esprit indépendantiste de l’Herzégovine de l’Ouest. Même les Croates de la Bosnie centrale sont vus comme des étrangers dans cet endroit à la mentalité unique se distinguant par une loyauté aux clans, un sens de la fierté, des superstitions venant des temps anciens. Des anthropologues ont d’ailleurs étudié les relations sociales et les traditions de cette région qu’ils surnomment « le territoire volcanique » où « les éruptions de violence humaine sont la règle plus que l’exception. »

Du côté du NK Široki Brijeg, le départ de Jelic a entraîné une forme d’instabilité. Le dernier jour de février 2019, l’administration démissionne de l’assemblée du club et relance les rumeurs selon lesquelles un fugitif serait échangé contre un autre fugitif… Un certain Zdravko Mamic, qui s’est installé en Bosnie pour fuir la justice croate. Parce qu’à Široki Brijeg, rien ne change vraiment.

_______________________

« Quelque part, sur la route de la procession, un Partisan au visage bovin se jeta dans le flot des pèlerins et se mit en travers de la route des deux veuves.

– Tu me reconnais ? demanda-t-il avec agressivité à Mara, la tante du garçon. Je suis de Široki Brijeg – le village du mari de la tante.

Oui, répondit-elle, ôte-toi de mon chemin.

– Je suis de Široki Brijeg, répéta-t-il en beuglant comme un imbécile.

Oui, dit la tante Mara, j’ai souvent vu la traînée qu’on disait être ta mère, complètement saoule, en train de forniquer avec les Turcs dans la ruelle.

Pour son insolence, elle reçut un coup de crosse de fusil à la tête, la crosse horizontale la frappant d’une pommette à l’autre, enfonçant son nez aquilin dans les cavités des sinus.

Extrait du livre « La Femme qui avait perdu son âme » long roman d’espionnage et narration d’interrogations sur les relations entre religion et politique, foi et sentiment patriotique qui traverse divers pays (Haïti, la Croatie, la Turquie, les Etats-Unis) et diverses époques (de la fin de la Seconde Guerre mondiale à l’aube des années 2000).

Damien F.

Image à la Une © ABC Portal

2 Comments

  1. Trap 11 juillet 2019 at 13 h 10 min

    Super article, merci.

    Reply
  2. Anonyme 18 juillet 2019 at 15 h 46 min

    Un article de fond comme on les aime sur Footballski !

    Reply

Leave A Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.