A l’aube du début d’une nouvelle saison de football en Slovénie, il est temps de jeter un coup d’œil dans le rétro sur la saison 2019-2020 qui, après 36 journées de Prva Liga Telekom Slovenije étalées sur 12 mois, a rendu son verdict fin juillet sur un finish qui a rarement été aussi disputé depuis des années. Nous allons revenir sur chaque équipe et son évolution dans le championnat, son joueur star et/ou à suivre, puis isoler une tendance qui définit le club et enfin estimer les attentes pour la saison à venir.

1. NK Celje – 69 points (19V / 12N / 5D)

Historique ! Voici le mot qui résume la saison du Nogometni Klub Celje qui remporte le premier titre de son histoire au prix d’une saison et d’un dénouement incroyable. Les hommes de Dušan Kosič ont dû attendre la dernière journée pour être sacrés après un match aux allures de finale à quitte ou double face à Ljubljana. Finalement, ce sont bien les pensionnaires de la ville princière de Slovénie qui s’adjugent le titre pour 2 points et cela a été mérité sur la saison. Les « Rumeni » ont joué un jeu agréable toute la saison avec un quatuor d’attaque absolument irrésistible : Luka Kerin (21 ans), Ivan Božić (23 ans), Mitja Lotrič (25 ans) capitaine et leader de cette équipe par ses qualités de pied mais surtout son leadership naturel. C’est lui qui sonnait la charge lorsque ça n’allait pas bien, ainsi que le goleador Dario Vizinger (22 ans), 23 buts en Prva Liga dont celui du titre. 

C’est un vrai vent de fraîcheur que cette équipe et son coach ont soufflé sur le championnat, et cette insouciance ainsi que cette qualité de jeu ont duré jusqu’au bout pour aller enfin chercher ce titre. Au retour de la pause forcée par le Covid, Celje et sa moyenne d’âge de 23 ans sont allés chercher des points sans crainte face à leurs adversaires directs (1 victoire, 1 nul contre Ljubljana, 2 victoires contre Maribor). 

Grâce à ce calendrier chamboulé à cause de ce satané virus, la grande majorité de l’effectif est restée la même pour attaquer dès mi-août la reprise du championnat et les qualifications pour la Champions League – où ils affronteront les Irlandais de Dundalk – dans lesquelles ils auront toutes leurs chances. On a déjà vu que la pression en leur faisait pas peur.

L’homme clé

Dušan Kosič a été l’élément central de la saison extraordinaire du NK Celje. Au club depuis 2017, l’ancien milieu de terrain de Ljubljana a bâti lui-même cette équipe de jeunes de grand talent et les a fait évoluer ensemble de manière parfaitement huilé et tellement agréable à suivre. Il a réussi ce que tous les coachs tentent de faire avec leur groupe, en faire une vraie équipe, une famille. On l’a vu quelques jours après le titre les larmes lui venant aux yeux en revoyant ses joueurs qui célébraient le titre. Ce genre de happy ending se fait rare dans le football et c’est beau de l’avoir vu avec Celje. 

Les attentes pour 2020-2021

Logiquement, avec un groupe quasiment inchangé et presque renforcé (avec pour l’heure Matic Vrbanec, excellent technicien en provenance d’Aluminij), les attentes peuvent être élevées pour la saison prochaine. On peut s’attendre à une lutte à trois à nouveau pour le titre même s’il faudra faire attention car ils ne seront plus les petits nouveaux qui viennent se mêler à la fête, mais un vrai concurrent face auquel tout le monde va tout donner pour faire tomber le champion en titre. 

En ce qui concerne les échéances européennes, on peut imaginer les voir se qualifier face à Dundalk et aller jouer crânement leur chance face à Molde (NOR) ou KuPs (FIN) au tour suivant. Pourquoi ne pas continuer d’écrire l’histoire ?

2. NK Maribor – 67 points (20V / 7N / 9D)

Le classement est finalement très flatteur pour le club le plus titré du pays, qui est passé vraiment à côté cette saison avec pourtant sur le papier, l’équipe la plus solide. Mais neuf défaites constituent un nombre trop élevé pour viser le titre. Et lorsque l’on regarde les stats individuelles, on se rend compte que ce collectif (notamment offensif) qui faisait presque rêver au départ a très vite fait déchanter tout le monde. Un seul garçon a su être au niveau toute la saison et ce fut Rok Kronaveter. Transfuge des ennemis de la capitale, il a éclaboussé de sa classe jusqu’à ses coéquipiers qui ne semblaient ne plus savoir transformer lorsqu’il n’était pas là (en attestent les trois défaites en quatre matches sans lui dans le sprint final dont une contre l’Olimpija et une contre Celje).

Beaucoup ont déçu, notamment l’ancienne pépite du football slovène Luka Zahovič, fils de la star Zlatko qui a quitté son poste dans l’exécutif du club en mars dernier. Luka n’a trouvé le chemin des filets qu’à 10 reprises cette saison contre 18 lors des deux précédentes saisons et son attitude sur le terrain est souvent plus que limite en terme d’investissement. Finalement, en dehors de Kronaveter, c’est la légende brésilienne Marcos Tavares qui a tenu la baraque dans un rôle de super-sub car il n’a plus les cannes à 36 ans pour assumer enchaînement infernal des matches qui a été imposé sur la fin de saison. En défense, la charnière a souvent montré des signes de faiblesse comme au poste de gardien où Kenan Piric a laissé sur la fin de saison à Jasmin Handanović un baroud d’honneur à 42 ans, afin qu’il clôture honorablement sa longue carrière au club. 

Un groupe qui n’avait pas l’air de vivre très sainement, souvent un manque d’envie, de précision, et certains gros passages à vide ont couté le titre à Maribor qui était grandissime favori en début de saison. 

Le joueur clé

Rok Kronaveter a définitivement été le meilleur joueur et ce que l’on peut retenir de mieux de cette saison pour le champion sortant. A 33 ans, il a fait le saut de Ljubljana à Maribor et sa classe naturelle était toujours là, fin techniquement, habile balle au pied avec une superbe vision de jeu. Il a fait des ravages aussi bien dans le jeu que sur coups de pied arrêtés. Kronaveter a cette capacité à débloquer des situations compliquées d’un seul coup avec un geste qui sort du chapeau et les joueurs capables de cela sont rares. 

Les attentes pour 2020-2021

Le retour au sommet est la seule option envisageable pour le club de Maribor qui a fait revenir Jan Repas de Caen où il était au placard depuis plusieurs saisons. On peut également s’attendre à un parcours intéressant en Ligue Europa pour un club qui est apparu en phase de poules de Ligue des Champions à deux reprises dans la dernière décennie. Réaction attendue donc avec un nouveau coach arrivé quelques semaines avant la fin de la saison : Sergej Jakirovic, qui n’a pas un CV pléthorique mais qui avait fait du bon boulot avec le club de Gorica en Croatie. 

3. NK Olimpija Ljubljana – 67 points (20V / 7N / 9D)

Saison d’automne

Supporter le club de la capitale slovène est très souvent un éternel recommencement ces dernières années. Si proches mais pourtant si loin, les saisons se suivent et se ressemble chez les « zeleno-beli » qui semblaient assurés du titre à quelques journées de la fin et qui se sont mis tous seuls dans une situation compliquée où il fallait absolument gagner à Celje pour être titré… On connait la suite, à un but du titre et finalement troisièmes du championnat. Un scénario qui définit bien comment l’Olimpija fonctionne, toujours sur un fil, toujours dans la polémique.

Leader du championnat quasiment de bout en bout malgré les rumeurs de rachat du club, de salaires impayés, le club de la capitale et débarqué à quelques journées de la fin son coach adoré par ses joueurs Hadžić, remplacé par Dino Skender qui n’avait comme référence qu’une belle saison avec Osijek. Parti sur les chapeaux de roue et quasiment impossible à rattraper, les Dragons ont enchaîné 4 matches sans victoire sur la fin de saison pour échouer dans cette quête de titre. Pourtant, cette saison semblait être une belle surprise tant Maribor semblait favori. Il faut dire que les joueurs de la capitale ont été bien aidés par une campagne de qualification européenne coûteuse pour leur ennemi juré, pendant qu’eux ont été sorti dès le deuxième tour après avoir difficilement éliminé les lettons du Riga FS (2-3 / 2-0).

La défense a été un chantier toute la saison et a semblé fragile peu importe l’adversaire. Et bien souvent il n’a fallu qu’une ou deux occasions aux adversaires pour trouver l’ouverture, en atteste cette grossière erreur de Macky Bagnack (pourtant le plus solide défenseur sur la saison, parti au Partizan Belgrade) lors du match couperet face à Celje. 

Le joueur clé

S’il y a un nom à retenir de cette saison à Ljubljana, c’est bien celui d’Ante Vukušić. L’ancienne gloire du Hajduk Split a depuis connu bien des désillusions aussi bien sportives que physiques (il avait un poumon qui ne fonctionnait tout simplement plus). Il a végété dans les divisions inférieures allemandes puis en D2 polonaise, jusqu’à revenir en cours de saison 18/19 chez le mal classé Krsko, avec qui il finira par descendre. Mais Ljubljana et son coach Safet Hadzic lui donne une nouvelle chance cet été, en gardant l’espoir qu’Ante puisse retrouver le niveau qui lui avait permis de se faire surnommer « Sinjski Dijamant » (le Diamant de Sinj). Le coach avait pris le pari devant les journalistes en début de saison de dire « vous verrez, il finira la saison avec au moins 15 buts ». A la fin de la première partie de saison, il en était déjà à 16 et a fini la saison à 26, meilleur buteur du pays. Mais à l’image de ses coéquipiers, il est tombé en panne d’efficacité dans les derniers matches et cela coûte cher à son équipe.  

Attentes pour 2020-2021

Le club de la capitale avance dans le flou le plus total, comme à son habitude depuis des années. Son président Milan Mandaric est un vieux roublard du football et cherche depuis quelques temps un repreneur pour le club. Malheureusement, des investisseurs italiens puis allemands se sont positionnés, semblaient bien partis pour rafler la mise, et puis finalement sont repartis dans l’ombre du jour au lendemain, « obligeant » Mandaric à garder son poste de président. Lors de la courte intersaison que nous vivons actuellement, une grosse dizaine de joueurs (dont 5 titulaires indiscutables) a d’ores et déjà quitté le club après avoir refusé de resigner un contrat, donc gratuitement. Mladen Rudonja, nouveau directeur sportif, a annoncé vouloir faire table rase pour la saison qui arrive en laissant partir tous ces joueurs et en recrutant des joueurs peu connus sur des postes précis. De l’extérieur, il semblerait que l’équipe ait perdu en qualité mais espérons pour eux que cette politique soit dictée par des choix sportifs clairs plutôt que des obligations purement financières.

Il y avait par ailleurs plus de 50 joueurs – oui oui 50 – qui ont un contrat professionnel, avec la masse salariale qui va avec… Difficile dans ce contexte d’imaginer comment la saison prochaine puisse se dérouler et finalement compliqué d’imaginer Ljubljana dans la course au titre face à un Maribor revanchard et un Celje sur son nuage. Il y aura néanmoins des qualifications en Europa League à disputer face à un adversaire abordable : Vikingur Reykjavik. Peut-être un moyen de créer une vraie dynamique par de belles performances en coupe d’Europe. 

4. NS Mura – 56 points (14V / 14N / 8D)

L’équipe de Murska Sobota est un des piliers de ce championnat et a l’habitude de figurer à peu près dans ces places au classement. Il est l’un des rares à générer une vraie ferveur en dehors des 2 mastodontes Ljubljana et Maribor. Son stade atypique de Fazanerija sonne rarement creux (en période pré-COVID) et les joueurs jouent toujours dur face à leur public. 

Une saison donc dans les standards du club de la région la plus pauvre du pays qui joue bien au football sous les ordres d’Ante Šimundža, lui qui avait emmené Maribor en phase de poules de Ligue des Champions. Cette équipe supporte assez mal une forte pression et est un peu faiblarde défensivement mais quand le match est à leur avantage, ils peuvent déployer un jeu léché souvent conclut par des offensifs de qualité : Bobičanec, Maroša et Šušnjara

Se voyant décrochés au championnat après un début de saison poussif suite à un parcours européen frsutrant, ils se sont focalisés sur la coupe de Slovénie remportée face à Nafta (D2) de laquelle ont été éliminés rapidement les deux favoris verts et violets. Ils ont donc par ce biais décrochés une place européenne. 

Assez rare pour être souligné en Slovénie, mais Mura mise sur le développement professionnel et a étoffé son staff administratif afin de proposer toujours plus de possibilités en matière de billetterie notamment pour rassembler la région autour de son équipe locale.

Le joueur clé

Luka Bobičanec a été un artisan de la belle saison de Mura par la qualité de ses deux pieds, capables d’envoyer des lourdes de n’importe où sur le terrain. Il est une menace de loin qui fait sortir les défenses et sa qualité technique lui permet soit de contourner les défenseurs venant bloquer ses frappes lointaines, soit de trouver le coéquipier démarqué. Malheureusement, il risque de ne pas rester très longtemps en Prva Liga Telekom Slovenije tant ce genre de joueurs capables de tours de magie comme cela sont convoités. Le seul point noir peut être parfois son attitude, il peut vite se vexer lorsque tout ne se passe pas correctement et dans ces cas-là, il a tendance à s’effacer.

Les attentes pour 2020-2021

Une saison relativement similaire à celle-ci attend les « crno-beli » où ils pourront peut-être compter sur un Ljubljana hésitant pour aller gratter une place supplémentaire. Ils restent également sur une élimination amère face au Maccabi Haïfa (ISR), ils auront certainement à cœur de faire mieux cette saison face aux estoniens de Nomme Kalju, adversaire plus prenable. 

Un challenge excitant attend Šimundža et sa troupe et on peut être sûr que ses garçons se donneront à 100%, comme ils le font à chaque match. 

5. NK Aluminij Kidricevo – 55 points (16V / 7N / 13D)

Saison d’automne

Elle était là la surprise de la première partie de championnat, le club d’Aluminij, situé dans la ville de Kidricevo, 6 502 habitants … Non loin de Ptuj, cette petite bourgade est surtout connue pour ses usines d’aluminium (d’où son nom) mais cette saison, son équipe de football a créé une véritable surprise dans le paysage au point de s’intercaler à la trêve entre les deux ennemis jurés Ljubljana et Maribor. Et cela sans aucune singularité ou flair particulier dans le recrutement, ni même de star qui explose. Aluminij laisse simplement l’impression d’un groupe de jeunes joueurs qui a trouvé une formule pour être compétitif dans le championnat national.

Cela a été insufflé par Slobodan Grubor, le coach, qui a un plan de jeu tout à fait défini et auquel son équipe tient. Une très grosse assise défensive sur laquelle les adversaires viennent bien souvent s’empaler, et une projection ultra rapide et en nombre vers l’avant à la récupération, ce qui offre un grand nombre d’occasions en contre pour tous les petits & rapides joueurs offensifs (Matjasic, Vrbanec, mais aussi Stor, parti depuis en Allemagne à Dresde). Une recette que l’on pensait éphémère en début de saison mais qui finalement a perduré jusqu’à la trêve avant de finalement connaître un net retrait en fin de saison pour finalement se faire souffler la 4e place par Mura sur la fin. Néanmoins compte tenu de la taille de ce club, réaliser une saison comme ils viennent de faire est quelque chose d’extraordinaire, et une 5e place sur 10 n’est pas vraiment représentative du boulot qu’a réalisé l’équipe cette saison. Il a manqué du jus et de la rotation sur la fin de saison qui était un vrai sprint avec les matches qui s’enchaînaient tous les trois jours. 

Une belle histoire finalement assez peu familière du football slovène où les clubs de la taille d’Aluminij font office bien souvent de souffre-douleurs aux « ogres » que sont Ljubljana et Maribor. En espérant qu’à l’image de ce que bâtit petit à petit Domzale (avec quelques récents contretemps), le club des usines pourra se faire une place solide, durable et compétitive en Prva Liga Telekom Slovenije. 

L’homme clé

Difficile de sortir un garçon du lot tant l’impression d’un véritable groupe se dégage d’Aluminij. Cette explosion vers l’avant quand l’équipe récupère le ballon n’est pas sublimée par une individualité très forte. C’est pour cela qu’il est tentant de placer le coach Slobodan Grubor comme personnage central de cette réussite. Après avoir été longtemps assistant en Autriche puis à Ljubljana rapidement, il a pris les reines de cette équipe et a foncé corps et âme dans un style de jeu, pas forcément apprécié du grand public mais qui correspondait très bien à son effectif. Une défense très regroupée en nombre qui explose à la récupération du ballon avec des petits gabarits très adroits sur les côtés et un vrai avant-centre : Ante Živković

Malheureusement après la trêve, les autres équipes ont travaillé le plan de jeu d’Aluminij qui était devenu un concurrent très sérieux, et ont trouvé des failles face à un effectif assez réduit en nombre et qui a fini clairement sur les rotules. 

Les attentes pour 2020-2021 

Difficile d’imaginer Aluminij se battre une nouvelle fois avec les top guns du championnat, surtout en ayant perdu leur numéro 10 Matic Vrbanec, parti pour Celje. Il faudrait aux hommes de Grubor un nouveau début de saison solide pendant que les quatre de devant se battent aux quatre coins de l’Europe (même si le programme sera allégé avec l’abandon des matches allers-retours cette saison) et surtout cravacher pour garder derrière un troupeau de clubs revanchards qui ont les dents qui vont ronger le parquet. Il faut être vigilant pour Aluminij et surtout ne pas rentrer dans la saison en sur-confiance car cela pourrait très vite redescendre. 

La mauvaise nouvelle pour eux est le contrôle positif d’un de ses joueurs au COVID-19, ce qui décale sa rentrée à la 3e journée autour du 22 août mais qui d’un autre côté laisse plus de temps de préparation, ce qui n’est pas du luxe avec cette trêve si courte. 

6. NK Bravo – 49 points (13V / 10N / 13D)

Club né en 2006 dans le quartier Šiška à Ljubljana, Bravo accédait en 2019 pour la première fois de sa jeune histoire en Prva Liga avec un jeune coach, Dejan Grabić. Beaucoup leur prédisaient une saison très compliquée comme c’est souvent le cas pour les clubs plus modestes au plus haut niveau du football slovène. Mais contre toute attente, malgré un début de saison poussif mais toujours au-dessus de la ligne de flottaison, la reprise post-COVID a été remarquable pour la deuxième équipe de la capitale. Portée par des joueurs prêtés par Maribor et le Dinamo Zagreb qui sont de grosses révélations de la saison, ils ont aligné les bons résultats, notamment une victoire éclatante 5-0 chez les voisins d’Olimpija, leur permettant de venir se placer dans le mini ventre mou du classement et assurer leur maintien facilement. Ces joueurs prêtés ont donc été le vrai levier de ces bonnes performances : Roko Baturina en provenance du Dinamo et Aljoša Matko prêté par Maribor ont été les fers de lance d’une attaque en feu sur la reprise. Malheureusement, ces garçons sont repartis dans leurs clubs respectifs et il faudra à nouveau faire de bonnes pioches pour pouvoir tenter de se maintenir à nouveau. 

Le joueur clé

Là-encore, obligé de parler d’un des joueurs prêtés qui ont porté Bravo cette saison, et c’est Aljoša Matko. Le petit format en provenance de Maribor a été le leader d’une attaque qui a bien fonctionné avec ses 15 buts en 33 matches de championnat dont 9 sur les 11 matches qui ont suivi la reprise. Lui qui jouait sa première saison en pro a montré qu’il pouvait être un élément important d’une équipe de Prva Liga, en l’occurrence Maribor à qui il pourrait faire du bien en rotation sur le front de l’attaque. 

Les attentes pour 2020-2021

Difficile d’imaginer un maintien si « simple » pour la saison à venir, et encore une fois, il va falloir faire des bons coups, des paris, pour un club aussi modeste que Bravo. Ce genre de coups ne paie pas toujours mais coach Grabić a mis en place un projet de jeu, de groupe qui plait et qui a fonctionné à merveille contre toute attente cette année. Attention à l’année 2…

7. MND Tabor Sežana – 46 points (13V / 7N / 16D)

L’autre promu de la saison dernière a lui aussi assuré son maintien, un peu plus tardivement. Cette bourgade de moins de 6 000 habitants, proche de la frontière italienne a une saveur et une identité bien à elle. Son stade déjà, le Stadion Rajko Štolfa avec une architecture bien particulière et une tribune en arrière but qui surplombe la cage de très près donne du cachet à l’endroit et crée un petit cocon pour son équipe.

Ensuite son sponsor principal, quasiment namer du club, Cherry Box 24, donne une apparence là-aussi particulière aux tenues du club avec ses deux cerises. Cette entreprise italienne, travaillant également en Slovénie et en Croatie propose une « vision révolutionnaire » de la consommation qui a pour but d’améliorer la qualité de vie des usagers. Cela passe par de la production d’énergie renouvelable, mais aussi d’assurance, de circuit court pour l’alimentation et d’autres secteurs. Une vision pompeuse mais qui a le mérite d’investir dans le club qui a réalisé le plus gros coup de communication de la saison en faisant venir au mois de décembre un nouveau coach en la personne de… Mauro Camoranesi. En voisin, l’argentino-italien a remplacé Andrej Razdrh parti à Domzale, pour sa première expérience de coaching en Europe, et a apporté une vision très forte pour ses joueurs qui s’est ressentie rapidement. Le maître mot : faire de l’équipe une famille et de tous vos coéquipiers vos frères !

Le Camerounais Rodrigue Bongongui qui était dans l’équipe en a parlé dans une interview et a été fêté par ses « frères » comme il se doit lorsqu’il a annoncé son départ du club. Impossible à dire quel impact a eu cette philosophie sur les résultats mais force est de constater que le club frontalier a terminé en boulet de canon pour s’éviter toute frayeur ! 

L’homme clé

Il est obligatoire d’évoquer encore une fois Mauro Camoranesi. La Prva Liga Telekom Slovenije n’est pas un eldorado avec beaucoup de stars et de personnalités du football. C’est un championnat modeste dans un pays dont la taille est comparable à la Bretagne souvenons-nous en. Alors quand un nom comme celui de l’ancien joueur de la Juve a été annoncé, cela a mis un rare coup de projecteur international sur le pays, le championnat, et ce club de Tabor qui vivait alors la deuxième saison de son histoire en première division. Et au-delà du coup de communication réussi, cet état d’esprit familial qu’il a insufflé a porté Tabor au maintien. 

@nktaborsezana

Les attentes pour 2020-2021

Le club a été un des plus actifs sur le très court marché des transferts, avec des recrutements sur une filière africaine, mais aussi sans surprise de très jeunes joueurs italiens, venant du centre de formation de l’Udinese voisine notamment, et le retour d’un gardien ancien international slovène Jan Koprivec, qui revient au pays après 13 an passés en Italie, puis en Grèce et en Ecosse. On peut espérer voir l’équipe progresser avec une base solide de joueurs confirmés pour la plupart. Le danger vient de la multiplication de joueurs étrangers dans l’équipe qui ne doit pas tourner à une bande de mercenaires, mais on peut compter sur coach Camoranesi pour faire de cette équipe une bande de frangins difficile à battre. 

8. NK Domžale – 43 points (12V / 7N / 17D)

La déception du championnat, la voici. Un des clubs qui a crevé l’écran ces dernières années en Slovénie, en travaillant très bien, en se focalisant sur les jeunes formés au club dans de très bonnes infrastructures, et surtout avec des coachs ayant une vraie identité de jeu. Voilà comment on pouvait décrire Domžale depuis l’arrivée de Luka Elsner en 2013. Une montée en puissance qui s’est matérialisée par une équipe qui était devenue la troisième puissance du championnat. Sitôt Elsner parti à Olimpija, c’est Simon Rozman qui le remplace, marchant sur ses traces, ce qui fait que le club de la banlieue de Ljubljana avançait sur des bases solides et continuait de performer.

Mais cette saison fut celle où tout a été remis en cause. Engagé en qualifications pour la Ligue Europa, Domžale passe aisément contre les maltais de Balzan et passe tout proche de l’exploit face à Malmö au tour suivant (1-1 en Slovénie et 2-3 en Suède avec un but encaissé à la 83e minute). Un début de saison prometteur avec une équipe encore très joueuse et agréable à suivre. Mais s’en suit une période de 5 matches sans victoire en championnat suite à cette élimination à laquelle Simon Rozman ne survit pas. Il se fait débarquer début septembre (pour signer rapidement à Rijeka où il gagnera la coupe de Croatie en juillet 2020). Remplacé par Razdrh qui faisait du bon boulot avec Tabor, Domžale pensait repartir dans un cycle vertueux mais ce ne fut pas le cas, au contraire, les « rumeni » ont flirté toute la saison avec la zone de relégation, sans enchaîner les bonnes perfs, et en ne développant pas un jeu aussi séduisant. Razdrh n’a pas tenu la saison et a été remplacé dans les dernières journées par Djuranovic, ancien assistant de Rozman. Au final, une 8e place qui est malheureusement conforme à la saison du club. 

Le joueur clé

Même s’il était tentant d’évoquer dans cette section la légende Senijad Ibričić qui est encore le maître à jouer malgré son apparence d’un joueur corpo, chaussettes aux chevilles, calvitie et démarche de papy, le joueur qui a éclaboussé dans ce marasme est Arnel Jakupović. Prêté par Empoli (puis transféré définitivement dès la fin du prêt), l’attaquant de 22 ans a été l’offensif le plus en vue cette saison, inscrivant les buts importants pour Domžale quand les autres attaquants étaient en panne (Slobodan Vuk est au max de ses capacités et Predrag Sikimic, recruté à Tabor où il était le goleador, a du attendre l’antépénultième journée pour inscrire son premier but). Jakupović est donc le grand espoir du club pour retrouver une place plus représentative de la qualité de l’effectif la saison prochaine. 

Les attentes pour 2020-2021

Revenir au top. Clairement le maître mot pour Domžale la saison prochaine. L’effectif est toujours de qualité, il faudra juste tout remettre en place, redonner de la confiance aux joueurs pour revenir à une place plus conforme au club de la banlieue de Ljubljana. L’absence de compétition européenne pour eux sera un avantage pour attaquer tambour battant la saison 2020-2021 et oublier ce terrible exercice 2019-2020. 

9. NK Triglav Kranj – 32 points (9V / 5N / 22D)

Triglav est un club qui fait souvent le yoyo, et joue régulièrement les dernières places du classement. Cette saison ne déroge pas à la règle. Malgré le fait que le club, de taille modeste, se professionnalise, communique bien, forme des jeunes, il manque encore un petit quelque chose pour en faire une place forte du football slovène. Et malgré un début de saison cataclysmique avec 9 défaites d’affilée, une élimination en coupe, cette équipe était fun à voir jouer.

Peut-être un peu trop joueuse, beaucoup de projections vers l’avant qui ont amené beaucoup de buts, mais qui ont laissé les défenseurs bien seuls (et pas d’un niveau extraordinaire). Résultat : des valises encaissées quasiment à chaque match (27 buts encaissés en 11 matches…). Le coach Dejan Dončić (rien à voir avec Luka) en fait les frais mais rien ne changera fondamentalement, malgré un petit regain avant le break COVID. Au retour de celui-ci, les défaites se sont à nouveau enchaînées (certaines très lourdes comme ces 7 buts encaissés face à Ljubljana) jusqu’à devoir jouer le barrage pour éviter la relégation face à Gorica. Le résumé de la saison peut se faire sur cette confrontation, notamment le match retour à domicile. Après un nul 1-1 à Gorica, Triglav rentre fort dans le match retour à la maison en se procurant pas mal d’occasions, sans conclure. Et puis tout à coup, blackout défensif total, 5 buts encaissés, et une relégation malheureusement méritée parce qu’il est inacceptable de ne pas être capable d’être solide défensivement, même par intermittence. 

Le joueur clé

Milan Milanovic, solide défenseur serbe de 1.94m, est le symbole de la saison qu’a connu Triglav. Ayant fait une grande partie de sa carrière en Italie, il était censé apporter de la sérénité à la défense des Gorenjske (région de Kranj). Mais finalement, il restera comme le défenseur le plus prolifique en terme de but de la saison en Slovénie (7 buts marqués, quasi tous de la tête bien sûr). Et dans son rôle défensif, il fut bien souvent à l’image de ses camarades hors du coup, très peu mobile, beaucoup se sont joués de lui pour marquer et ce rôle de buteur n’était vraiment pas celui pour lequel il était là (même si bien-sûr ce n’était pas sa volonté d’aller marquer plutôt que de défendre). Son exemple montre à quel point la défense a été désastreuse sur la saison avec 87 buts encaissés en 36 matches (2,5 par match). Impossible de se maintenir avec de tels chiffres.

Les attentes pour 2020-2021

Très simple : remonter illico. Rien à ajouter. 

NK Rudar Velenje – 10ème – 12 points (0V / 12N / 24D)

Un calvaire. Voici comment résumer la saison du Rudar Velenje. La première équipe depuis Dekani en 1994-1995 à n’enregistrer aucune victoire en une saison complète. Rudar est un club en grande difficulté financière depuis des années, ils ont perdu leur sponsor principal, une mine de charbon locale (Rudar veut dire mineur en slovène), et ne s’en sortent que principalement grâce à l’aide de la ville de Velenje. 

Pas grand-chose à sortir de cette saison sans victoire, dans un marasme terrible forcément. 5 entraîneurs se sont succédés sur le banc et un véritable chaos à tous les étages du club, dont beaucoup donnent la responsabilité à Marijan Pušnik entraineur et directeur sportif jusqu’en 2019. Certaines anciennes gloires du club l’ont dénoncé et sont revenues pour prendre les reines et tenter de faire remonter le club grâce au vivier local qui a par le passé amené le club à se battre avec les gros bras du championnat.

Le joueur clé

Personne. Le peu de joueurs qui ont inscrits quelques buts (Mico Kuzmanovic, 5 buts et Dominik Radic 4) ont quitté le club dès la fin de saison et même le vétéran Aljaž Krefl qui est arrivé pour tenter de mettre de l’ordre dans le bazar s’est noyé dans la médiocrité du collectif.

Les attentes pour 2020-2021

Il va falloir redonner de l’honneur au Rudar Velenje qui est quand même passé pour la risée de l’Europe presque en ne remportant aucun match cette saison. Comme évoqué plus haut, l’organigramme a changé avec le directeur sportif Robert Pevnik qui a quitté le club laissant la place à des anciens grands joueurs du club comme Zoran Pavlović. Le NK Rudar Velenje est un club historique du football slovène et on espère tous le revoir rapidement dans l’élite avec une nouvelle dynamique positive.

NK Koper – ND Gorica – Promus

Il est important de conclure par un petit mot sur les deux promus qui sont deux clubs historiques du football slovène, l’un avait été placé en liquidation et est reparti d’en bas (Koper), l’autre est revenu 2 saisons après sa descente surprise (Gorica). Ils sont les seuls clubs avec Domžale et Celje cette saison à avoir pris un titre aux ogres Ljubljana et Maribor depuis la création du championnat à l’indépendance en 1991. 

Ces deux clubs n’avaient donc rien à faire dans les divisions inférieures et les voilà donc revenus tout deux dans l’élite, à la conquête de nouveaux jours heureux. 


Par Gabriel ‘Gabislo’ Gerinte, que vous pouvez retrouver sur Twitter @OlimpijaFR.

Leave A Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.