Retour en Azerbaïdjan sur Footballski. Avec, comme d’habitude, un Qarabag qui caracole en tête. Le Neftchi est maintenu à distance respectable, le Keshla revit et c’est la crise au Qäbälä. On revient sur la Premyer Liqasi, en hibernation jusque début février. Avec un Abdellah Zoubir en grande forme.

Etat des lieux

L’eau a beau couler des massifs vers le Shah Deniz, rien ne change à la Terre de Feu. Le Qarabag est en tête à la mi-saison, bien lancé vers son septième titre de champion d’Azerbaïdjan d’affilée, son huitième au total.

Il le doit en grande partie à la maladresse de ses principaux concurrents, étant donné que son parcours lors de ce début de championnat compte déjà une défaite et quatre matchs nuls. En cause également, un mois de novembre catastrophique où le club a laissé échapper la qualification pour un printemps européen lors d’une sale soirée à Nicosie, encaissant un maigre 2/9 en championnat. Mais son principal adversaire, le Neftchi, est déjà à six points grâce à une double confrontation rondement menée par les hommes de Gurbanov – victoire à domicile et match nul à l’extérieur.

Zoubir en action | © qol.az

Le Neftchi de Mamadou Mbodj, Steven Joseph-Monrose et Bagaliy Dabo est en effet en deçà de ses ambitions et peut-être du niveau auquel on les attendait cette saison. Sans doute à cause d’une belle campagne européenne cet été – éliminé au troisième tour par Bnei Yehuda après avoir sorti le Speranta et surtout l’Arsenal Tula, la fraîcheur a manqué et les contre-performances se sont enchaînées. La dernière en date étant une malheureuse élimination en quarts de finale de la Coupe contre Sumqayit. Bordin et ses troupes ont les armes pour défendre leur place de dauphin et éventuellement réajuster l’un ou l’autre fusible durant le mercato d’hiver.

La belle surprise : Keshla

Derrière ce duo, le Keshla tente de se (re)faire une place. Après quelques saisons de transition, une exclusion des compétitions européennes, un changement de nom et une victoire surprise en Coupe d’Azerbaïdjan en 2018, l’ancien Inter Bakou revient dans la lutte pour le podium. Le Keshla s’est même affirmé comme un sérieux prétendant à la deuxième place, lors d’une victoire de haute lutte contre le Neftchi, le mois dernier (2-1).

Autour de quelques légionnaires, comme le gardien moldave Namasco ou la paire paraguayenne en attaque Lorenzo FrutosCésar Meza Colli (huit buts à eux deux), l’équipe se compose en majeure partie de joueurs azerbaïdjanais. Elle semble avoir trouvé un peu de stabilité avec Tarlan Ahmadov sur le banc. Sauvé d’une relégation sportive par le jeu des licences – le champion de D2, MOIK Bakou, n’ayant pas obtenu la sienne, le Keshla a pu tranquillement reconstruire son assise durant l’intersaison. Par conséquent, le voilà, à la trêve, troisième du championnat avec cinq points d’avance sur Sumqayit, son poursuivant. En Coupe, le Keshla n’a rien pu faire face à Qarabag.

La déception : Qäbälä

Qui peut sauver le soldat Qäbälä ? Depuis le départ de Roman Grigorchuk, parti faire n’importe quoi à Astana, rien ne va plus au Gabaland. On aurait déjà pu se douter d’une chute vertigineuse lors de la piteuse élimination contre le Progrès Niederkorn, au premier tour des qualifications pour la Ligue Europa la saison dernière. S’en est suivie pourtant une saison historique ponctuée par une quatrième place en championnat, mais surtout une victoire en Coupe d’Azerbaïdjan, pour le premier trophée de son palmarès.

Le président Heydarov s’est retiré en avril dernier, et par la suite bon nombre de cadres ont continué à quitter le navire, notamment pour aller garnir la concurrence : Steven Joseph-Monrose (Neftchi), Dmytro Bezotosnyi (Chornomorets), Urfan Abbasov (Sabail), Vojislav Stankovic (Neftchi), Ilqar Qurbanov (Sumqayit) et même la pépite Hadzhyly parti au Qarabag. Recentré sur la promotion des jeunes joueurs du cru, Qäbälä souffre cette saison avec une élimination d’entrée en Ligue Europa contre le Dinamo Tbilissi, et une piètre avant-dernière place en championnat à la trêve. Le seul fait d’armes reste un match nul accroché contre Qarabag, en octobre dernier.

La mission principale consiste donc pour Qäbälä à assurer son maintien, tout englué qu’il est parmi les trois bonnets d’âne de la Premyer Liqasi, en compagnie de Sabah et le Sabail de Michaël Essien. Ensuite, fin avril, le club pourra penser à défendre sa Coupe – il rencontrera le Zira en demi-finale.

Le joueur majeur : Abdellah Zoubir

Au-delà du renfort quatre étoiles nommé Asmir Begovic,  Qarabag s’appuie sur une ligne offensive de qualité où la virevoltance d’Abdellah Zoubir fait l’unanimité.

Surtout, Zoubir était intenable lors du match référence de ce début de saison, la victoire 2-0 contre le Neftchi Bakou qui a permis à Qarabag d’asseoir sa domination en tête du championnat. Auteur d’un superbe assist pour Mahir Emreli (qui n’est autre que Madatov – il a décidé de prendre le nom de sa mère après le second mariage de son père), d’une frappe sur le poteau, de plusieurs passes-clés et surtout du but du break à la 70e, l’ancien joueur du Petrolul Ploiești et du RC Lens est l’homme de ce match.

Zoubir décisif face au Neftchi. | © qol.az

Avec quatre passes décisives et trois buts jusqu’ici, le joueur marocain est l’un des grands artisans de la première place de son équipe à la trêve. Il a d’ailleurs été élu joueur étranger de l’année 2019 en Azerbaïdjan.

La Coupe d’Azerbaïdjan

Les quarts de finale, composés des huit équipes de l’élite, ont rendu leur verdict en cette fin d’année. Le Neftchi est le grand perdant, éliminé par Sumqayit. Pour le reste, la logique a été respectée. Les demi-finales aller et retour auront lieu fin avril et opposeront : Zira vs. Qäbälä et Qarabag vs. Sumqayit.

La Birinci Dasta pour Zaqatala ?

Nous aimons toujours dire deux mots sur la deuxième division azerbaïdjanaise afin de parfaire notre géographie et de voyager dans des sonorités jusque-là inconnues. Après une saison décevante, le Turan Tovuz est de nouveau là, à l’affût, prêt à bondir dans l’élite dès que possible. Troisièmes à l’heure actuelle, il garde ses chances pour la montée.

Il va falloir dépasser le surprenant Zaqatala, qui dispose des excellentes installations de feu le Simurq Zaqatala (dissous en 2015), un stade multisports de 3500 places qui fait le bonheur de cette ville historique située à l’extrême nord du pays.

C’est dans la forteresse de Zaqatala, aujourd’hui en ruines, que les mutins du Potemkine ont été emprisonnés en 1905. Grâce à quelques parcs sympathiques, un musée régional, plusieurs jolis monuments (églises, statues, chapelles) et surtout bordée de fabuleux paysages propres à la randonnée, la ville de Zaqatala reste un rendez-vous touristique apprécié des Azerbaïdjanaises et Azerbaïdjanais.

Zaqatala

Actuellement second de D2, derrière Sabail II, Zaqatala jouera sa carte pour remporter la division. Reste à savoir s’ils obtiendront leur licence permettant de jouer dans l’élite.

Le chiffre : 40 %

Mention spéciale ici à Sumqayit, abonné au ventre mou de la Premyer Liqasi et qui parvient pourtant à garder la première place du classement en termes de taux de remplissage de son stade.

Avec 1 200 spectateurs en moyenne, Sumqayit est certes dépassé par les clubs jouant à Bakou (Qarabag, Sabah, Neftchi), mais parvient à remplir son enceinte, la Kapital Bank Arena, au bord de la Mer Caspienne, à hauteur de 40 %. Seuls deux clubs sont au-dessus de la barre des 20 %, le Zira avec 28 % et le Qarabag avec 22 % quand il joue à l’Azersun Arena. Le Keshla et Qäbälä ont quant à eux des affluences faméliques (454 en moyenne pour Qäbälä, et entre 400 et 800 selon le stade pour le Keshla).

La Kapital Bank Arena à Sumqayit | © Tərxan Paşazadə / Wikipedia

Le but : Akhundov (Neftchi)

On aurait pu mettre l’un ou l’autre caramel de Zoubir, mais mention spéciale au missile envoyé par Tural Akhundov, un soir d’automne, sur les hauteurs de Qäbälä. A l’heure de jeu, ce tir surpuissant débloque la situation pour le Neftchi, qui l’emportera finalement 0-3 avec deux autres jolis buts de Aliyev et Joseph-Monrose.

Par Thomas Ghislain

Image à la une: © www.facebook.com/Keshlabakufanpage

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