Après une longue trêve hivernale, le championnat de Hongrie reprend ses droits ce week-end. L’occasion de faire le bilan d’une première partie de saison riche en enseignements. Le départ en trombe de Ferencváros, le retour probant du MTK Budapest, les galères du Szombathelyi Haladás… Voici ce qu’il faut retenir après six mois de compétition en OTP Bank Liga.

Le classement d’OTP Bank Liga à la trêve

La bataille pour le titre

1. Ferencváros – 39 pts

2018/2019 sera-t-elle la saison du retour au sommet pour Ferencváros ? Il est évidemment trop tôt pour l’affirmer avec certitude. Mais force est de constater que les Aigles verts, sevrés de sacre en championnat depuis 2016, ont pour l’instant fait tout ce qu’il fallait pour renouer avec leur lustre d’antan. Grâce à un départ proche de la perfection (7 victoires et 3 matchs nuls lors des 10 premières journées), Fradi s’est rapidement positionné tout en haut du classement. S’ils ont ensuit laissé filer des points chez la Puskás Akadémia (1-0) et le Szombathelyi Haladás (1-0), Dénes Dibusz et ses coéquipiers ont malgré tout su maintenir leurs rivaux à distance.

A vrai dire, cela est tout sauf surprenant au regard de la qualité de l’effectif dont dispose Serhiy Rebrov, qui a remplacé Thomas Doll fin août. La perte de Joseph Paintsil a été compensée par l’arrivée du virevoltant Ivan Petriak. L’ailier ukrainien prêté par le Shakhtar Donetsk forme, avec Roland Varga et Davide Lanzafame (meilleur buteur du championnat avec 8 réalisations), le fer de lance de la meilleure attaque d’OTP Bank Liga (36 buts). Articulée autour de Miha Blažić, la défense du FTC est l’une des plus robustes de l’élite (15 buts encaissés), alors que l’expérimenté Leandro (36 ans) fait respecter sa loi dans l’entrejeu.

Lancé à toute vitesse vers le titre, Ferencváros a cependant commis deux écarts de conduite : sa campagne européenne s’est conclue très prématurément (éliminé par le Maccabi Tel-Aviv au premier tour préliminaire de la Ligue Europa) et sa défaite concédée face à MOL Vidi juste avant la trêve (2-1) a relancé une course au sacre qui aurait pu être quasiment pliée en cas de résultat inverse.

2. MOL Vidi – 34 pts

C’était en effet LE choc à ne pas manquer, une affiche dont l’issue allait certainement peser sur la suite de la saison. Le 16 décembre dernier, MOL Vidi (ex-Videoton) recevait Ferencváros dans une MOL Arena Sóstó récemment sortie de terre. Huit points séparaient alors le leader de son hôte du soir. Longtemps incertaine, la rencontre a basculé en faveur des locaux grâce à un but de l’inévitable Marko Šćepović à une vingtaine de minutes de la fin de la partie. Une réalisation cruciale, qui permet au champion en titre de garder l’espoir de conserver sa couronne.

Contrairement à Fradi, le club de Székesfehérvár a réalisé un parcours remarquable sur la scène continentale. Reversés en phase de groupes de C3 après avoir été dominés de peu par l’AEK Athènes (1-2, 1-1), les Rouge et Bleu ont terminé troisième d’une poule composée de Chelsea, du BATE Borisov et du PAOK Salonique. Les hommes de Marko Nikolić sont même les seuls à avoir accroché les Blues (2-2), qui s’en sont remis à un superbe coup-franc d’Olivier Giroud pour ne pas s’incliner en Hongrie. Cette aventure européenne a forcément coûté de l’énergie aux Vidi qui, éreintés par leur combat du jeudi soir, peinaient parfois à faire la différence trois jours plus tard, en championnat.

Orpheline de Danko Lazović, l’un de ses meilleurs éléments (à la surprise générale, le Serbe a pris sa retraite en septembre), la formation de Transdanubie centrale a donc plutôt bien négocié cette exigeante accumulation de matchs. Au sein de ce collectif solide et bien huilé, un homme mérite d’être mis en avant : Loïc Nego. Auteur de sept buts et de huit passes décisives (toutes compétitions confondues) depuis le début de la saison, le latéral français formé à Nantes marche sur l’eau. Un atout sur lequel MOL Vidi devra s’appuyer dans son mano a mano avec Ferencváros.

La course à la troisième place

3. Debrecen – 30 pts

Derrière les deux équipes de tête – qui évoluaient déjà un ton au-dessus de la concurrence en 2017/2018 –,  l’indécision reste totale en ce qui concerne la troisième marche du podium. Pendant la trêve, c’est Debrecen qui a eu l’honneur d’occuper cette place. Malgré quelques difficultés au démarrage (5 rencontres sans succès entre mi-août et mi-septembre), les Loki ont réussi à se frayer un chemin jusqu’aux avant-postes. Mené par ses valeurs sûres Daniel Tőzsér et Tamás Takács, le DVSC a fini l’année 2018 en boulet de canon (4 succès de rang, toutes compétitions confondues). Mais la route est encore longue jusqu’à la ligne d’arrivée…

4. Budapest Honvéd – 29 pts

Debrecen reste notamment sous la menace du Honvéd, quatrième. Parfaitement entrés dans cette nouvelle saison (12 points pris sur les 4 premières journées), les Budapestois ont, plusieurs mois durant, donné l’impression de pouvoir prétendre au titre. A priori fortement préjudiciables, les départs de Davide Lanzafame (Ferencváros) et de Márton Eppel (Kairat Almaty) ont été plutôt bien compensés par la prise de galon de Danilo et de Filip Holender, qui forment un duo d’attaque efficace (12 buts à eux deux). Mais la troupe d’Attila Supka était peut-être en surrégime. C’est en tout cas ce qu’a laissé comprendre le sérieux coup de mou subi par les Rouge et Noir juste avant la trêve (5 matchs sans victoire). L’ancien Parisien David N’Gog n’a, quant à lui, toujours pas réussi à s’imposer (2 buts en 11 apparitions). Les partenaires de Dávid Gróf vont vite devoir réenclencher la marche avant, sous peine de voir le podium s’envoler.

5. Újpest – 28 pts

Outre le Honvéd, deux autres clubs budapestois sont en embuscade pour la troisième place, à savoir Újpest et le MTK. Dotés de la meilleure défense du championnat (14 buts encaissés), les Lilák donnent du fil à retordre à tous leurs adversaires et se sont d’ailleurs offert MOL Vidi en décembre (2-0). Soma Novothny (6 buts) est toujours indispensable en attaque, tandis que Donát Zsótér a visiblement pris ses marques au milieu de terrain. Déjà sortis de la Coupe de Hongrie – dont ils étaient tenants du titre – par Kaposvár (1-0), les joueurs de Nebojša Vignjević peuvent désormais se focaliser sur l’OTP Bank Liga. 

6. MTK Budapest – 27 pts

Le MTK Budapest a connu un sort similaire en étant éliminé sans gloire par Ajka, pensionnaire de troisième division (2-1). Un affront qui ne ternit cependant pas complètement l’emballante première partie de saison du promu, parti sur un bon tempo (1 défaite après 6 journées) et positionné à distance respectable de la zone rouge. Guidés par les vétérans Sándor Torghelle (36 ans) et József Kanta (34 ans), les Bleu et Blanc affichent un visage bien différent que celui qu’ils avaient en 2017, lorsqu’ils avaient été relégués en Merkantil Bank Liga. A eux de continuer sur leur lancée pour, éventuellement, créer une sensation en fin de saison.

La lutte pour le maintien

7. Mesőkövesd-Zsóry – 24 pts

Au moment de dresser ce bilan intermédiaire, toutes les équipes classées en deuxième partie de tableau semblent être concernées par la lutte pour le maintien. Certes, Mesőkövesd-Zsóry et Paks ont un petit matelas qui leur permet de voir venir. Mais les dynamiques respectives de ces deux clubs n’incitent pas forcément à l’optimisme. Très irréguliers, les Jaunes ont terminé 2018 sur une série de quatre rencontres sans victoire et, malgré l’apport positif de Gábor Molnár (7 buts), la méfiance reste de mise. Car ces dernières années, le MSE a pris la fâcheuse habitude de se faire peur jusqu’au bout. 

8. Paks – 22 pts

Tranquillement calfeutré dans le ventre mou – très mince en OTP Bank Liga étant donné qu’il n’y a que douze clubs –, Paks s’est mis à glisser dangereusement vers le bas en enchaînant six rencontres sans victoire fin 2018. Contrairement à János Hahn (6 buts), László Bartha (1 but) n’est plus aussi décisif que lors de l’exercice précédent, ce qui peut expliquer en partie la mauvaise passe que traverse l’Atomcsapat. A noter qu’à la reprise, Aurél Csertői disposera d’une carte supplémentaire en attaque avec Norbert Könyves, arrivé en provenance de Debrecen pendant l’hiver.

9. Puskás Akadémia – 21 pts

La Puskás Akadémia dispose elle aussi d’une petite marge sur la zone de relégation. Après un préoccupant retard à l’allumage (seulement 2 points au compteur à l’issue des 7 premières journées) la formation basée à Felcsút s’est enfin mise en route, faisant notamment chuter MOL Vidi (2-1), le Budapest Honvéd (1-0) ou encore Ferencváros (1-0). La jeune pépite Tamás Kiss (18 ans) a trouvé son rythme, alors que Josip Knežević (7 buts) et Bachana Arabuli (4 buts, 3 passes décisives) ont également su se mettre en évidence. Avec de tels éléments et, plus généralement, un effectif qui tient la route, la Puskás Akadémia semble être en mesure d’assurer sa survie parmi l’élite.


Lire aussi : Saison 2018/2019 – 5 espoirs du championnat hongrois


10. Diósgyőr – 17 pts

L’avenir de Diósgyőr paraît plus incertain. En mai 2018, le DVTK avait arraché son maintien de justesse, au cours d’une dernière journée haletante. Le suspense risque une nouvelle fois de durer cette saison, tant les hommes de Fernando éprouvent des difficultés à rester au-dessus de la ligne de flottaison. C’est d’ailleurs grâce à une série de cinq matchs sans défaite entre novembre et décembre que Florent Hasani (4 buts) et ses coéquipiers ont pu s’extirper de la zone rouge. Mais la lutte promet d’être encore âpre.

11. Kisvárda – 16 pts

Surtout que Kisvárda est juste derrière. Son entame de championnat catastrophique (0 point, 0 but marqué et 11 buts encaissés après 4 journées) laissait pourtant présager une longue galère, conclue par une inéluctable redescente à l’échelon inférieur. Mais László Dajka a succédé à Elémer Kondás sur le banc et le promu a fini par décoller, sous l’impulsion notamment de Brana Ilić (3 buts). Les Rouge et Blanc sont donc toujours en vie. Ce dont les habitués du tout récent Várkert Stadion ne sauraient se plaindre.

12. Szombathelyi Haladás – 9 pts

Enfin, le cancre à l’issue des dix-huit premières journées n’est autre que le Szombathelyi Haladás. Et comment aurait-il pu en être autrement ? Maintenus in extremis en 2017/2018, les Hali n’ont pas su impulser une nouvelle dynamique. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : pire attaque (13 buts marqués), pire défense (35 buts encaissés, à égalité avec Kisvárda), seulement deux petites victoires – dont une, certes, contre le leader Ferencváros (1-0) –, déjà treize revers concédés… Loin d’être irréprochable lors de chacune de ses apparitions, l’emblématique Gábor Király (42 ans) a même été relégué sur le banc des remplaçants fin octobre. Dániel Rózsa, son successeur, n’a pas franchement donné satisfaction et Haladás a continué de sombrer. Pour Ferenc Horváth, nommé entraîneur à la place de Michal Hipp en septembre, la mission maintien s’annonce très compliquée. Elle pourrait être encore plus compromise en cas de mauvais résultat contre Kisvárda, le samedi 2 février prochain. 


Raphaël Brosse

Image à la une : ATTILA KISBENEDEK / AFP

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