Saison 2017/2018 : 5 espoirs du championnat croate

Damien F - Publié le 8 août 2017

La saison en demi-teinte du Dinamo a tout de même eu le mérite de donner la chance à des jeunes talentueux qui n’ont pas pu jouer de l’expérimentée équipe de Rijeka. Ces mêmes jeunes du Dinamo ont joué la phase de poules de Ligue des Champions, se faisant humilier à chaque match mais apprenant le métier à la dure. Nous en avons sélectionné deux d’entre eux qui nous ont impressionné et ont toutes les qualités pour devenir les grands de demain. La filiale du Dinamo, le Lokomotiv, est également réputée pour avoir des jeunes talents qui ne sont pas encore prêts pour jouer le podium croate. Habituellement inexpérimenté et trop tendre, l’effectif du Lokomotiv se faisait manger en Europe, les années où il avait la chance de la jouer. Ce n’était pas le cas cette saison et l’équipe était à deux doigts d’accrocher la phase de poules. Certains joueurs ont été rapatriés au Dinamo, deux autres sont partis chez l’ambitieux Osijek. Ce sont ces derniers que nous avons voulu mettre en valeur. Enfin, l’Hajduk n’a pas d’autre solution économique que de faire éclore ses meilleurs jeunes pour les vendre. L’un des talents de la pépinière Hajduk a attiré notre œil. Sans plus attendre, voici ce que sont devenus les espoirs de l’an dernier avant de découvrir les nouvelles pépites.

Retour sur les espoirs de l’an passé

Filip Benkovic a profité de la saison 2016-2017 pour engranger de l’expérience et de la maturité, notamment en disputant tous les matchs de Ligue des Champions sauf le dernier. Titulaire indéboulonnable et montant en puissance au fur et à mesure des matchs, il s’est malheureusement blessé et a manqué la deuxième partie de saison. On espère que ses progrès évidents ne seront pas freinés par sa blessure. Son coéquipier Armin Hodzic, en revanche, n’est pas parti titulaire et n’a quasiment pas joué en Ligue des Champions. En revanche, il a tout cassé en championnat avec 16 buts et a fini 3ème meilleur buteur du championnat alors qu’en première partie de saison, son entraîneur faisait de lui un remplaçant qui ne rentrait pas souvent. Titulaire à partir de février, il a confirmé tout le bien que l’on pensait de lui. Gageons que le Dinamo aura appris de ces leçons.

Le très offensif latéral Fran Tudor a bien aidé son équipe en multipliant les montées et les centres dangereux. Malgré quelques trous d’air en défense, il demeure un titulaire en puissance à l’Hajduk et sa côte ne cesse d’augmenter. De même pour le défenseur central Josip Juranovic, auteur d’un très bon début de saison avant une blessure qui l’écarta des terrains quasiment toute la deuxième partie de saison. Leur coéquipier Elvir Maloku, en revanche, n’a pas su s’imposer et a fini par partir gratuitement du côté de l’Espagne (Tarragone). Il n’a pas convaincu là non plus et a été prêté à Larnaca. Un gâchis au vu de ses qualités intrinsèques.


Retrouvez la totalité de nos espoirs de cette nouvelle saison et des précédentes éditions


Les cinq espoirs Footballski

Amer Gojak (Dinamo Zagreb | 13.02.1997)

Formé à Zeljeznicar, le jeune Gojak n’a jamais eu sa chance en équipe première et a décidé de s’en aller en 2014 à 17 ans. Fâché avec la présidence, il s’en va rejoindre le voisin de l’Olimpik Sarajevo. Après 19 matchs et un talent trop évident, le Dinamo Zagreb le chasse pour ce que la presse nommera « transfert du plus gros talent bosnien ». Celui qui a joué dans toutes les catégories d’âges en sélection bosnienne débute lors de la saison 2015-2016 mais son talent est barré par celui de talents aussi importants mais plus expérimentés (Pjaca, Coric, Rog). Les ventes de Pjaca et Rog à l’été 2016 sont l’occasion de laisser Gojak s’exprimer. Pourtant, il ne joue que très peu durant la première moitié de saison catastrophique du Dinamo. Malgré tout, il fait ses débuts en Ligue des Champions contre Lyon. Il sera même titulaire lors du match retour ainsi qu’à Turin. En deuxième partie de saison, il explose au plus haut niveau et devient un élément indispensable du milieu du Dinamo. Contre Cibalia, il inscrit même 4 buts, ce qui lui vaut de se faire remarquer par beaucoup de scouts européens…

Déjà mature, Gojak se caractérise par une puissance physique impressionnante pour son âge. Sa vitesse d’exécution et sa vision du jeu se couplent avec sa belle technique.

© gnkdinamo.hr

Adrian Semper (Dinamo Zagreb | 12.01.1998)

Arrivé à 6 ans au Dinamo Zagreb, Semper est devenu le quatrième plus jeune gardien de l’histoire de la Ligue des Champions à 18 ans 8 mois et 2 jours. Les trois gardiens plus précoces que lui se nomment Igor Akinfeev, Nikolay Mihaylov et Iker Casillas, ce qui augure d’une carrière plutôt intéressante pour Semper. Ce qu’a compris Chelsea en offrant une belle somme d’argent sur la table, refusée par le Dinamo qui en voulait plus.

Pour en arriver là, Semper a profité de concours de circonstances et notamment du départ d’Eduardo à l’été. Aucun des gardiens du Dinamo ne se montrant fiable, Semper a eu sa chance, se débrouillant plutôt bien malgré trois roustes (Lyon, Juventus, Rijeka). Le Dinamo est impatient, en pleine crise sportive et Semper en est une victime, faisant son retour sur le banc au profit de Dominik Livakovic, un autre jeune gardien. En février, Semper est prêté au Lokomotiv pour jouer toute la deuxième partie de saison, ce qu’il fait avec bonheur, le Lokomotiv ne perdant que quatre matchs et ne concédant que 11 buts en 16 matchs. Dans le club farm du Dinamo, il montre l’étendue de sa force en réflexes, dans les airs et dans les un contre un. Nul doute que l’on reverra bientôt le quatrième gardien le plus jeune de l’histoire de la Ligue des Champions.

Toma Basic (Hajduk Split | 25 11 1996)

Bien que natif de Zagreb, Basic a toujours supporté l’Hajduk Split grâce à son père qui était originaire de Dalmatie. Son premier souvenir à Poljud est d’ailleurs une défaite 5-0 contre Debrecen : « J’étais triste comme jamais. Ce souvenir me hantera toujours ». Faisant ses gammes au NK Zagreb (avec Fran Tudor et Juranovic) et à Rudes en deuxième division, il voit son frère jumeau partir en Floride étudier la biologie tout en jouant au football pour l’équipe du lycée et espérer accéder à la MLS plus tard. Toma, excellent élève et technicien en chimie, a préféré se concentrer sur le football, ne se voyant pas « continuer à jongler avec des tubes à essai et des formules ». Bien lui en a pris car l’Hajduk le recrute en 2015. Balancé entre l’équipe réserve et l’équipe première, il voit ses copains Tudor et Juranovic jouer pendant que lui reste à l’écart. La revanche est prise en 2016-2017 où il joue 28 matchs et marque 5 buts, ce qui est pas mal pour un profil plutôt défensif comme le sien. Il fait aussi ses débuts en Europa League en jouant 5 matchs sur 6. Son modèle est Yaya Touré, le grand Toma (1m90) voulant devenir aussi capable de récupérer, créer et frapper. Un style de jeu que l’on voit apparaître peu à peu et qui devrait se révéler en 2017-2018 si les recrues (Radosevic, Barry, Gentsoglou) ne freinent pas sa progression.

Pour l’anecdote, Basic a été attaqué à Zagreb après un match à Kranjcevic. Marchant avec son père et Juranovic, des hooligans les ont pris à partie et leur ont mis quelques coups.

© Robert Matić / hajduk.hr

Eros Grezda (Lokomotiv Zagreb | 15.04.1995)

Grezda est l’un des members actifs du formidable parcours du Lokomotiv en Europa League, allant jusqu’à la porte de la phase de groupes. Dans cette équipe bis du Dinamo, Grezda se retrouve entouré de jeunes comme lui. Aux côtés de Fiolic, Maric, Bartolec, Prenga, Bockaj, pour ne citer qu’eux, tous âgés de moins de 21 ans, Grezda enflamme l’été du Lokomotiv et montre son talent aux yeux de tous. Sur le côté droit, il dribble, percute, créé même s’il marque peu (5 buts en 30 matchs de championnat). Son mouvement et sa force de percussion déstabilise les défenses adverses. Sur son côté droit, Grezda n’est jamais plus fort que lorsqu’il part lancé dans une série de dribbles. Et à la fin, bien souvent, il place un partenaire dans une condition idéale grâce à un centre ou une passe bien sentie. Car l’une des qualités de Grezda, c’est aussi de bien sentir le jeu et ne pas s’enfermer. Voir même à certains moments de réaliser des interceptions dangereuses bien senties. Osijek, dans une logique d’achat de jeunes talentueux, le repère et l’achète. Grezda peut entamer une nouvelle incroyable aventure européenne…

Au niveau international, il a choisi l’Albanie bien qu’il soit aussi kosovar, où il est né et a grandi. Il a d’ailleurs débuté le football au FC Pristina avant de partir à Rabotnicki en 2010 puis au Dinamo Zagreb qui l’avait repéré. Ne jouant pas, il file en Autriche et en Slovénie avant de se retrouver dans le giron du Dinamo une nouvelle fois et d’éclater sous les couleurs du Lokomotiv. Avec toutes ces expériences, Grezda en ressort une maturité importante pour son jeune âge.

Petar Bockaj (Lokomotiv Zagreb | 23.07.1996)

Lui aussi s’est révélé lors de l’épopée du Lokomotiv en Europa League. Lui aussi a signé à Osijek. Pour ce qui est des expériences précédentes, le parcours de Bockaj est plus linéaire. Ayant grandi à Zagreb, il est passé par plusieurs clubs de la ville, du NK Maksimir au Dinamo en passant par l’Inter Zapresic. Au Lokomotiv, Bockaj était le pendant de Grezda sur l’aile gauche. Sa patte gauche fait des merveilles même si cela ne se traduit pas suffisamment en chiffres (4 buts et 3 passes décisives sur la saison). Sa qualité de centre devrait toutefois faire mouche avec Osijek et ses attaquants plus réalistes.

Damien F.


Image à la une :  AFP PHOTO / PHILIPPE DESMAZES

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