La Russie, ce sera sans eux #7 – La Macédoine

Antoine Jarrige
Antoine Jarrige - Publié le 10 novembre 2017

La phase de groupes des éliminatoires de la Coupe du Monde 2018 est arrivée à son terme. Alors que la Croatie et la Grèce devront passer par de périlleux barrages pour espérer décrocher leur qualification, Footballski revient sur le parcours des équipes d’ores et déjà assurées de ne pas être en Russie en juin prochain. Place à l’Ancienne République Yougoslave de Macédoine (que nous nommerons ici Macédoine) qui sera à surveiller pour les qualifs de l’Euro 2020.

Les résultats

Albanie – Macédoine: 2-1
Macédoine – Israël: 1-2
Macédoine – Italie: 2-3
Espagne – Macédoine: 4-0
Liechtenstein – Macédoine: 0-3
Macédoine – Espagne: 1-2
Israël – Macédoine: 0-1
Macédoine – Albanie: 1-1
Italie – Macédoine: 1-1
Macédoine – Liechtenstein: 4-0

Groupe G :

1. Espagne – 28 points
2. Italie – 23 points
3. Albanie – 13 points
4. Israël – 12 points
5. Macédoine – 11 points
6. Liechtenstein – 0 point

Dernière de son groupe de qualification pour l’Euro 2016 derrière le Luxembourg, la Macédoine se devait de faire mieux pour le Mondial 2018. Dans un groupe plutôt relevé, les Macédoniens, désormais dirigés par Igor Angelovksi, commençaient la campagne de qualification contre l’Albanie à Shkodër avec une rencontre à forte consonance géopolitique. Premier match et première défaite dans des conditions dantesques. Revenus au score en début de seconde période, les Macédoniens devront attendre le lendemain pour disputer le dernier quart d’heure d’un match interrompu par une véritable tempête. Craquants dans les dernières minutes le jour suivant, ils subiront un nouveau revers un mois plus tard sur le même score contre Israël à Skopje.

Déjà dos au mur, la Macédoine enchaînait contre les deux gros du groupe, à savoir l’Italie et l’Espagne. Grosse surprise pour les 20 000 spectateurs de la Telekom Arena, les locaux mènent 2-1 à l’heure de jeu grâce à deux buts coup sur coup de Nestorovski et Hasani. On se dirige vers un véritable exploit de la Macédoine qui va une nouvelle fois craquer en fin de match avec deux buts d’Immobile dans le dernier quart d’heure. Un dernier déplacement en Espagne et une dernière défaite 4-0 pour terminer une année 2016 qui aura vu les Macédoniens ne remporter qu’un seul match amical… contre l’Azerbaïdjan.

Premier match épique en Albanie. (© Marca)

Lanterne rouge et n’ayant plus rien à perdre, la Macédoine va se métamorphoser en 2017. Un succès probant d’entrée contre le Liechtenstein 3-0 avec le premier but en sélection du jeune Boban Nikolov ainsi qu’une courte défaite 2-1 contre l’Espagne à domicile montrent que les rouges et jaunes vont beaucoup mieux grâce notamment à un effectif rajeuni. Déjà hors course, la Macédoine va se faire plaisir et ne va plus perdre un seul match ! Une victoire en terre israélienne 2-1, deux matchs nuls en Italie (!) et contre l’Albanie, ainsi qu’une victoire finale 4-0 contre le Liechtenstein permettent aux Macédoniens de finir sur une très bonne note cette campagne de qualifications, avant-derniers mais à seulement deux points de la troisième place occupée par l’Albanie.

Les raisons de la non qualification

Le manque d’expérience des joueurs de la sélection fut la raison principale de cette non qualification pour le Mondial russe. Dans un groupe où il était plus qu’utopique d’accrocher ne serait-ce que la seconde place de barragiste, la Macédoine a trop souvent craqué en fin de match. Que ce soit contre l’Italie, l’Albanie mais aussi ce penalty manqué à la dernière minute contre Israël, il a souvent manqué un petit quelque chose pour voir les Macédoniens plus haut au classement. Assez friable derrière (avant-dernière défense du groupe), la Macédoine paye très cher son gros coup de mou de 2016 puisqu’elle était déjà éliminée après sa défaite en Espagne.

Autre point à signaler, même s’il est secondaire : le manque de soutien de tout un pays envers sa sélection. Cela a certainement pesé dans certaines rencontres comme lors de ce Macédoine – Albanie, disputé à Strumica dans le sud du pays pour des raisons de sécurité devant 3000 spectateurs. Un public qui se déplace peu et qui est plus spectateur que supporter. Un vrai contraste avec la furia albanaise à Shkodër au match aller.

Les motifs d’espoir

L’avenir est radieux pour la sélection macédonienne, c’est sûr ! Avec les U21 qui ont disputé l’Euro en Pologne l’été dernier, nul doute qu’Angelovski n’hésitera pas à les intégrer progressivement dans son groupe déjà beaucoup plus jeune que les années précédentes. La jeunesse dorée qui n’hésite pas à rejoindre l’Italie dès le plus jeune âge – au grand dam du Vardar – développe un style de jeu absent de ce qu’on pouvait voir auparavant sur la pelouse de la Telekom Arena. Un jeu chatoyant, technique et offensif qui dénote avec les bûcherons qu’on voyait dans les années 2000. Des joueurs qui évoluent en Italie, il y en a désormais un bon paquet et à ce petit jeu là, c’est le duo d’attaque de Palerme qui sort du lot. Nesterovski et Trajkovski, les meilleurs buteurs de cette campagne (quatre et trois buts), ont pesé sur les défenses adverses et seront prêts à récidiver prochainement. Tout comme le vieux briscard Goran Pandev, toujours présent pour défendre sa Macédoine chérie.

La génération dorée macédonienne. (© Marca)

Le niveau de la sélection est sur une pente ascendante et c’est également grâce à un championnat qui se développe et qui donne très vite une chance aux jeunes qui ne sont pas encore partis pour l’étranger. C’est le cas de Boban Nikolov qui a vu un Vardar Skopje l’accueillir à bras ouverts après une expérience en Roumanie. Ceux qui partent à l’étranger, quant à eux, brillent dans les championnats européens. Citons comme exemples Bardhi à Levante mais aussi de jeunes prometteurs comme Elmas, promis à un bel avenir à Fenerbahçe. C’est à eux maintenant de confirmer et de tirer la Macédoine vers le haut.

Et maintenant ?

Prochaine étape pour la Macédoine ? C’est très clairement la Ligue des Nations, en 2018 ! Dans le dernier chapeau, la Macédoine a très clairement une place d’outsider, voire de favori pour la victoire finale mais devra tout de même se méfier de certaines nations comme la Géorgie. En tout cas, si les Macédoniens continuent sur la lancée de cette fin de campagne, ils se retrouveront surement avec un sésame pour l’Euro 2020 ! Et c’est tout ce qu’on souhaite aux coéquipiers du bel homme Goran Pandev.

Antoine Jarrige

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A propos de l'auteur

Antoine Jarrige

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Antoine, 21 ans. Etudiant en kiné en Alsace, grand amateur du football russe . Amoureux d'Ural, le grand club de Sibérie occidentale, mon coeur ne bat que pour Smolov et Lungu.

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