La Russie, ce sera sans eux #24 : Le Kazakhstan

Damien F - Publié le 30 novembre 2017

Les éliminatoires de la Coupe du Monde 2018 sont arrivés à leur terme. Alors que la Croatie est la dernière équipe à s’être qualifiée, Footballski revient sur le parcours des équipes qu’on ne verra pas en Russie en juin prochain. Pour finir cette série de 24 pays, place au Kazakhstan qui aura été hors sujet pendant toute cette période de qualifications, à l’image de l’avion floqué « Ouzbékistan » qui les a transporté pour jouer un match à l’extérieur.

LES RÉSULTATS

Kazakhstan – Pologne : 2-2
Monténégro – Kazakhstan : 5-0
Kazakhstan – Roumanie: 0-0
Danemark – Kazakhstan : 4-1
Arménie – Kazakhstan : 2-0
Kazakhstan – Danemark : 1-3
Kazakhstan – Monténégro : 0-3
Pologne – Kazakhstan : 3-0
Roumanie – Kazakhstan : 3-1
Kazakhstan – Arménie : 1-1

Groupe E :

  1. Pologne – 25 pts
  2. Danemark – 20 pts
  3. Monténégro – 16 pts
  4. Roumanie – 13 pts
  5. Arménie – 7 pts
  6. Kazakhstan – 3 pts

Le tout début de campagne (se résumant en fait au premier match) avait bien débuté, de façon surprenante. Sergey Khizhnichenko mettait alors en échec la Pologne en inscrivant un doublé. Mais cela aurait été étonnant que Khizhnichenko soit la solution à terme. Les statistiques de l’attaquant restent faméliques depuis ses débuts en 2009 : 8 buts en 42 matchs. Il est ainsi resté muet contre le Monténégro, la Roumanie et le Danemark avant son enterrement définitif (un transfert au Shakhter Soligorsk). Le deuxième match contre le Montenegro (défaite 5-0) a d’ailleurs eu le mérite de casser tout espoir naissant pour cette sélection qui prenait ensuite son deuxième point en trois matchs sur son synthétique impraticable contre la Roumanie. L’autre but du début de ces qualifications est l’œuvre de Gafurjan Suyumbayev, un arrière gauche auteur d’un but autant spectaculaire qu’inattendu (qui n’aura servi à rien) contre le Danemark. Le sélectionneur Talgat Baysufinov est alors démis de ses fonctions. Heureusement, le secrétaire général de la Fédération, Kanysh Aubakirov, dégote un spécialiste russe, Aleksandr Borodyuk, peu connu pour ses succès.

La suite est clinique. Le Kazakhstan n’a pas le niveau et le montre à toute l’Europe en perdant 2-0 en Arménie puis en se reprenant une belle volée 3-0 à domicile contre le Monténégro. Sans fond de jeu, sans âme, le Kazakhstan coule complètement et finit dernier de son groupe en grappillant un troisième point contre l’Arménie lors du dernier match des qualifications. Bauyrzhan Turysbek en profite pour marquer son deuxième but des qualifications et se classer co-meilleur buteur kazakh. 3 points en 12 matchs, c’est le pire bilan de la sélection depuis 12 ans.

Après s’être vanté d’un classement FIFA tirant vers le haut, la fédération peut à nouveau regarder ses chaussures. Le Kazakhstan occupe actuellement le 136ème rang après avoir chuté de 50 places en l’espace de quelques mois. Parmi les équipes nationales des États post-soviétiques, seules la Lituanie et la Moldavie sont en dessous, ce qui veut tout dire… Alors que les présidents de la Fédération justifiaient tout et n’importe quoi ces dernières années avec le sacro-saint Classement FIFA, le voilà qui leur revient à pleine puissance dans la figure. De grands pays footballistiques tels que le Kirghizistan, Tadjikistan, Turkménistan, Taipei Chinois, Swaziland, Comores, Malawi, Yémen ou encore Saint-Kitts-et-Nevis sont passés devant le Kazakhstan.

Borodyuk ne fait pas l’unanimité. © facebook.com/KFFkaz/

LES RAISONS DE LA NON-QUALIFICATION

Le Kazakhstan participant à la Coupe du Monde en Russie… Ce fut un doux rêve. Pour se qualifier un jour pour une phase finale, le Kazakhstan a beaucoup à faire.

Avec l’équipe actuelle, il semble impossible d’envisager une quelconque échéance. Non pas que les joueurs actuels soient forcément si mauvais intrinsèquement, mais il manque tout de même du talent et quelques piliers. Tous les joueurs sélectionnés, même les plus talentueux, jouent au pays. Un taulier du Kairat comme Bauyrzhan Islamkhan pourrait bien évidemment tenter sa chance à l’étranger pour s’aguerrir et jouer dans un meilleur championnat, mais il touche une fortune à Almaty. Résultat, à force de ne pas avoir de concurrence et de jouer sans cesse contre une adversité faible, il n’est pas du tout le maillon fort de la sélection comme son talent pourrait le laisser présager. Même Georgi Zhukov, qui a grandi en Belgique, joue au Kazakhstan et n’a pas réussi à s’imposer dans les championnats belge ou néerlandais. La plupart des éléments talentueux de cette équipe sont dans la fleur de l’âge (entre 24 et 28 ans), ce qui donne un peu le sentiment de gâchis pour la sélection…

Le deuxième point concerne le secteur offensif. Les matchs de qualification ont prouvé une fois de plus qu’à l’heure actuelle, l’équipe nationale est basée sur la défense. Et va continuer à l’être dans un avenir proche. Les coachs Yuri Krasnozhan puis Borodyuk n’ont pas réussi à trouver les clés pour proposer un jeu soit attrayant, soit performant. Sans attaquant de classe, les entraîneurs peuvent tenter tous les schémas offensifs qu’ils veulent, ce sera toujours limité. On commence avec les attaquants : Roman Murtazayev (24 ans), excellent avec l’Irtysh en 2016, a eu plus de mal avec Astana en 2017 malgré un temps de jeu conséquent. On aimerait penser que Yerkebulan Tungyshbayev (22 ans) s’impose mais il joue toujours dans le club de sa ville natale (Shymkent) et n’arrive pas à se montrer décisif dans les matchs avec un niveau plus relevé. Les ailiers se montrent plus défensivement qu’offensivement tandis que les milieux ne pèsent pas sur le jeu et ne sont pas suffisamment créatifs.

Le troisième point concerne le sélectionneur. Si l’on avait vu quelques bonnes choses avec Krasnozhan, on s’est totalement perdu avec Borodyuk. Tactiques fantaisistes, roulement de joueurs, aucun plan de jeu, progrès invisibles… Le nouveau sélectionneur a très rapidement fait l’unanimité contre lui et s’est vite vu affublé de surnoms peu glorieux. Les six défaites et le match nul comme bilan n’ont rien fait pour améliorer sa popularité, mais l’entraîneur a pourtant été mystérieusement conforté dans ses fonctions par la fédération…

FFK MAFIA – Les supporters de football kazakh montrent leur animosité envers la fédération

LES MOTIFS D’ESPOIR

Le Kazakhstan a fini l’année 2017 par deux écrasantes victoires. Alors que toutes les équipes nationales jouaient contre leurs homologues, le Kazakhstan, de son côté, a réussi à trouver un accord avec lui-même pour faire jouer sa sélection nationale senior contre sa sélection U21. Deux victoires majeures ont été remportées 4-1 et 3-0 par les hommes de Borodyuk, lequel a pu calmement célébrer ses vacances. L’entraîneur peut enfin se vanter d’enchaîner les succès après six défaites et un match nul depuis qu’il a repris l’équipe. De quoi donner un peu d’espoir pour la suite des événements ?

En étant moins sarcastique, on pourrait dire que certains éléments de cette équipe peuvent montrer bien plus que ce qu’ils ont fait jusque là. On pense à Islamkhan, bien sûr, qui a les possibilités d’être le dépositaire du jeu et d’amener un peu de folie. Kuat et Tagybergen ont aussi les moyens d’apporter bien plus au milieu de terrain. Et si Murtazayev continue à progresser, on pourrait même rêver d’avoir un attaquant décent en pointe. Tous ces joueurs sont encore jeunes, et il serait intéressant de les voir à leur bonne position, dans un schéma qui les mette en valeur.

Évoquons brièvement les joueurs U18, auteurs d’un très bon mémorial Granatkin (défaite en finale contre la Russie), toutefois encore loin d’être prêts pour le niveau senior.

ET MAINTENANT ?

Etant donné que l’entraîneur ne changera pas, autant s’accrocher à ce que l’on peut. La poule de la Ligue des Nations sera constituée d’équipes du même niveau que la Kazakhstan, alors pourquoi pas espérer un miracle ? Mais même avec 24 pays qualifiés, sincèrement, on a du mal à espérer quelque chose…

Par Damien F.


Image à la une : © facebook.com/KFFkaz/

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