La Russie, ce sera sans eux #14 – L’Ukraine

Rémy Garrel
Rémy Garrel - Publié le 18 novembre 2017

La phase de groupes des éliminatoires de la Coupe du Monde 2018 est arrivée à son terme. Alors que la Croatie a éliminé la Grèce pour décrocher sa qualification, Footballski revient sur le parcours des équipes qui n’iront pas en Russie en juin prochain. Place à l’Ukraine avec une énième déception pour Shevchenko et sa bande.

Les résultats

Ukraine – Islande : 1-1
Turquie – Ukraine : 2-2
Ukraine – Kosovo : 3-0
Ukraine – Finlande : 1-0
Croatie – Ukraine : 1-0
Finlande – Ukraine : 1-2
Ukraine – Turquie : 2-0
Islande – Ukraine : 2-0
Kosovo – Ukraine : 0-2
Ukraine – Croatie : 0-2

Groupe I :

1. Islande 22 points
2. Croatie 20 pts
3. Ukraine 17 pts
4. Turquie 15 pts
5. Finlande 9 pts
6. Kosovo 1 pt

Les raisons de la non qualification

La question qui était sur toutes les lèvres en Ukraine depuis le début des éliminatoires – « Faut-il boycotter la Coupe du Monde en Russie? » – ne se pose désormais plus. La troisième place du groupe I obtenue par les ukrainiens dans cette campagne de qualification est, vous l’aurez compris, synonyme de non participation au prochain mondial. Un nouvel échec après un Euro 2016 désastreux.

L’Ukraine a donc failli lors des rendez-vous importants et laissé filer beaucoup trop de points. Aucun soucis du côté du Kosovo avec deux victoires face à une jeune sélection encore naissante. Il en sera de même avec la Finlande, six points sur six durant la campagne. En revanche, la tâche fut plus ardue face aux turcs à Konya. Un but encaissé dans les arrêts de jeu de la première période puis un autre en fin de rencontre déposséderont les ukrainiens de deux points précieux qui s’offraient à eux. Le premier signe de mauvais augure était pourtant apparu en septembre de l’année dernière avec un match nul à domicile face aux islandais. Une rencontre que les jaunes avaient copieusement dominé dans le jeu sans véritablement concrétiser leur domination. Des occasions manquées à la pelle et un penalty en fin de rencontre envoyé sur le poteau par Konoplyanka, comme un symbole de ce qu’allait être ces éliminatoires pour les hommes de Shevchenko. Viendra ensuite la défaite à Zagreb face à une formation croate que l’on attendait dominatrice dans ce groupe I. Les victoires successives en Finlande puis à Kharkiv face à la Turquie de Mircea Lucescu laissaient pourtant entrevoir de belles chances de qualification. C’était avant que ne se profile la défaite en Islande. Un revers 2 à 0 dans un match d’une pauvreté sans nom du côté ukrainien. Un boulevard s’ouvrait alors pour les islandais tandis que seul les barrages pouvaient encore sauver l’Ukraine.

Oui mais voilà, pour accéder aux barrages encore fallait-il terminer à la seconde place. Une place de dauphin occupée par la Croatie en ballotage favorable. Un sprint final Ukraine/Croatie qui coïncidait parfaitement avec le calendrier qui offrait donc aux protagonistes une petite finale à Kiev début octobre. Après avoir bêtement perdu des points précieux dans cette campagne, l’Ukraine fera étalage de son autre pêché mignon, manquer les grands rendez-vous. C’est dans un Stade Olympique de Kiev rempli à ras bord que les ukrainiens verrons le mondial 2018 leur passer sous le nez. Après avoir dominé la première période et bousculé les croates sans jamais réussir à les faire plier, Yarmolenko et ses compagnons d’armes seront impuissants face aux offensives adverses et devront concéder deux buts d’Andrej Kramaric en huit minutes. L’affaire était pliée.

Cette formation ukrainienne reste encore bien trop dépendante de ses deux meilleurs éléments que sont Yarmolenko et Konoplyanka. Les mauvais matchs de ce dernier ne coïncident que trop souvent avec des contre performances quand la moitié des buts de l’équipe lors de ces éliminatoires ont été inscrit par Andriy Yarmolenko. Le poste d’avant centre reste toujours un problème pour Andriy Shevchenko. Un fait qui peut prêter à rire au vu de la carrière du sélectionneur mais qui ne fait qu’illustrer une énorme carence côté ukrainien. Se seront succédés au poste d’avant centre durant cette dernière année : Roman Zozulya (qui a depuis pris sa retraite internationale à 27 ans), Yevhen Seleznyov, Artem Kravets, le jeune Artem Besedin, Yuri Kolomoets et même Denys Garmash, le milieu de terrain essayé en pointe par son sélectionneur. Des solutions sans réels résultats. L’Ukraine devra impérativement se trouver un buteur à la pointe de l’attaque afin de soulager quelque peu les épaules de ses deux stars pensionnaires de Bundesliga.

Les motifs d’espoir

A 28 ans, Andriy Yarmolenko semble au zénith de sa carrière. Le grand saut vers le Borussia Dortmund de l’ailier droit ne pourra qu’être bénéfique à sa sélection. Notons aussi la naturalisation du brésilien Marlos. Bien qu’ayant fait couler beaucoup d’encre, surtout du côté des supporters, cette naturalisation pourrait porter ses fruits dans les échéances à venir. Le natif de São José dos Pinhais aura sa carte a jouer sur le front de l’attaque. Autres motifs d’espoir, les jeunes. Des joueurs tel que Viktor Kovalenko et Oleskandr Zinchenko, déjà présent à l’Euro 2016, n’ont toujours pas montré leur plein potentiel avec le maillot de la sélection. Un travail qui incombe à Andriy Shevchenko, tout comme celui d’intégrer une nouvelle génération au potentiel certain avec les Mykola Matvienko, Viktor Tsygankov, Artem Besedin, Volodymyr Shepelev, Vladlen Yurchenko et autres Oleksandr Andrievsky.


A lire aussi : L’Ukraine doit-elle boycotter la Coupe du monde 2018 ?


Et maintenant ?

Tout ce petit monde devra digérer ce nouvel échec et se reconcentrer rapidement sur l’avenir. Un avenir qui débutera dès septembre 2018 avec la Ligue des Nations, où l’Ukraine évoluera dans la Ligue B dans une groupe qui pourrait être composé du Pays de Galles, de la Russie, de la Slovaquie, de la Suède, de la Turquie, de la République Tchèque, des deux Irlande, de l’Autriche ou encore de la Bosnie. De belles joutes en perspectives.

Rémy Garrel


Image à la une : ukr.media

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