Platini au chevet du foot hongrois

Romain Claudel - Publié le 14 mars 2014

Depuis sa 3ème place en Espagne 64 en et sa 4ème place en Belgique 72, la Hongrie ne s’est plus qualifiée pour le championnat d’Europe des nations. L’élargissement du nombre de qualifiés voulu par l’UEFA de Michel Platini est vu d’un très bon oeil ici…

Un bon tirage

Le tirage au sort du prochain Euro s’est déroulé le 23 février dernier à Nice. 53 équipes en tout pour 23 places qualificatives (la France étant qualifiée d’office). Les deux premiers de chaque groupe et le meilleur troisième seront directement qualifiés, et les huit autres troisièmes passeront par des barrages.

De quoi donner beaucoup d’espoir à la Hongrie à la vue du tirage : Finlande, Îles Féroé, Irlande du Nord, Grèce et Roumanie. Seules les deux dernières ont déjà participé à un Euro, la Grèce l’ayant même gagné en 2004 (avant de finir 16ème sur 16 lors de l’édition suivante).

Pour la première fois depuis 1972, la Hongrie va peut-être enfin avoir son Euro. Le peuple y croit en tout cas très fort.

La réforme Platini

Cette édition de l’Euro sera donc la première organisée à 24 équipes. Avec l’ajout des huitièmes de finales, la compétition se jouera désormais sur 4 semaines au lieu de 3. C’est une aubaine pour les petites nations du football qui auront de ce fait 8 places de plus à se partager.

La réforme a été critiquée par beaucoup de monde, notamment l’Angleterre et l’Allemagne qui n’ont pas hésité à faire part de leur scepticisme. Mais elle va permettre aux petites nations européennes, celles sur qui Platini s’était appuyé pour être élu président de l’UEFA, de participer enfin à une compétition internationale.

L’élargissement est aussi une façon de ne plus se priver de grandes équipes comme se fut le cas en 2008 avec l’Angleterre. L’intérêt des matchs va sûrement en prendre un coup. Bye bye le suspense et les match couperet pour les grandes nations. Elles se qualifieront toutes facilement et sans exception, à moins qu’elles ne perdent 4 matchs contre Chypre, le Luxembourg, l’Autriche et l’Arménie. Le suspense sera ailleurs, chez les petits pays qui se battront sous haute tension. Au grand bonheur de la Hongrie.

Attila Pinter en héros ?

La Hongrie est absente de tous les tournois internationaux depuis la coupe du monde 1986. Attila Pinter, l’actuel sélectionneur se voit bien comme successeur de György Mezey qui avait qualifié les Magyars au Mexique.

Après le tirage, au micro de Kossuth Radio, il a insisté sur l’importance de la préparation et des supporters :

« Peu importe les adversaires que nous devons rencontrer, le plus important est de préparer chaque match et d’avoir la meilleure équipe pour gagner. Nous devons travailler tous ensemble […] nous avons besoin d’un groupe élargi et soudé [..] je demande l’appui de tous les supporters. Nous ferons de notre mieux pour nous qualifier. Bien évidemment, nous vivrons certainement des moments difficiles, c’est dans ces moments là que les supporters ne devront pas nous lâcher. »  (retranscription par hu-lala.org, l’excellent site d’info francophone basé à Budapest)

Il peut être certain que les supporters vont soutenir leur équipe, même si une déroute des Magyars sera catastrophique pour un pays qui croit dur comme fer en une qualification.

Hongrie – Roumanie, bis repetita

Comme pour les qualifications à la Coupe du Monde au Brésil, la Hongrie et la Roumanie se retrouvent dans le même groupe. Nous avons déjà parlé du dernier Hongrie-Roumanie dans notre précédent article. Avant cet affrontement, le coach hongrois Sandor Egervari (qui a ensuite démissionné après une défaite 8-1 contre les Pays-Bas) disait : “ce match n’est pas seulement un match à 6 points ; il est important au vu de l’histoire entre nos deux nations. Une histoire pleine de problèmes.”

Récemment, c’est la Transylvanie qui est au cœur du débat entre les deux pays. Les Hongrois reprochent à leurs voisins l’annexation de cette région. Les Roumains, eux, reprochent aux Hongrois d’avoir fait passer une loi donnant le droit de vote et un passeport aux transylvaniens.

Nous espérons pouvoir assister au derby, n’ayant pu nous rendre au précédent, joué à huis clos en raison d’une sanction de l’UEFA suite à des chants antisémites pendant Hongrie-Israël. Un match report sera de rigueur ! Il faudra pour cela compter sur un bon comportement des supporters hongrois, qui n’ont pas hésité à soutenir la Palestine pendant le match contre Israël, ou de chanter “La Transylvanie EST la Hongrie !” contre la République Tchèque. Même si Platini est soutenu par ces “petits” pays du football, on peut être certain que l’UEFA ne se privera pas de sanctionner durement les abus.

Le passage à 24 pays, ainsi que la présence d’une tête de série faiblarde (la Grèce) permettra peut-être enfin aux deux pays de se qualifier pour la même compétition, ce qui n’est pas arrivé depuis la Coupe du Monde 1938. La Hongrie y avait obtenu une médaille d’argent alors que la Roumanie, n’avaient même pas dépassé les poules…

Romain & Nicolas


Photo à la une : Platini, Orban, Depardieu | © Facebook officiel de Viktor Orban

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