PAOK: "l’Aigle Bicéphale du Nord"

V. Athanasios Koulos
V. Athanasios Koulos - Publié le 2 octobre 2014

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Le Panthessalonikios Athliticos Omilos Konstantinoupoliton ou plus simplement PAOK faisait partie du pot 2 lors du tirage au sort de la phase de groupe de l’Europa League 2014-2015. Tirage dont le résultat, de l’avis général, était plutôt satisfaisant du côté de Thessalonique. En effet, avec Guingamp et le Dinamo Minsk, « o Dikefalos » (l’Aigle Bicéphale) retrouve des adversaires à sa portée dans la lutte pour la deuxième place qualificative du groupe derrière l’inabordable (quoique) Fiorentina. Si les Biélorusses n’ont pas fait le poids lors de la première journée (Ndlr: victoire 6-1 à Toumba), on ne saura que jeudi soir si les Bretons de Guingamp pourront faire obstacle aux ambitions continentales des Paokistes.

Histoire du club

A la suite du conflit qui opposa la Grèce et la Turquie de Mustafa Kemal (Atatürk) de 1919 à 1922 et la défaite hellène ou Grande Catastrophe comme on l’appelle en Grèce, le traité de Lausanne de 1923 imposa un échange de population entre les deux pays. Ainsi, plus d’1 million de Grecs furent chassés du territoire de l’actuelle Turquie. Ces réfugiés s’installèrent, pour la plupart, en Grèce et tentèrent de reprendre le cours de leurs vies chamboulées. Dans cette logique, des anciens membres de l’Hermis, club de foot fondé à Constantinople en 1875, créèrent le « Panthessalonikios Athlitikos Omilos Konstatinoupoliton » (PAOK), litérallement Athletic Club des Constantinopolitains de Thessalonique.

Le PAOK est donc à la base un club de « réfugiés ». Les Paokistes s’installèrent dès 1959 dans le quartier de Toumba où ils érigèrent leur enceinte mythique. PAOK est devenu au fil du temps le premier club de la grande ville du nord. Il existe une grande rivalité avec les autres équipes de la ville comme Iraklis et surtout Aris. Mais « o Dikefalos » a su mieux gérer la crise économique que ses voisins grâce à l’apport de son nouveau propriétaire, Ivan Savvidis, un homme d’affaire russe d’origine grecque. Ce dernier a investi beaucoup d’argent pour apurer les dettes colossales du club et amener un vrai projet footballistique à Thessalonique. Son but est de pouvoir redonner un caractère authentique au club en investissant dans les jeunes et en les encadrant par des joueurs d’expérience. Le but, à terme, est de damer le pion aux clubs de la capitale et plus particulièrement l’Olympiakos, l’ogre du Pirée qui rafle tous les trophées depuis plus d’une décennie.

L’Entraîneur

Angelos Anastasiadis est un enfant du PAOK. Il a, en effet, passé la majeure partie de sa carrière de joueur (8 saisons, 176 matchs et 25 buts) chez les Noirs et Blancs. En tant que coach, il en est déjà à sa troisième pige à Toumba. Après une première expérience entre 1997 et 1999 (avec un intermède de deux mois), il avait rempilé une deuxième fois entre 2002 et 2004, rapportant, au passage, le dernier trophée en date du PAOK : la coupe de Grèce en 2003. Il a ensuite émigré à Chypre où il a pris en main la sélection nationale de 2004 à 2011. Cet été, dans sa politique de développement plus « locale », Ivan Savvidis a refait appel à lui pour reprendre en main l’équipe qui avait déçu sous l’égide du renommé Huub Stevens. Angelos Anastasiadis est un coach haut en couleurs en Grèce. Il est considéré comme l’entraîneur le plus mystique du pays, faisant sans cesse référence à la Sainte Vierge et à tous les Saints lors de ses causeries ou interviews.

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Angelos Anastasiadis, le coach haut en couleurs du PAOK

Onze-type

Panagiotis Glykos

A 27 ans, cet originaire de Volos semble enfin s’imposer entre les perches du PAOK. Au club depuis 2007, il est incontestable et incontesté depuis seulement la saison dernière où sous l’égide d’Huub Stevens, il a relégué sur le banc Jacobo et Itandje.  C’est un bon gardien, sobre et sûr qui, récemment, a fait son entrée en équipe nationale.

Miguel Vitor

Le Portugais de 25 ans est le pilier de la défense centrale paokiste. Cet ancien de Benfica s’avère utile sur phases arrêtées offensives où il a déjà inscrit quelques buts importants.

Giorgos Katsikas

Katsikas reçoit la préférence de son coach, Anastasiadis, en ce début de saison. Ce joueur issu du centre de formation réputé d’Iraklis est au club depuis 2011. Il dut en effet quitter son club formateur qui n’a pas résisté à la crise financière et fut relégué dans les tréfonds des ligues amateur grecques avant de revenir via l’absorption (et le changement de matricule) d’un club de Football League (D2). Bon espoir du football grec, il arrive à un âge (24 ans) où les attentes placées en lui doivent se concrétiser plus sérieusement.

Răzvan Rat

Arrivé gratuitement cet été, Razvan Rat apporte toute son expérience à cette défense relativement jeune. Le latéral gauche roumain n’a pas tardé à s’intégrer dans l’équipe d’Anastasiadis. Il est certainement l’une des valeurs sûr de ce 11 de base.

Giannis Skondras

Skondras est le latéral droit de cette équipe. Arrivé l’été dernier en provenance d’Atromitos où il a débuté sa carrière professionnelle, il a mis du temps à s’imposer chez les Noirs et Blancs. Cette saison on espère que cet ancien international espoir de 24 ans arrivera à confirmer tout le bien que l’on pense de lui.

Alexandros Tziolis

Ce bourlingueur (7 championnats différents à 29 ans) doit être le métronome du milieu de terrain. Sa taille et la justesse de ses passes en font un joueur indispensable dans l’entre-jeu. Malgré cela, Tziolis est fortement décrié pour sa lenteur et son manque de créativité. Néanmoins Anastasiadis semble avoir trouvé la bonne formule complémentaire avec des jeunes plus mobiles comme Kaçe et Tzandaris.

Ergys Kaçe

Malgré la polémique qui a entouré son nom la saison dernière (pour rappel, Kaçe fut suspendu par son club pour s’être affiché sur Facebook avec un t-shirt de l’UCK), le jeune et talentueux international albanais fait partie des cadres de cette équipe. Avec le jeune Tzandaris, il anime avec brio le milieu de terrain de PAOK en ce début de saison.

Theofanis Tzandaris

Tzandaris, c’est LA trouvaille d’Anastasiadis. Tout droit sorti de l’école des jeunes du PAOK, il était encore un parfait inconnu il y a plus d’un mois. Il est encore trop tôt pour se prononcer à son sujet. Espérons pour lui qu’il poursuive de la sorte mais cela reste la bonne surprise de ce début de saison.

Róbert Mak

Robert Mak a signé en Grèce cet été pour palier le départ de son compatriote Miroslav Stoch. Plus concret et plus collectif que son compatriote, Mak est en train de se fondre à merveille dans le système mis en place par Anastasiadis. A l’image de son équipe, il pète la forme. Actuel leader du classement des buteurs en Super League, il a récemment marqué son premier but en match officiel avec la Slovaquie. C’est un joueur à suivre de près cette année.

Dimitris Salpingidis

On ne le présente plus. C’est le « papa » de cette équipe. Salpingidis n’est néanmoins plus le capitaine du PAOK, mais reste un des acteurs majeurs du groupe. Malgré son âge (33 ans), il garde encore une sacrée pointe de vitesse qui lui permet d’encore facilement déborder son adversaire direct. Travailleur acharné, Salpingidis est l’archétype du joueur grec de l’ancienne génération : vaillant, combatif et collectif.

Stefanos « Klaus » Athanasiadis

Athanasiadis est certainement le joueur le plus talentueux de cette équipe. Cet attaquant central est un véritable buteur qui sort d’une saison difficile mais qui semble reparti sur de bonnes bases pour ce nouvel exercice. On lui a d’ailleurs attribué le brassard de capitaine et il vient récemment de prolonger son contrat. A n’en pas douter, Athanasiadis sera dans un futur proche le joueur emblématique du PAOK.

Perfs européennes

Le palmarès européen du PAOK est certes moins prestigieux que celui de ses grands rivaux athéniens mais on notera tout de même un quart de finale de Coupe des Coupes en 1973-1974. Les Paokistes s’étaient alors inclinés au match aller à San Siro 3 à 0 contre Milan, futur finaliste de l’épreuve. Plus récemment, le PAOK a atteint 3 fois les 1/16ème de finale de l’Europa League, éliminé en 2011 par le CSKA Moscou, l’année suivante, en 2012 par Udinese et enfin la saison passée, en 2014, par Benfica le futur finaliste.

Ambiance à domicile

La Thyra 4 ou Gate 4 en anglais est un des groupes de supporters les plus fanatiques en Grèce. Autant dire qu’à domicile l’ambiance est plutôt électrique. Chaque début de match est annoncé par un immense « clappement » de mains repris par tout le stade et qui monte crescendo. Cette ambiance vous prend littéralement aux tripes. Lors des gros matchs en championnat (car en Europe c’est interdit), le stade s’embrase et les fumigènes et autres engins pyrotechniques illuminent l’arène avant chaque début de rencontre et plus particulièrement contre l’Olympiakos.

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La Gate 4 fait partie des groupes de supporters les plus fanatiques de Grèce.

Forme du moment

Actuellement, PAOK tient la forme en championnat et sur la scène Européenne. Après une préparation difficile et un premier match de qualification perdu contre les Moldaves de Zimbru et un premier match de championnat à domicile décevant contre AEL Kallonis (1-1), les Noirs et Blancs se sont bien repris et enchaînent les victoires. Le weekend dernier, ils ont pris seuls les commandes de la Super League, chose qui n’était plus arrivée depuis plus de 10 ans (déjà sous l’égide d’Anastasiadis). L’avenir nous dira si le PAOK est capable de rivaliser avec l’Olympiakos en championnat en disposant d’une équipe relativement jeune.

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