On a vécu Zenit Saint-Pétersbourg vs. La Gantoise

Robin Bjalon
Robin Bjalon - Publié le 2 octobre 2015

Passionné de football et étudiant pour l’année à Saint-Pétersbourg, je ne pouvais évidemment pas rater le premier match à domicile du Zenit dans cette Ligue des Champions 2015/2016. J’avais bien évidemment noté sur mon agenda la date de ce premier match, et malgré que ce ne fût pas le Barca ou le Bayern en face, j’étais quand même très excité d’aller découvrir le Petrovsky.

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Me voilà donc chaudement habillé (les températures sont encore largement supportables, mais l’heure tardive du coup d’envoi me laissait penser qu’il fallait privilégier plusieurs couches), prêt à marcher de chez moi jusqu’au stade. Pour ceux qui ne sont pas forcément familiers avec le stade et ses alentours, voici une petite visite guidée au milieu de somptueux palais et bâtiments mélangeants du baroque et du néoclassicisme agrémentés d’une forte touche architecturale italienne. En effet, héritée de plus de 200 ans d’impérialisme,  Saint-Pétersbourg reste un centre culturel de premier plan, quoique parfois méconnu. Directement sur Gorochovaya Ulitsa (ulitsa = rue), je passais rapidement au-dessus de la rivière Moika. C’est ici que furent construits les premiers quais en bois au tout début du XVIIIe siècle sous Pierre le Grand. Gorochovaya donne sur l’un des plus anciens bâtiments de la ville : l’Amirauté, siège du collège impérial russe, édifié dans le but de montrer au reste de l’Europe la force navale de la Russie du XVIIIe siècle. Seulement séparé d’une centaine de mètres par le Parc Razvodnoy se trouve l’Ermitage, plus grand musée du monde en termes d’objets exposés. On y trouve notamment sans doute la plus belle collection de tableaux européens de la période classique. Avant de devenir un musée, l’Ermitage était la résidence de Catherine la Grande, impératrice russe du XVIIIe siècle.

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Connu mondialement pour ses façades, il est sans contestation possible l’une des attractions majeures de la ville et se trouve séparé du stade par la rivière Neva, fleuve très large qui se jette dans la mer Baltique. Du Pont Dvortsovy, observez la beauté des berges, avec l’Ermitage et l’Amirauté en figures de proue. Plus que quelques minutes de marche, j’aperçois au loin la forteresse et la cathédrale Pierre-et-Paul, où sont enterrés tous les empereurs russes depuis Pierre le Grand, et me voici en face du Petrovsky, près de quatre heures avant le match, mais déjà bien excité malgré le calme ambiant autour du stade. Si vous êtes en revanche un peu plus frileux, vous pouvez aussi prendre le bus ou le métro qui, quoique moins joli que celui de Moscou, reste quand même beaucoup plus agréable que celui de Paris ou Londres. Pour cela, il vous suffit de prendre la ligne 5 (violette) jusqu’à la station Sportivnaya, le stade se trouvant à la sortie même. Mais soyons honnêtes, avec un peu de temps libre, qui ne profiterait pas de la magnifique architecture que cette ville a à vous offrir ?

12076732_10153605165645629_823432559_oEn tout cas, après cette promenade, j’arrive devant ce stade au style très Soviétique doté d’une capacité de 21 500 places. Il fut le premier stade construit à Saint-Pétersbourg en 1924-25 par un architecte Tchèque : Aloise Wejwoda. Le stade subit de majeurs changements à travers le temps, les derniers en date en 1994 pour les Goodwill Games, compétition créée en 1986 en réaction aux boycotts successifs des Jeux olympiques de 1980 et de 1984 par les États-Unis et l’Union soviétique.

Sur un plan sportif, cette rencontre entre le Zenit et La Gantoise était la première du genre dans l’histoire de ces deux clubs. L’historique du club russe face aux clubs belges était cependant largement en sa faveur avec cinq victoires en cinq victoires. Ce match marquait également les retrouvailles entre Lombaerts et le club pour lequel il avait disputé 76 matchs de championnat entre 2004 et 2007. L’objectif annoncé par les dirigeants du Zenit étant de passer les poules pour, pourquoi pas, égaler le meilleur résultat du club en Ligue des Champions (quarts de finale en lors de la saison 2005-2006), ce premier match à domicile s’annonçait déjà très important.

Petit rappel, lors de la première journée de ce groupe H, le Zenit avait arraché une très belle victoire chez l’autre favori de ce groupe, Valence, avec notamment un doublé de son Brésilien Hulk, élu pour l’occasion dans l’équipe type de cette première journée (3-2). De son côté, La Gantoise faisait match nul à domicile contre Lyon malgré 2 expulsions (1-1). Au niveau comptable, cela se traduisait par la présence du Zenit en tête du groupe avec trois points, suivi de La Gantoise et de Lyon avec un point, et Valence dernier avec aucun point. Mais avec un mois de septembre poussif et seulement trois points pris sur les quatre dernières journées de championnat (match nuls face à Amkar, le CSKA, et le Spartak), le Zenit se présentait avec peu de certitudes, notamment au niveau de sa défense et du poste de gardien, au contraire de La Gantoise qui restait sur 11 matchs sans défaite. Arrivé en 2014, Hein Vanhaezebrouck est évidemment pour beaucoup dans les résultats du club de Gand. Prônant un jeu offensif avec son système en 3-5-2, basé sur un pressing haut et une capacité à se projeter vite vers l’avant, l’entraîneur belge est l’artisan principal du premier titre de champion de Belgique acquis en mai passé.

Au niveau des compositions, Villas Boas faisait un choix fort en titularisant Kerzhakov dans les buts en lieu et place de Lodygin, très friable ces derniers temps. Pas restreint par la règle 6+5, le coach Portugais alignait tous ses meilleurs éléments étrangers. Malgré les absences de Foket et Dejaegere, expulsés face à Lyon, Vanhaezebrouch restait fidèle à son 3-5-2.

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Malgré une faible présence de supporters aux alentours de stade avant le coup d’envoi, le stade se remplit vite juste avant l’entrée des deux équipes sur le terrain. Les ultras du Zenit rendaient hommage d’un joli tifo au défenseur Anyukov qui fêtait pour l’occasion ses 33 ans. Côté terrain, après des débuts brouillons des deux côtés et équilibrés, c’est Witsel qui se créait la première véritable occasion. Bien trouvé par Hulk sur un centre à ras-de-terre du droit, le Belge ratait sa frappe qui passait bien au-dessus du cadre (5e). Explosifs en contre-attaque, les joueurs du Zenit se procuraient une énorme seconde occasion: Smolnykov, idéalement décalé par Hulk, centrait pour Dzyuba qui reprenait le ballon d’une belle volée qui passait juste à côté du poteau de Sels (18e). Les Russes trouvaient finalement la faille logiquement après un très bon travail d’Hulk sur le côté gauche qui, d’une splendide louche servait Dzyuba qui inscrivait le premier but de cette partie d’une tête qui prenait le gardien de La Gantoise à contre-pied (35e) dans un stade en délite. Un but mérité au vue de cette première mi-temps.

Et alors qu’on pensait que le Zenit allait dérouler, c’est les jaunes de La Gantoise qui créait la surprise en égalisant en début de seconde période à la suite d’un très bon centre du capitaine Kums qui trouvait Matton qui trompait Kerzhakov d’une reprise du droit (56e). Les débats s’équilibraient, et le Zenit dût s’en remettre encore une fois à Hulk, sa star brésilienne, qui, servi au milieu de terrain, dribblait 3 joueurs belges avant de décaler parfaitement Shatov. L’international russe contrôlait et ajustait Sels d’un piqué plein de sang-froid juste en face de moi (67e). Le score ne bougeait pas et les supporters du Zenit pouvaient savourer la deuxième victoire du club en autant de rencontre dans cette campagne 2015/2016.

Évidemment, le Zenit réalise une excellente affaire et pointe déjà 5 longueurs devant l’OL et son adversaire du soir. Il se place dorénavant comme un candidat très sérieux à la première place dans ce groupe H. Du côté de La Gantoise, l’objectif d’atteindre la 3eme place reste d’actualité malgré cette défaite. Pour Lyon, défait sur sa pelouse 1 à 0 contre Valence, il sera obligatoire de sortir 2 gros matchs dans la double confrontation face au Zenit dans l’optique de garder son rêve de 8eme de finale en vie. A commencer par dans 3 semaines au Petrovsky (20/10).

Robin Bjalon

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A propos de l'auteur

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Robin Bjalon

Etudiant en Histoire et Russe à l'Université d'Etat de Saint-Pétersbourg. Du froid, de l'ambiance, des passes manquées, des histoires, voila ce que j'aime !

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