On a vécu un week-end de groundhopping à Bucarest (partie 2)

Pierre-Julien Pera
Pierre-Julien Pera - Publié le 12 mai 2017

Suite de l’aventure Bucarest Groundhopping. Samedi après-midi. Après deux matchs de Liga 1 la veille et un de Liga 2 le matin, notre groupe, mené de main de maître par Andrei Otineanu, quitte le județ d’Ilfov pour rentrer à Bucarest. Nous sommes à la moitié du programme et il est enfin temps de découvrir les trésors cachés que sont les terrains des divisions inférieures de la capitale.


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FCSB II – Atletic Bradu

Près du lac Pantelimon, à l’est de Bucarest, la base sportive FC Metaloglobus se cache en contrebas de la large Șoseaua Vergului. Une avenue encore une fois trop large et rapide pour le chauffeur du minibus, qui rate l’entrée et doit faire demi-tour un peu plus loin. Ancien terrain appartenant à l’entreprise Metaloglobus, qui fabriquait dès 1923 des jouets, lanternes, et autres objets en métal, la base sportive a été totalement rénovée en 2015. Grâce au financement de Ion Țiriac, ancien tennisman devenu homme d’affaires millionnaire, la base se compose aujourd’hui de deux terrains synthétiques, de plusieurs city-stades et terrains de mini-football ainsi que de terrains de tennis. De belles et modernes installations mises à disposition du club local, le FC Metaloglobus, équipe de l’entreprise aujourd’hui disparue, et de plusieurs autres équipes du coin.

© Peter Miles

A notre arrivée, deux d’entre elles sont à l’oeuvre. Il s’agit de l’Unirea Dobroești (un quartier voisin) et de VK Soccer, dans un match comptant pour les play-offs de la Série 2 du championnat de Bucarest de Liga 5, la dernière division. Alors que nous arrivons avant la mi-temps, un joueur de VK Soccer est déjà en train de rafraîchir une jambe apparemment douloureuse. Le match se déroule devant quelques amis des joueurs. Notre arrivée double facilement le nombre de spectateurs. Les traces des pluies récentes sont encore visibles sur une bonne partie des sièges, où l’eau n’a pas d’issue. L’endroit est agréable, vert, et les champignons fleurissent sous les arbres comme les semințe au pied des sièges des spectateurs. L’Unirea Dobroești (un mot que nos amis britanniques ont bien du mal à écrire) mène tranquillement son match. Tant et si bien qu’à la pause, un de ses joueurs va retrouver ses collègues pour boire un coup et s’avaler quelques semințe, ces graines de tournesol dont les Roumains sont friands depuis toujours, et qui jonchent les travées de tous les stades du pays malgré les panneaux d’interdiction. Au final, les Verts s’imposent 3-0. Un résultat qui ne change guère les play-offs où les deux équipes n’ont plus rien à jouer. Place maintenant, sur l’autre terrain, à la réserve du FCSB.

© Pierre-Julien Pera / Footballski

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Voici donc le moment de voir la réserve de l’ex-Steaua. Fermée quelques années durant par Gigi Becali, l’équipe réserve a dû être reconstruite en toute hâte en 2016, lorsque le club, champion de Roumanie, s’est vu contraint d’être présent en Youth League. Comme les autres équipes professionnelles, le FCSB a été autorisé par la FRF à inscrire son équipe de jeunes en Liga 3, la troisième division. Sixième de la Série 3, cette équipe n’a plus rien à jouer, le SCM Pitești étant déjà largement assuré d’être premier et donc promu en Liga 2. De son côté, l’Atletic Bradu, ville proche de Pitești, pointe à la quatrième place et joue toujours la deuxième place. Entraîné par l’ancien professionnel Adrian Dulcea, le club vert et blanc compte parmi ses joueurs l’ancien international Iulian Tameș. A 38 ans, Tameș fait figure d’exception. Car la Liga 3 est extrêmement jeune.

Depuis cette saison, la FRF souhaite privilégier la formation et aider ses jeunes joueurs à gagner du temps de jeu. En Liga 1, chaque équipe doit ainsi avoir en permanence un joueur sélectionnable chez les espoirs (U21). En Liga 3, cette obligation passe à cinq joueurs, dont trois sélectionnables chez les U19 en permanence sur le terrain. La quasi-totalité des joueurs alignés ont ainsi moins de vingt ans. Côté FCSB, s’il n’est pas forcément le plus âgé sur le terrain, le plus connu et attendu et Dennis Man. Serial-buteur en Liga 2 avec l’UTA Arad, Man a été acheté 400 000€ cet hiver par le FCSB. Hélas, le club jouant le titre jusqu’au bout, le jeune attaquant n’a pas eu le temps de gagner du temps de jeu et évolue donc avec la réserve, dont il est le capitaine.

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© Peter Miles

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Sous une pluie de fleurs blanches que le vent décroche des arbres, le FCSB tombe sur un os. L’Atletic Bradu est une équipe qui joue très bien collectivement, et les jeunes Bucarestois ont un peu de mal à se créer des occasions. Pire, c’est l’Atletic Bradu qui ouvre le score. Malgré un Dennis Man au-dessus du lot et de bonnes occasions en seconde période, le FCSB ne parvient pas à revenir au score. Les quelques 85 spectateurs comprennent qu’il n’y aura pas de miracle pour leurs jeunes protégés. Pas de quoi empêcher la poignée de supporters de passer toutes les musiques de l’équipe sur un haut-parleur de circonstance et de chanter avec bonne humeur.

Au final, l’Atletic Bradu s’impose donc sur ce score de 1-0. Pas vraiment d’effusion de joie, quelques embrassades et les Vert et Blanc se dirigent vers les vestiaires, visiblement soulagés d’avoir réussi un bon coup après une semaine difficile. On apprend en fait que le club a résilié les contrats de cinq de ses joueurs et que l’un des sponsors, qui avait fait venir trois d’entre eux, songerait à retirer son soutien. D’où une joie plutôt contenue. Les jeunes du FCSB restent eux groupés sur le terrain quelques minutes. Leur entraîneur a, de son côté, un peu mal à retenir sa frustration. Les jeunes rentrent penauds aux vestiaires, alors qu’un homme plutôt âgé joue les gardiens du temple en nous demandant de ne pas trop nous approcher. Avec un survêtement du Dinamo! Sans pression! La magie de la Roumanie opère une fois de plus.

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Génie. © Pierre-Julien Pera / Footballski

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Adrian Dulcea et Iulian Tameș avec nos hôtes Alex et Andrei. © Pierre-Julien Pera / Footballski

Progresul Spartac II – Power Team

Le temps passe à une vitesse folle. A peine l’impression d’avoir commencé que nous sommes déjà dimanche, troisième et dernier jour de notre groundhopping bucarestois. Mais quelle journée! C’est sans aucun doute la plus attendue, l’une de celles dont on voudrait qu’elle ne se termine jamais. Fin de matinée. Le minibus file vers l’étroite Intrarea Vrăbiei. Au bout de cette ruelle du sud de la capitale, le petit portail du complexe Progresul Spartac.

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Certains reconnaîtront peut-être ce logo à la feuille de platane. Le Progresul Spartac est le descendant de feu le Național Bucarest (également nommé Progresul des années durant), l’une des grandes équipes de Bucarest. Dans les années 90 et 2000, ce club créé pendant la Seconde Guerre mondiale par la Banque Nationale de Roumanie (BNR) a notamment joué contre le Paris-Saint-Germain de Ronaldinho en Coupe de l’UEFA. Avant de disparaître. En 2009, la BNR l’expulse de son stade Cotroceni à cause de loyers impayés. En faillite, le club est exclu de Liga 2 quelques mois plus tard et est dissout. Plus personne ne joue à Cotroceni depuis lors. Et ce beau stade, le premier construit dans la capitale après la fin de l’ère communiste, est aujourd’hui dans un état de délabrement très avancé. Sa destruction n’est plus qu’une question d’années, voire de mois selon les sources.

Depuis sa disparition, deux clubs ont repris le flambeau: l’AFC Progresul et le Progresul Spartac. Deux clubs repartis au bas de l’échelle footballistique bucarestoise avec l’envie de porter haut les couleurs Bleu-albastru. Une bonne partie des fans du Progresul originel ont décidé de supporter le Progresul Spartac. Un club qui a mis en place son école de football et veut promouvoir ses jeunes jusqu’à l’équipe première. Avec une certaine réussite, puisque après avoir perdu en barrage de promotion dès sa première saison en Liga 5, l’équipe est montée en Liga 4 l’an dernier, et mène facilement la danse cette saison. Devançant le Sportul Studentesc, l’AS Progresul ou encore le Venus Bucarest, l’équipe première du Progresul Spartac est invaincue cette saison, avec la bagatelle de 141 buts marqués en 25 journées! La promotion en Liga 3 est donc d’ores et déjà acquise, et haut la main.

Ce week-end, pas de match pour l’équipe une, son adversaire ayant fait forfait général. C’est donc la réserve que nous allons voir jouer. Une réserve qui marche aussi bien que sa grande sœur: leader des play-offs de sa série, cette équipe reste sur une superbe série de 12 matchs sans défaite (11 victoires et un nul)! Les deux équipes sont donc en voie de promotion cette saison.

Pour son cinquième match de play-offs, la réserve bénéficie aujourd’hui d’un soutien un peu plus important que d’habitude. « La une ne joue pas, mais on ne va pas passer un week-end sans match! » s’amuse Valentin. Comme lui, plusieurs supporters sont activement impliqués dans la vie et la gestion du club. Un club qui possède son stade depuis cette année. Avec le soutien de la mairie, mais surtout beaucoup de travail, la base Progresul Spartac bénéficie d’un terrain synthétique flambant neuf et de terrains couverts. Et des améliorations devraient voir le jour cet été pour l’accession en Liga 3: « La mairie nous a donné l’autorisation mais il faut encore valider le tout. Si tout se passe bien, on aura la saison prochaine un système d’éclairage et une nouvelle tribunes de l’autre côté du terrain. » Un côté où le mur d’enceinte, qui sépare le terrain du grand cimetière juif de la ville, a été graphé par les ultras eux-mêmes, qui se sont représentés écharpes et pyros en main.

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Nous jouons avec le ballon au pied et le sourire aux lèvres! © Pierre-Julien Pera / Footballski

L’accueil de la dizaine de supporters est on ne peut plus chaleureux. Rires, échange de stickers, discussions autour de différents projets, puis vient l’heure du match. Les drapeaux flottent et les chants résonnent. Ils seront incessants pendant 90 minutes. Sur le terrain, le charme de la Roumanie fait toujours son petit effet: le Progresul Spartac aligne deux n°7, deux n°8 et deux n°11 au coup d’envoi! Le temps de voir un peu de ballon et la Power Team est déjà dépassée. Sur une grosse erreur de la défense adverse, qui assure mal une passe en retrait, le Progresul Spartac ouvre le score dès la 11e minute, puis double la mise deux minutes plus tard. Dès le quart d’heure de jeu, la messe est dite. La pause est atteinte sur le score de 4-0. Au coup d’envoi de la seconde période, le spectacle reprend de plus belle. Les locaux marquent encore, puis c’est au tour des visiteurs de sauver l’honneur, le tout en moins de cinq minutes. Au final, la réserve du Progresul Spartac, qui n’a jamais connu la défaite sur ce terrain, s’impose 7-3. Fantastique Liga 5, qui nous offre plus de buts en une partie que lors des quatre matchs que nous avons vus jusqu’alors! Au coup de sifflet final, les jeunes joueurs (l’un des buteurs n’a que 15 ans!) viennent chanter et faire flotter les drapeaux avec les supporters. Tous unis pour les mêmes couleurs. L’on devrait reparler prochainement du Progresul Spartac sur Footballski.

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Notez les deux n°7 en bas à gauche. © Pierre-Julien Pera / Footballski

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Footballski cu Progresu’! © Pierre-Julien Pera / Footballski

AS Romprim – AS Tricolor

La matinée était intense, l’après-midi va le rester pour ce dernier match de notre groundhopping avec un match du Romprim, en Liga 4. Une équipe unique en son genre. Tout comme son stade. Le Romprim Stadium tire son nom de l’usine de camions de pompiers qui l’a fait sortir de terre. Cette base sportive tout proche du centre de Bucarest dispose de mini terrains de football pour les enfants et du (très) grand terrain, où évoluait la réserve du Dinamo voila quelques années. Quelques affiches autour du stade en conservent encore le souvenir.

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La particularité du stade Romprim est d’être connu de toute la Roumanie depuis peu. L’année dernière, la chaîne ProTV a en effet lancé une sitcom humoristique baptisée Atletico Textila. Cette série télé à succès retrace la vie des joueurs et dirigeants de la plus mauvaise équipe de la ville, l’Atletico Textila, club d’une usine de fabrication de vêtements. Dans cette série forte de trois saisons déjà, le président du club est contraint de laisser la direction à son épouse suite à une attaque cardiaque et, plus grave, un départ en prison pour blanchiment. Plusieurs célébrités du monde (réel) du football roumain ont fait des apparitions dans cette série, comme Bogdan Stelea, Nana Falemi, Marius Niculae ou encore Ciprian Marica. Le grand succès populaire de la série a permis au stade Romprim d’être connu dans tout le pays, en plus d’être équipé du sigle très classieux (un ballon portant une culotte) et de peintures à la gloire d’une équipe imaginaire. Le tout aux côtés des bannières à la gloire du tout à fait réel Romprim.

© ProTV

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Le soleil et la chaleur de la matinée ont disparu. A notre arrivée, la pluie nous a devancés. A la descente du minibus, une voix s’écrie: « There’s a bar! » Et oui, il y a un bar. La première buvette rencontrée depuis notre arrivée! Imaginez la joie de nos amis britanniques, qui pour une fois ne sont pas obligés de courir après le mini-market le plus proche pour trouver leur bonheur. En voiture, en taxi voire en tramway, les joueurs font un à un leur arrivée également. Le ciel s’obscurcit et commence à gronder. Puis d’un coup, c’est le déluge! Une terrible averse s’abat sur le stade, nous obligeant à trouver refuge dans l’endroit couvert le plus proche. Ce sera une sorte de tente entourée de pots de fleurs pour une dizaine d’entre nous. L’abri le plus proche de l’entrée du terrain, sur lequel nous étions déjà partis prendre quelques clichés. L’attente commence, pour nous comme pour les joueurs. Personne ne sort des vestiaires sous ces trombes d’eau. Puis, une bonne dizaine de minutes plus tard, un joueur fait son apparition, sous les applaudissements tonitruants de notre petit groupe. A croire qu’il vient de marquer! Cet accueil le stoppe net. Il nous regarde, regarde le terrain vide, puis fait demi-tour et retourne aux vestiaires.

Il nous faudra encore attendre encore quelques minutes avant que les arbitres ne finissent pas envoyer tout ce petit monde sur le terrain. Sous une pluie encore battante, les joueurs font leur sortie. L’occasion de voir enfin la grande vedette de la journée. Car si le terrain du Romprim est spécial, son équipe est elle aussi unique.

Dans le microcosme du football bucarestois, Tudorel Mihailescu est une légende vivante. Depuis plus de 40 ans, ce gardien de but écume les terrains de la capitale, sa ville natale, ne cessant d’attirer la curiosité, la surprise, mais surtout la sympathie. Car Tudorel n’est pas un gardien comme les autres: il est né avec une seule main, son bras gauche s’arrêtant sous le coude. Malgré ce handicap de naissance, Tudorel n’a jamais cessé de prendre place dans les cages depuis sa plus tendre enfance. Un homme en or dont on va reparler rapidement sur Footballski puisqu’il a très gentiment accepté de profiter de l’occasion pour nous accorder une petite interview.

L’autre homme en vue se nomme Aimé Lema. Originaire du Congo, Aimé Lema vit en Roumanie depuis une vingtaine d’années. Il est le tout premier entraîneur de couleur de Roumanie. Et en était le seul jusqu’à la récente prise de fonction du Sénégalais Ousmane N’Doye en Liga 3. Ensemble, Tudorel Mihailescu et Aimé Lema se sont fait connaître en étant les figures de proue de l’ASF Frăția Bucarest (La Fraternité en VF), premier club de Roumanie à accueillir à bras ouverts tous les joueurs, sans distinction de couleur, origine, religion, nationalité ou handicap. Aujourd’hui, la Frăția n’existe plus, mais l’esprit subsiste. Tudorel, Aimé et tous leurs coéquipiers sont venus le faire perdurer au Romprim.

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Les deux équipes sur le terrain, le match peut démarrer. Les conditions sont terribles. La pluie persiste et le terrain est gorgé d’eau. Les joueurs glissent sans arrêt, tandis que le ballon est très souvent arrêté dans sa course par les flaques d’eau. Développer du jeu sur le terrain est aussi difficile que tenter de rester au sec dans les tribunes. Car malgré le toit de la tribune, les sièges de celle-ci sont inondés et l’eau ruisselle de partout. La pluie vient à bout de toute velléité de jeu, et, plus inquiétant, de notre appareil photo, d’où la qualité très moyenne de certains clichés.

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En fin de première période, la pluie semble enfin quasiment cesser. Dans ces conditions difficiles, l’AS Tricolor a tiré son épingle du jeu et mène 2-0. Sur le banc, Aimé Lema donne de nombreuses indications à ses joueurs. Son adjoint Tudorel Mihailescu se montre lui plus discret. L’entraîneur de la Tricolor crie beaucoup lui aussi, notamment quand un de ses défenseurs, qui a déjà envoyé un ballon par-dessus le grillage, effectue un énorme dégagement en touche, envoyant le ballon par-delà le grillage du terrain… et le mur d’enceinte du stade! « Oh calme-toi Gabi! Ils vont plus avoir de ballon après! Tu sais que c’est compliqué! »

Le score n’évolue plus. A la pause, les deux équipes ne prennent pas le temps de rentrer aux vestiaires. Juste quelques minutes pour boire un peu et distiller quelques nouveaux conseils et les deux équipes reprennent leur place. Tudorel Mihailescu est lui parti s’échauffer. En ce jour de son 51e anniversaire, il s’offre un retour sur le terrain après une blessure qui l’a longtemps tenu incertain pour ce match. Une entrée en jeu qui ne peut renverser le cours du match. Malgré plusieurs sorties dans les pieds et arrêts réussis par un gardien parfois délaissé par sa défense, le Romprim encaisse trois nouveaux buts. Avant de se rebiffer dans les dix dernières minutes. Aimé Lema s’est assis, résigné, sur son banc. Après plusieurs occasions, les locaux sauvent l’honneur, et manquent de peu d’ajouter un second but dans les dernières secondes.

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Malgré le score de 5-1 au final, Tudorel Mihailescu ne se sépare ni de sa bonne humeur, ni de son inégalable gentillesse. Le temps d’un échange bref mais intense, nous avons pu discuter avec cet homme hors du commun. Il est ensuite l’heure de retourner à la vraie vie. Ces trois jours de groundhopping sont passés à une vitesse folle. Merci infiniment à Andrei Otineanu pour son très gros travail et son organisation sans faille. Vivement la prochaine édition!

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Image à la Une: © Pierre-Julien Pera / Footballski

On a vécu un week-end de groundhopping à Bucarest (partie 2)
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A propos de l'auteur

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Papy de la team. Tombé amoureux de Bucarest un jour d'hiver 1998. L'est devenu de toute la Roumanie au fil des ans. Ecrit envers et contre tous la gloire et la beauté de son football depuis 2006 sur Parlonsfoot et Footballski. Regarde les matchs de Liga 1 roumaine, de Divizia Nationala moldave, de Premium Liiga estonienne et de la Zone Est de 3e division russe. Faut vraiment être cinglé.

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