On a vécu PAOK vs. Krasnodar

V. Athanasios Koulos
V. Athanasios Koulos - Publié le 28 octobre 2015

C’était déjà la semaine passée, mais je me devais de partager ma petite escapade à Toumba de jeudi dernier. Profitant d’une semaine de repos bien méritée au village familiale à 100 km à vol d’oiseau de la grande cité du nord de la Grèce, je me devais d’assister à au moins une rencontre de mon sport préféré. Après avoir réservé mes billets d’avion, j’ai immédiatement consulté le calendrier du foot grec. Que s’offrait-il à moi ? Iraklis-PAOK ? PAOK-Krasnodar ou encore PAOK-Panathinaikos ? En annonçant cela à la douce créature qui allait m’accompagner, j’ai dû me résoudre, non sans mal, au compromis : un seul match, sinon rien… Le choix se révélait cornélien, sachant que mon équipe favorite (ndlr le Panathinaikos) se rendait en ville le dernier weekend de mon séjour. Au vu du timing serré, je suis resté raisonnable et j’optais alors pour la joute la moins passionnante certes mais 100% Footballski PAOK-Krasnodar.

Nous voilà donc partis, jeudi matin, sous une pluie battante en direction de la capitale de la Macédoine. Après une bonne montée d’adrénaline sur le périf’, la sortie Toumba se pointe à l’horizon. Quelques centaines de mètres plus loin, apparaissent les pilonnes de l’antre mythique du club à l’Aigle Bicéphale. Le temps de trouver une place de parking dans Ano Toumba (sur les hauteurs du quartier Toumba) et nous nous dirigeons vers le stade pour tenter de trouver des places. Arrivés à hauteur du container qui serre de guichet-ticketing aux Blancs et Noirs, je remarque que ce n’est pas l’affluence des grands jours. Les gens autour de moi parlent plus du « derby » du weekend contre le Panathinaikos que du match de ce soir.  Nous trouvons d’ailleurs très facilement des places dans la Thyra 1 (Gate 1) ou plus concrètement, la tribune principale du stade.  En effet, vu le temps pourri, mieux vaut ne pas prendre trop de risque et s’installer dans la seule tribune couverte de l’enceinte.

Après une relativement brève visite du Paok Megastore juste à côté, il est 13h30, nous avons faim… Nous partons vers le centre-ville pour nous restaurer, profiter de la cité et revenir dans le quartier en soirée.

L'esprit Footballski même avec un verre pourri | © V.Athanasios Koulos / Footballski

L’esprit Footballski même avec un verre pourri | © V.Athanasios Koulos / Footballski

Une heure avant le coup d’envoi, ça sent bon les souvlakia dans les alentours du stade. Les vendeurs de koulourakia battent le pavé et proposent aux passants, en plus de leurs délicieux pains au sésame, des morceaux rectangulaires de frigolite. En effet, il est coutume en Grèce d’en distribuer aux abords des stades pour éviter de se salir le postérieur en s’asseyant sur les sièges souvent en piteux états des stades vétustes grecs. Nous entrons dans le stade au moment de l’apparition des joueurs pour l’échauffement d’avant match. Les gradins sont encore clairsemés, la bouillante Thyra 4 (Gate4) est quasi vide. On remarque les quinze fans russes entourés du double de stewards dans leur parcage. On attend. Les tribunes se remplissent petit à petit mis à part la Thyra 4 qui se remplit souvent au dernier moment.

Le speaker annonce les compos, qui augurent un match défensif du côté du PAOK où Tudor aligne 3 défenseurs centraux d’entrée. J’apprends également, à ma grande joie, le retour dans le onze de départ du portier grec, Glykos. Il doit prendre sa chance après les piètres performances d’Olsen entre les perches du PAOK. La Thyra 4 se rempli peu avant le coup d’envoi et lance le fameux « PAOK clapping » beaucoup moins impressionnant quand il n’y a que 10 000 personnes dans le stade.

Le match commence… d’emblée on comprend que les Russes sont venus pour le 0-0 tant ils ne proposent rien. Ils semblent dans un fauteuil grâce à la tactique frileuse adoptée par Tudor. On s’ennuie pendant 45 minutes et l’ambiance n’est pas digne d’un match en Grèce… Les fans Blancs et Noirs semblent anesthésiés par l’humidité, les 14 degrés affichés au thermomètre et le spectacle lamentable auquel ils assistent.

A l’entame de la seconde période, Miguel Vitor sort sur blessure, semble-t-il. Il est remplacé par Leovac et pousse Gary Rodriguez plus en avant sur l’échiquier. Pourtant c’est Krasnodar qui parait finalement décidé à prendre les choses en main. Sous la houlette de leurs joueurs sud-américains, Joãozinho et surtout Laborde, Krasnodar pousse et inquiète à trois reprises Glykos fébrile mais chanceux qui évite la bourde de justesse.

Autour de moi on s’énerve. On s’en prend à Sabo, le longiligne milieu de terrain Slovaque qui met le ballon sur orbite à la suite d’une rare action inspirée du PAOK. J’entends au loin « Vas jouer à Iraklis » ou encore « Il l’a bien fait Malaka » à la suite d’un tacle russe appuyé sur le joueur, peu inspiré, il est vrai, à l’image de son équipe.

 

En cette fin de rencontre, le PAOK pousse et Kaçe peut marquer un but magnifique mais c’est sans compter sur l’intervention tout aussi magnifique d’Andrey Dikan. Les dernières minutes du match sont plus chahutées. L’arbitre suédois, il est vrai un peu à côté de ses pompes, exclut logiquement Jędrzejczyk à la suite d’une deuxième jaune pour un tacle trop musclé sur Jairo. Ce dernier, deux minutes plus tard, est exclu à son tour. La décision parait compensatoire et le stade gronde. D’ailleurs, l’homme en noir ne tarde pas à renvoyer les deux équipes au vestiaire avec un morne 0-0  au marquoir et sous les sifflets (et les insultes) pour le corps arbitral.  Le résultat est bon à prendre pour les Russes qui gardent à distance leur principal concurrent à la deuxième place dans cette poule d’Europa League.

Nous avons enfin quitté le stade, non sans avoir salué les joueurs. Nous étions déçu du spectacle mais heureux d’avoir été là et de la journée que nous avions passé en ville. C’est ça aussi des vacances Footballski.

Les notes Footballski

PAOK Krasnodar

Standing du stade (3/5):

Le stade a été restauré en en 2004 mais aurait besoin d’un petit coup de neuf. Il n’y a que des places assises mais les rangées sont étroites (même en tribune principale), cela rend les déplacements plus compliqués quand il y a du monde autour de soi.

Disponibilité des billets (5/5):

C’est très facile, il y a un container devant l’entrée principale du stade et le PAOK Megastore flambant neuf. Les tickets sont également disponibles on-line via le site du club. Le stade a une capacité de 30 000 places et pour ce match, seulement 10 000 tickets ont été vendus. J’ai, dès lors, pu trouver des places facilement à quelques heures du coup d’envoi. Pour les plus grosses affiches (style derby ou plus grosses cylindrées européennes) il vaut mieux ne pas s’y prendre à la dernière minute si vous voulez des places dans la thyra 4 (le virage des ultras), pour les autres tribunes ça ne pose en général pas de problème.

Tarifs (3/5):

Les prix sont relativement chers en Grèce en général. C’est une des explications des assistances parfois faméliques dans les stades en championnat pour les matchs mineurs. Ici pour un match de coupe d’Europe en tribune principale, j’ai payé 40 euros par personne. Un prix qui semble correcte avec nos standards occidentaux mais qui est relativement cher quand le salaire moyen en Grèce est de 800 euros désormais.

Ambiance (4/5):

Pour ce match en particulier, l’ambiance était moyenne. Les gens se réservaient pour le match du weekend contre Panathinaikos. Sinon on peut dire que les ultras du PAOK sont un des groupes les plus chauds de Grèce.

Risques (5/5):

En championnat, la question ne se pose plus (sauf peut-être pour les joueurs adverses sur le terrain) car les déplacements de supporters des grosses cylindrées lors des « derbys » est interdit. Ici en coupe d’Europe avec quinze fans russes dans le stade, le risque de débordement était zéro.

Accessibilité & Transports (4/5):

Le stade est accessible en voiture ou en bus. Il se situe entre le périf’ et l’Egnatia Odos, la rue principale qui traverse toute la ville (et toute la Grèce soit dit en passant, héritage de la Rome antique où on se déplaçait de Rome à Constantinople en passant obligatoirement par Thessalonique).

Boissons (3/5):

Les Grecs ne sont en général pas trop portés sur les boissons alcoolisées. Les ultras n’ont pas besoin d’être imbibés pour être totalement fou en Grèce ! Il y a des buvettes à la bonne franquette et des vendeurs ambulants dans les travées du stade qui vendent eau, chips et soda pour pas trop cher.

Quartier environnant (5/5):

Autour du stade tout respire PAOK. Les grafitis aux couleurs et à l’effigie du club sont partout. Et puis, ce n’est pas compliqué, Toumba (le nom du quartier), c’est PAOK.

 

Vincent Koulos


Photo à la une : © V.Athanasios Koulos / Footballski

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