On a vécu Dinamo Bucarest vs. CS U Craiova

Radu Caragiale - Publié le 5 février 2018

Le premier week-end de février rimait avec la reprise de la Liga 1. Quoi de mieux qu’un petit Dinamo vs. Craiova pour retrouver l’odeur des terrains encore meurtris par l’hiver, aussi doux soit-il, et les ambiances des grands soirs. Direction Bucarest où le Dinamo reçoit Craiova. Sur le papier, le Dinamo est encore en course pour les play-off, devenus une priorité à ne pas manquer, tandis que Craiova est presque assuré d’en faire partie.

Le mercato des Câinile a d’ailleurs montré toutes les ambitions du club bucarestois, qui a fait venir Pesic, Monroy et Dan Nistor, tous trois présents sur la pelouse ce dimanche soir, en plus d’enregistrer le retour de Gabi Torje au club. Prêté par l’Akhmat Grozny, il n’est cependant pas encore éligible pour la Liga 1, mais devrait l’être pour le déplacement au Concordia Chiajna puis surtout pour le derby attendu contre le FCSB d’ici deux semaines.

Et quoi de mieux pour rentrer dans le bain qu’une opération com’ du club autour du transfert phare de l’hiver. Nous étions venus chercher notre sésame ce samedi midi, en même temps qu’une trentaine de Dinamovistes venus braver les gouttes qui se sont abattues sur la capitale roumaine toute la matinée. Surprise, l’unique guichet ferme temporairement alors qu’on s’apprêtait à sortir nos lei. Quelques minutes plus tard, Gabriel Torje apparaît au milieu des quelques fans et des quelques caméras de télévision, pour leur donner de quoi écrire et faire deux-trois selfies avec les supporters tout heureux de voir l’international roumain revenir sous les couleurs qu’il a porté de 2008 à 2011.

Pendant ce temps-là, on attend toujours au guichet, avant de comprendre l’astuce. Torje était aussi là pour « vendre » les billets du match contre Craiova aux fans. Premier arrivé, premier servi, on a donc reçu notre billet des mains de Gabi Torje sous l’attention vigilante des médias locaux. Tribune 2, secteur couvert, c’est ce que la météo du jour nous recommandait.

Le lendemain donc, on se dirige vers le stade Ștefan Cel Mare aux environs de 20h. On parle d’une foule de 7300 Dinamovistes venus encourager les leurs pour la reprise, en plus de 700 Oltènes qui ont fait le déplacement. La circulation est dense ce dimanche soir et pousse l’équipe de Craiova à arriver assez tard, aux alentours de 19h40, à cause des embouteillages.

En arrivant dans l’enceinte du Dinamo, les éclairages brillant de mille feux dans une jungle urbanistique au goût douteux et les chants des PCH nous enivrent déjà de cette passion qui nous a tant manqué ces dernières semaines. Le stade Ștefan Cel Mare est en plein dans la ville et tout de béton vêtu, il possède un certain charme, convenons-en.

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Après le passage de rigueur devant le personnel et les portiques de sécurité, on arrive donc en tribune 2. Bien mal nous en a pris de chercher notre secteur, voire même notre siège. « C’est pas important, tout le monde se met où il veut » nous glisse un Dinamoviste. En remarquant que le numéro des sièges est même inexistant, on se glisse à l’extrémité du préau, où les restes de graines de tournesol nous indiquent que certains sont déjà présents depuis des lustres. Les tribunes étant bien basses, rien ne sert de s’asseoir de toute façon. On reste debout, les pieds ancrés dans le tarmac comme pour rappeler que le Dinamo est inscrit dans les racines de la ville.

L’entrée des joueurs permet aux PCH, dont la tribune est remplie, de déployer un tifo en l’honneur de leur légende éternelle, Cătălin Hîldan aurait fêté ses 42 ans la veille… Quelques fumis sont également allumés tandis que l’un ou l’autre pétard surprennent un peu les stewards.  Le match met du temps à démarrer et le Dinamo de Miriuţa est encore en rodage, avec quatre nouveaux joueurs et huit changements depuis la dernière sortie avant la trêve. La preuve avec ce léger penalty pour une faute de Popescu sur Mitriţă, converti par Gustavo à la 20e minute. Nistor démontre de belles choses tandis que le capitaine Hanca multiplie les mauvais choix. Craiova contrôle la rencontre jusqu’aux arrêts de jeu de la première période, quand un centre de Pesic lobe Calancea, et permet à Adam Nemec de placer sa tête dans le but vide. Un partout juste avant la mi-temps, idéal pour les Rouge et Blanc.


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Au retour des vestiaires, alors que la Peluza sud a passé la mi-temps à narguer le kop adverse, au-delà de la barrière de CRS qui séparaient les deux tribunes, le Dinamo ouvre les hostilités avec un nouveau centre de Pesic, mais la tête de Nistor est beaucoup trop faible pour inquiéter Calancea. Quelques minutes plus tard, une remontée de balle tranquille émile de la part des Oltènes finit inexplicablement en but. Une action d’école où la défense du Dinamo prend le large, 1-2 signé Bărbuţ. « C’est si simple », renchérit notre voisin de tribune. Trois minutes plus tard, le même Bărbuţ loupe l’immanquable sur le rebond d’une frappe de Gustavo. Hanca, encore inexistant en seconde période, sort sous les sifflets de Ștefan cel Mare à la 65e et est remplacé par Dani Popa. 

Nemec a l’occasion d’égaliser mais son tir, après un beau crochet dans la surface, est trop mou. Dani Popa réalise ensuite un numéro sur l’aile droite, mais son centre en retrait ne trouve personne alors que la défense adverse était au sol. Pendant ce temps-là, Craiova se contente de gérer son avance et de repartir proprement en contre-attaque, en portant quelques fois le danger devant les cages de Brănescu. Il faut attendre la 85e pour que le même Popa concrétise une domination de plus en plus pressante, en éliminant Calancea d’un crochet avant de balancer la balle au fond des filets.

Cinq minutes torrides qui ont le don de réveiller les PCH et même l’ensemble du stade, bouillonnant à l’idée d’une victoire sur le fil qui devient possible. Le Dinamo pousse, Craiova recule et réplique sur phases arrêtées, comme sur le coup franc de Mitrita qui passe de peu à côté à la 90e. Puis vient le coup du sort, qui montre une nouvelle fois que le football est au final une question de centimètres. Dan Nistor récupère un ballon aux vingt mètres et envoie un shot supersonique vers la cage de Calancea. Le poteau en tremble encore et le ballon de longer lentement la ligne de corner, et non la ligne de but, avant de sortir en coup de pied de but.

Tout le stade y a cru mais le coup de sifflet final retentit. Les Dinamovistes repartent quelque peu déçus de cette première prestation, même si le Dinamo a montré du caractère pour revenir deux fois à la marque. La venue de Gabi Torje dans le onze ne peut faire que du bien, et Hanca de redoubler d’efforts pour y garder sa place.

© footballski.fr

On quitte donc le Ștefan cel Mare au moment où les joueurs du Dinamo vont saluer les PCH, tandis que ceux de Craiova applaudissent leurs fans, avant de revenir aux vestiaires sous les huées de la tribune 2.

Le Dinamo n’a pas gagné mais cette virée à Ștefan cel Mare nous a procuré le bonheur de retrouver les gradins, les matchs de foot à couteaux tirés et la belle ambiance offerte par les deux groupes de supporters. Une tribune PCH pleine à craquer fait toujours plaisir à voir.

Le prochain grand rendez-vous du Dinamo se déroule le 18 février avec la réception du FCSB, mais la direction a décidé de jouer ce match à l’Arena Naţională, et non au Stefan cel Mare. Histoire que les PCH pourront s’y rendre en plus grand nombre encore afin d’offrir un spectacle digne du fotbalul mare auquel ils aspirent.

Les notes Footballski :

Standing du stade : 2/5

Historique certes, mais la piste d’athlétisme et la vétusté des gradins est bien loin des standards ouest-européens en la matière. Cela dit, ça donne un certain charme. Mais la visibilité en pâtit, en tout cas en dehors de la tribune 1.

Disponibilité des billets : 5/5

A moins d’un gros choc comme contre le FCSB, il restera toujours des places à Stefan cel Mare. Les billets se vendaient encore avant le match, et le stade n’était pas plein, hormis la tribune des PCH.

Tarifs : 4/5

25 lei pour la Tribune 2, soit environ 5 euros la place, c’est honnête sachant que des billets à 15 lei existaient également.

Ambiance : 5/5

Les PCH ont leur réputation et parviennent à bien chauffer un stade avant le coup d’envoi et tout au long du match.

Risques : 2/5

A part quelques bisbrouilles habituelles entre les ultras des deux camps, on n’a pas ressenti de danger particulier dans le stade. Pas mal de personnes âgées se rendent même en Tribune 2.

Quartier environnant : 3/5

Peut-être pas le plus beau de Bucarest, mais ça a l’avantage d’être très proche de la Piata Româna et donc du centre-ville. Pas mal de bars et de restaurants sur la Chaussée Stefan cel Mare.

Boissons : 3/5

Le prix de 5 lei pour la boisson (thé, café, coca, etc.) est aguichant, par contre il n’y avait qu’une petite cahute pour toute la tribune 2, la file était donc assez longue à la mi-temps.

Le résumé du match :

Radu Caragiale


Image à la une : © @eugen2657

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