Cătălin Hîldan, « l’unique capitaine » du Dinamo Bucarest au destin tragique.

Hadrien François
Hadrien François - Publié le 13 octobre 2015

Cătălin Hîldan. Ce nom ne vous évoque peut-être rien, mais il ravive dans l’esprit de chaque supporter du Dinamo Bucarest – et même de tout supporter roumain – un souvenir douloureux. Le souvenir d’un joueur talentueux, qui avait tout pour devenir une légende vivante de son club et de l’équipe nationale de Roumanie. Tragiquement, le destin s’est chargé de le faire entrer dans les mémoires bien trop tôt. Retour sur l’histoire de celui qui est et restera « l’unique capitaine » du Dinamo Bucarest.

Hîldan, un parcours prometteur

Cătălin Hîldan naît le 3 février 1976 dans la petite ville de Brănești, en Roumanie. Il se destine très jeune au football et rejoint le centre de formation du Dinamo dès l’âge de dix ans. C’est sous la direction de son entraîneur de l’époque Ionuț Chirilă que Hîldan offre au Dinamo les titres nationaux dans toutes les tranches d’âge des jeunes. Très largement au-dessus du lot, il a la chance de disputer son premier match en Divizia A (ancêtre de la Liga I) pour le derby de Bucarest opposant le Steaua et le Dinamo le 2 octobre 1994, et de voir son équipe s’imposer deux buts à zéro face à son rival de toujours. Mais Hîldan, très jeune, n’entre pas encore dans les plans du manager de l’époque au Dinamo et se retrouve prêté à Târgoviște, en troisième division. Là aussi, il se détache et voit son équipe monter de la troisième à la deuxième division, puis directement en première division l’année qui suit. C’est le grand entraîneur dinamovist Cornel Dinu qui fait revenir Hîldan chez les Chiens rouges en 1997. Avec Hîldan, le Dinamo va s’offrir le championnat de Roumanie en 1999 ainsi que la Coupe de Roumanie l’année suivante.

Hîldan sous le maillot dinamovist.

Hîldan sous le maillot dinamovist | © prosport.ro

En 138 apparitions sous le maillot du Dinamo, Hîldan s’est illustré six fois devant les buts, en tant que milieu de terrain. Devenu capitaine du Dinamo, il eu aussi sa chance en équipe nationale avec laquelle il signa de brillantes prestations – marquant même un but marqué en huit sélections. Adoré des supporters, le joueur au numéro 11 semblait promis à un grand avenir dans le football roumain et européen.

Ce déplacement à Oltenița et les différents hommages.

Le 5 octobre 2000, le Dinamo Bucarest se déplace dans la petite ville d’Oltenița pour y affronter le club local. La ville est en émoi de recevoir l’une des plus grandes équipes du football roumain. Les vieilles tribunes de ce stade champêtre sont bien remplies lorsque le match débute avec Hîldan sur la feuille de match. Tout se passe bien, le Dinamo est évidemment au-dessus de son adversaire mais chacun prend le match comme ce qu’il est, c’est à dire un amical. Soudain, à un quart d’heure de la fin du match l’arbitre interrompt le jeu. Hîldan gît au milieu du terrain sans raison apparente. Tout le monde s’affaire autour de lui, mais ne semble pas prendre tout de suite conscience de la gravité de l’incident. En réalité, Hîldan vient d’avoir un arrêt cardiaque. Il sera rapidement transféré à l’hôpital de la ville, mais c’est trop tard.  Cătălin Hîldan vient de succomber à seulement 24 ans. C’est une tragédie pour toute la famille dinamoviste. Les images de ses obsèques tournent en boucle sur les chaînes roumaines, et les hommages affluent de partout.

Reportage sur ce drame, avec les images du match et des obsèques.

Nous célébrions tristement il y a quelques jours les quinze ans de sa disparition, mais son image et sa légende semble intactes chez les supporters dinamovistes. Le portrait de Hîldan est partout, du site internet jusqu’au billet d’entrée à Ștefan Cel Mare en passant par les nombreux drapeaux et bannières des supporters. En 2013, lors du match du 11 août opposant le Steaua et le Dinamo, une chorégraphie est organisée, faisant apparaître des tribunes un gigantesque Hîldan affublé d’ailes d’anges, sur une musique très mélancolique. L’émotion était palpable. Le numéro 11 a été retiré à tout jamais des maillots dinamovistes, et le virage des supporters au stade Ștefan Cel Mare porte aujourd’hui son nom.

Chorégraphie lors du match Dinamo/Steaua.

À l’occasion des quinze ans de sa disparition, son frère Cristi Hîldan a pris la parole, et s’est adressé aux supporters du Dinamo : « Malgré que nous vivions dans un monde où les modèles n’existent quasiment plus pour les jeunes, les supporters du Dinamo se sont toujours mobilisés pour des chorégraphies ou des actions plus ou moins directes pour honorer Cătălin.

Cet esprit, que vous avez cultivé avec beaucoup d’entêtement, nous a aidé surtout ces dernières années à ne pas se laisser emporter par les turbulences qui agitent notre club. Cătălin Hîldan signifie l’esprit d’unité du Dinamo, cet esprit de combat qui nous pousse à trouver la force de nous relever et d’aller de l’avant, la tête haute ! »

La tribune Cătălin Hîldan au stade du Dinamo Bucarest.

La tribune Cătălin Hîldan au stade du Dinamo Bucarest | © nuvomrenunta

Cette tragédie aura renforcé cet esprit de solidarité au sein du Dinamo, et il est clair que chaque capitaine du club aura pour responsabilité de faire honneur à l’Unique Capitaine Cătălin Hîldan.

Hadrian Stoian


Photo à la une : Supporter agitant un drapeau représentant Hîldan | © fanatik.ro

Cătălin Hîldan, « l’unique capitaine » du Dinamo Bucarest au destin tragique.
4.6 (92%) 5 votes

A propos de l'auteur

Hadrien François

Hadrien François

Roumain d'adoption, souvent aperçu une Timișoreana à la main près de Ghencea. Stelist convaincu, amoureux d'un football roumain authentique et désuet. Jamais objectif vis à vis du Dinamo.

pays de l'auteur footballski

Laisser un commentaire

Lire les articles précédents :
On a discuté avec Luka Elsner, entraineur du NK Domzale

Footballski a rencontré Luka Elsner, entraîneur, à seulement 33 ans, du NK Domzale, actuellement quatrième de Prva Liga en Slovénie. Il...

Fermer