On a vécu Belgique vs. Serbie

Lazar Van Parijs
Lazar Van Parijs - Publié le 2 décembre 2015

Tout est parti d’un post Facebook d’un ami dimanche soir vers minuit « j’assisterai à Belgique vs. Serbie en football féminin », il n’en fallait pas plus pour que l’algorithme de Facebook se charge de m’annoncer la bonne nouvelle. Le temps de contacter des amis et on se décide à y aller le lendemain, soit le lundi à 20h.

La place coûte cinq euros et le stade est à quatre minutes de là où j’habite, autant dire que l’occasion est trop belle pour la laisser passer ! Par contre, si le football masculin serbe m’est plutôt familier, le football féminin, en dehors de Jelena Polic et Jovana Damjanovic, m’est complètement inconnu. Profitant d’avoir cours jusqu’à 19H dans cette belle ville de Louvain, je me suis un peu renseigné. Le groupe est donc composé de la Belgique et de la Serbie et on y retrouve également l’Angleterre, l’Estonie et la Bosnie-Herzégovine.

Quatre équipes ont six points mais un nombre de matchs différents. La Belgique sort d’une victoire éclatante fin octobre face à la Bosnie à Zeneca (0-5), alors que la Serbie s’est inclinée, cinq jours auparavant, face à ces mêmes Bosniennes au centre national du football serbe, à Stara Pazova, 0-1. De plus, aucune des deux équipes n’a réussi à se qualifier dans le passé pour une compétition internationale. Le décor est planté. Ce sera mon premier match de football féminin, je m’y rendrai sans a priori, sans savoir à quoi m’attendre tant dans le jeu que pour l’ambiance.

ticket Belgique Serbie A peine le temps de finir les cours, passer à la maison se changer et mettre le maillot du Crvena Zvezda sur les épaules, que j’arrive au stade pour les hymnes. Manque de chance, on découvre que les caisses sont de l’autre côté du stade. En s’y rendant, nous nous rendons compte qu’il y a beaucoup de monde. Beaucoup plus que ce que nous pensions en tout cas ! Le ticket était à cinq euros sur internet, et à huit au stade. On prend. Enfin, ticket est un grand mot. Celui ci ressemble plutôt à un rectangle imprimé sur son imprimante à la maison.

Pas moins de 3 650 personnes se sont données rendez-vous pour ce match. Un nombre qui, en plus de nous impressionner, semble aussi étonner la fédération et la sécurité très importante qui, visiblement, n’avaient pas prévu autant d’engouement pour ce match de qualification à l’Euro 2017 aux Pays-Bas. On retrouve d’ailleurs dans les tribunes des grands noms du football belge comme un certain Eric Gérets.feuille match Belgique sERBIE

On récupère la feuille de match et nous sommes prêts pour assister à notre premier match de football féminin. Petite précision importante, il fait 5° et il drache -oui, c’est un match de la Belgique, autant placer un belgicisme- comme pas possible. Sur les 11 joueuses serbes, 8 évoluent à l’étranger. La Belgique évolue en 4-4-2, alors que les visiteuses sont en 4-2-3-1.

Notez qu’il y a bien une joueuse dont le nom de famille ne se termine pas par , à savoir Susanne Nilsson, la gardienne. D’ailleurs, retenez bien ce nom pour la suite. Originaire de Suède, elle défend actuellement les couleurs de Djurgårdens IF. Bi-nationale, après avoir défendu les cages de l’équipe suédoise en équipes de jeunes U17, U19 et U23, cette dernière a choisi la Serbie pour les A. Difficile de prendre la place d’Hedvig Lindahl.

Dès l’entame, la Belgique domine de la tête et des épaules ! Les Belges profitent d’un corner à la 17ème pour marquer de la tête par Yuceil, et c’est largement mérité. On note très rapidement que l’arrière gauche serbe éprouve quelques lacunes et semble mise à mal à chaque occasion sur le flanc droit belge. Il ne faut d’ailleurs pas longtemps aux supporters pour découvrir Tessa Wullart, l’attaquante belge de 22 ans qui a rejoint le VfL Wolfsburg cet été et montre toute sa technique et sa facilité dans ce match. Quelle joueuse !

kop belgique

Les Kops de supporters sont bien présents en virage.

Pour répondre à Tessa Wullart, on retrouve l’inévitable Jovana Damjanovic, qui a, elle, quitté cet été le club lié à Volkswagen. On retrouve Damjanovic au four et au moulin, une guerrière qui ne donne pas sa part aux chiens et qui semble engager un combat à distance avec la Belge. Très clairement, ces deux joueuses sont au-dessus du lot. Si Damjanovic va étaler sa classe à la 20ème minute avec un centre qui ne trouve malheureusement personne, elle sera également là pour sauver son équipe trois minutes plus tard.

Très clairement, le jeu serbe n’est pas évident à décrypter. Ce dernier ressemble plus à du kick and rush qu’autre chose, on peut également dénoter un manque d’agressivité, de passivité de la part des Beli Orlovi. Ainsi, que ça soit sur le terrain ou dans les tribunes, la Belgique domine et les supporters belges sont présents et se font entendre.

La Belgique cherche des centres, mais, à cause de la pluie, le terrain est très glissant, ça tombe de partout et on ne compte plus le nombre de cagades.

but damjanovicEn approchant de la 30ème minute, il est l’heure d’un premier bilan. Le jeu est sympa ! C’est plaisant, il y a très peu de fautes dans le jeu. Certes, certaines filles ont une technique très largement supérieure à d’autres, ce qui leur permet d’effacer tranquillement leurs adversaires, ces dernières sont d’ailleurs souvent recherchées, mais, au final, on ne regrette pas d’être venus. Au même moment, une joueuse belge s’essaye aux tirs de loin, vu le temps elle aurait tord de ne pas espérer une faute de main, surtout avec la sérénité zéro que dégage la défense serbe.

Au fil du match, on commence à voir plus d’engagements de part et d’autre et, à la 37ème, le public a le droit à une superbe action de Damjanovic qui utilise toute sa technique, feinte de corps, changement de rythme, pour égaliser sur le seul tir cadré de la Serbie. La joueuse de Sand (Allemagne) permet à son équipe de revenir contre le cours du jeu.

supportrice crvena Zvezda

Explosion de joie de la seule supportrice serbe, comme par hasard, elle est juste à côté de nous !

Nous atteignons la mi-temps, 1-1 et ce n’est pas cher payé pour la Serbie tant les Red Flames ont dominé. D’un point de vue tactique, ce n’est pas facile de s’y retrouver et l’on sent deux équipes pas encore vraiment au point.

Au retour des vestiaires, l’équipe locale continue de pousser et, à la 48ème, le tir des Belges échoue sur la transversale. Sur l’action qui suit, la Belgique récupère la balle et une joueuse serbe tacle dangereusement, aucun carton, d’une façon générale, l’arbitre est très cool. Trop peut-être. Une minute plus tard, la Belgique se procure une nouvelle occasion franche, mais c’est raté.

La pression s’accentue avec une nouvelle occasion belge à la 51ème, la numéro neuf est lancée dans le dos de la défense serbe. Après avoir passé et temporisé, ça se termine par un tir bien capté.

Cartons à la 73ème minute, chaque équipe est successivement avertie, d’abord Damjanovic, la cousine de la buteur, puis Van Gorp. 73ème minute, c’est également l’heure du second changement Belge. Entre temps, nous avons sympathisé avec l’équipe communication de la fédération belge qui nous offre le Wi-Fi. La numéro neuf Serbe, Radojicic n’en peut plus, on la voit avoir de plus en plus de mal à se relever et à se déplacer.

A la 78ème minute, le coach belge fait son troisième et dernier changement, la Serbie n’en a toujours pas fait un. On dirait du Laurent Blanc, un positionnement tactique illisible et des changements dans les toutes dernières minutes…

Coryn est lancée dans la profondeur, mais dévisse et se rate sur sa frappe. Quelle déception pour l’équipe belge, il faut marquer, il faut se mettre à l’abri ! Dominer n’est pas gagner ! Enfin, le premier changement serbe intervient, nous sommes à la 85ème. A ne pas faire de changements, les joueuses se fatiguent et Djordjevic souffre de crampes à un mètre de la ligne de touche mais personne ne peut l’aider. La Belgique joue à fond la contre attaque mais Zeler trouve une nouvelle fois la transversale.

En toute fin de rencontre, Nilsson d’un arrêt réflexe vient sauver son équipe alors que tout le stade pousse pour la Belgique.

A la fin, ça joue un peu la montre côté Serbe pour décrocher un point qui semble inespéré ! L’équipe serbe en profite pour se faire applaudir par tout le stade et fait un tour d’honneur. Très bon esprit.

applaudissements

C’est une excellente opération pour cette équipe qui aura montré beaucoup de solidarité en défense et un réalisme hors pair en attaque : quatre tirs dont un cadré alors que joueuses belges ont tiré 25 fois pour 10 tentatives cadrées… Le match a été à sens unique, une attaque défense.

Classement Euro 2017 féminin

Statistiques Belgique Serbie

Source: uefa.com

A retenir côté serbe: Jovana Damjanovic, Marija Ilic et Nevena Damjanovic. Jasna Djordjevic a été intéressante en défense. Que dire du match de Susanne Nilsson au but !

Côté belge, coup de coeur pour Tessa Wullart, Aline Zeler, ou encore Janice Cayman.

Au final, cette première d’un match de football féminin a été très sympathique, une grande réussite. L’équipe féminine serbe réussi à arracher un point à la Belgique, il suffisait de voir leur joie à la fin du match pour comprendre leur performance dans un match à sens unique. L’équipe belge elle s’est faite accrocher mais reste solide leader invaincue de ce groupe, même si les Red Flames ont été accrochées et ont concédé deux points.
Il faut féliciter les groupes de supporters belges, dont 1895 pour avoir fait résonner leurs chants et leurs instruments et ainsi ne pas délaisser le football féminin. On a pas vu le temps passer, c’était une première expérience de football féminin qui s’est révélée concluante.

La fédération nous a même offert un aftermovie dans l’esprit du match, bonne ambiance, sympa, rafraîchissant.

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A propos de l'auteur

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Je me suis réveillé un beau matin à Belgrade à cheval entre Europe de l' Ouest et le bloc soviétique après une nuit sur un Splav à boire de la Rakija. J'ai décidé de prendre le train de nuit suivant, direction Moscou, finir l'aventure devant l' Hotel Ukraina !

pays de l'auteur footballski
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