On a vécu Arsenal- Crvena Zvezda à l’Emirates Stadium

Lazar Van Parijs
Lazar Van Parijs - Publié le 11 novembre 2017

Après dix ans sans coupe d’Europe, et une qualification incroyable à laquelle Footballski était présent, l’Etoile Rouge de Belgrade était attendue ! Que ce soit par la diaspora qui y voyait l’occasion de se réunir, se retrouver et passer un moment festif que par les forces de police du continent anxieuses à l’idée de devoir gérer les Delije, les fameux supporters. Le tirage au sort a désigné Arsenal, une équipe que j’apprécie beaucoup ayant grandi dans le foot de la fin des années 90 avec entre autres la finale Arsenal- Galatasaray en 2000 avec les français Petit, Vieira, Henry et le Croate Suker… La touche Footballski. Bref, je ne pouvais rater cette confrontation et ainsi permettre à Footballski d’assister à cette rencontre unique !

La première épreuve a été de trouver les fameux tickets. Les ventes ont été restreintes sur le site d’ Arsenal, il a fallu ré-activer tous mes réseaux pour trouver une parade. Un restaurateur au fin fond de Fulham servait de revendeur pour le parcage extérieur. Une fois le ticket commandé et payé, à noter le prix très démocratique de 15,50 pounds pour l’Emirates, il a fallu attendre une dizaine de jours pour le recevoir… avec notamment un retard à la livraison. Bref, une fois le ticket en poche, on pouvait enfin être serein.

Quelques contacts avec des Delije m’ont informé que le gros des troupes arrivait le matin même du match par le vol Wizz Air arrivant à 11 heures. Le rendez-vous ensuite était pris au Lucas Arms, un pub du centre ville à côté de Saint Pancras. Les équipes enchaînaient bière sur bière dans une ambiance bon enfant. Le départ du groupe était prévu pour 18 heures afin de rejoindre la station de métro pour se rendre à l’Emirates. C’est direct, c’est pratique, en théorie c’est parfait. Sauf que… le plan a tourné rapidement court lorsque des Delije ont allumé un fumigène en plein dans la station de métro, laissant un épais nuage orange dans la station Saint Pancras pendant quelques minutes.

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En attendant d’entrer dans le métro. | © Footballski.fr

C’est alors que la police a décidé de changer ses plans et de faire marcher une partie du cortège. Ils se sont sûrement dit que trois kilomètres à pied allaient calmer les ardeurs des visiteurs, mais c’était loin d’être le cas. A base de « qui ne saute pas est Albanais », « Kosovo je Srbjia », « Na na na Zvezda Sampion », le groupe avançait à vive allure, le tout encadré par des forces de l’ordre qui semblaient dépassées et se contentaient de bloquer les voitures, laissant les Delije ainsi parader. En remontant vers le stade, le groupe est alors passé devant une salle de sport où se trouvait quelqu’un avec un maillot de la Croatie, autant vous dire que quelques noms d’oiseaux se sont envolés.

La parade. | © Footballski.fr

En approchant du stade, on passe au-dessus d’un petit pont et les forces de l’ordre, avec leurs chevaux, nous arrêtent. Ils semblent vraiment désorganisés, c’est tout le contraire de ce que nous avions prévu. Après quelques minutes d’attente, nous pouvons enfin entrer dans l’Emirates. Deux fouilles plus tard nous entrons dans la section dédiée aux visiteurs.

Une petite animation était préparée pour l’entrée des joueurs. | © Footballski.fr

Les tribunes sont très diversifiées, on discute avec des Serbes du Canada venus à Londres uniquement pour le match (et passer du bon temps), on retrouve des Serbes d’Allemagne, de Suisse, d’Angleterre. Il faut dire que la Serbie n’étant pas dans l’Union Européenne ni dans l’espace Schengen, il faut un visa pour les Serbes s’ils veulent se rendre en Angleterre. Le match de foot était une unique et excellente opportunité pour la diaspora de se retrouver. Le public est également varié, beaucoup de femmes, pas mal de personnes de plus de 60 ans, des enfants, bref, une diversité à l’image des stades d’Europe de l’Est.

La buvette de l’ Emirates | © Footballski.fr

D’ailleurs, les supporters ne se font guère d’illusions, Arsenal est plus fort, résister et marquer un but serait la cerise sur le gâteau. Le match était officiellement à guichets fermés, même si de très nombreuses places étaient vides. De plus, il a été très étonnant de voir l’Emirates se remplir très rapidement en quelques minutes juste avant le coup d’ envoi. Quasiment vide 10-15 minutes avant le début de la rencontre, la foule est arrivée pile poil à temps pour le coups d’envoi.

Très peu de sécurité où les visiteurs ne sont presque pas séparés des supporteurs d’ Arsenal. | © Footballski.fr

Lors de l’entrée des joueurs, nous avons ainsi eu droit à une chorégraphie ainsi qu’au craquage d’un fumi. Parmi les Delije, on reconnaissait très facilement Darko Miličić et ses 2m13, l’ancien pivot NBA était le premier à lancer les chants ! On retrouvait également les grecs de la GATE 7 Londres, soulignant l’amitié entre supporters de l’Olympiakos et de Zvezda.

Darko Miličić, repérable avec son imposant gabarit. | © Footballski.fr

 

Gate 7 London | © Footballski.fr

Le match en soi n’était pas particulièrement intéressant et il ne faisait guère chaud, alors qu’est ce qu’on fait dans ces cas-là ? On chante et on saute pour se réchauffer. Le contraste était saisissant entre les visiteurs et les supporters locaux, endormis, assis, silencieux. Ce silence a d’ailleurs été moqué par les Delije avec une bâche : « A Londres, ils sont silencieux, on n’entends que le bruit du Nord » – ici, une référence au virage nord du Marakana où se trouvent les Delije.

« A Londres, ils sont silencieux, on n’entends que le bruit du Nord » | © Footballski.fr

Aussi, lors des vingt premières minutes, un drapeau albanais avait été placé à côté des remplaçants de Zvezda. Une petite embrouille plus tard entre les stadiers et les Ultras Boys et le drapeau était enlevé.

Concernant le match en lui-même, Zvezda a beaucoup souffert. Lorsque les leaders techniques des Gunners accéléraient, on savait l’équipe serbe en danger. Cependant, l’équipe s’est distinguée par une barre transversale et un sauvetage incroyable de Damien Le Tallec en tant que dernier défenseur juste devant sa ligne, un retourné acrobatique défensif… Admirez au passage la position de Stojković, qui une fois au sol, se met en position plage pour regarder le spectacle…

De son côté, Boakye, lancé à dix minutes de la fin de la rencontre dans le dos de la défense, a dévissé sa frappe du gauche alors qu’il était seul et dans une posture incroyable. La déception était de mise chez les Delije, l’action ayant lieu juste devant leurs yeux.

A la fin de la rencontre, les joueurs sont venus remercier les supporteurs et Gobeljić a terminé en caleçon, donnant son maillot et son short au public.

Le match se terminait ainsi sur un 0-0 bien ennuyant, impossible à vivre ailleurs qu’au stade. L’expérience n’en reste pas moins unique. Etre à l’extérieur, retourner l’Emirates et passer du bon temps.

Bref, il n’en fallait pas moins pour enchaîner avec une petite bière après le match à Leicester Square avec le reste des membres du déplacement, qui rentraient pour la majorité d’entre eux directement à Belgrade avec le vol de 7h du matin, après avoir passé une nuit blanche.

Lazar Van Parijs


Image à la une : © Footballski.fr

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A propos de l'auteur

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Je me suis réveillé un beau matin à Belgrade à cheval entre Europe de l' Ouest et le bloc soviétique après une nuit sur un Splav à boire de la Rakija. J'ai décidé de prendre le train de nuit suivant, direction Moscou, finir l'aventure devant l' Hotel Ukraina !

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