On a vécu Anderlecht vs. Dinamo Moscou

Anderlecht Dynamo
Lazar Van Parijs
Lazar Van Parijs - Publié le 21 février 2015

Tout a commencé comme un jeudi ordinaire. Un de ces jeudi où l’on se retrouve entre amis à la place du Luxembourg (Bruxelles) pour prendre quelques godets. On s’était donné rendez-vous pour un  spécial Balkans, abreuvés par de la Pilsner Urquell pour rester dans le thème Footballski. A peine le temps de conseiller le match FK Partizan – Dynamo Minsk à un ami qui va passer quelques jours dans la capitale biélorusse début mai qu’il faut déjà partir pour le match.

pilsner urquell

L’échauffement du spectateur

Arrivée en métro à Saint Guido, toujours avoir son ticket, car les contrôles de la STIB sont monnaie courante lors des matchs européens. Tout de suite, nous sommes saisis par l’ampleur du dispositif policier. Beaucoup, beaucoup de policiers, tant dans le métro (montés à De Brouckère et qui nous informent que les forces de l’ordre attendent 1300 supporters russes dont 300 « chauds ») qu’à la sortie du métro et à proximité du stade où l’on voit également de nombreux chiens, à la recherche d’explosifs.

« Vous en avez assez de cette bande de racaillles, on va vous en débarrasser »

Un petit « worst broodje » avant le match nous permet de discuter avec quelques supporters d’Anderlecht. Ceux-ci sont majoritairement pessimistes, le Dinamo leur fait peur. On a beau expliquer que le Dinamo est à court de compétition, que c’est pas le CSKA ou le Zénith, qu’importe, « le Russe a de l’argent et a une grosse équipe. » En même temps, c’est vrai qu’Anderlecht compte de nombreux blessés dans ses rangs, l’équipe est loin du niveau (théorique) de celle rivalisant avec Arsenal (3-3).

Composition du match

Composition des équipes avec plusieurs absences côté Anderlecht

Nous étions installés en quart de virage, permettant d’avoir un oeil sur le kop russe tout en ayant une bonne vision du match. La présentation des équipes nous permet d’avoir la désagréable sensation d’un stade non rempli. Sûrement à cause du prix des places. Autre impression, la moyenne d’âge du public, un bon 45 ans. Beaucoup de personnes autour de nous auraient pu être notre père ou notre grand-père. A noter que nous sommes entrés sans fouille corporelle, rien. Juste passer le ticket dans le lecteur de code barres et nous sommes dans le stade. Pratique pour le moins étonnante….

Anderlecht Dynamo

Présentation des équipes

Sûrement plus habitués au froid polaire, les Moscovites rentrent d’emblée dans le match avec une tête de Kokorin à la 2ème minute, et imité par Samba 2 minutes après, totalement oublié par Dedonker. La réaction des mauves ne se fait pas attendre mais la reprise de Mitrovic passe totalement à côté. La première d’une longue série. Tielemans et Defour sont les éléments les plus remuants côté anderlechtois, même si en face, Valbuena fait très mal avec ses accélérations et son décrochage permanent, brouillant même la lecture du schéma tactique, et forçant Kokorin à défendre voir à attaquer sur l’aile droite. A la 20ème minute, nous assistons au réveil des supporters russes avec un fumigène en tribune.

Fumigène 1

Fumigène en tribune russe

Petite interruption, le speaker braille quelque chose en russe et Gabulov demande à ses supporters de se calmer. Le match continue son cours, beaucoup d’actions sur coups de pieds arrêtés et toujours pas le moindre carton, alors que certaines actions auraient pu en mériter. Une dizaine de minutes plus tard, rebelote, nouveau fumigène en tribune russe, qui sera éteint rapidement.

2ème fumigène

2ème fumigène

On vient alors de passer la 30ème minute de jeu. Mitrovic décide d’arrêter de défier Samba à chacune de ses attaques. Depuis son régime, il fait plus le poids face au défenseur franco-congolais. Il semble même un brin gringalet à côté de lui. A la 37ème, sur une longue ouverture de Valbuena, Deschacht se troue et Dzsudzsak se présente seul face à Proto qui doit s’envoler et effectuer un arrêt de grande classe pour éviter que Moscou prenne l’avantage contre le cours du jeu.

La mi-temps nous offre la désagréable surprise de découvrir qu’il n’y a que de la bière sans alcool dans l’enceinte du Stade Constant Vanden Stock. On décide alors d’avoir une meilleure vue sur le kop russe.

On voit le drapeau « noir-jaune-blanc » de la Russie tsariste, régulièrement associé à l’extrême droite russe et aux nationalistes. Sur les images fournies par le Dinamo, on voit un drapeau dédié à l’amitié « OFK Belgrade- Dinamo Moscou » ainsi qu’une banderole en russe « Nous sommes toujours avec notre équipe favorite ».

Soutient dYNAMO EXTERIEUR

Image du Dynamo « Nous sommes toujours avec notre équipe favorite »

OFK Dynamo

Image du Dynamo « L’amitié entre l’ OFK Belgrade et le Dynamo »

A la reprise, nous nous demandons qui est le plus statique entre Kuranyi et Mitrovic sauf que rapidement, l’Allemand est remplacé par Denisov qui, à peine entré en jeu, se prend un carton jaune. C’est le début d’un festival de Monsieur l’arbitre, avec pas moins de 3 cartons distribués à des joueurs du Dinamo en 4 minutes. Entre temps, Valbuena s’est emmêlé les pinceaux et Mitrovic avait réussi à éliminer 2 joueurs moscovites mais voyait sa frappe anéantie.

On taquine, mais Valbuena fait très mal au milieu d’Anderlecht et permet au Dinamo de sortir la tête de l’eau. Les maillots blancs jouent beaucoup mieux depuis la reprise. A la 69ème, Dzsudzsak cède sa place à Yuri Zhirkov, si vous savez, l’ancienne gloire de Chelsea et de Football Manager ! Alors qu’on se dirige vers une fin de match tranquille, Buttner décide de réveiller le stade avec un tacle appuyé sur Vanden Borre. 2 jaunes (le premier était pour simulation), le voilà qui rejoint les vestiaires… L’expulsion avec ces 2 cartons semble bien sévère. Dans le stade, on s’attend alors à un jeu plus offensif pour tenter de surprendre Moscou dans les dernières minutes.

Stanislav Tchertchessov sort Valbuena à la 80ème, celui-ci étant copieusement sifflé. Il a été avec Gabulov et Samba le meilleur joueur moscovite. C’est aussi à partir de ce moment que Vainqueur est sifflé dès qu’il touche le ballon… Ah la rivalité avec les rouches…

Hasi a bien tenté de mettre un attaquant de plus avec l’entrée en jeu de Leya Iseka à la 83ème, mais rien n’y faisait. Le score ne changeait pas et ce, malgré les 4 minutes de temps additionnel.

Un fois le match terminé, les supporters moscovites en ont profité pour craquer 2 nouveaux fumigènes, et les supporters des 2 équipes se sont échangés quelques amabilités, rien de très méchant.

Petites provocations entre supporters

Petites provocations entre supporters

Au final, nous n’avons pas entendu les supporters russes et Anderlecht après avoir dominé en première mi-temps et fait au moins jeu égal lors de la seconde partie pourra nourrir des (gros) regrets. Il y avait la place d’en mettre 1 ou 2…

En sortant du stade, certains en profitent pour acheter l’écharpe de ce 16ème de finale se soldant sur un match nul pour un match loin d’être nul dans une affiche qui sentait bon le football de la fin des années 50’… Chacun rentre chez soit rapidement, le métro est très silencieux…

Echarpe dynamo Anderlecht

Le camion du supporter

 

Au niveau des joueurs, on retiendra les grosses performances de Valbuena, Gabulov et Samba côté moscovites. Najar a surement été le joueur le plus inspiré côté anderlechtois. Willian Vainqueur a fait le boulot, dans l’ombre. On en attends plus de Mitrovic et de Kokorin. On a pu voir qu’il y a du potentiel, mais trop de nonchalance sur le terrain. C’est dommage. Enfin, Kuranyi a trainé sa carcasse comme il pouvait et a gagné le titre de fantôme du match.

Lazar Van Parijs

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A propos de l'auteur

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Je me suis réveillé un beau matin à Belgrade à cheval entre Europe de l' Ouest et le bloc soviétique après une nuit sur un Splav à boire de la Rakija. J'ai décidé de prendre le train de nuit suivant, direction Moscou, finir l'aventure devant l' Hotel Ukraina !

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