#3 Le football dans les républiques de Russie : La république de Bouriatie

Adrien Laëthier
Adrien Laëthier - Publié le 25 septembre 2017

Voici une nouvelle série de courtes cartes postales sur Footballski. Nous partons découvrir les républiques qui composent la Fédération de Russie avec une brève présentation de la culture locale et un zoom sur la présence footballistique dans le territoire. Pour ce troisième épisode, nous partons plein-est, mais également plein-nord de la Mongolie pour découvrir la troisième plus grande république du pays, celle des Bouriates.


Cette série d’articles a pour but d’apporter un zoom différent sur le football en Russie et sur le pays lui-même, à désormais moins d’un an de la Coupe du Monde.


Lire aussi : #2 Le football dans les républiques de Russie : La république du Bashkortostan


La république de Bouriatie

 

Carte de visite

Version originale : Буряад Улас
Superficie : 351 334 km²
Population : 982 284  habitants
Capitale : Ulan-Ude
Groupes ethniques dominants : Russes (66%), Bouriates (30%)

La république

Il s’agit donc de la troisième plus grande république de la Fédération de Russie, grande comme deux-tiers de la France mais n’atteignant pas le million d’habitants (enfin ne l’atteignant plus depuis vingt ans). Il s’agit d’une région montagneuse englobant toute la rive est du lac Baïkal.

La ville de Severobaïkalsk | © makszabegaev / yandexcollections

Les Bouriates étaient une tribus de nomades, vivant de la chasse et de l’élevage principalement. Ils furent soumis par Gengis Khan dans l’immense empire mongol au tout début du XIIIe siècle avant de rapidement rejoindre les rangs de la Russie après la chute du grand conquérant. A cette période vivait sur ce territoire un ensemble hétérogène de tribus selon leurs propres coutumes et traditions. C’est cet ensemble qui va former le peuple bouriate tel qu’on le connaît aujourd’hui en Russie. Peu à peu, les Bouriates vont abandonner leur mode de vie traditionnel pour se sédentariser et en 1921 ils sont intégrés dans un grand district autonome des Bouriates-Mongols créé par l’URSS. Il a ainsi fallu attendre 1921 pour voir le pouvoir bolchevik complètement contrôler cette région. La Bouriatie deviendra une république au printemps 1923.

L’histoire sera ensuite relativement calme pour la Bouriatie, qui s’inscrit comme république au sein de la Fédération de Russie. Sa capitale, qui comprend près de la moitié de la population de la république, est renommée Ulan-Ude par le pouvoir soviétique en 1934 (auparavant Verkhneudinsk). Il n’y a que deux villes dans la république, la deuxième étant Severobaïkalsk, située au nord-ouest du lac Baïkal et étant la gare de départ de nombreux trains traversant le pays.

Les Bouriates sont traditionnellement bouddhistes (tibétains) mais il y a encore des réminiscences du chamanisme mongol. Leur mode de vie traditionnel a lui totalement disparu après que le pouvoir central de l’URSS a décidé de faire disparaître toutes les yourtes lors de la première moitié du XXe siècle.

La région comporte deux gros complexes industriels produisant des trains et des avions, elle assure également plus de la moitié de la production de zinc du pays. Du plomb, du tungstène et du molybdène sont également extraits en quantité de la république.

Buste monumental de Lénine à Ulan-Ude | © strana.ru

Le club : Buryatia (Selenga) Ulan-Ude

Lokomotiv, Baïkal, Armeets, Kommunalnik, Selenga, Buriatia… Tous ces noms n’évoquent ici qu’un seul club, celui de la capitale bouriate tout au long de ses cinquante-neuf ans d’existence. Mais le nom qui est resté accroché à ce club, c’est celui de Selenga, du nom de la rivière qui traverse Ulan-Ude. D’ailleurs, le club s’appelle de nouveau Buriatia depuis avril mais les supporters (pourtant restés fidèles) n’arrivent pas à s’identifier à ce nom.

L’équipe en elle-même a connu une histoire largement moins mouvementée, restant tout au long de son histoire soviétique au troisième échelon sans parvenir à approcher les places permettant de s’élever dans la hiérarchie. Ce fut néanmoins suffisant pour démarrer la première saison russe au deuxième niveau et obtenir un cinquième place, assez proche de la promotion en RPL. Ce fut la meilleure saison de l’histoire du club et l’avant-dernière à ce niveau pour un club qui se retrouva dès 1994 en D2-Est pour y rester jusqu’à sa faillite en 2003. Reparti au plus haut niveau amateur, le Selenga disparût complètement en 2008 avant d’y retenter sa chance en 2011. Depuis, le Selenga reste coincé en LFL et a bien failli ne pas participer cette saison.

En effet, encore quelques semaines avant le début du championnat, il n’était pas sûr que les financements soient suffisants pour s’inscrire en LFL. Situation ubuesque mais caractéristique du football russe : une république d’un million d’habitants n’arrive même pas à financer durablement un club au niveau amateur. Cependant le Buriatia Ula-Ude y est bien présent cette saison et se défend avec une place en milieu de tableau.

Les autres équipes

Sorti du championnat de Bouriatie où jouent quasiment exclusivement des équipes d’Ulan-Ude, il n’y a pas d’autres clubs dans la république, même la deuxième ville, Severobaïkalsk, ne possède aucun club.

Le stade

© infpol.ru

Malgré ses difficultés à subsister dans le football, Ulan-Ude compte un stade tout neuf, le Stade Central de la République de Bouriatie, construit en 2011 pour un montant de 17 millions d’Euros. L’enceinte de 10 000 places comprend une piste d’athlétisme ainsi qu’un centre de tir, ce qui permet de diversifier les activités lorsque le football en est absent.

Les joueurs

Ici, nous vous présentons les trois joueurs les plus talentueux de l’histoire de la république.

1) Sergey Serebrennikov

Sergey Serebrennikov avec le maillot du Cercle Bruges | © archive.li

Né à Ulan-Ude, ce milieu de terrain fit ses débuts dans des clubs du nord (Rybinsk, Vologda) avant de rejoindre le Shinnik pour sa seule saison en RPL (six buts). Ses plus belles années, il les a vécues au Dynamo Kiev et pris la nationalité ukrainienne, jouant même une douzaine de match pour la Sbirna avant de rejoindre la Belgique où il vit toujours. Il a évolué à Bruges, également chez le voisin du Cercle, à Charleroi puis au KSV Roulers qu’il a également entraîné.

2) Vladimir Granat

Seul joueur né en Bouriatie à avoir à notre connaissance porté le maillot de la Sbornaïa, Granat est toujours en activité au Rubin Kazan. Agé de 30 ans, le stoppeur n’a jamais pu confirmer tous les espoirs placés en lui notamment au Dinamo et au Spartak mais reste un défenseur très solide de RPL. Passé également par Rostov, il a débuté au Lokomotiv Ulan-Ude.

3) Aleksey Lobsanov

Lobsanov, milieu de terrain, n’a joué en Russie que pour le Selenga au niveau amateur mais il s’est ensuite exilé pour remporter un titre : le championnat de Mongolie en 2012 avec l’équipe dominante du pays, Erchim (basé à Oulan-Bator). Depuis, sa trace a été quelque peu perdue mais un tel titre justifie à lui seul cette place dans le Top 3 des joueurs nés en Bouriatie.

Adrien Laëthier

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A propos de l'auteur

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Amoureux de la Russie et de l'Ukraine et spécialiste de ces footballs, ainsi que du football de l'Est en général ! A vécu en Russie, à Chelyabinsk là où les météorites tombent. J'essaye de faire vivre sur Footballski les différents championnats d'ex-URSS (Ukraine, Caucase, Baltique,...) ainsi que la RPL par les résumés hebdomadaires.

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