L’Apollon Limassol à l’heure européenne

Stephane Meyer - Publié le 13 septembre 2017

Le 25 août dernier en direct de Nyon, en Suisse, l’Olympique Lyonnais connaissait ses adversaires en phase de groupe d’Europa Ligue. Si l’équipe anglaise Everton ou le club italien Atalanta Bergame présents dans son groupe lui sont familiers, celui de l’Apollon Limassol en restait quant à lui mystérieux. Pour cette occasion, nous vous proposons de découvrir le club chypriote, à quelques heures de son premier match face à Lyon.


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Un club créé par un groupe de jeunes

En 1953 à Limassol, dans la seconde plus grande ville de Chypre, un groupe de jeunes rêvaient de la création d’une association qui aurait pour but des objectifs nationaux, athlétiques et d’une élévation du niveau éducatif et social des jeunes qui deviendraient membres. Cette association naît l’année suivante, plus précisément le 14 avril 1954, sous le nom de « Αθλητικός Μουσικός Όμιλος Απόλλων Λεμεσού » (en VF : Club sportif et musical Apollon Limassol). Apollon étant le dieu de la musique dans la mythologie grecque, c’est sans surprise qu’on le retrouve avec une lyre à la main sur l’emblème du club, aux couleurs bleu et blanc de la Grèce. La section football de l’association est aussitôt créée et l’année suivante, la fédération chypriote de Football l’intègre en deuxième division. Après une fusion avec Amathus Limassol en 1965 et Arion Limassol cinq ans plus tard, le Club sportif et musical Apollon Limassol devient alors Apollon Limassol.

Une place importante dans le championnat chypriote

Si l’Apollon remporte deux coupes de Chypre en 1966 et 1967, il connait ses premiers moments de gloire en championnat dans les années 90. En effet, entrainé par Diethelm Ferner, un Allemand connu pour sa discipline et sa capacité à aligner sur le terrain de jeunes joueurs et expérimentés, l’Apollon Limassol devient champion de l’île à deux reprises, une fois vainqueur de coupe et trois fois dauphin du championnat. Une réussite qui se réitère en coupe UEFA – ex-Europa Ligue – durant la saison 1993-1994, lorsque le club de Limassol parvient à marquer trois buts face à l’Inter de Milan (3-3), arrachant ainsi un match nul. Un premier petit exploit sur la scène européenne.

Dans les années 2000, le club bleu et blanc de Limassol continue son élan en remportant un championnat, une coupe et une Supercoupe. Cependant, il est loin de rivaliser avec l’APOEL ou l’Omonia Nicosie qui ont respectivement remportés quatre et trois titres de champion de Chypre entre 2000 et 2010. Ces dernières années, l’Apollon Limassol campe dans le haut de tableau chypriote. Finissant troisième lors de ces trois dernières éditions, il rivalise face à ses concurrents directs, à l’image de ces quatre victoires en six confrontations face à l’APOEL cette année. Mieux encore, les kianolefki (« bleu et blanc », surnom adressé aux joueurs du club) agrandissent leur palmarès en remportant pour la deuxième année consécutive la Coupe de Chypre et la SuperCoupe cet été. Comme vous l’aurez compris, l’Apollon Limassol occupe une place importante dans le championnat chypriote à travers ces coupes et sa capacité à battre et à mettre en danger des concurrents directs au titre, mais reste néanmoins irrégulier à certaines périodes, qui lui font coûter le titre de champion de Chypre.

Un secteur offensif armé

« L’Apollon est une équipe offensive et assez compacte. Ils possèdent des joueurs de qualité en milieu et devant », confiait en juillet dernier à la BBC le milieu de l’APOEL Nicosie Giorgos Efrem, à la veille du match de qualification de l’Apollon face au club écossais Aberdeen. Arrivé à l’Apollon Limassol en novembre dernier suite à de mauvais résultats de l’équipe en championnat, le jeune technicien chypriote de quarante ans Sofronis Augousti a beaucoup misé sur le secteur offensif de son équipe. Un choix qui portera ses fruits, puisque l’Apollon devient à l’issu du dernier championnat la deuxième meilleure attaque derrière l’APOEL Nicosie. Ce secteur offensif est d’abord composé des milieux offensifs Adrian Sardinero et Antonio Jakolis, capables en une touche de balle de servir en retrait les attaquants, ou encore du jeune espoir chypriote Ioannis Pittas, qui s’est à plusieurs reprises montré dangereux lors de ses entrées en jeu. À cela s’ajoute également l’expérimenté Fotis Papoulis, au club depuis 2012. Chef de l’équipe, il peut évoluer comme milieu offensif ou en tant qu’attaquant de pointe. Il devrait revenir ses prochains jours à l’entrainement, après s’être éloigné plusieurs mois des terrains à cause d’une blessure.

En attaque, on retrouve l’homme fort André Schembri, arrivé cet été à Limassol et déjà auteur de quatre buts en six matchs de qualification en Europa Ligue. Un homme à suivre attentivement lors de ces matchs de phase de groupe puisque cet international maltais, déjà connu du public chypriote, avait évolué à l’Omonia il y a quelques années, et a pratiquement terminé chaque année meilleur buteur de son club. Il devrait, sauf retournement de situation, être titulaire face à l’Olympique Lyonnais jeudi prochain. Enfin, Anton Maglica et Emilio Zelaya épaulent André Schembri en attaque. Deux joueurs pouvant poser problème aux défenseurs adverses. A l’Apollon depuis janvier 2016, Anton Maglica a marqué vingt-deux buts et a fait neuf passes décisifs en cinquante-sept matchs. De l’autre, l’argentin Emilio Zelaya, arrivé cet été en provenance du club chypriote Ethnikos Achnas, est resté sur le banc dans la plupart des matchs de qualification de son équipe. Mais auteur d’une quinzaine de buts l’an dernier et bon centreur, Zelaya compte bien prouver son talent, et ce, lors des matchs européens.

Et une défense compacte mais avec quelques limites

Voici à quoi ressemble l’équipe type actuelle de l’Apollon Limassol, proche de celle qui devrait être appliquée ce jeudi contre l’Olympique Lyonnais. Dès son arrivée au club, Sofronis Augoustis a mis en place un 4-2-3-1, une tactique qui privilégie les milieux et les défenseurs. Si le secteur offensif a connu et devrait connaître quelques modifications dû à l’arrivée de nombreux joueurs cet été, la défense de l’Apollon est quant à elle identique depuis le début des matchs de qualification. Dans les buts, on retrouve Bruno Vale, considéré comme l’un des meilleurs gardiens du championnat. En défense, se trouve d’abord le latéral brésilien Jander arrivé il y a tout juste quelques mois et Joao Pedro, milieu d’origine, qui compte soixante-quatorze apparition en trois ans avec le club. Deux latéraux caractérisés par leur vitesse, leur compréhension du jeu, et capables de contrer les centres adverses. Enfin, la défense centrale est composée du Français Valentin Roberge et de l’Espagnol Hector Yuste. Deux joueurs qui chercheront à bloquer les occasions des attaquants lyonnais la semaine prochaine. Si l’Apollon Limassol est également considéré comme l’une des meilleures défenses du championnat chypriote, il connait cependant quelques faiblesses en ce début de saison. En effet, en six matchs d’Europa Ligue cet été, les hommes de Sofronis Augousti ont encaissé cinq buts.

Un mercato agité

L’Apollon Limassol a été très actif sur le marché des transferts cet été. Il a d’abord connu le départ de treize joueurs dont parmi eux les portugais Mario Sergio et Tiago Gomes partis respectivement à Varzim et à Braga ou encore l’ancien niçois Abraham Guié, auteur d’une trentaine de but avec l’Apollon. Pour compenser ces multitudes de départs, l’Apollon a recruté les défenseurs Jander, Hector Yuste et Pitian ou encore l’attaquant maltais André Schembri et l’argentin Emilio Zelaya. Au total, six joueurs de l’équipe type actuelle font partis des nouveaux arrivants. Suite à la qualification en Europa Ligue, le club chypriote arrive à s’offrir des joueurs de taille tel que le protégé de Jurgen Klopp, le joueur de 20 ans de Liverpool Alan Rodriguez. Mais cette qualification attise également la convoitise de clubs adverses sur les joueurs de l’Apollon. Longtemps intéressé par son profil par Estoril, le jeune prodige Chambos Kyriakou est transféré au club portugais dans le dernier jour du mercato d’été.

L’heure pour l’Apollon de prouver sa place en Europe

Régulièrement dans le Big Three du championnat chypriote depuis quelques années maintenant, l’Apollon Limassol s’est qualifié dans les phases de groupe de l’Europa Ligue pour la troisième fois de son histoire. Il compte bien prouver à l’Europe sa place dans cette compétition européenne. Ses deux premières expériences en groupe d’EL ne furent cependant pas concluant. En effet, pour sa première qualification en 2014, l’Apollon Limassol sort l’OGC Nice et hérite du Trabzonspor, du Legia Varsovie et de la Lazio dans son groupe. Le club chypriote finira par se classer troisième devant le Legia. L’année suivante, il se qualifie de nouveau aux phases de groupe de la C3 après avoir battu le Lokomotiv Moscou en barrage. Mais dans le groupe A avec le Borussia Mönchengladbach, Villareal et Zürich, l’Apollon ne peut faire mieux que de finir bon dernier avec trois points. Si cette année il hérite d’un groupe particulièrement difficile, les kianolefki chercheront à surprendre leurs adversaires, et pourquoi pas créer la surprise.

Une ambiance « à la chypriote »

Comme tout grand club influent à Chypre, l’Apollon Limassol possède lui aussi un nombre important de supporters. Le groupe de supporter de ce club où font partis également les ultras, est appelé PAN.SI.FY Apollon ou plus couramment Gate 1, également écrit G1. Généralement en masse lors des grands matchs de championnat ou européens, ils constituent un véritable 12e homme.

L’Apollon Limassol a pour stade le Tsireio Stadium (« Τσίρειο Στάδιο » en grec) situé au centre-ville de Limassol et a pour capacité 13 300 places environs. Un stade ovale, bien protégé lors des grands matchs même s’il a été déjà source de tension dans le passé. À noter que le Tsireio Stadium n’est pas conforme aux règles de l’UEFA, par conséquent, l’Apollon Limassol recevra ses adversaires européens au stade GSP à Nicosie. Un endroit que l’Olympique Lyonnais connait particulièrement bien…

Stéphane Meyer


Image à la une : © FABRICE COFFRINI / AFP

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