La Russie, ce sera sans eux #16 : Chypre

Stephane Meyer - Publié le 21 novembre 2017

La phase de groupes des éliminatoires de la Coupe du Monde 2018 est arrivée à son terme. Alors que la Croatie a été la dernière équipe à avoir décroché sa qualification, Footballski revient sur le parcours des équipes d’ores et déjà assurées de ne pas être en Russie en juin prochain. Place à Chypre qui, malgré une cinquième place, a connu une aventure convaincante.

LES RÉSULTATS :

Belgique 4 – 0 Chypre
Chypre 1 – 2 Grèce
Estonie 1 – 0 Chypre
Chypre 3 – 2 Bosnie-Herzégovine
Gibraltar 1 – 2 Chypre
Chypre 0 – 0 Estonie
Chypre 3 – 1 Gibraltar
Bosnie-Herzégovine 2 – 0 Chypre
Grèce 2 – 0 Chypre
Chypre 0 – 3 Belgique

GROUPE H :

  1. Belgique – 28 points
  2. Grèce – 19 points
  3. Bosnie-Herzégovine – 17 points
  4. Estonie – 11 points
  5. Chypre – 10 points
  6. Gibraltar – 0 point

Dans ce groupe H, les Chypriotes savaient que leurs chances de qualification étaient maigres. Mais leurs prestations plutôt convaincantes ces dernières années constituaient un motif d’espoir.

Les trois premiers matchs ont été dur pour Chypre. Face aux plus grandes équipes du groupe, à savoir la Belgique, la Bosnie Herzégovine et la Grèce, la sélection chypriote a connu trois défaites cuisantes. Mais par la suite, les joueurs de Christakis Christoforou respirent en remportant les deux confrontations face au Gibraltar (3-1, 1-2) et en obtenant un match nul à domicile quelques mois plus tôt face à l’Estonie (0-0) qui a, malgré tout, été source de regret au vu des nombreuses occasions qu’ont eu les Chypriotes pour remporter le match.

Des performances moyennes qui conduiront la destitution en juin 2017 du coach Christakis Christoforou, au profit de l’israélien Ran Ben Shimon qui a notamment entrainé l’AEK Larnaca lors de la saison 2012/2013. Le déclic arrivera deux mois plus tard. En août 2017, Chypre bat la Bosnie-Herzégovine (3-2) en marquant à trois reprises en l’espace de onze minutes alors qu’il était mené 2-0. Une victoire importante qui a permis à Chypre de se classer quatrième avec 10 points, à une longueur de la Bosnie (3e) et deux de la Grèce (2e). Un résultat qui relançait Chypre sur une improbable course vers la qualification.

Mais malheureusement, l’optimisme est vite passé, allant vers la désillusion dans la fin de campagne européenne puisque les hommes de Ran Ben Shimon connaîtront trois défaites par la suite, respectivement face à l’Estonie, la Grèce et la Belgique.

LES RAISONS DE LA NON QUALIFICATION

Dans un groupe avec la Belgique, la Grèce ou encore la Bosnie-Herzégovine, il était difficile pour Chypre de prétendre à une possible qualification, que ce soit directement grâce à une première place, ou par le biais des barrages. Ne pas être en Russie l’été prochain n’a donc pas forcement été une surprise. Malgré tout, des raisons ont pu influencer sur les résultats de l’équipe nationale chypriote.

Le manque de régularité de la sélection a certainement eu un impact négatif dans l’ensemble des matchs. Chypre, lors de ces éliminatoires, a été capable de l’exploit – exemple face à la Bosnie (3-2) –  tout comme perdre contre une équipe moyenne. Cette irrégularité peut se traduire par une défense fébrile, qui a encaissé dix-huit buts en dix matchs. À cela s’ajoute une attaque quelque peu timide, excepté pour Pieros Sotiriou – auteur de quatre buts -, qui a manqué les rendez-vous à enjeux importants, comme en témoigne ce match nul (0-0) face à l’Estonie. Des points perdus qui au final auraient pu être grandement utiles pour les Chypriotes.

Mais l’irrégularité de la sélection peut également trouver sa part dans les choix du coach. De diverses tactiques qui varient selon l’adversaire, des titulaires qui ne sont pas toujours les mêmes d’un onze de départ à un autre… Ces choix ont un impact plutôt négatif sur l’équipe, puisque la formation chypriote manquera alors d’automatismes et de bon jeu collectif. Le départ de joueurs aguerris en sélection, qui constituaient une place charnière dans l’équipe depuis plusieurs années, à l’image de Stathis Aloneftis (62 sélections) ou de Konstantinos Charalampides (88 sélections) a dû également impacter l’équipe nationale.

Et enfin, à tout cela s’ajoute la destitution du sélectionneur chypriote Christakis Christoforou trois mois avant la fin de la campagne européenne. Il lui a été reproché les deux victoires timides face au Gibraltar (3-1 à l’aller et 1-2 au retour) ainsi que le match nul face à l’Estonie (0-0). Un choix de la part de la fédération qui n’a bien sûr pas avantagé son équipe.

LES MOTIFS D’ESPOIR

Tout d’abord, le fait que Chypre soit arrivé au terme des matchs de qualification à dix points au compteur reste en soi une source de satisfaction. C’est le deuxième meilleur parcours de l’île en groupe après celui des matchs de qualification pour l’Euro 2016.

Un autre motif d’espoir encore plus important et avantageux pour Chypre sur le long terme et sur la régularité, est l’arrivée progressive de jeunes espoirs dans l’équipe nationale. En effet, ces dernières années, la fédération chypriote de football et les différents entraîneurs passés par la sélection ont donné une confiance aux jeunes talents du pays. Certains d’entre eux connaissent maintenant une titularisation permanente, à l’image des défenseurs Fanos Katelaris (21 ans, Omonia Nicosie) et Kostantinos Laifis (24 ans, Olympiakos – en prêt au Standard de Liège), mais également des milieux Grigoris Kastanos (19 ans, Juventus – en prêt au Zulte Waregem) et de Chambos Kyriakou (22 ans, Apollon Limassol – en prêt à Estoril). De quoi donner de la fraîcheur à une équipe nationale chypriote longtemps focalisé sur des joueurs aguerris.

Mais d’autres espoirs prendront la relève dans les années à venir, à l’image de certains joueurs de la sélection U21 et U18 très convaincants lors de leurs derniers matchs internationaux. Des joueurs comme Matija Spoljaric (Apollon Limassol, 20 ans), Ioannis Pittas (Apollon Limassol, 21 ans) ou encore le jeune anglo-chypriote Jack Roles de l’équipe réserve de Tottenham (18 ans), qui  sans aucun doute, auront certainement un avenir radieux dans l’équipe première.

Enfin, ces dernières années, on a assisté à une multiplication de joueurs chypriotes partis jouer à l’étranger. Un mal pour un bien puisqu’ils pourront apporter un plus que les joueurs chypriotes évoluant dans le championnat local n’ont pas. Parmi ces derniers en revanche, certains progressent davantage grâce à la qualification de leur équipe en compétition européenne. Même si cela est contestée dû à une forte polémique à Chypre concernant le fait que les équipes chypriotes ne fassent jouer que très peu de joueurs locaux, au profit de joueurs étrangers.

Lire aussi – L’AEK Larnaca sous influence espagnole

En tout cas, l’entraîneur actuel de l’équipe de Chypre croit en la réussite pour l’avenir et à un meilleur jeu, notamment face à des adversaires plus coriaces : « Je crois en mes joueurs, nous pouvons mieux préparer et réussir des grands matchs dans l’avenir » déclarait-il quelques instants après la défaite de Chypre face à la Belgique (4-0).

ET MAINTENANT ?

Avec un entraîneur fraichement nommé, Chypre cherchera à progresser dans son jeu pour espérer faire mieux dans ses futurs matchs de qualification. La prochaine étape sera cette fameuse Ligue des Nations qui aura lieu en septembre prochain. Elle figurera dans le groupe C aux côtés d’équipes comme la Roumanie, l’Albanie, la Grèce ou encore la Lituanie. Quoi de mieux qu’une telle compétition pour se préparer au mieux des qualifications de l’Euro 2020. Et pourquoi pas connaître à cette issue, une première qualification de son histoire dans une compétition européenne.

Stéphane Meyer


Image à la une : VIRGINIE LEFOUR / BELGA MAG / BELGA via AFP Photos

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