Il était une fois Orekhovo Zuevo

Vincent Tanguy
Vincent Tanguy - Publié le 16 octobre 2017

8 mars 1898 – Ivan Chichkine, célèbre peintre russe, connu mondialement pour ses peintures de paysages très réalistes, mourrait à Saint-Pétersbourg. Le même jour, sur la Place d’armes du Premier corps de Cadets sur l’île Vasilievski de Saint Pétersbourg, se jouait le premier match de l’histoire du football russe entre deux équipes composées d’étrangers et de russes.

Saint-Pétersbourg, alors capitale de l’Empire russe, voyait depuis le début des années 1890 un développement inévitable du sport codifié et organisé par les Anglais, chez eux d’abord, puis dans le monde. Présents à travers l’Empire (à Kharkov, Tver, Tbilissi, Riga, Odessa ou encore Kiev), les expatriés (car outre les Anglais et les Ecossais, il y avait aussi des Allemands, des Français…) créent des Cercles sportifs, puis des clubs de football destinés à pratiquer leur sport durant leur temps libre.

Comme on pouvait s’en douter, Moscou ne fut pas oublié par les serviteurs de Sa Majesté. En 1895, les Anglais travaillant à l’usine « Hopper » pratiquaient le football sur leur lieu de travail. Au bout d’un an, sous l’impulsion du « Georges Duperron moscovite » Robert Fulda et avec le soutien d’autres fans de sport, une commission fut instaurée dans le but de construire un terrain de jeu pour faire du sport. Chose faite quelques temps plus tard sur le terrain de Shiryaevo dans l’arrondissement de Sokolniki où se trouvait déjà le parc du même nom au nord est de Moscou. Là en 1896, Robert Fulda et ses amis fondèrent le Cercle « Sokolniki » et s’adonnèrent à la pratique du tennis et du football. Le football de l’époque devait être tout au plus qu’une course de 10 joueurs après un ballon sans réel règlement. Celui-ci apparaîtra réellement en 1904, Robert Fulda traduisant les règles du nouveau jeu.


Lire aussi : Georges Duperron et les origines du football russe


Pour preuve du commencement du football à Moscou et de son niveau primaire, le quotidien « Sport » avait sorti un article en 1912 sur les pratiques footballistiques de l’époque à travers les souvenirs d’un ancien joueur, R. Ventseli. Il raconta qu’à l’été 1904, alors qu’un de ses amis du club revenait d’un voyage en Allemagne et en France, il leur raconta ce qu’était le « football ». Et c’est ainsi que le lendemain, sur le terrain de jeu des enfants à Sokolniki, se mirent à jouer à onze contre onze, les « rouges » contre les « blancs ».

A la suite de ce « match », on organisa alors une confrontation opposant Anglais et Russes. Malgré une infériorité numérique (les Anglais n’étaient que sept face à onze russes), les Anglais remportèrent le match marquant la bagatelle de 8 buts !

Et c’est donc en 1905 que le « Sokolniki Sport Club », ou SKS en russe, fut fondé par Robert Fulda. En parallèle, de nombreux clubs virent le jour comme le « British Sport Circle » (BKS en russe) ou l’« Union ». Les russes fondèrent aussi dans les divers arrondissements des équipes telles que « Bykovo » ou « Danilovtsey ». Le football se développa à vitesse grand V dans la ville, mais aussi dans la région de Moscou. Ainsi à Orekhovo Zuevo, l’usine Morozov créa officiellement son club de sport en 1909. Mais cette cité industrielle située à 89 km à l’Est de Moscou était, sans trop le savoir, déjà dans l’histoire du football russe !

La religion comme obstacle

Lorsque l’on passe encore aujourd’hui dans la vieille ville, on peut retrouver les bâtiments imposants de briques rouges qui rappellent le glorieux passé industriel de la ville.

Formée par la fusion de plusieurs villages, Orekhovo Zuevo est l’un des plus anciens centres d’industrie textile du pays. On comptait en 1890 pas moins de 17 usines dans lesquelles travaillaient plus de 30 000 ouvriers. Une vraie fourmilière qui fut un foyer important de contestation sociale, aboutissant à des mouvements de grèves importants. Celle de 1885 à l’usine textile Nikolski de l’homme d’affaires russe Savva Morozov a abouti à la mise en place des premières mesures de législation du code du travail en Russie. Décisif dans le combat social, l’usine Nikolski allait être tout aussi importante dans un autre domaine.

Fabrique Morozov

L’histoire du football à Orekhovo Zuevo, c’est celle des frères Charnock. Clement et Harry Charnock sont nés à Chorley dans le Lancashire en Angleterre. Grandissant à quelques kilomètres de Blackburn, les deux frères furent de grands supporters du Blackburn FC fondé en 1875 et qui remporta cinq Coupe d’Angleterre entre 1884 et 1891. Le Blackburn Rovers FC est notamment l’un des trois clubs fondateurs de l’English Football League avec Everton et Aston Villa en 1888, première Ligue de football de l’Histoire.

Monument en l’honneur du mouvement de 1885 à Orekhovo Zuevo

C’est à cette époque que Clement Charnock rejoint son père en Russie pour travailler dans l’usine textile à Orekhovo Zuevo. Son père est l’un de ces nombreux anglais qui partirent à la fin du XIXe travailler dans l’industrie du coton présente depuis la fin du XVIIIe à Orekhovo Zuevo. Clement, grand fan de football et ancien membre du Blackburn Rovers FC tente dès 1887 d’organiser une équipe de football à Moscou. Mais malgré tous ses efforts, la sauce ne prend pas et l’équipe cesse son activité dès son départ pour l’Angleterre en 1893.

Mais son frère Harry qui arrive pour le remplacer, relance l’idée et organise une équipe à Orekhovo Zuevo. Au départ, un intérêt croissant se fit sentir en raison du mélange social des joueurs. En effet, les ouvriers, les contremaîtres, les mécaniciens, le personnel d’administration et des employés de bureau jouaient ensemble, créant ainsi une forme d’engouement démocratique. Il décide d’entrainer l’ensemble des acteurs de l’usine à la pratique du football, non seulement pour faire partager sa passion mais aussi pour permettre aux ouvriers d’utiliser leur temps libre à quelque chose de plus productif que la consommation de vodka.

Harry Charnock

Cependant, Harry dut faire face à la résistance religieuse des Orthodoxes vieux-croyants. Orthodoxes fidèles aux anciens rituels et qui ont refusé les réformes du patriarche Nikon en 1666 et 1667, créant ainsi un schisme au sein de l’Eglise orthodoxe russe, autrement appelé Raskol (traduction de schisme en russe). Ces derniers représentaient une part importante de la population dans la région d’Orekhovo Zuevo. Dans l’usine de Morozov, les Orthodoxes vieux-croyants occupaient alors des postes clés, Savva Morozov étant lui même orthodoxe vieux-croyants.

Famille de vieux croyants

Ultras conservateurs, ils étaient réticents à toute forme d’influence étrangère. Les soupçons à l’égard de l’extérieur s’accrurent lorsqu’on demanda aux jeunes de jouer au football en short, les genoux nus ! Dans le journal « Allié britannique » en 1946, Harry Charnock raconte une anecdote à ce sujet :

« Des maillots et des chaussures de football avaient été commandés en Angleterre. Les shorts devaient être confectionnés par les joueurs eux-mêmes. Comme résultat, on se retrouva avec des joueurs portant des shorts qui leur arrivaient presque à la cheville, rappelant ceux du célèbre footballeur britannique Alex James. »

Football ou révolution ?

Tout ce conservatisme ralentissait le développement du football mais ne pouvait empêcher son inexorable ascension. A Saint Pétersbourg et à Moscou, le nombre de clubs augmente, Robert Fulda met sur papier les règles du jeu et l’engouement pour le foot commence à prendre dans l’ensemble de la population. Orekhovo Zuevo en profite pour se structurer, non sans mal. Harry Charnock dut faire preuve de persévérance pour permettre la création puis l’officialisation d’un nouveau club. En effet, le caractère industriel d’Orekhovo Zuevo n’a rien arrangé à ses affaires. La Révolution de 1905 vit de nombreux mouvements révolutionnaires éclater dans la cité industrielle. Les autorités se méfiant évidemment de ces organisations sportives pouvant masquer des intentions révolutionnaires. Avec cette méfiance mélangée aux avis négatifs d’un médecin réputé de la région qui avertissait les autorités sur les risques de maladies pulmonaires et de fractures diverses en pratiquant le football, Harry Charnock dut se présenter en personne devant le Gouverneur régional à Vladimir pour le persuader du bien-fondé du club :

« Le Gouverneur – Qu’est ce que c’est que le football ?

Harry Charnock – C’est un jeu qui se joue à 22 joueurs divisés en deux équipes. Le but est de s’emparer d’un ballon en cuir, gonflé avec de l’air. Chaque équipe cherche à mettre le ballon dans le but, entre les poteaux. (un graphique lui a été présenté)

Le Gouverneur – Et les gens vont regarder cette bêtise ?

Harry Charnock – Oui votre Honneur, exactement de la même façon que les gens regarderont les courses de chevaux.

Le Gouverneur – Mais qu’est ce que cela a à voir avec la politique, la révolution ?

Harry Charnock – Il n’y a ici aucune stratégie politique, votre Honneur. Veuillez voir s’il vous plaît le magazine conservateur allemand « Die Woche » (j’avais pris avec moi un numéro). Vous y verrez une photo représentant le Prince allemand participant à un match sur le terrain de Tempelhof à Berlin. Comme vous le savez votre Honneur, c’est un cousin de votre Majesté.

La femme du Gouverneur – Voyez vous ça ? Cela doit être extrêmement bon pour la santé, un bon moyen pour s’entrainer. Tu dois y jouer Grisha !

Le Gouverneur – Oui, et j’ai beaucoup de respect pour les Anglais… Vous pouvez continuer vos affaires Andrei Vassilievitch et que Dieu vous aide, sans effusion de sang évidemment ! »

Le club baptisé « Club sportif d’Orekhovo » est enfin officialisé le 16 novembre 1909. La Charte de création détaille l’ensemble des activités sportives proposées, à savoir le football, le tennis, le cricket, le cyclisme, le patinage, tout ce ci dans un « respect de la loi de l’Empire russe ». Le club de sport proposait aussi des concerts, des représentations théâtrales et des bals destinés à divertir les travailleurs et leur famille.

Charte du club d’Orekhovo Zuevo

La charte définit aussi la première tenue de l’équipe d’Orekhovo Zuevo de couleur bleue et blanche, rappelant les couleurs du club de Blackburn. Les joueurs payent leurs équipements et les frais de déplacement de leur poche. En contre partie, le club donne aux joueurs pendant les mi-temps du thé avec du citron…

Des débuts glorieux

Les Moscovites purent apercevoir pour la première fois les joueurs de l’usine Morozov face à l’équipe de Sokolniki le 30 août 1909, quelques mois avant l’officialisation du club. Le match fut l’objet d’un article dans le magazine « Russki Sport » :

« L’équipe de l’usine Morozov était composée à moitié d’Anglais… La première impression en les voyant sortir fut excellente. Malgré le fait que les Morozovtsey jouent très bien, le SKS (Sokolniki) a fini par ouvrir le score à la 16e minute. On peut retenir chez les Morozovtsey l’influence de Charnock. Après la mi-temps, le match s’est durci. Le SKS a enfoncé le clou et remporta la victoire 2-1. »

Le club d’Orekhovo enchaine les matchs jusqu’à intégrer la « Coupe Fulda », compétition non officielle nouvellement créée en 1909, composée du Club de Sport de Sokolnicheskyi (SKS), de la Société sportive « Union » et du « Club de sport britannique » (BKS). C’est ce dernier qui remporte la Coupe, devenant ainsi le premier Champion non officiel de Moscou.

L’équipe d’Orekhovo Zuevo en 1910 avec la Coupe Fulda

La Ligue de football de Moscou ne fut opérationnelle que l’année suivante et démarre en août 2010. Composée de trois divisions, on retrouvait en Première Division le Club de Sport de Sokolnicheskyi (SKS), la Société sportive « Union », le Cercle des footballeurs « Sokolniki », le club de sport Zamoskvoretskyi (ZKS) et le Club d’Orekhovo, seul club évoluant hors de Moscou. Chaque équipe joue ainsi huit matchs et c’est le Club d’Orekhovo Zuevo qui remporta la première Ligue de Moscou de l’histoire avec sept victoires, une défaite, 43 buts marqués et seulement 14 encaissés.

Un ancien joueur russe, Mikhaïl Romm s’est souvenu dans son livre « Je supporte le Spartak » de la rencontre du 8 Octobre 1910 entre les Morozovtsey et le SKS :

« Le stade était rempli jusqu’à la dernière place. Les arbres aux alentours se sont transformés en tribunes supplémentaires. Les supporters d’Orekhovo Zuevo ne ressemblaient nullement aux autres avec leur veste, leur chemise de travail et leurs bottes recouvertes de graisse, quand le public moscovite était propre, en manteau et en chapeau melon ! Avec un enthousiasme énorme, le public acclama ses joueurs lorsqu’ils sortirent sur le terrain pour l’échauffement ! Voilà ceux qui les aidèrent à devenir les meilleurs de Moscou… »

Les meilleurs de Moscou participèrent aux rencontres organisées entre Moscou et Saint Pétersbourg. Pas moins de 6 joueurs d’Orekhovo jouèrent ainsi le 12 et le 14 Septembre 1910 lors de la défaite (2-0) puis la victoire (3-0) de l’équipe de Moscou face à celle de Saint Pétersbourg. Des rencontres internationales sont aussi organisées, par exemple celle face au club tchèque « Corinthians » en octobre 1910 (victoire 1-0). En hiver, pas question de perdre la forme ! Les joueurs pratiquent donc donc le hockey russe pour rester physiquement dans le coup. Les athlètes à l’époque avaient de toute façon cette polyvalence sportive, faisant de cette pratique du hockey, quelque chose de tout à fait normal.

Domination moscovite

En ces années 1910, le foot se popularise à tel point que même le clergé se met à jouer au football en fondant des équipes. La simplicité du jeu suscite l’intérêt du public qui se déplace voir les matchs par milliers. A cette époque déjà, les femmes se mettent aussi à toucher le ballon. Le magazine « Russkovo Sporta » rapporta le 17 juillet 1911 des entraînements féminins dans la localité de Pushkino.

Dans ce contexte, le club d’Orekhovo Zuevo continue sa domination en s’imposant les trois années suivantes dans la Ligue de football moscovite. Une véritable domination sans partage jusqu’en 1914 et le début de la Première Guerre Mondiale. Elle se repose notamment sur un trio offensif détonnant composé de Tomlinson, Dikin et des Charnock (Harry, James, Willy…) et d’un collectif anglo-russe équilibré, du gardien aux avants.

L’équipe d’Orekhovo Zuevo en 1913

De plus, Orekhovo Zuevo était devenu une des bases les mieux loties, tant en terme de matériel que de cadres compétents. Le public reste aussi un atout majeur pour les Morozovtsey lorsqu’ils évoluent à domicile. Leur comportement après leurs victoires n’est cependant pas du goût de tout le monde, notamment de Georges Duperron qui salue la réaction « gentleman » de l’équipe, mais qui qualifiait le public de « sauvage ».

Sauvage ou pas, Orekhovo Zuevo est alors considérée avec Saint Pétersbourg et Moscou comme la troisième capitale du football du pays ! Une capitale qui avait depuis 1909 développée sa propre Ligue de football composée de petits clubs, des clubs « sauvages » comme on les appelait. Une preuve supplémentaire de l’élan sportif que connaissait à l’époque cette région.

Et la Guerre passa par là…

La Guerre devait stopper cette embellie. L’équipe d’Orekhovo voit ses joueurs enrôlés pour défendre la Patrie et ne peut défendre convenablement son titre qui revient aux footballeurs du « Zamoskvoretskyi » en 1914. La Ligue de Moscou continua malgré tout d’exister durant la Guerre et ce malgré la situation politique et économique qui se détériorait au fil du temps. Robert Bruce Lockhart, diplomate anglais qui remporta avec le club Orekhovo la Ligue en 1912, raconte ceci plus tard :

« Encore une scène que j’ai vu de mes propres yeux à Moscou le 12 mars 1917. En rentrant chez moi, j’ai croisé dans la rue Harry Charnock. Depuis quelques mois, il menait des négociations avec de riches industriels américains pour vendre la Manufacture de textile Morozov […] Sans un mot, Charnock me tendit un morceau de papier. C’était un télégramme des acheteurs américains qui lui signifiait que la transaction n’aura pas lieu. Le grand capital avait peur des événements en Russie. »

Il fallut la Révolution pour que la Ligue de football interrompe la compétition. En Novembre 1917, le Club est réquisitionné et transformé en salon de thé… De nombreux Anglais profitent de l’occasion pour quitter Orekhovo Zuevo et la Russie, laissant Edouard et Harry Charnock seuls. La Révolution apporte ainsi son lot d’histoires d’espionnage qui mériterait un article à part entière. En effet, les Anglais durant leur vie sous la couverture de joueur de football, ont pour certain eut un double rôle d’agent secret pour le compte de Sa Majesté. Le cas le plus célèbre est sûrement celui de Robert Bruce Lockhart qui se fit connaître grâce à son livre « Memoirs of a British Agent » dans lequel il détaille ses travaux en tant qu’agent des Services Secrets britanniques chargé en 1918 de créer un réseau d’agents en Russie. Arrêté pour complot contre le Régime bolchevik, il fut emprisonné au Kremlin et échappa à la mort grâce à un échange d’agents entre le Régime bolchevik et l’Angleterre…

Harry Charnock, pour sa part, resta en Union Soviétique jusqu’en 1947. Il s’occupa, durant la Seconde Guerre Mondiale, de la livraison de textile et de chaussure à Moscou dans le cadre du crédit-bail. Jusqu’à sa mort, il continua la pratique du football. En 1946, lors de la tournée en Angleterre du Dinamo Moscou, il publia une brochure intitulée « Le Dinamo et les autres » dans laquelle il est présenté comme le vice président de la Ligue de football de Moscou.

Quoi qu’il en soit, il restera comme le dirigeant d’un club qui inscrivit en majuscule le nom d’Orekhovo Zuevo au panthéon des clubs historiques du football russe ! Fan des Blackburn Rovers, il ne pouvait en être autrement…

Vincent Tanguy


Photo de couverture et illustrations dans l’article : mu-pankratov.livejournal.com

Il était une fois Orekhovo Zuevo
5 (100%) 5 votes

A propos de l'auteur

Vincent Tanguy

Vincent Tanguy

Supporter du Spartak Moscou vivant en Russie depuis de nombreuses années. Prends plaisir à partager l'histoire du plus grand club de l'histoire du pays à travers ces pages.

pays de l'auteur footballski

Laisser un commentaire

Lire les articles précédents :
Semaine #41 – 2017 : Matchs du week-end

Vous êtes fans du foot de l'est et cherchez à savoir ce qu'il se passe ce week-end ? Cela tombe...

Fermer