Hongrie Euro 2016 : Présentation de la Hongrie

Thomas Ghislain
Thomas Ghislain - Publié le 7 juin 2016

Considérée par certains comme le petit poucet de la compétition, la Hongrie vient en France dans un élan d’optimisme suite à sa première qualification pour un tournoi international depuis 30 ans et la Coupe du Monde 1986. Bernd Storck et Andreas Möller ont réussi leur pari et vendront cher leur scalp dans un groupe F très sympa en compagnie du Portugal, de l’Autriche et de l’Islande.

Hongrie

La sélection

Gardiens :

Gábor Király (Haladás Szombathelyi), Dénes Dibusz (Ferencváros), Péter Gulácsi (RB Leipzig)

Défenseurs :

Roland Juhász (Videoton FC), Tamás Kádár (Lech Poznan), Mihály Korhut (Debreceni VSC), Richárd Guzmics (Wisla Krakau), Attila Fiola (Puskás Akadémia), Ádám Lang (Videoton FC), Barnabás Bese (MTK Boedapest), Gergö Lovrencsis (Lech Poznan)

Milieux :

Zoltán Gera (Ferencváros), Balázs Dzsudzsák (Bursaspor), Ákos Elek (Diósgyori VTK), Ádám Pintér (Ferencváros), Zoltán Stieber (1. FC Nürnberg), Ádám Nagy (Ferencváros), László Keinheisler (Werder Bremen)

Attaquants :

Tamás Priskin (Slovan Bratislava), Ádám Szalai (Hannover 96), Krisztián Németh (Al-Gharafa), Nemanja Nikolic (Legia Warschau), Dániel Böde (Ferencváros)

L’équipe type

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Créé via best11.eurosport.com

Les points forts

Personne n’attend la Hongrie et c’est peut-être là leur principal atout, en tout cas pour les matchs de poule. L’équipe façonnée par Bernd Storck, depuis son arrivée, a peu avoir avec celle qui a glané les points pour terminer troisième de leur groupe de qualifications et arriver en barrages. Plus solide, plus organisée, plus collective et dont l’équilibre entre les lignes semble être de retour, et tout ça grâce à trois briscards : le vétéran Kiraly dans les buts, qui deviendra le joueur le plus âgé à avoir jamais joué l’Euro en jogging – et l’Euro tout court d’ailleurs, le magnifique Zoltan Géra, 37 balais et une saison pleine avec Ferencvaros, repositionné en pare-choc mais qui n’est pas sûr de débuter titulaire, et Balázs Dzsudzsák pour la création offensive et les phases arrêtées. Le tout est soutenu par des jeunes pousses qui seront parmi les révélations de cet Euro (Adam Nagy, Lazslo Kleinheisler) ou d’autres qui ont à cœur de montrer l’étendue de leur talent (Nikolic, Priskin voire l’imprévisible Krisztián Németh).

Un équilibre et un collectif retrouvés

Comme l’indique Storck lui-même : « Nous avons une équipe unie, sans égomaniaque ou primadonna, notre esprit d’équipe est notre force ». La colonne vertébrale Kiraly-Gera-Dzsudzsak reste essentielle pour l’équilibre de l’équipe sur et en dehors du terrain grâce à leur expérience et leurs qualités. Autour, Storck a réussi à trouver des satisfactions avec la paire Guzmics-Lang en défense, Kleinheisler et l’excellent Nagy dans l’entrejeu, ou encore Fiola et Kadar pour les latéraux. Des certitudes qui ont prouvé de par leur réussite en barrages.

Kiraly, le blockbuster du mois de juin | © EXPA/JFK/AFP/Getty Images

Kiraly, le blockbuster du mois de juin | © EXPA/JFK/AFP/Getty Images

De plus, la Fédération a mis toutes les chances de son côté pour créer une osmose positive dans le groupe. La saison hongroise a pris fin le 7 mai dernier, et le stage de préparation commençait dès le lundi 9 en Autriche. De quoi passer quelques semaines ensemble et trouver ses marques là où certaines nations n’ont qu’une dizaine de jours pour s’y retrouver. Un choix qui peut s’avérer payant tant l’atmosphère d’un groupe peut changer une équipe du tout au tout.

Un sélectionneur indiscernable

Bernd Storck supervisait déjà les structures de jeunes du football hongrois lorsqu’il fut appelé sélectionneur à la rescousse après le départ de Pal Dardai. Déjà avec les U20, il était parvenu en huitièmes de finale de la Coupe du monde en 2015, éliminée par la Serbie, futur vainqueur. Et il mit peu de temps à faire taire les sceptiques avec cette qualification longtemps attendue pour un grand tournoi. Et de ramener Andreas Möller, qui « connait le succès et ce qu’il faut pour l’atteindre », en tant qu’assistant juste avant les barrages : « Je me sens responsable de la destinée future du football hongrois. (…) Ma tâche est de développer la mentalité et la confiance en soi des joueurs ».

© EXPA/JFK/AFP/Getty Images

© EXPA/JFK/AFP/Getty Images

Compétent dans les différentes équipes de jeunes qu’il a coachée, Storck vit là sa deuxième expérience en tant que sélectionneur, après avoir conduit le Kazakhstan pendant deux ans de 2008 à 2010. Du coup, avec seulement trois matchs de qualification, les barrages et trois matchs amicaux sous la Hongrie, ses adversaires ont peu de matériel à disposition pour deviner ce qu’il prépare pour les trois premiers matchs. Même la presse locale était surprise par les titularisations de Kleinheisler puis de Priskin lors de la double confrontation contre la Norvège. Pour finalement applaudir les choix de Storck après coup.

Des hommes en forme

A Budapest, l’heure était à la fête pour les Fradi avec leur premier titre depuis 2004, acquis sous les ordres d’un… Allemand, en la personne de Thomas Doll. Dans l’effectif d’un Ferencvaros qui a véritablement surclassé la concurrence cette saison, certains se retrouvent en équipe nationale : Zoltan Gera, Adam Pinter, le meilleur buteur Daniel Böde et la révélation de la saison Adam Nagy – auxquels on pourrait rajouter l’avenir de Kiraly dans les cages hongroises, Denes Dibusz.

Au-delà de ces Fradi surpuissants cette saison, on pourrait également souligner la paire défensive du Videoton, Lang-Juhasz, qui a réalisé une fin de saison extraordinaire en Hongrie, finissant finalement dauphin du Ferencvaros. Mentionnons encore Nemanja Nikolic qui a survolé le championnat polonais cette saison avec 28 buts et 9 passes décisives avec le Legia.

Enfin, Tamas Priskin a été très bon dans son rôle de finisseur et supersub avec le Slovan Bratislava cette saison, tandis que Kleinheisler a découvert la Bundesliga avec le Werder après avoir crevé l’écran face à la Norvège. Storck possède donc là un vivier de confiance qui n’attend plus qu’à fouler les pelouses françaises pour continuer sur sa lancée.

Les points faibles

L’inexpérience du groupe

Il est évident que le manque d’expérience est le talon d’Achille du groupe. Pour leur premier tournoi depuis 30 ans, les Magyars pourraient craquer dans les moments cruciaux – heureux soient-ils de jouer contre des Islandais qui devraient affronter le même problème. Même Storck, dont on ne nie pas les qualités, sera à son premier coup d’essai dans un grand tournoi. Il pourra cependant s’appuyer sur des gaillards ayant déjà joué au plus haut niveau comme Kiraly, Juhasz, Gera ou Dzsudzsak. L’Euro qui se présente reste avant tout une belle opportunité pour une génération d’apprendre et de se perfectionner.

Un manque de qualités

On ne va pas se mentir, le championnat hongrois n’est pas des plus relevés et le fait que la majorité du onze de base en provienne reste un indicateur négatif pour les chances de la Hongrie. Qui plus est, à part Nikolic, Kleinheisler et peut-être Nemeth, les quelques-uns évoluant à l’étranger ne pètent pas la forme, y compris en ce qui concerne le génial Balazs Dzsudzsak.

Il sera donc très difficile pour les Hongrois de hausser leur niveau de jeu quand il le faudra, tout ça face aux meilleures équipes du continent. Il s’agira d’ailleurs d’un révélateur pour évaluer la réelle qualité de l’équipe et de ses joueurs.

L’énigme de l’attaque

Ni l’organisation ni la composition de l’attaque semblent être totalement claires dans l’esprit de Storck, à part la présence de Dzsudzsak sur l’une des deux ailes. Le coach allemand dispose pourtant de profils intéressants et différents entre l’énigmatique Nemeth, le prolifique Nikolic ou le renard Priskin pour le poste d’attaquant de pointe, mais il semble toutefois privilégier Szalai, auteur de zéro buts cette saison avec Hoffenheim et Hanovre, qui aurait davantage un rôle d’attaquant défensif, usant les défenses et facilitant la mise en lumière de ses coéquipiers. L’autre certitude semble de considérer Böde comme joker de luxe, lui qui a terminé meilleur buteur de la OTP Bank Liga avec Ferencvaros.

© PATRIK STOLLARZ/AFP/Getty Images

© PATRIK STOLLARZ/AFP/Getty Images

Surtout, c’est bien l’attaque qui était le point faible de la sélection durant les qualifications, hormis dans le match à la n’importe nawak perdu en Grèce (4-3) et obligeant la Hongrie à passer par la case barrages. Avec 11 buts en 10 matchs, on ne peut pas dire que le bilan soit satisfaisant. La double confrontation contre la Norvège a ramené des espoirs puisque les Hongrois se sont montrés convaincants et réalistes offensivement (0-1, 2-1), mais Szalai avait débuté à Oslo tandis que Priskin était aligné à Budapest – à raison d’ailleurs vu sa merveille de but –, signe d’une incertitude sur laquelle il va falloir trancher.

On ne sait donc toujours pas qui débutera en pointe et qui accompagnera Dzsudzsak sur les côtés.

L’homme à suivre

© Alexander Hassenstein/Bongarts/Getty Images

© Alexander Hassenstein/Bongarts/Getty Images

Adam Nagy, la nouvelle pépite du football hongrois. A côté des Kiraly, Gera et Dzsudzsak, Adam Nagy représente la nouvelle génération de la Magyar Foci, à tout juste 20 ans. Il avait déjà impressionné lors de la Coupe du Monde U20 de l’été dernier pour devenir un titulaire presque indiscutable dans l’entrejeu hongrois en vue de l’Euro 2016. Né à Budapest en 1995, c’est tout naturellement qu’il défend les couleurs du Ferencvaros.

Devenu titulaire au sein des Fradi dès le début de la saison, il gagne sa première sélection en septembre dernier, face à l’Irlande du Nord, et ne bougera plus de l’équipe. Elu révélation de l’année dans le championnat hongrois, il devrait être accompagné d’un de ses coéquipiers de club, Pinter ou Gera, pour former la paire de milieux devant la défense. Doué balle au pied, à l’aise des deux pieds, et doté d’un sens du placement et d’une vision du jeu excellents, il devrait grandement fluidifier le jeu hongrois et éteindre les attaques adverses. Malgré son inexpérience et son jeune âge, Adam Nagy semble pour le moins indispensable dans le dispositif de Storck, signe que toute la Hongrie s’attend à ce qu’il révèle aux yeux de l’Europe entière en ce mois de juin.

La prévision

Dans un groupe où le Portugal fait figure de grand favori, le calendrier pourrait être favorable aux Hongrois puisqu’ils jouent les Lusitaniens lors de la troisième journée. Mais attention, si les Portugais sont désignés comme tel, l’équipe la plus impressionnante depuis deux ans reste l’Autriche, 9 victoires en 10 matchs de qualifications et qui voudrait elle aussi retrouver une gloire passée – il s’agira d’ailleurs du 137e match entre les deux voisins pour la première manche. Enfin, l’Islande reste sur une excellente phase de qualifications et aura la même soif d’expérience que la Hongrie dans ce qui devrait s’avérer un match équilibré. L’optimisme qui entoure la sélection nationale ne doit pas faire oublier que la Hongrie reste le petit poucet du groupe avec l’Islande. La lutte pour la troisième place est donc envisageable et le calendrier des matchs, avec un derby en ouverture et le Portugal en fermeture, pourrait les avantager. Même si ça restera difficile, c’est en tout cas l’option privilégiée par Storck : « Passer le premier tour n’est pas une attente, mais plutôt un rêve ».

Thomas Ghislain


Image à la une : © ATTILA KISBENEDEK/AFP/Getty Images

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La Syldavie gagnera la Coupe du Monde 2018. Folie sur la PMAN.

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