#5 FootballskiTrip Géorgie: On a discuté avec Revaz Arveladze, ancien international géorgien et co-fondateur de l’Arveladze Foundation

Antoine Jarrige
Antoine Jarrige - Publié le 16 septembre 2016

Cet été, pendant une dizaine de jours, nous avons eu le plaisir de nous rendre en Géorgie afin d’y réaliser un nouveau FootballskiTrip. Nous vous proposons aujourd’hui un récit de notre brève rencontre de 10 jours avec la Géorgie, ses habitants, son football, ses paysages, sa culture. En espérant continuer à vous faire partager cette passion commune encore de longues années. Cinquième épisode avec une interview de Revaz Arveladze, ancien international géorgien et co-fondateur e l’Averladze Foundation.


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Le football c’est souvent histoire de famille; un père qui entraîne son fils, deux frères qui évoluent ensemble sous le même maillot. Alors trois frères qui évoluent ensemble dans le même club et de plus dans la même sélection nationale c’est plutôt rare! Chez les Arveladze on est très famille, on ne se perd pas de vue et on fait même des projets ensemble. Les trois frères, Revaz ( ex Köln, Mechelen ), Archil ( ex NAC Breda, Köln ) et Shota ( ex Ajax, Rangers ) ont évolué trois saisons ensemble au Dinamo Tbilissi avant de s’envoler un peu partout en Europe après la chute de l’URSS. La tête sur les épaules et conscients qu’une carrière de footballeur est assez courte, la fratrie Arveladze a monté une fondation, « Arveladze Foundation« , pour venir en aide aux jeunes des régions pauvres de Géorgie. Grâce à notre contact Oto, nous avons pu rencontrer Revaz dans les locaux de la fondation, pour discuter de ses projets soutenus par la FIFA et du football géorgien.

Vous pouvez suivre l’actualité de l’Arveladze Foundation sur le Facebook officiel de la fondation.

Pouvez-vous nous parler de votre fondation ?

La fondation Arveladze a été fondée il y a dix ans. Nous avons commencé avec dix enfants qui, de notre point de vue, étaient des jeunes talentueux, mais qui avaient de nombreux soucis familiaux. Nous avons donc décidé de leur donner une sorte de salaire. Chaque mois, ils recevaient de l’argent et avec ils pouvaient s’acheter de la nourriture et bien d’autres choses. Avec cet argent, ils pouvaient prendre des leçons d’anglais avec un professeur ; quand ils étaient blessés, ils pouvaient aller voir le docteur et bien sûr, ils pouvaient s’offrir quelques plaisirs, comme s’acheter des équipements sportifs ou bien sortir en ville. Pourquoi prendre des leçons d’anglais ? Parce que personnellement je pense que chaque personne qui commence une activité sportive et qui souhaite atteindre un niveau professionnel doit acquérir une base d’une langue étrangère. Grâce à ça, on peut penser à une carrière future, mais on a aussi une certaine assurance, car vous savez quand on fait du sport on doit faire face aux blessures, à la rééducation, les opérations et bien d’autres choses. C’était notre principe, ils devaient grandir dans cette voie, dans cette éducation.

La fondation Arveladze s’occupe pour le moment uniquement de football, mais je serais ravi, dans le futur, de pouvoir aider des enfants jouant au basketball et autres. Voilà, c’était le début et maintenant nous avons beaucoup de projets. Notre fondation est la première du genre à avoir vu le jour en Géorgie, moi et mes deux frères avons mis beaucoup de notre propre argent sur la table. Il y a quelques années, nous avons organisé un match amical à la Dinamo Arena avec de nombreuses stars du ballon rond venant du monde entier. Il y avait 40 000 personnes dans le stade, c’était un moment fabuleux. Des joueurs comme Van Gaal, au lieu d’aller en vacances avec la famille, se sont rendus à Tbilissi et se sont montrés très respectueux envers nous, notre association, notre travail. L’équipe locale affrontait cette équipe de stars, c’était un bon moment, tout le monde était heureux et surtout tous les bénéfices sont allés dans les caisses de la fondation.

Aujourd’hui, nous avons beaucoup de projets, mais un en particulier me tient profondément à cœur. Chaque personne ayant connaissance de notre projet, qui est d’aider des centaines d’enfants, nous félicite. Je pense que c’est une des meilleures activités que nous pouvons créer aujourd’hui en Géorgie et même dans le futur. Vous savez la situation dans les villages où nous sommes actifs n’est pas bonne du fait de la proximité des régions en conflits. Bien sûr, nous œuvrons dans d’autres régions où on ne joue pas au football. Des régions où il n’y a pas de terrains de football, où il y a des montagnes ou tout simplement des régions où le football n’est pas le sport majeur. Car vous savez, en Géorgie, chaque région a son sport. L’haltérophilie et la lutte dans certaines où nous avons des champions olympiques, basketball dans d’autres, ou encore le rugby.

Nous commençons donc par créer des petits terrains de football afin de commencer notre « football thérapie ». Bien sûr, parmi les enfants que nous aidons, il y en a certains qui sont talentueux, nous cherchons des centres de formation pour eux et peut-être qu’un jour ils deviendront footballeurs professionnels. La chance pour cette fondation c’est que j’ai beaucoup de temps pour elle. J’ai arrêté mon job à l’UEFA il y a quelque temps, donc j’ai du temps. De plus, nous avons un staff très professionnel, des médias et des associations qui nous aident.

Concrètement, la « football thérapie », c’est la possibilité pour des enfants d’oublier les problèmes qu’ils ont quotidiennement en jouant au football et en accédant à l’éducation. Les villages en question reçoivent de l’argent et construisent un petit terrain. La fondation Arveladze fournit les maillots, les ballons, les chaussures, mais aussi les entraînements, car chaque semaine un coach vient dans les villages pour diriger l’entrainement. Bien sûr, celui-ci est payé mensuellement par la fondation. Les enfants vont aussi à l’école pour recevoir une éducation et apprendre l’anglais.

© Footballski

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Est-ce que le gouvernement vous aide ?

Non. Je ne fais pas d’affaires avec le gouvernement. C’est une fondation basée sur la charité. Bien sûr, parfois, nous avons besoin d’eux, mais pas pour tout ce qui est financement.

Qui vous aide ? L’UEFA ?

Oui, l’UEFA nous aide et j’espère que bientôt la FIFA le fera également. Nous recevons des aides de compagnies privées et de l’ONU. Nous avons quelques sponsors, les amis privés de mes frères, comme Davor Suker, qui contribuent énormément dans notre fondation. Le projet est très intéressant, c’est pourquoi de nombreuses personnes nous aident. Nous avons des centaines d’enfants aujourd’hui, des milliers j’espère dans le futur. Tous ces enfants reçoivent l’équipement, et les coachs ont un salaire. Nous essayons aussi d’organiser des festivals de football. Il y a quelques mois nous en avons organisé un à Gori, la famille Arveladze était réunie et ce fut un grand succès. Notre but ce n’est pas de faire de ces enfants des footballeurs pros, mais que ces enfants puissent aller à l’école et puissent profiter de la vie. Nos coachs apprennent aux enfants les bases du football, comment jouer ; et si trois ou quatre d’entre eux deviennent professionnels, nous serons ravis. Même si dans trois ans personne ne devient pro, le projet sera quand même un succès, car ces enfants iront peu à l’université.

C’est donc un projet sur le long terme ?

Je pense que jusqu’à l’âge de 17-18 ans nous devons les aider. Vous savez comment sont les jeunes. Quand ils ont douze ans, ils sont contents de faire ce qu’ils font, mais quand vous devenez plus âgés vous commencez à avoir d’autres intérêts. Il n’y a aucune raison que les enfants ne puissent pas jouer au football. C’est notre idée globale. Je n’ai pas envie d’entendre un enfant me dire : « mes parents n’ont pas d’argent, je ne peux donc pas jouer au football ». Avec notre projet, les enfants ont de nombreux entraînements et peuvent jouer entre eux les week-ends. Et si des clubs désirent ces joueurs, ils peuvent les avoir gratuitement !

© Footballski

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Pourquoi avoir créé cette fondation ?

Cette fondation était l’idée de moi et mes frères. Nous voulions créer quelque chose de bien, car nous, trois frères jouant au football dans le même club, la même sélection nationale, savons qu’un jour la carrière sera finie et qu’il faudra continuer à faire quelque chose. Donc voilà comment est née notre fondation, privée, qui ne dépend pas du gouvernement. C’était notre idée, d’aider, même si nous devions avoir seulement une bonne équipe par an. Les années précédentes, j’avais un travail difficile et je n’avais pas de temps pour la fondation, mon frère Shota est l’entraîneur du Macabi Tel-Aviv donc la fondation n’avançait pas. Mais maintenant c’est différent, même si dans le futur je devais avoir un autre boulot, je continuerai à fond dans cette fondation.

Vous entraînez parfois les enfants ?

Bien sûr ! Parfois nous allons dans les villages et nous discutons avec les jeunes. L’année prochaine, je vais essayer de faire venir de grands entraîneurs pour faire un séminaire pour les enfants et les coachs géorgiens.

Est-ce que la guerre de 2008 a eu un impact sur votre quotidien ?

Bien sûr ! Bien sûr ! Cette guerre a eu un impact pour tous les Géorgiens. Je pense que quand votre pays a un souci, vous avez un souci. Les régions proches des zones de conflits ont de nombreux problèmes et c’est pourquoi nous faisons la « football thérapie » là-bas. Le problème c’est, qu’avant le conflit, certains villages se trouvaient d’un côté de la frontière et maintenant ils sont de l’autre côté. Ces territoires nous manquent.

© Footballski

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Comment trouvez-vous le football géorgien actuellement ? Par rapport à votre génération ?

Vous savez, ce n’est pas vraiment facile pour moi de parler de ça maintenant. Parce que cette génération, la génération précédente et ma génération étaient toutes différentes. Il y a toujours une différence entre la génération actuelle et la génération précédente, c’est pour ça que je ne peux pas comparer.

Et à propos des affluences au stade ? Avant les stades étaient pleins alors que maintenant …

Les gens peuvent venir aux matchs de la sélection nationale sans soucis, quand la Géorgie joue les stades sont pleins. Pour faire venir les gens au stade des clubs géorgiens, c’est une énorme stratégie. Toutes les équipes d’Umaglesi Liga devraient avoir leur propre fan-club et bien sûr si l’équipe grandit, si le succès arrive, les gens viendront au stade. Le problème c’est que les stades sont trop gros. Regardez la Dinamo Arena ! 55000 places et au maximum 1000 spectateurs pour un match de championnat ! Avec un stade de 3000 ou 5000 places, ce serait différent. Je vais prendre un exemple au cours de ma carrière. J’ai joué à Cologne, à Mechelen dans des stades qui n’étaient pas les plus grands du pays. Mais ils étaient toujours pleins et l’ambiance était excellente. Si les équipes géorgiennes construisent de nouveaux stades comme Batumi, Zugdidi, Kutaisi, avec seulement 3000 places, l’interaction entre joueurs-supporters sera la et les résultats seront en hausse. Le succès et l’interaction entre joueur et public sont les clés pour faire venir les gens au stade.

© Footballski

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Vous étiez l’un des premiers Géorgiens à jouer en dehors du pays (en Allemagne). Comment vous êtes-vous senti là-bas ? Quelle différence avec la Géorgie ?

C’était une différence énorme. Vous savez, pour moi, aller du football soviétique au football européen, ce n’était pas facile. Maintenant, ça fait plus de 20 ans que nous sommes indépendants, nous sommes plus proches de l’Europe. Mais pour notre génération, c’était difficile. En 1991, c’est la fin de l’URSS, en 1992 nous ne pouvions pas jouer de matchs officiels avec la sélection, 1993 nous sommes reconnus par l’UEFA et la FIFA, 1994 nous partons jouer à l’étranger. Mais j’ai eu la chance de bien connaître la langue anglaise, ce qui a facilité mon intégration.


Can you talk about your Foundation ?

The foundation was founded ten years ago. We started with ten kids wich, for our point of view, were talented boys, but who had social problems. So we decided to give them some salary every months to study English, have some shirts, possibilities to take right food regim and tha kind of things. With this money they can afford english lessons with a teacher, when they were injured they could go to the doctor and of course they could have some entertainement like buying some football shoes or things like that. I think that every boys who start a sport activity should have some basis of a foreign langage, just to think about his future career and also to have an insurance because you know when you do a sport you have to deal with the injuries and the rehabilitation, the operation and many things. It was our principle, they should grow up in that way with the education. For the moment the foundation take care only about footballers but I would be happy to help some basketball players and kids from other sports. So that was the beggining and we finally have some big projects. Our foundation is the first ever made in Georgia, me and my two brothers put a lot of our own money on the table for that. Few years ago, we organized a football friendly game in the Dinamo Arena with many stars coming from all over the world, 40000 people were in the stadium and of course it was a really good time. All the famous persons like Louis Van Gaal were very respectful for us and our work, instead to go in holiday, they were here in Tbilisi for our foundation. The local team played against this team of stars and it was a good game, all the money went for the foundation. Now today we have a lot of projects and we are doing a very good one. Everybody who knows something about this and who knows the project that is to help thousands kids congratulates us. I think it’s one of the best activities than we can create today in Georgia even in the future. You know the situation in these villages isn’t good because they are close to the border with conflict’s region, but of course we are going in other georgian’s regions. Regions with no many football pitches, regions with mountains or regions where they don’t play football. Because you know, each region in Georgia has his own specific sports. Wrestling in some of them where we have some Olympics champions, Basketball, Rugby and Football. So we created there some little football pitches to start the “football therapy”. Of course we have some talented boys, we’re searching some football training center for them and maybe one day they will become professional players. The luck for this foundation is that we have a lot of time for this. I’ve stopped my job in the Football Association recently so I’ve got time, we have a good staff who is very professional, some medias and associations help us too. What is concretely “football therapy”. It’s a possibility for kids to forget their problems while playing football and to have access to education in poor regions of Georgia. The towns receive money from UEFA and they build a little pitch. The Arveladze Foundation gives them the shirts, balls, shoes, basic equipments for the children, and each week they have many trainings with a coach who receives a salary by the foundation. The kids go to school to receive education and they learn English there.

Does the government help you?

No. I don’t deal with the government. It’s a charity foundation, sometimes of course we need them but not for the funding and things like that.

Who helps you? The UEFA?

Yes UEFA helps us and I really hope that one day FIFA will do the same. We have some help from private companies too and the United Nations. We have some sponsors, my brothers’ friends (football players and celebrities) like Davor Suker who contributes for a lot of things in my foundation. The project is very interesting and it’s why many people help us. We have many kids, hundreds today and I hope thousands in the future. We’re trying to do some football festivals too, few months ago we did one in Gori, all my brothers were here and it was a big success. Our goal isn’t that every kids become professional players but to help these kids to go to school, receive education and can enjoy their lives. Our coaches learn to the kids how to train, how to play and if maybe 3-4 or them become professional players we will be happy of that. Even if in three years no one become a professional player, the project will be a success because they can go in university or something else.

So it’s a long time project?

I think until they are 17 or 18 years old we have to help them. You know how are the kids, when they are 12 they are happy to do that but when you are older you have other interests. There is no reason for the kids to not play football. It’s our global idea. I don’t want to hear a kid who says: “My parents have no money that’s why I can’t play football”. With our project, kids have many training, every week end they can play together and if some professional football school wants one of them, they can go.

Why have you created this foundation?

This was the idea of me and my brothers. We want to create something good because when we played football we were three brothers playing for the same clubs, for the same national team and we knew that one day football will be over and then we will have to continue to do something. So this is our private foundation and we don’t depend of other guys nor the government. This was our idea to help, even to have one good team by year. Last years I had a difficult job in the football federation and I didn’t have many time for the foundation. My brother Shota is the head coach of Maccabi Tel Aviv but now me and my other brother have a lot of time for the foundation. Even if I have an other job in the future, I will continue my work for the foundation.

Do you coach the kids sometimes ?

Of course. Sometimes we’re going to the villages and we discuss with the kids. Next year I will try to bring some professional coaches and organize a seminary for kids and the Georgian coaches.

Does the war with Russia in 2008 had an impact in your life?

Of course, of course! This war had an impact for all Georgians. I think that when your country has a trouble, you have a trouble. The regions who are near this conflictual zones have some problems and that’s why we are doing the “football therapy” there. The problem is that before the conflict many villages were in a side of the border and now in the other side so it has an impact for all the country. We still miss thess territories.

How do you find the Georgian football actually, compared to when you played?

You know it’s not really easy for me to talk about this now, because this generation, the generation before and my generation we are all different. There is always a difference between a new generation and a generation of the past but I can’t really compare with it.

And about the spectators in the stadium? Before the stadiums were full, now there is nobody …

People can be in every games of the national team easily, when Georgia plays the stadium is full. To make people come to the stadium for Georgian’s teams, it’s a big strategy. All teams of Umaglesi Liga should have their own fan clubs, of course if you grow up and if you have some success the people will come. The problem is that the stadiums are too big. Look at the Dinamo Arena, 55000 seats and maximum 1000 spectators for a league game. With a stadium of 3000 or 5000 places the atmosphere would be better. I will take an example during my career. I played in Köln and Mechelen in stadiums that were far not the biggest ones of the country. But they were always full and the atmosphere was perfect. If Georgian’s teams make new stadium like Batumi, Zugdidi, Kutaisi, with only 3000 places, the interaction between spectators and players will be here and the results will be better for sure. Success and interaction between spectators and players are the key to make people coming in the stadium.

You were one of the first Georgian player to play outside your country (in Germany), how did you feel when you were there? What was the difference with Georgia?

It was a big difference, you know for me to go from Soviet football to European football wasn’t easy. Now it’s more than 20 years that we are independent, we are closer to Europe. But for our generation it was hard, 1991 soviet union finished, 1992 we couldn’t play official games with the selection, 1993 they recognized us, 1994 we immediately went outside of the country so it was hard for us. I was lucky because I knew English and for my integration it was very good.

Antoine Jarrige


Image à la une : © Footballski

#5 FootballskiTrip Géorgie: On a discuté avec Revaz Arveladze, ancien international géorgien et co-fondateur de l’Arveladze Foundation
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A propos de l'auteur

Antoine Jarrige

Antoine Jarrige

Antoine, 20 ans. Etudiant en kiné en Alsace, grand amateur du football russe . Amoureux d'Ural, le grand club de Sibérie occidentale et de son futur ballon d'or Chisamba Lungu.
#SmolovBallonDor

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