Euro 2016 : XI de légende – Theódoros Zagorákis, du football à la politique

Pierre Vuillemot
Pierre Vuillemot - Publié le 10 juillet 2016

Si cet Euro 2016 ne verra aucune équipe Footballski aller au bout, il va sans dire que le football de l’Est et ses joueurs ont souvent marqué les éditions précédentes de cette grande compétition. De quoi vous proposer notre XI de légende à travers une série de onze portraits. Onze joueurs qui ont su marquer l’histoire de la compétition.


Des terrains à la vie politique, retour sur la carrière de l’homme qui fit trembler le Portugal et les cœurs grecs : Theódoros Zagorákis. Lui, le milieu de terrain besogneux, l’homme d’une épopée folle lors de l’Euro 2004 symbolisée par ce sombrero contre Lizarazu, capitaine emblématique, légende du PAOK et du football grec. Autant vous dire que sa place au coeur du jeu dans ce XI de légende de l’Euro n’est pas volée.

XI de légende : Milieu de terrain – Theódoros Zagorákis

Enfant de Kavala

Loin de Thessalonique, à 150km de son PAOK, c’est ici, à Kavala, ou plus exactement à Lydia, dans le nome de Kavala, que notre protagoniste a vu le jour lors d’une journée d’octobre 1971. Située dans la Macédoine-Orientale-et-Thrace, dans le Nord Est de la Grèce, la ville de Kavala est un théâtre de l’histoire de cette région du pays. Point de passage important du fait de son port et de sa proximité géographique avec la Turquie et Bulgarie, Kavala a connu misère, occupation et répression. Trop jeune pour avoir connu les affres de la guerre, Theódoros Zagorákis a pourtant vécu tout le long de son enfance dans cette ville où des familles ont été frappées par une succession d’horreurs, entre guerres balkaniques, Grande Catastrophe et Seconde Guerre mondiale.

Brièvement prise par les Bulgares en 1912 lors de la Première Guerre balkanique sans qu’il n’y ait eu d’effusion de sang avec les Turcs, la ville changea une nouvelle fois de main, un an plus tard, en 1913, après une opération menée par la marine grecque et commandée par le célèbre amiral Pavlos Kountouriotis, qui deviendra par la suite le premier président de la Seconde République hellénique après une grande carrière militaire. Quelques années plus tard, après la guerre gréco-turque de 1919-1922, la ville entrait dans une nouvelle ère après la «Grande Catastrophe» et l’échange de population entre les deux pays. Une partie de l’histoire toujours aussi sensible, dans laquelle pas moins de 25 000 réfugiés grecs de Turquie sont venus s’installer dans la ville afin d’y construire une nouvelle vie. Des nouveaux habitants qui devront affronter une nouvelle fois les horreurs de la guerre avec l’occupation de la Grèce durant la Seconde Guerre mondiale par la Bulgarie et la Wehrmacht. Une période sombre où violences, exécutions et bains de sang venaient meurtrir encore un peu plus cette ville et cette région.

Comme bien souvent, pour oublier et se reconstruire, le sport et le football prennent une place importante dans la vie des gens. Comme un exutoire. Fondé 20 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale suite à la fusion de plusieurs clubs, l’AO Kavala représentait ce renouveau à travers le ballon rond. Pas franchement le club le plus populaire et historique du pays, Kavala reste pourtant une ville qui a su faire émerger ses champions. De Theódoros Zagorákis, en passant par son acolyte Zisis Vryzas, sans oublier Georgios Georgiadis ou encore le plus jeune Konstantinos Mitroglou, Kavala a vu naître sur ses terres la crème du football grec de ces dernières décennies.

Amoureux du football dès sa plus tendre enfance, comme il aime le raconter sur son site officiel, Zagorákis eut très rapidement l’occasion de lancer sa carrière en portant le maillot du club local, alors dans les divisions inférieures, dès l’âge de 16 ans. Quatre ans, une centaine de matchs dans les pattes et une ascension en deuxième division plus tard, le joueur attire naturellement l’intérêt de clubs un peu plus huppé. Dont le PAOK, son futur amour.

L’envol de l’aigle bicéphale

Aller au PAOK représente pour la plupart des joueurs grecs une nouvelle grande étape dans une carrière de footballeur professionnel. Encore plus quand ce dernier n’a connu dans sa vie que son club local et la troisième et seconde division grecque. Un autre monde, un autre stade, une autre ambiance, une autre passion. Autant de changements qui peuvent très rapidement effrayer et faire perdre les pédales à un jeune sans expérience. Et parfois, quelques élus peuvent profiter de ce nouveau cadre pour exploser aux yeux de tous. Si passer de Kavala au PAOK pouvait sembler à première vue délicat, Zagorákis, lui, était l’élu. L’homme capable de faire chavirer la Toumba et de faire voler à nouveau un aigle bicéphale en perte de vitesse depuis trop d’années.

© Vladimir Rys/Bongarts/Getty Images

© Vladimir Rys/Bongarts/Getty Images

«Theódoros Zagorákis est un joueur qui était adoré par le public du PAOK. Il est arrivé au PAOK en provenance de la seconde division grecque, puis sera sélectionné avec l’équipe nationale grecque quelques années plus tard. Les supporters montrent rarement un amour immodéré pour un joueur en particulier, mais Theodoros avait la chance d’avoir une place importante auprès d’eux», nous explique ainsi Alexandre, supporter du club de Salonique depuis son plus jeune âge et gérant de la communauté francophone du PAOK, au sujet de l’ancien capitaine de la sélection grecque. Un sentiment partagé par le joueur lui-même, lui qui voyait en la Toumba sa nouvelle demeure.

«Pour moi, le PAOK n’est pas qu’une simple équipe. C’est toute ma vie. J’ai grandi avec les dires du grand PAOK. Celui de Giorgos Koudas, de Stavros Sarafis ou Koulis Apostolidis, de Dimitris Paridis, de Kostas Iosifides et d’autres grands joueurs. Lorsqu’en 1992, les dirigeants sont venus à Kavala et m’ont fait une offre pour continuer ma carrière au Toumba, je ne pouvais pas imaginer que mon rêve d’enfant serait devenu réalité. Ma relation avec le PAOK et le public est unique, et s’est développée au fil des années. Je suis venu dans le club très jeune, à seulement 21 ans, et j’ai compris au fond de moi-même ce que ça voulait dire d’être PAOK. Je joue dans l’équipe que j’ai tant aimée depuis petit et, même s’il est vrai que durant ces années j’ai vécu plus de désillusions que de joies, je crois que ce qui te blesse te rend plus fort»déclarait de son côté Zagorákis au magazine grec Sport-fm

En guise d’extase, le PAOK, ses supporters et Theódoros vibrèrent ensemble lors d’une double confrontation monumentale contre les Anglais d’Arsenal un doux soir de septembre 97 à Thessalonique, dans un stade en fusion. Titulaires au milieu de terrain, Zagorákis et Zisis Vryzas, son grand ami de Kavala, tout comme ses coéquipiers régalent et déchaînent Toumba en inscrivant le premier et dernier but du match grâce à un superbe jeu à trois conclu par Kostas Frantzeskos. Un match mémorable qui se termine par un nul au match retour et une qualification pour le tour suivant face à l’Atlético qui révélera deux autres matchs mythiques avec une cinglante défaite 5-2 en Espagne, puis un 4-4 totalement dingue lors du retour en Grèce. Avec en prime, le tout premier but européen de la carrière de Zagorákis.

Leicester, hipster avant l’heure

Si la saison européenne s’arrêta finalement de manière précoce, elle eut le mérite d’exposer le talent de Zagorákis aux yeux de l’Europe et de confirmer qu’il était officiellement l’un des meilleurs joueurs grecs de sa génération. Si bien que les sirènes de la Premier League eurent rapidement raison de lui.

Avant la hype et le titre historique de champion d’Angleterre, Zagorákis quittait les Gyros pour découvrir les Fish & Chips dans la région des Midlands de l’Est, dans la désormais fameuse ville de Leicester. Un homme qui, bien avant les Mahrez, Vardy & co, su conquérir le coeur des supporters Foxes, à l’instar de ceux du PAOK, et remplir l’armoire à trophée du club avec une Coupe de la Ligue en 2000. Le tout premier trophée de la carrière du joueur et, de ce fait, un événement important, comme il l’expliquait dans le Sun : «Quand nous avons gagné la Coupe de la Ligue, cela a été l’un des grands moments de ma carrière.»

© Jamie McDonald /Allsport

© Jamie McDonald /Allsport

Attachant, aimé par les supporters du club, Théo, comme ils aimaient l’appeler, n’eut au final aucun mal à s’adapter à la vie anglaise et à son championnat, comme il l’expliquait dans une interview pour SDNA : «Je me souviens de beaucoup de choses. La vérité est que je n’ai pas tellement parlé de mon passage là-bas. Lorsque je suis allé en Angleterre, j’ai compris dès le début les grandes différences qui existent entre la Premier League et le championnat grec. Des différences concernant la philosophie du jeu, sur la confrontation entre les supporteurs et les clubs, des adversaires, mais aussi pour les footballeurs eux-mêmes. Moi, à cette époque-là, j’étais l’un des premiers joueurs grecs à tenter l’aventure à l’étranger. Leicester était une équipe qui m’a marqué positivement dans ma carrière.» Tout en ajoutant : «Je suis allé à Leicester en janvier. J’étais directement au coeur de la saison. Je n’ai pas eu tout de suite le temps de m’adapter et d’être à mon avantage. Après cette première moitié, j’ai vu, appris des choses et j’ai été meilleur l’année suivante.» Au point de marquer une praline, dont tous les supporters de Leicester se souviennent encore, face à Manchester United.

Ce même joueur qui, un an plus tôt, lors de l’avant-dernière journée de championnat face à Barnsley, venait inscrire son tout premier but en Premier League. Donnant par la même occasion la victoire à son club. Un but qui aurait très bien pu en rester là, mais qui possède une histoire, comme il l’expliquait : «J’ai beaucoup d’histoires. Elles sont toutes en rapport avec les différences que j’ai rencontrées sur le football anglais. Moi, mon caractère ne change pas aussi facilement, ni mes habitudes. Je me souviens d’un match contre Barnsley. Pour nous, à l’époque, c’était un match sans importance mais pas pour notre adversaire. Ils voulaient des points pour se maintenir en championnat. Nous avons finalement gagné 1-0, j’ai été le buteur de la rencontre. Une fois le match terminé, nous avons fêté la victoire dans les vestiaires et par la suite j’ai quitté le stade, comme je le fais d’habitude après chaque match. Un peu de temps après, mon téléphone sonne, on me prévient que je suis l’homme du match et que je dois recevoir le trophée maintenant. Mais à cet instant-là, j’étais déjà chez moi… Finalement je suis revenu au stade, tout le monde m’attendait et j’ai pu prendre correctement mon prix.»

Un club pour lequel les derniers succès en date ne peuvent que rappeler le lien entre la Grèce à travers son entraîneur Claudio Ranieri, mais surtout la réussite inattendue d’un groupe vers un titre de champion.

2004, pour la gloire

Loin des derniers échecs de la sélection grecque sous la récente ère Ranieri, rarement une équipe n’aura su créer une aussi grande surprise dans une compétition européenne comme la Grèce de 2004. Affreuse pour certains. Chanceuse pour d’autres. Glorieuse pour les connaisseurs. Cette Grèce-là ne pouvait laisser insensible. Pas la plus flamboyante à voir jouer, cette équipe avait pourtant de quoi faire vibrer les cœurs de tous les Grecs. Le symbole d’un peuple devant se serrer les coudes, que ça soit sur un terrain ou dans la vie économique du pays.«Cet événement rappelle avec force à tous les Grecs jusqu’où notre pays peut aller, à force de travail acharné, de coopération, de foi et de discipline», précisait le capitaine de cette sélection dans la revue n°29 du think tank Sport et Citoyenneté.

Des joueurs qui pouvaient tous compter l’un sur l’autre. Là, où, en championnat, ces derniers pouvaient se mettre allègrement sur la gueule, tout était oublié quand ces derniers portaient fièrement le maillot hellénique. Tout le monde ne faisait qu’un autour d’un même blason et d’un homme, maître du jeu de cette sélection et homme de la compétition, Theódoros Zagorákis. L’incarnation du véritable rôle d’un capitaine. L’amiral Pavlos Kountouriotis du football. Le chef de file de la plus grande génération de footballeurs grecs.

© MLADEN ANTONOV/AFP/Getty Images

© MLADEN ANTONOV/AFP/Getty Images

«Nous goûtions la joie d’être qualifiés. Nous étions tous heureux. Les attentes étaient simples : nous voulions juste montrer que ce que nous avions fait lors des deux années précédentes n’était pas un coup de chance. Que les résultats obtenus en éliminatoires pour remporter notre groupe n’étaient pas un coup de chance, racontait le joueur à l’UEFANous savions que si nous partions bien dans cette phase finale, nous pourrions aller loin. C’est ce qu’il s’est passé. On se sentait bien, on savait ce qu’on voulait. Je me rappelle que nous avions été meilleurs que nos adversaires, qui avaient le soutien de leurs fans et des noms illustres dans leur équipe. Mais au football, il y a d’autres choses qui comptent. Le groupe grec a démontré cela. […] Quand nous avons marqué, il devenait très difficile pour nos adversaires de venir à bout de onze joueurs qui défendaient comme des lions ce qu’ils avaient virtuellement acquis. L’équipe grecque, c’était cela. Quels que soient les joueurs qui entraient sur la pelouse, ils se battaient pour l’équipe. Le plus important est que nous n’avons jamais paniqué. On n’était pas éprouvé, on voulait davantage la victoire», rajoutait-il.

© Alexander Hassenstein/Bongarts/Getty Images

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Cette Grèce-là, c’était cette solidité, ces buts de la tête, s’appuyant au maximum sur les talents de ce groupe. Des défenseurs solides, des milieux travailleurs, un buteur bagarreur. Une victoire qui était tout sauf de la chance. Si Theódoros sortait du lot, au final, le véritable homme fort était ce collectif capable de renverser n’importe quelle équipe. Quand on parle de son succès personnel à l’ancien milieu de terrain international, il n’hésite pas à rebondir et remettre en lumière ce collectif si fort. «Les honneurs, je ne les ai pas réussis moi-même. Zidane a fait la différence avec la France. Zagorakis n’a pas fait la différence seule. Il était un morceau d’un puzzle entier.» rappelait-il dans une interview pour le site grec Contra.

De joueur adulé à dirigeant contesté

Mythifiés à la manière d’un Bellérophon ou Héraclès, la plupart de ces guerriers grecs modernes n’eurent pas vraiment de suite à leur épopée fantastique. Échouant du côté de Bologne, en Italie, Théo termina sa carrière chez lui, dans son PAOK, retrouvant son premier amour et ses premiers souvenirs de jeunesse. Idolâtré en tant que joueur, le joueur fait son retour dans le club en grande pompe devant un parterre de 7 000 supporters venu l’accueillir à l’aéroport de Thessalonique-Makedonía. Un retour symbole de l’amour que porte le joueur pour ce club qui, à cette époque, connaissait de nombreux problèmes sportifs et financiers.

Deux années de galère, où les joueurs, l’un après l’autre, n’hésitent plus à rendre public les retards sur les salaires qui durent depuis des mois, tandis que le club se voit être interdit de participer à une coupe européenne par l’UEFA. Ruiné, le PAOK se voit être dans l’obligation de vendre ses meilleurs joueurs, avec en tête Dimitris Salpingidis, et, surtout, entre dans un conflit direct avec ses supporters qui veulent la tête de Giannis Goumenos, alors président controversé du club.

Quelques mois de galère plus tard et tout juste retraité des terrains, Theódoros Zagorákis décide de se donner corps et âme pour ce club en devenant président, et en lançant ce que l’on peut appeler «le plan Zagorákis.» Si pour certain l’après-carrière est une transition délicate, celle de l’ancien champion d’Europe s’est pour le moins faite à vitesse grand v. Le début des turbulences entre lui et les supporters de l’aigle à deux têtes.

© Vladimir Rys/Bongarts/Getty Images

© Vladimir Rys/Bongarts/Getty Images

Le renouveau du PAOK par Zagorákis s’axait sur quelques points importants, à savoir combler les dettes, revenir européen, aspirer à rejouer le titre et enfin sur les supporters. Tout en se laissant trois années pour y arriver. Pour se faire, il fit confiance à son ami d’enfance de sa ville de Kavala, ancien coéquipier au PAOK et avec la sélection nationale, l’ancien buteur international grec Zisis Vryzas. Deux hommes qui se tireront la bourre au sein de l’administration du PAOK.

«Sur sa présidence, il connaissait parfaitement le club, il était au bon endroit. Malheureusement, il n’était pas prêt à gérer un club à ce moment compliqué de la crise de 2008 qui a affaibli le club», commence Alexandre, le supporter du PAOK, avant de poursuivre. «Comme on dit dans le football, un grand joueur ne fait pas forcément un grand entraîneur. On peut dire aussi que ça ne fait pas forcément un grand président.» Président, puis remplacé par Vryzas, puis redevenu président avant d’être une nouvelle fois remplacé par Vzyzas, les quelques années à la tête du club ne furent pas de tout repos pour Zagorákis. Avec comme effet néfaste d’entacher sa réputation vis-à-vis de ce peuple noir et blanc qui l’acclamait encore il y a quelques années.

«Sa côte auprès des supporters du PAOK en a pris un coup. Le départ de Vierinha à Wolfsburg pour seulement 3 millions d’euros n’a pas joué en sa faveur», lâche Alexandre, avant de continuer sur la relation entre les deux anciens joueurs du PAOK. «Avec Vzyzas, ils étaient très amis. Mais je pense qu’à partir du moment où l’un a pris la présidence de l’autre, savoir que l’un était plus « important » que l’autre pouvez rendre jaloux et n’était pas convenable pour l’un des deux. Le jeu des chaises musicales incessantes entre les deux hommes a joué énormément sur cette amitié qui était pourtant très forte. Comme quoi le pouvoir change les hommes.» Le temps pour Théo de quitter définitivement le monde du football pour s’envoler vers un nouvel horizon tout aussi cruel : la politique.

Des terrains au parlement

«Premièrement, je tiens à dire que je n’ai jamais eu pour but de parler de politique. Cela est arrivé avec une discussion que j’ai eu avec une personne chère, un bon ami à moi. A la première écoute, j’avais dit que ce ne sont pas des choses qui arrivent. Et pour être franc, je n’avais pas développé une idée politique en moi. Jusqu’à que Samaras m’ait invité dans son bureau. J’ai pu constater que le parlement européen a une grande différence par rapport au parlement grec. Quand tu sens que tu contribues, tu commences à aimer ça. Ils te respectent», racontait il y a peu Zagorákis dans une interview pour Contra. Un parlement grec pour lequel l’homme n’accorde que très peu de crédit à l’heure actuelle, «même s’il n’est pas dans ma philosophie de « ne jamais dire jamais », maintenant que tu me demandes [de rentrer dans le parlement grec, ndlr], je te réponds non.»

© inpaok.com

© inpaok.com

Des terrains de football au parlement, l’engagement de Zagorákis pour son pays est définitivement sans faille. Lui, le capitaine victorieux de l’Euro 2004 lutte dorénavant pour son pays à travers le parti Néa Dimokratía, Nouvelle Démocratie en VF. Un pays et des habitants qui n’attentent qu’une chose : retrouver la hargne et la ferveur de cette Grèce unie et victorieuse que symbolise si bien Zagorákis. Pas certain cependant que l’ancien joueur du PAOK soit aussi efficace au parlement européen que sur un terrain de football. En tout cas, du côté des supporters du club de Thessalonique, la sanction tomba sèchement avec une banderole laissant arborer le message : «Dans l’année 2014, tu as vendu ton âme au diable.»

Pierre Vuillemot


Image à la une : © Henri Szwarc/Bongarts/Getty Images

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