On a discuté avec Milan Gajic, défenseur des Girondins de Bordeaux

Lazar Van Parijs
Lazar Van Parijs - Publié le 17 juin 2017

Alors que débute l’Euro U21 en Pologne, nous avons eu l’occasion de nous entretenir avec Milan Gajic, arrière droit des Girondins de Bordeaux. Transféré en France après avoir été champion du monde U20 il y a deux ans avec la Serbie, Milan Gajic a joué neuf matchs de championnat lors de sa première année puis 14 cette saison. S’exprimant dans un français parfait, le jeune joueur de 21 ans nous en dit plus sur son adaptation bordelaise et la vie en France.

Tu es actuellement en Pologne, avec les U21, comment vas-tu ? Comment ça se passe ?

Merci, je vais bien. C’est le troisième championnat consécutif pour moi, après le titre U20. C’est l’occasion, encore une fois, de faire quelque chose de grand, de montrer qu’on est capables d’aller jusqu’au bout. On est prêts, je suis prêt, tout va bien pour l’instant.

Tu es arrivé à Bordeaux il y a 2 ans, quels progrès as-tu notés ? Comment juges-tu ton intégration ?

Au début, c’était un peu compliqué, je suis arrivé juste après le Championnat du monde dans une compétition de Ligue 1 très différente du championnat serbe, notamment au niveau technique et tactique. Après les six premiers mois, j’ai joué, mais c’était compliqué puis j’ai eu une grosse blessure, une fracture du pied… Lors de la seconde saison, on a changé d’entraîneur, on est mal partis, je dirais. Puis on a changé de système en 2017 et j’ai joué un peu plus, ça s’est très bien passé pour nous. On s’est qualifié pour l’Europe l’année prochaine. Pour moi et pour le club, c’était deux ans où on a progressé, je suis très content à Bordeaux, j’espère que le club l’est aussi.

Comment es-tu arrivé à Bordeaux ?

Je sais qu’il y avait d’autres offres, de la Fiorentina notamment. J’ai entendu que la France, et surtout à Bordeaux, aime bien s’appuyer sur de jeunes joueurs, et je pense que j’ai fait le bon choix. Je n’ai pas appelé d’autres joueurs pour prendre plus d’informations.

Quand tu es arrivé à l’OFK Belgrade tu jouais milieu défensif, tu as été replacé arrière droit pour la Coupe du Monde U20 et tu y es resté. Comment ce repositionnement s’est-il passé ?

Je disais à Veljko (Paunovic, sélectionneur de l’équipe U20 en 2015, NDLR) : « Je suis le nouveau Bane Ivanovic. » (rires) Juste avant la Coupe du Monde, je jouais milieu et un peu arrière droit. Veljko, quand il m’a regardé, il m’a dit « on a un problème côté droit, on a un mec qui s’est blessé avant l’euro 2015, est-ce que tu peux jouer à ce poste ? » Moi j’étais très motivé, je voulais jouer, j’ai accepté et j’ai joué dans le système de Veljko, à droite. Ça s’est bien passé et tout va très vite dans le football. Je suis arrivé dans un plus gros club qu’OFK, il a fallu que je m’adapte. Tu changes de championnat et de poste, il faut s’adapter, montrer que tu peux jouer à un niveau plus haut, c’était le premier problème pour moi. Aujourd’hui je n’ai plus ce problème, l’adaptation s’est très bien passée et je suis un arrière droit à 100%. Milieu défensif, c’est fini. Ça fait trois ans que je suis arrière droit…

Avec Paunovic, tu étais offensif avec la Coupe du Monde U20. Ici, j’ai l’impression que tu l’es moins, as-tu des consignes ?

Veljko m’a dit que je suis un gars qui aime bien attaquer. « Si tu le sens, attaque, il n’y a aucun souci. » Je le sentais très très bien. À Bordeaux, il faut d’abord penser à défendre avant d’attaquer. C’était mon problème, au début surtout. Je lisais tout à l’heure qu’un journaliste français disait que j’étais bon défenseur, ça fait plaisir. À Bordeaux, je dois d’abord bien défendre pour bien attaquer ensuite. Je dois encore m’améliorer dans le secteur offensif, comme ça j’ai toujours quelque chose à faire pour progresser !

Comment vois-tu la concurrence avec Youssouf Sabaly ?

Pour le club c’est très bien, c’est un excellent joueur, j’ai beaucoup progressé à ses côtés. C’est un mec qui s’est entraîné au PSG, c’est forcément un bon joueur. Moi, à côté de lui, j’essaye de faire comme lui, d’élever mon niveau de jeu. Qu’il soit là ou pas, moi je suis à 100% à Bordeaux. Avec lui ou sans lui, je sais que dans un grand club il faut de grands joueurs, alors je suis là.

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As-tu un défenseur qui te sert de modèle ?

Mon entraîneur me dit que je suis comme Carvajal.

Lors de ton arrivée tu as parlé du parcours de Bordeaux en coupe d’Europe en 1996, de Zidane, Lizarazu, es-tu un « football geek » ? Un passionné de football dans son ensemble ?

Je suis passionné de foot. J’ai du temps, j’aime bien regarder beaucoup de foot, ainsi que du foot historique. Tu peux voir différents footballs, comment ça jouait il y a 20 ou 30 ans, voir les évolutions, l’aspect tactique, technique. J’aime ça.

Qu’est-ce qui t’a le plus surpris à Bordeaux ?

Le niveau du club tout d’abord. En Serbie, en première division, ce n’est pas comme ça. Ici, le niveau du football est un cran au-dessus, et chacun reste à son poste. La ville est magique, c’est surement une des plus belles régions de France.

Si tu devais prendre un joueur des U21 et que tu devais l’emmener à Bordeaux, tu prendrais qui ?

Ouh là… Je ne sais pas trop… J’ai entendu que Bordeaux est à la recherche d’un latéral gauche, on en a un bon avec nous qui joue au Grasshopper (Nemanja Antonov, NDLR), ça pourrait être sympa. (rires)

L’été dernier, Bordeaux a changé d’entraîneur, tu as vu un impact ? Il y a eu un changement de président aussi, quid de ça ?

Par rapport au club, ça n’a pas beaucoup changé. Par rapport à l’équipe, on a changé le système, le nouveau coach est venu avec son avis et son énergie, qui est extraordinaire. Il a beaucoup d’énergie et de caractère, c’est super. On a beaucoup discuté, il m’a dit ce qu’il attendait de moi. Lors de la seconde partie de saison, ça s’est bien passé, on a fait de grandes choses. J’aimerais bien continuer de travailler avec lui.

Par rapport au nouveau président, j’ai parlé avec lui. Il m’a dit qu’il voulait rester dans la continuité, c’est une grande équipe avec beaucoup d’ambitions. Il reste dans son bureau, c’est bien pour Bordeaux. Chacun travaille dans son coin. Chacun ses compétences, son travail et reste à sa place, ça change de la Serbie où le président veut aussi entraîner, être le kiné, etc. Là, en France, c’est bien partagé, chacun respecte l’autre.

Cet hiver, il y a eu l’arrivée de Vukasin « Vule » Jovanovic, comment est-ce que ça s’est passé ? Il va rester l’année prochaine ?

Juste avant la signature avec Bordeaux, il m’a appelé en me demandant ce que je pensais du club, « Est-ce que c’est un bon choix ? » J’ai répondu, « Écoute, tu ne peux pas faire un meilleur choix que Bordeaux, viens on va jouer ensemble, on va voir ensemble. » Je l’ai hébergé au début, pendant un mois. C’est un mec super, un super joueur, je l’ai aidé un peu, il travaille son français il a quelques mots basiques pour l’instant. Il me disait qu’il aimerait bien rester. Je sais que le Zenit a changé d’entraîneur, il faut voir ce que ça va donner de ce côté. Moi aussi j’espère qu’il va rester. Si ce n’est pas le cas, c’est la vie, il faudra l’accepter.

Sur la Serbie, tu suis les résultats de ton ancien club de l’OFK ? Que penses-tu de ce qui leur arrive ?

Le club est descendu en troisième division, c’est compliqué. Il faut regarder vers l’avant. Je ne peux pas en dire plus, c’est comme ça. Les dirigeants gèrent peut-être mal la chose, mais comme je disais ce n’est pas de notre domaine, nous, les joueurs. Je suis très triste par rapport à ça. Là, en sélection U21, j’ai trois coéquipiers qui ont joué avec moi à OFK Belgrade. On se demande si l’on peut faire quelque chose pour le club. Malheureusement, aujourd’hui, on est impuissants. Je lisais il y a peu que le club voulait changer de stade, changer totalement sa gestion, ça me plait, mais ça va prendre combien de temps pour faire ces changements ? J’espère que le club va retrouver prochainement la D1.

On aime bien terminer les interviews par des questions locales, très simples :

Kalemagdan ou Splav à Belgrade ?

Kalemagdan

Cevapci ou Cannelé de Bordeaux?

Cevapci

Rakija ou vin de Bordeaux ?

Vin

Merci à Milan Gajic pour le temps qu’il nous a accordé avant sa participation à l’Euro U21. Nous lui souhaitons une belle compétition à lui et son équipe.

Lazar Van Parijs / Tous propos recueillis par L.V.P pour Footballski


Image à la une : © AFP PHOTO / NICOLAS TUCAT

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A propos de l'auteur

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Je me suis réveillé un beau matin à Belgrade à cheval entre Europe de l' Ouest et le bloc soviétique après une nuit sur un Splav à boire de la Rakija. J'ai décidé de prendre le train de nuit suivant, direction Moscou, finir l'aventure devant l' Hotel Ukraina !

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